Deux ans après un reboot quelque peu désappointant, Need for Speed Payback tente de rattraper les erreurs de son aîné en s’inspirant des cadors du jeu vidéo de course arcade, j’ai nommé Forza Horizon et The Crew. Avec son ambiance digne d’un film Fast & Furious, ses sensations de vitesse rehaussées et l’abandon des courses nocturnes pour une virée en plein désert, le nouveau jeu édité par Electronic Arts se veut plus coloré, jovial et divertissant. Mais finalement, que vaut réellement cet épisode largement démonté par la « presse spécialisée » ? Il faudra lire mon test de Need for Speed Payback pour le savoir. Nous remercions EA pour avoir accepté de nous envoyer un exemplaire du jeu sur PS4.

Quid de la progression, du grind et des loot boxes ?

Pour commencer ce test de Need for Speed Payback sur PS4, un point sur le système de progression du jeu, qui a fait l’objet de bien des inquiétudes (cf. polémique autour des loot boxes de Star Wars: Battlefront II). Je tiens à dire qu’un premier patch correctif majeur avait déjà été téléchargé lorsque j’ai parcouru l’asphalte des routes du Strip (l’histoire de Payback se déroulant dans une sorte de copie du Las Vegas que l’on connait). S’il est vrai qu’auparavant, la progression du joueur était tributaire du contenu renfermé dans des caisses de butin distribuées dans le plus allègre des hasards, les choses ont maintenant été nettement améliorées. Plus besoin de se farcir dix fois la même course pour progresser : la fréquence de distribution et la qualité des gains ont été revus à la hausse, on obtient des RÉP (points de réputation), du cash, des cartes et des pièces détachées plus facilement. L’on dira donc que mon test de Need for Speed Payback est celui du salut. Si vous cherchez bien sur Google, vous remarquerez que c’est le seul parfaitement actualisé à ce niveau-là, d’où la note que j’ai attribuée au jeu. Faites pas la tête, vous savez que j’aime me vanter ! Mais c’est important de le souligner, pas vrai ?

Les menus du jeu sont sobres, épurés, efficaces, on ne se sent jamais perdu.

Mais en quoi consiste le système de progression de Need for Speed Payback au juste ? Eh bien c’est très simple. Pour améliorer son véhicule, le joueur doit se rendre dans son garage. De cette manière, il peut acheter de nouvelles cartes visant à accroître les performances du bloc-moteur, le système de transmission, la jauge de nitro etc. Au final, rien de bien différent par rapport à Need for Speed 2015 bien que ce sont les cartes que vous touchez qui décident si vous devrez ou non passer votre temps à grinder. Pour acheter des cartes, il faut dépenser des jetons, lesquels sont octroyés au joueur une fois qu’il remporte ou participe à des courses. Reste qu’on peut aussi passer par la case loot box, une mécanique in-game qui, à la base, accélère la procédure d’amélioration du véhicule, en sachant qu’on peut aussi acheter des loot boxes avec de l’argent réel (€-$-£). D’ailleurs, le cœur du problème était là…

Mode campagne : tête-à-queue jusqu’à l’infini !

Le mode campagne de Need for Speed 2015 était terne et sans véritable continuité. Par contre, le fait que les cutscenes avaient été tournées à la caméra et impliquaient de vrais acteurs ajoutait quelque chose de très immersif au titre. Dans Need for Speed Payback, exit les séquences cinématographiques, nous n’avons droit qu’à des cinématiques en 3D, ce qui, quelque part, pousse le côté arcade du jeu encore plus loin. Dans le mode campagne, on incarne un crew de jeunes pilotes qui prend part à une multitude de courses pour détruire le « Clan », entité surpuissante et pourrie jusqu’à la moelle qui contrôle toutes les activités de la ville. Victimes d’une escroquerie, Tyler, Mac et Jess n’ont qu’une envie : se venger. Ils vont donc tout faire pour infiltrer le « Clan » et le détruire de l’intérieur. Personnellement, le mode campagne du jeu, bien que léger et simplet, m’a pas mal plu. La mise en scène hollywoodienne fait mouche et les dialogues sont dignes d’un Fast & Furious. Finalement, il est juste regrettable que les doublages français soient toujours aussi mauvais dans les jeux de course.

Test de Need for Speed Payback (PS4)
On peut piloter des véhicules hybrides dans Need for Speed Payback.

