En cette fin d’année 2018, EA Games et DICE sont de retour avec un tout nouveau Battlefield qui se réconcilie avec la coopération, laissant la part belle à des parties en ligne on ne peut plus intenses. Plus communautaire, plus sensationnel, plus immersif, ce FPS militaire sorti sur PC, PS4 et Xbox One le 20 novembre 2018 m’a fait forte impression. Dans ce test de Battlefield 5, nous allons voir en quoi le grand rival de Call of Duty : Black Ops 4 célèbre l’art de la guerre mieux que quiconque. Je remercie Electronic Arts — qui nous a permis de tester Battlefield 5 par le biais d’une version éditeur —, pour sa confiance sans faille. La guerre peut-elle être captivante, magistrale ? Oui, c’est le cas dans Battlefield 5.

Battlefield 5 : la Seconde Guerre mondiale sous son plus beau jour

Vous l’aurez deviné bien avant la lecture de mon test de Battlefield 5 sur PlayStation 4, Electronic Arts et DICE ont pris la décision commune de retourner à leurs premiers amours en concevant un titre qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. Choix logique, me direz-vous, puisque deux ans plus tôt, Battlefield 1 nous embarquait dans les froides tranchées de la Grande Guerre. Si Battlefield 1 s’avérait déjà magnifique et tonitruant, Battlefield 5 arrive à faire mieux que son ainé tout en chérissant le même principe fondateur : des missions solo nous transportant aux quatre coins du monde et, surtout, des affrontements multi-joueurs dantesques (jusqu’à 64 joueurs en ligne). La recette est explosive, même si Battlefield 5 présente une énorme différence par rapport aux autres opus de la licence : il s’agit d’un jeu-service, ce qui signifie qu’il sera mis à jour régulièrement grâce à du contenu additionnel qui sera, je vous le rassure, totalement gratuit pour les possesseurs du jeu. Reste que la version day one de Battlefield 5 fait montre d’un jeu qui semble déjà particulièrement complet.

test de Battlefield 5
Le Récit de Guerre sur les tirailleurs sénégalais est mon préféré du jeu.

En effet, le contenu de Battlefield 5 est partagé de deux façons : on trouve tout d’abord les Récits de Guerre, puis le multi. Les Récits de Guerre forment trois chapitres d’une durée totale de 5-6 heures (particulièrement difficiles à plier en difficulté « Extrême ») qui prennent place respectivement en Afrique du Nord, en Norvège et dans le Sud de la France, dans ma chère et tendre Provence pardi ! L’occasion de découvrir les histoires d’un blondinet carrément rebelle enrôlé sans le vouloir au sein de l’armée britannique, d’une jeune résistante norvégienne ayant pour mission de mettre fin à la production d’eau lourde par les nazis et, pour finir, d’un tirailleur sénégalais très attachant envoyé en première ligne de front. Les Récits de Guerre font toujours office de longs tutoriels, et sont dotés de scripts particulièrement impressionnants. L’écriture de chaque histoire est résolument soignée, le développement des personnages est suffisamment riche et subtil pour les rendre intéressants, et, très étonnamment, DICE semble s’être même permis quelques critiques ouvertes vis-à-vis de certains faits historiques (chaque chapitre confronte un événement du passé à sa résonance contemporaine, en examinant parfois ses répercussions dans notre société actuelle). Battlefield 5 met l’accent sur le féminisme, en profite pour parler de discriminations raciales… sans bien sûr en faire tout un plat. J’ai beaucoup apprécié ce parti pris : Battlefield 5 est un jeu qui, certes, rend hommage à l’histoire, mais est parfaitement contemporain dans le traitement de ses thèmes, ce qui le rend mature.

test de Battlefield 5
Les Récits de Guerre sont empoignants et superbement scénarisés.

Explosion graphique dans la face, immersion sonore magistrale !

Dans ce test de Battlefield 5, je vous le dis tout de suite : ce jeu est certainement parmi les plus beaux de l’année 2018, et de loin. Visuellement, c’est une énorme claque dans la figure que l’on se prend. Le moteur graphique Frosbite a visiblement de beaux restes, comme en témoignent les textures bluffantes de réalisme, les innombrables détails qui envahissent l’écran, la fluidité et la cohérence des mouvements, les effets graphiques en veux-tu, en voilà. Chaque image est une déflagration de bonheur pour notre petite rétine : les rayons du soleil ardents qui viennent se frapper aux dunes du désert nord-africain, le vent qui balaye la neige et obstrue notre champ de vision en Norvège, la boue tenace qui se mêle aux champs de lavande en Provence, les environnements, paysages et décors de Battlefield 5 sont tout bonnement somptueux. Malheureusement, cela n’empêchera pas certains bugs de se présenter de temps à autres. Ainsi, il n’est pas rare de passer au travers d’un rocher lorsqu’on s’allonge pour prendre appui sur son arme, voire encore de faire les frais d’un bug de collision pendant un gun fight. Mais connaissant DICE, ces détails mineurs seront corrigés d’ici peu. Place à la BO du jeu ?

test de Battlefield 5
J’en connais un qui ferait mieux de déguerpir… Et vite !

