Il y a quelques semaines, Emilie a titillé ma curiosité en me parlant d’un jeu indé que son père avait adoré : Supraland, sorti sur PC début avril 2019. Quand j’ai jeté un œil à la page Steam (d’ailleurs, n’hésitez pas à rejoindre la nôtre), qui revendique un mélange entre Zelda, Metroid et Portal, mon intérêt est encore monté d’un cran. Et en découvrant qu’il avait été développé quasi entièrement par une seule personne, j’ai craqué dans la seconde. Me voilà donc, 19 heures de jeu plus tard, pour te présenter mon test de Supraland, histoire de voir si ce titre est à la hauteur de ses ambitions ! 

Une histoire délicieusement enfantine

Tu l’as compris avec le trailer, Supraland se déroule dans un bac à sable. En tant que prince des Rouges, tu dois partir à la rencontre des Bleus qui ont massacré l’arrivée d’eau de ta ville. Les deux peuples sont ennemis de longue date, sans qu’on se souvienne vraiment pourquoi, et ton chemin sera évidemment semé d’embûches. L’histoire semble très simple, et pour cause : tout est en réalité orchestré par un petit garçon (que tu verras régulièrement t’observer d’en haut, c’est tout à fait perturbant), et le scénario fait penser au genre d’histoires qu’on s’invente avec nos jouets… Très bien pensé donc et très cohérent avec l’univers bien particulier de Supraland !

chronique supraland
Devine qui regarde par la fenêtre !

Difficile de ranger ce jeu dans une seule case, tant son gameplay est varié. Aventure, exploration, FPS, énigmes, puzzles, le bac à sable de Supraland regorge de surprises et de secrets. Pour te donner une idée, j’ai terminé le scénario avec une progression à seulement… 48 %. Il me reste donc une quantité de coffres et de petites zones à découvrir, pour une durée de vie assez impressionnante. Qu’on ait l’âme d’un collectionneur ou non (puisqu’il faut une vingtaine d’heures pour la quête principale), personne ne pourra se sentir floué ! Les jeux indépendants avec une bonne durée de vie, ça existe aussi ! 

Un gameplay follement ludique

Dans une interview chez PC Gamer, David Münnich (le créateur de Supraland, donc) raconte qu’il voulait construire un Metroidvania à la première personne pour favoriser l’exploration et pouvoir jongler avec différentes mécaniques : au lieu de rester dans les codes parfois trop directs de ce genre de jeux (la clé bleue te permet d’ouvrir les portes bleues), son but était d’étudier d’autres moyens d’accéder à des zones, via des objets réutilisables de plusieurs manières.

test de supraland
Même les animations de ton personnage sont agréables.

Le pari est réussi : chacun des outils que tu débloques au fil de ta progression est multi-usage, et le jeu te pousse constamment à repousser les limites de ta créativité. Lorsque tu tombes dans une routine, il bouscule les codes pour te forcer à t’adapter, et la résolution des puzzles n’en est que plus réjouissante. Ainsi, le cube violet que tu peux invoquer te permet d’atteindre des plateformes en hauteur, d’écraser des ennemis, de faire de la lumière, d’actionner des interrupteurs ou encore de peindre des objets en violet. Ce simple exemple traduit bien la philosophie du jeu : de l’exploration, des combats, des puzzles à la Portal et des quêtes un peu plus absurdes (où tu passes ton temps à berner les gens avec un peu de peinture…). Encore une fois, on est dans la tête d’un enfant ! Et tous les objets peuvent s’avérer utiles dans les différents aspects du gameplay, ce qui est un véritable tour de force !

Une immersion joliment pensée

Devant la densité de l’univers de Supraland, j’ai parfois regretté l’absence de carte pour m’aider à me diriger (oui, je me suis perdue dans 9m2…). Ne me jugez pas ! C’est toutefois un choix parfaitement assumé de David Münnich, puisqu’il explique dans la même interview que les cartes ruinent l’immersion d’un jeu en 3D : il est bien plus intéressant de pouvoir se repérer grâce aux gros objets qui parsèment le bac à sable (la casserole, la chaise, le tonneau…) et qui sont visibles de loin. Et j’avoue que je prends beaucoup de plaisir à revenir sur mes pas, en partie grâce aux graphismes naïfs et colorés qui mettent forcément de bonne humeur.

avis supraland
Mention spéciale aux fabuleuses vues aériennes !

Mais si on se sent si bien dans Supraland, c’est aussi grâce à l’humour omniprésent et redoutable de ce jeu ! On le retrouve tant dans les dialogues des personnages que dans la résolution de certaines énigmes (mention spéciale au boss final, du grand art !). Quand tu penses être plus malin que le jeu, il te fait comprendre qu’il avait anticipé tes mouvements. Et parfois, il te piège et se moque de ton manque de jugeote : il t’installe tout un système d’interrupteurs et de boutons chronométrés pour que tu puisses passer à travers une porte, et te dit ensuite que « 90% des joueurs oublient qu’on peut simplement bloquer la porte avec son cube violet » (ah, oui…). Bref, c’est un jeu léché jusque dans les moindres détails, immense respect à David Münnich pour cette performance !