Malgré tout, le mode campagne, bien que consistant en soi (plus de vingt heures de jeu pour le boucler), finit inévitablement par devenir rébarbatif. L’emballement retombe comme un soufflé, d’autant plus que certaines missions devront obligatoirement être rejouées pour accroître les performances de nos différents véhicules. En effet, notre garage peut contenir un bon petit paquet de voitures mais le joueur devra veiller à jouer la carte de la diversité, certains bolides n’étant franchement pas appropriés pour tous les types d’épreuves. Comme dans Need for Speed 2015, les courses de vitesse, de drift et de drag sont au rendez-vous, sans oublier les éternelles courses poursuites contre la police (à noter qu’aucune patrouille ne rôde en mode free roam). De plus, les missions contre les forces de l’ordre sont beaucoup moins spectaculaires que par le passé. Voilà qui déplaira forcément aux nostalgiques des premiers Need for Speed. Un mode campagne imparfait ?

Trois héros stéréotypés en pole position

Ce test de Need for Speed Payback n’en serait pas vraiment un si j’omettais de vous parler du trio fantastique du jeu. En effet, notre crew héroïque est constitué de Tyler, Mac et Jess. Ces personnages forment l’équipe la plus hétérogène qu’on n’aura jamais vu dans un Need for Speed, pour le meilleur et pour le pire. Si chaque héros a sa spécialité (vitesse, drift, course-poursuite), ils proviennent également d’univers socio-culturels différents. Ou du moins, en apparence. Le leader du crew, Tyler, est malheureusement aussi stéréotypé que les autres et surtout, il est le plus ennuyeux des trois. Mac, un afro-britannique originaire de Londres, parle comme un afro-américain qui aurait acquis l’accent anglais en lisant des revues FHM. Quant à Jess, la fille sexy du lot et un brin rebelle, elle fait preuve d’un sarcasme irritant tout au long de l’aventure, sans compter qu’elle n’arrête pas de dénigrer ses partenaires (le personnage typique des séries TV pour jeunes adultes du début des années 90).

Test de Need for Speed Payback (PS4)
Comme dans tout jeu de course qui se respecte, on a droit à une meuf sexy.

Clairement, dans Need for Speed Payback, le traitement des personnages est assez grotesque. Serait-ce un choix volontaire ? Peut-être bien, car même les méchants sont mis dans la même case. Si Marcus Weir, alias « Le Flambeur », fait un parfait maître-chanteur (c’est de loin le personnage le plus réussi du jeu), les autres vilains jouent finalement un rôle anecdotique, à l’exception peut-être de Lina Navarro, qui n’est autre que la cible de notre petit groupe de héros mécanos. En effet, Lina Navarro est la femme à abattre, celle qui leur a fait subir la plus terrible escroquerie de leur vie. Bref, je ne suis pas convaincu qu’un tel niveau d’ironie kafkaïenne rendra l’industrie du jeu vidéo plus pérenne. N’aurait-il pas été bon de nous proposer un ensemble de personnages vraiment emblématique et charismatique ?

Des moments épiques dignes d’un Need for Speed

Juqu’à maintenant, dans mon test de Need for Speed Payback, je n’y suis peut-être pas allé de main morte. Mais comprenons-nous bien. En tant que fan invétéré de la franchise, je souhaite simplement le meilleur pour elle. Là où Need for Speed Payback fait très fort toutefois, c’est dans sa capacité à nous divertir. Par exemple, certaines courses sont réellement mythiques et les quelques cinématiques et animations qui viennent leur donner vie nous donnent l’impression de jouer le premier rôle d’un gros blockbuster. Ajoutons à cela que les graphismes du jeu sont de toute beauté, du moins sur PS4 (le jeu tourne à 60 FPS en continu, les animations sont fluides, l’image n’est jamais saccadée, l’univers est d’une beauté incroyable, surtout lorsqu’on roule en plein désert). Need for Speed Payback possède donc une belle identité visuelle ; tout est vraiment fait pour satisfaire les amateurs de photoréalisme.

Test de Need for Speed Payback (PS4)
Need for Speed Payback comporte son lot de paysages spectaculaires.

À commencer par l’intégration d’un mode photo qui, sans être indispensable, vous permettra de renouer avec une passion peut-être égarée en chemin. Dans Need for Speed Payback, il y aura de quoi faire à ce niveau-là : les paysages sont magnifiques et atypiques, les véhicules eux-mêmes sont de toute beauté, si bien qu’on aura envie de les capturer sous tous les angles. Un mot rapide sur la bande son du jeu, qui me semble plus discrète que dans Need for Speed 2015 et sur le mode multijoueur, qui vous permet d’affronter d’autres pilotes dans des matches classés ou amicaux. Chaque speedlist comprend cinq courses. Et en dépit de temps de chargement assez longs entre deux menus, l’expérience est plutôt tonifiante, notamment pour ceux qui aiment les courses compétitives, ce qui n’est pas sans nous rappeler un certain mode Prestige dans le précédent Need for Speed. N’est-ce pas ?


