Je dirais que cela fait un peu plus de dix ans que je pratique le jeu vidéo de manière régulière. Mais ma découverte des jeux vidéo, en vérité, elle remonte à l’enfance. Comme presque tout le monde, j’ai fait mes premières armes sur Zelda, Mario Kart, Pokémon, les grands classiques. C’était une époque passionnante, incroyable. J’ai encore des souvenirs très distincts de mon enfance, de moments où je jouais à la Gameboy ou à la Super Nintendo étant tout jeune.

Mais s’il y a quelque chose dont je ne me souviens pas, c’est de sessions de jeu passées aux côtés de mes parents. Très sincèrement, je ne les blâmerai jamais pour cela. C’était une autre génération. Et puis j’ai bien d’autres souvenirs de moments passés avec eux (les repas, les moments où ils m’aidaient à faire mes devoirs pour l’école, les vacances d’été à l’Île Maurice, et j’en passe).

En écrivant ces lignes, je me rends compte qu’il est très important pour moi que Mia se souvienne de moments de qualité passés avec son papa. D’ailleurs, peu importe qu’il s’agisse de futures parties de Tekken durant lesquelles je lui enseigne mes meilleurs combos, d’entraînements de basket visant à faire d’elle la future star de WNBA ou de pauses gourmandes autour de bonnes gaufres au chocolat, l’essentiel est qu’elle est une image positive de son papa, un papa bienveillant qui la guide et l’accompagne dans les activités qu’elle choisira. En tout cas, s’il y a une chose que je tiens à dire aujourd’hui dans Daddy Gaming, c’est que la parentalité doit être une charge partagée. Ce n’est pas à la maman de tout gérer. Et tant pis si les papas jouent moins aux jeux vidéo ! Ils doivent faire avec !

Papa gameur vs. papa qui joue : une distinction subtile mais bien réelle

Avoir des enfants, c’est une énorme responsabilité. Élever un enfant, c’est exceptionnel mais aussi très stressant à la fois. Personnellement, je fais face au stress de bien des manières : en faisant du sport, en donnant de l’attention à mes animaux et en jouant aux jeux vidéo.

Plus un enfant grandit, plus il devient facile de partager des activités avec lui. En ce moment, avec Mia, on joue beaucoup avec sa boîte à formes. Je commence aussi à dessiner avec elle (enfin ma petite puce, pour le moment, elle ne fait que gribouiller). Il nous arrive aussi de nous amuser avec un gros ballon de yoga. Mais plus tard, je m’imagine bien lui apprendre à faire des crossovers, je me vois bien jouer avec elle aux Lego ou aux Playmobil. Et peut-être bien que dans plusieurs années, on jouera ensemble aux jeux vidéo. Dans tous les cas, ce que j’ai remarqué jusqu’à présent en tant que parent, c’est que même si j’ai toujours la chance de pouvoir jouer une petite heure par jour aux jeux vidéo (essentiellement tôt le matin), cela n’égale en rien les moments spéciaux que je passe avec ma fille, surtout lorsqu’on joue ensemble à autre chose, de manière différente.

daddy gamer who plays basketball
Les jeux vidéo, c’est sympa, mais Mia découvrira d’autres choses avec son papa avant cela.

Voilà selon moi une première façon d’opposer papa gameur et papa qui joue. Mais la différence fondamentale qui existe entre un père gameur et un père qui joue, vous savez ce que c’est ? Eh bien, c’est notre façon d’établir nos priorités. Et ça ne s’arrête pas là. La façon dont nous voulons que les autres nous perçoivent compte aussi. Avant, je voulais certainement que le monde entier sache à quel point je suis un chasseur de trophées PSN aguerri. Aujourd’hui, je préfère de loin qu’on me considère comme un excellent père pour mon enfant.

Un gameur qui devient parent doit changer ses priorités

En tant qu’adulte, j’aime à penser que je peux faire ce que je veux, quand je le veux. Si on suit cette logique, on peut se dire que le parent qui veut jouer plusieurs heures par jour voire toute la journée a le droit de le faire, n’est-ce pas ? Après tout, du moment qu’il ne fait de mal à personne, où est le problème ? Mais quand un enfant est impliqué, nécessairement, l’équilibre et les priorités ne peuvent plus être les mêmes. Être parent, c’est accepter d’endosser un nouveau rôle, c’est accepter de nouvelles responsabilités que l’on ne peut pas rejeter ou remettre à plus tard. Forcément, quand on est parent, jouer aux jeux vidéo plusieurs heures consécutives peut avoir un impact négatif sur ceux qui nous entourent, car ce temps consacré aux jeux vidéo, c’est du temps perdu, du temps que l’on pourrait utiliser pour vivre quelque chose d’unique avec ses enfants. Et le problème, c’est que ce temps, malheureusement, on ne peut pas le rattraper…

Vous croyez quoi ? J’adorerais revenir sur Battlefield 5 de temps à autre, jouer pendant des heures à Plants vs. Zombies: Battle for Neighborville jusqu’à l’épuisement, mais si je faisais cela, ma famille en souffrirait énormément. Et moi aussi. En tant que parent, il faut donc nécessairement dire adieu au papa gameur, celui qui est égoïste et obéit au moindre de ses caprices. Et il faut accepter d’avoir un temps limité pour les jeux vidéo voire de mettre ce hobby entre parenthèses.