Des défauts facilement oubliables 

Évidemment, le jeu n’est pas parfait, même si les contrariétés sont rapidement contrebalancées par tout ce que je t’ai déjà raconté dans ce test de Supraland. J’ai eu quelques difficultés à gérer les sauts : ça patine un peu, la précision n’est pas toujours folle et j’aurais aimé pouvoir aller plus haut. Mais David Münnich a prévu d’améliorer ça pour Supraland 2, donc j’ai hâte de voir le résultat.

supraland
Le petit clin d’œil qui fait plaisir !

Je dirais aussi que les ennemis sont très répétitifs (même si le système de combat est plaisant et bien construit), et qu’ils viennent régulièrement parasiter ton exploration des lieux. Typiquement, après avoir battu le boss final, je me retrouve avec des monstres assez costauds à tous les coins de la map et ça me motive un peu moins à fouiller partout pour compléter mes 52 % de progression restants. Les morts sont assez anecdotiques, elles n’ont pas d’incidence particulière sur ta partie, et c’est également un point que David Münnich veut pousser davantage dans la suite en s’entourant de personnes plus expérimentées qui apporteront du challenge et de vrais enjeux aux combats.


Je ne peux donc que recommander Supraland, qui m’a offert des heures et des heures de plaisir. Chacun des puzzles est intéressant et chouette à résoudre, l’immersion est totale, le côté Metroidvania est très maîtrisé et traité de manière innovante, et c’est un bonheur de découvrir toutes les fonctionnalités des outils qu’on récupère au fil du jeu. On sent que David Münnich l’a créé avec passion, et il a fait un travail remarquable centré sur l’expérience du joueur : le jeu est déjà disponible en une dizaine de langues, et il a même mis à disposition un guide de conseils pour t’éviter de chercher directement les solutions des énigmes principales, ce que je trouve vraiment cool de sa part. J’espère bien que mon test de Supraland t’a convaincu de l’acheter illico. Si tu hésites encore, une démo gratuite est disponible sur Steam ; aucune excuse donc !

La note de la rédaction
  • Graphismes - 8.5/10
    8.5/10
  • Gameplay - 9/10
    9/10
  • Scénario - 8/10
    8/10
  • Durée de vie - 10/10
    10/10

Les plus et les moins

✔︎ Un game design impressionnant !
✔︎ Un univers coloré et enfantin très agréable.
✔︎ Une durée de vie extensible.
✔︎ Beaucoup d'humour et d'inventivité !
✔︎ Des puzzles ingénieux et variés.
✔︎ Le travail d'un passionné bourré de talent !

✘ Des combats répétitifs et trop fréquents.
✘ Une technique de saut pas toujours fluide.

8.9/10

Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

6 Commentaires »

  1. Les gens ont l’air de beaucoup l’aimer ce jeu. C’est dingue ce qu’une seule personne est capable de faire, et quand ils sont toute une équipe de plusieurs personnes, ils n’arrivent pas à faire ce genre d’exploit. C’est cette petite étincelle, qui fera que les jeux vidéo ont peu de chance de mourir un jour et peu importe ce qu’on va nous refourguer dans l’avenir, des personnes comme lui gagneront le cœur des joueurs. Jeux indépendants ne riment pas forcément avec faible durée de vie, c’est sûr.

    Bravo à lui, de la créativité et voilà. La réalité est chiante, trop de jeux réalistes, ça finit par être vite plombant, il en faut une dose mais il y en a trop à l’heure de maintenant, ce qui était moins le cas dans le passé et aussi moins de titre à suite. Pas besoin d’avoir une grosse configuration pc apparemment. Il est que sur pc ou tu penses qu’il pourrait débarqué sur console ? Je note le titre sur ma liste en tout cas. J’adore le truc skyrim 130 km, supraland 9 mètres carré ^^

    • Oui on est d’accord, je suis bluffée par ce qu’il a réussi à faire tout seul !! Je crois qu’il a été approché pour faire une version sur console (Switch ? PS4 ? Je ne suis plus sûre), je ne sais pas s’il va le concrétiser 🙂 Mais sur PC ça tourne sans trop de difficulté oui !

      Haha oui la bande-annonce est très drôle 😀

  2. Encore un excellent test Coline ! Supraland… Eh ben ça a l’air super sympa ! 😼 Tu m’as convaincu je vais essayer d’y jouer sur mon PC en espérant qu’il va pas rendre l’âme en pleine partie 😂. Merci pour cette découverte !

  3. Le jeu à l’air vraiment sympa, j’adore le concept du jeu d’enfant surveillé de loin !

    J’en ai profité pour faire une demande d’ajout au groupe steam JSUG !

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