Need for Speed Payback est un jeu de course difficile à noter car il est décevant sous certains aspects et très réussi sous d’autres. Par exemple, malgré un système de progression rendu moins contraignant, on a vite le sentiment que le jeu devient redondant. Par ailleurs, même si les sensations de vitesse sont bel et bien là, on sait qu’on n’aura jamais l’occasion de tester tous les véhicules du jeu à moins de farmer les mêmes courses. Bien que visuellement sublime sur PS4, Need for Speed Payback affiche une autre carence évidente : le jeu n’a pas d’identité propre. Need for Speed Payback est donc un concentré de bonnes choses et de choses moins bonnes. Mais globalement, il reste tout de même un jeu de course satisfaisant, et surtout, divertissant.

LA NOTE DE LA RÉDACTION
  • Gameplay - 8/10
    8/10
  • Durée de vie - 7/10
    7/10
  • Graphismes - 8/10
    8/10
  • Scénario - 4/10
    4/10

Les plus et les moins

✔︎ De vraies sensations de vitesse.
✔︎ Une map gigantesque et variée !
✔︎ De très beaux graphismes sur PS4.
✔︎ Digne d'un blockbuster hollywoodien.
✔︎ Les épreuves de drift dans le désert !

✘ Une progression lente et frustrante.
✘ Des missions légèrement scriptées...
✘ Pas vraiment d'identité propre.
✘ Des personnages assez ridicules.

6.8/10

 


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

7 Commentaires »

  1. C’est le souci des need fort speed, tout le temps changer de direction sans jamais savoir prendre une route fixe. Ils partent sur le bon pied avec l’un et puis après ils nous sortent une autre mouture. C’est grave de ne pas savoir assembler tous les bons éléments des divers jeux pour en faire un excellent. Mais je continue à dire que le meilleurs NFS serait le mélange de need for speed carbon, most wanted et underground 2.
    Au début ils étaientt sur du need for speed sans le côté tuning, ,course sur route, après c’est resté une fois NFS classique et l’autre année NFS tuning.C’est dommage NFS 2015 était vraiment bon pour ma part, trop lègé sur le contenu en solo, mais le potentiel du renouveau était là. Triste de ne pas prendre un joueur aux commandes du jeu et d’écouter, et de toujours faire ce qu’eux ils veulent. Avoir de l’or en main et ne pas savoir quoi en faire. C’est bien là le souci de nombreux jeux. Avoir un jeu qui se vend, ou marqué l’histoire du jeu vidéo par un titre qui défie toute concurrence. C’est le dilemme.
    Bien fait pour eux qu’ils aient dû changer la donne avec leur loot box, la preuve le jeu est déjà en dessous des 40euros .Dans 6 mois il ne vaudra même plus 30euros, autant attendre en ce qui me concerne. Faire un cycle jour/ nuit me paraît une évidence sur un NFS avec climat. L’un des points forts c’était de faire cela avec de vrais acteurs, ils l’ont fait avec je ne sais plus quel ancien NFS, il avait fait mouche.

    • Je suis d’accord Stéphane, cette inconstance commence à devenir problématique… Ils essaient de rassembler tous les aspects abordés dans les précédents opus et c’est sûrement pour cela que Payback est un jeu “passe-partout” plutôt qu’un titre possédant une réelle identité. Oui, il est souvent arrivé qu’il y ait de véritables séquences cinématographiques. Ce fut le cas dans Need for Speed 2015 mais aussi dans Need for Speed: Undercover (j’y avais joué sur PSP à l’époque).

  2. Très bon test Eric. J’essaie de me mettre à ta place et je me dis “comment dire la vérité à mes lecteurs sans froisser un éditeur alors qu’il m’a offert une version test du jeu” ? Je pense que c’est quelque chose que tu fais bien, tu es sincère tout en étant délicat dans tes propos. De ce que je comprends, Payback n’est pas le jeu de course du siècle et est assez moyen pour un NFS finalement. Mais tu dis aussi qu’on s’amuse en y jouant et je pense que le principe de tout jeu de course arcade c’est ça justement : le divertissement. Donc je pense que je vais me laisser tenter (pourquoi pas pour Noël) surtout que comme Stéphane j’ai bien accroché au dernier Need for Speed. Moi je trouve que son scénario était pas trop mauvais, sauf que dans Payback on a l’air d’avoir une vraie histoire donc moi ça me convient. J’espère juste que les loot box ont vraiment été mise de côté… Après pour un jeu comme ça faut pas s’attendre à un Forza Horizon non plus car Forza Horizon c’est la référence, c’est ce qu’y a de mieux sur le marché comme on dit.

    • Ah ah, oui, il faut savoir faire la part des choses. Rester honnête sans trop bousculer les sentiments des gens. Oui, clairement, je passe du bon temps sur ce Need for Speed Payback. Il est loin d’être mauvais ! Après, comme expliqué dans le test, c’est loin d’être une référence.

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