Chercher l’harmonie, trouver le juste équilibre

Dix-sept mois après la naissance de Mia, je pense avoir trouvé l’harmonie que je cherchais. Mon quotidien est rythmé par le travail, les activités en famille et les loisirs. Reste que pour tirer pleinement profit de tout cela, il faut un juste équilibre. Un gameur qui est capable de passer du temps avec sa famille, de subvenir à ses besoins par le biais d’une activité professionnelle productive et de s’adonner à des loisirs n’a, selon moi, rien à envier aux autres.

Pendant longtemps, je travaillais beaucoup trop, et beaucoup trop souvent. Cela générait du stress en moi. Mon instinct de gameur me poussait alors à jouer durant plusieurs heures pendant que ma femme et ma fille dormaient paisiblement. Et au final, j’en ressortais épuisé. Cet épuisement se répercutait alors sur ma semaine de travail à venir, augmentait mon anxiété et réduisait le temps que je pouvais passer avec mes proches. Parce que bien que têtu, je ne suis pas un abruti, j’ai redéfini mes priorités : j’ai décidé de moins travailler mais de mieux travailler, ce qui me libère du temps pour passer des moments qualitatifs avec Mia et sa maman. Et s’il me reste une petite heure pour jouer dans la journée, soit, je m’en contente parfaitement. Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux, beaucoup plus épanoui, et surtout moins dépassé par les événements.

Vous aurez sûrement saisi le concept, Daddy Gaming est un concentré de témoignages et de réflexions sur la parentalité. Je me livre tel que je suis, un être imparfait qui est conscient des travers du jeu vidéo et qui vit dans un pays où la fessée et les violences corporelles n’ont été interdites qu’en 2019. Bien entendu, je ne prétends pas être un modèle à suivre en matière d’éducation, mais si mon expérience et mes réflexions peuvent être utiles aux papas gameurs actuels et futurs, alors vous m’en voyez ravi ! À bientôt dans le prochain numéro !


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

15 Commentaires »

  1. Tu as bien raison, profiter de s’occuper de son enfant, que ce soit jouer ou l’aider dans ses devoirs. C’est un moment de partage dont elle se souviendra. Viendra peut-être le temps où elle aura envie de jouer à la console, alors là tu sauras jouer un peu plus ^^.

    Mais quand on a la chance d’avoir une si jolie femme et en plus d’avoir eu un beau bébé avec elle, la vie de famille est plus sympa qu’une console. Faire des jeux de société en famille de temps en temps, c’est amusant aussi. Si j’avais eu un enfant, j’aurais été tout le temps derrière, apprendre à faire du vélo, jouer au playmobil et aux lego, même aux petites voitures. Je ne me serai pas fait prier. Aller aux magasins de jouet, mon porte-feuille aurait pris sévère, étant un grand fan de playmobil, je sais ce que c’est de vouloir choisir entre deux boites ^^. Ce sont des moments cruels dans une vie d’enfant ^^

    Disons faire un sport avec elle, quand elle sera plus grande. Lui donner une hygiène de vie.

    Bon ok je suis toujours un enfant mais pchuut on le dit à personne.

    Bonne courage à la future star de la WNBA, j’espère que j’aurai des places gratuites mdr

    • Ah ah, c’est clair ! Il n’est pas trop tard, tu peux encore faire ta vie. Mon père m’a eu très tard, et il est heureux d’avoir ses enfants aujourd’hui. Je suis moi aussi un grand fan des Playmobil ! XD

      C’est bien de toujours rester un enfant tu sais, c’est meilleur pour la santé, et ça répand de la joie autour de soi. Mes proches aiment bien mes blagues débiles et mes réflexions de gamin, ça nous amuse beaucoup tous les jours et des rires, il en faut vu la sale époque dans laquelle nous vivons… Je te filerai des places gratuites, t’inquiète 😉

  2. J’en ai les larmes aux yeux de voir que l’évolution des rapports entre parents et enfants se profile vers des matins qui chantent et qui jouent grâce à ton témoignage, Éric. Tu es un fabuleux exemple au milieu de tous ces gens et cette civilisation qui abêtit tout ce qui touche à l’enfance, entre des parents totalement à côté de leurs pompes quant à leurs responsabilités, les médias pour enfants destroy et ceux qui sont restés à l’éducation du XIXe siècle, on n’est pas sortis de l’auberge ?merci Éric, j’aurais bien aimé avoir un papa comme toi, vraiment et pour avoir appliqué tout ce que tu expérimentes toi-même maintenant avec mes enfants et la réussite que j’ai réalisé avec eux, je peux t’assurer que c’est nous qui avons raison. Qu’on se le dise ! Bon courage à tous les jeunes parents, tenez bon et courage, on est tellement gratifiés en retour pour les tonnes de bonheur que nous apportent nos enfants ❤️❤️❤️❤️❤️?

    • Merci MiJo, tu dois être une fabuleuse mamie toi aussi ! Honnêtement, ma compagne m’apprend beaucoup de choses tous les jours. Elle passe ses matinées à regarder “La Maison des Maternelles” et pour le coup je dois avouer que c’est une super émission. Elle est très portée sur la bienveillance envers les enfants, notamment ceux qui sont tout jeunes. Avant la naissance de Mia on a regardé un film qui nous a beaucoup éclairé également. On se pose encore beaucoup de questions, et on est conscients de pas avoir la science infuse. Être parent fait l’objet d’un questionnement perpétuel. Mais pour qu’un enfant soit heureux, faut que ses parents soient bien dans leur peau !

  3. J’aime beaucoup le ton et les réflexions de ton article Eric ! C’est un plaisir de te lire sur le sujet et c’est très enrichissant. Chapeau à toi d’avoir réussi à trouver le bon équilibre entre le travail, la famille, Mia, les jeux vidéo.. Je me dis que ce n’est pas forcément si évident, surtout que comme les enfants évoluent, les rythmes évoluent eux aussi en permanence. En tout cas, on voit bien que toutes ces expériences cogitent dans ta tête, mais au fil des mots je te sens épanoui et heureux, alors tu es sur la bonne voie ! Merci de partager ton ressenti de papa avec autant d’émotion et de réflexion, et autant de sincérité.

    • Coucou 🙂 Trouver le juste équilibre n’est pas évident, c’est clair. Pour autant, je ne mérite aucun éloge, trouver l’équilibre devrait être la mission de tout parent, tout comme consacrer du temps de qualité à son enfant devrait être une priorité. J’avoue qu’il y a moins de 24 mois de cela, je n’étais certainement pas la même personne… J’ai pris beaucoup de cheveux blancs depuis, et je médite beaucoup aussi XD

  4. Quel plaisir de lire ces lignes. Je ne suis pas parent, je ne le serai certainement jamais mais je sais reconnaitre la sagesse.

    Content que tu puisses t’épanouir dans la parentalité, content surtout que tu saches où placer tes priorités.

    Prends soin de toi et des tiens, je sais que tu fais tout ce qu’il faut pour.

    A bientôt l’ami !

      • Dès qu’on est déconfinés je vais essayer d’aller voir mes parents !

        J’en profiterai pour vous faire un coucou en toute sécurité évidemment !

        A très bientôt !

  5. Quel magnifique témoignage ! Merci Eric ça fait du bien de lire des choses comme ça. Tu as un discours très bienveillant et empathique. C’est clair qu’être parent c’est le plus grand défi de la vie ! Ça change toutes tes perspectives et habitudes ! Mais ça vaut le coup d’être vécu ?

  6. Super article ! Un enfant ça reste facile à gérer mais 2, là tu commences à galérer pour avoir un PEU de temps pour toi…

    En tout cas, de mon point de vue, rien que le fait de se poser ce genre de questions indique que tu seras un bon père ?

    De mon côté je ne joue plus beaucoup aux JVs par manque de temps malheureusement, s’occuper d’enfants prends du temps, mais aussi car je ne prends pas le temps de jouer, je suis crevé !

    Tant qu’ils sont petits les enfants accrochent vite aux mêmes passion que les parents.

    J’ai mis ma fille ainée assez vite sur une draisienne et le fameux moment pour lui apprendre à faire du vélo sans roulette a durée environ 30min ! Elle adore ça !Tu verras Mia, fera rapidement des 3 points d’anthologie !!

    J’espère leur transmettre la passion du « vrais » JV, c’est à dire des jeux qui demandent de la reflexion, du skills, de la patience, … dés que ma fille sera lire j’essairai de faire Soleil avec elle, tout en veillant à ce qu’elle ne fasse pas trop d’écran !

    • Je pense que tu es toi aussi un bon papa Alex ^^. Oui j’imagine que deux enfants ce n’est plus tout à fait la même chose ! Ça doit demander encore plus d’organisation en plus de ça, et c’est doublement fatigant. Je me prépare psychologiquement à me dire que dans pas longtemps, je ne pourrais faire plus que 2 ou 3 jeux par an XD

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