Le traitement du son dans ce test de Battlefield 5, eh bien parlons-en. Une nouvelle fois, DICE fait un sans-faute. Les doublages en anglais, norvégien et français (avec un fort accent africain) sont parfaits. La conception sonore est même globalement un modèle du genre dans Battlefield 5 : je suis tout simplement ébahi par l’immersion qu’offre cette dernière ! Le sound design et les éléments auditifs utilisés parviennent à créer une sensation de réalisme hors du commun, à condition bien sûr de disposer d’un bon casque de gaming. Le son des mitraillettes au loin, la détonation d’une barre de dynamite gluante à quelques mètres de vous, le sifflement strident de nos tympans qui essaient tant bien que mal de se remettre du traumatisme sonore, tout cela est tellement bien retranscrit ! Et que dire de la bande-son mise au point par Johan Söderqvist & Patrik Andrén. C’est simple, depuis que j’ai le jeu, je n’arrête pas de l’écouter en boucle… Inspirée du thème musical de Joel Eriksson, l’auteur des musiques de Battlefield 1942 et Battlefield 1943, la BO du jeu est très mélodieuse et émouvante. Elle est suffisamment puissante pour marquer toute une génération de passionné(e)s de l’univers Battlefield.

test de Battlefield 5
Quel soldat choisirez-vous camarade ? Plutôt un homme, ou plutôt une femme ?

Un multi-joueur plus solide et convaincant que jamais

Qui dit Battlefield, dit multi-joueur. Les deux sont indissociables. Le multi de Battlefield 5 demeure très solide car même si à la sortie du jeu, il ne présente que des modes classiques, c’est toute la façon de jouer en ligne qui a été modifiée, transformée, l’accent étant dorénavant mis sur les escouades, la coopération et le travail d’équipe. Au-delà des différents moments épiques et de bravoure mis en évidence dans le jeu, c’est bien le fait de devoir collaborer avec ses coéquipiers qui rend Battlefield 5 unique en son genre. En effet, comme je vous l’ai expliqué dans un précédent article, l’usure et la survie sont deux composants majeurs de Battlefield 5 ; sans esprit coopératif, le gameplay perd soudainement de sa superbe. Le joueur solo n’a pas la moindre chance de s’amuser dans ce jeu de guerre où les munitions sont limitées et les exploits individuels réduits à néant. Au sein d’une même escouade, quelle que soit sa classe (Assaut, Soutien, Médecin ou Éclaireur), chaque joueur peut réanimer ses partenaires. Il n’y a pas de meilleure illustration pour montrer que Battlefield 5 est un jeu de groupe qui favorise les prises d’initiative collectives. Et Dieu que c’est bon d’appartenir à une escouade et de jouer ensemble !

test de Battlefield 5
Dans Battlefield 5, on peut personnaliser ses armes à sa guise.

Mais tout commando a besoin d’un chef. Ici, il s’agit de commandants d’escouade, lesquels peuvent donner des ordres rapides et demander des renforts. Lorsque l’escouade cumule suffisamment de points, elle peut faire apparaître des caisses de ressources, des véhicules puissants voire demander une attaque aérienne à un point précis de la map. Ce que je tiens à souligner dans ce test de Battlefield 5, c’est que le rythme des combats évolue au gré des décisions. Les combats peuvent être aussi bien frénétiques et acharnés que lents et tactiques. C’est cette variation qui fait de Battlefield 5 le plus grand FPS militaire de sa génération, car on a tout simplement la sensation d’être un véritable soldat sur le champ de bataille, et ce même si uniquement huit cartes sont disponibles à la sortie du jeu. Que ce soit les grandes plaines d’Arras, dans les ruines d’Hamada ou entre les immeubles de Rotterdam, chaque niveau est muni de décors destructibles, lesquels peuvent littéralement métamorphoser la map en l’espace de quelques minutes. Outre les classiques Match à mort par équipe, Domination et Conquête, on trouve dans ce Battlefield 5 un tout nouveau mode de jeu complètement jouissif : Grandes Opérations. Ce dernier est littéralement dantesque et se compose de plusieurs manches (assauts ou défenses de camps). Grandes Opérations donne au joueur le sentiment d’être l’acteur d’une véritable guerre, laquelle peut durer plusieurs heures consécutives. Eh oui, pour jouer à Battlefield 5, il faut avoir du temps devant soi ! Autre force de Grandes Opérations : la scénarisation de chaque partie et l’incroyable sentiment de satisfaction lorsqu’on vient de remporter le meilleur des trois voire quatre manches. C’est réellement dans ce mode de jeu que Battlefield 5 prend tout son sens.

test de Battlefield 5
D’habitude, je n’aime pas trop la neige. Cette fois-ci, je suis prêt à faire une exception.

Un système de progression intelligent et cohérent

En attendant l’arrivée des autres modes, notamment celle du très attendu Fournaise, sorte de Battle Royale du jeu, les développeurs parviennent à garder les joueurs en haleine avec des options de personnalisation plus poussées que jamais. Désormais, les armes ont leur propre niveau, ce qui permet de débloquer des skins et accessoires. Même constat au niveau des classes : le joueur peut modifier l’apparence de son personnage (visage et tenues, essentiellement). Dans la lignée de NBA Live 19 et de ses autres jeux sortis cette année, EA Games propose un système de progression intelligent dans Battlefield 5, et ce sans la moindre micro-transaction ! En effet, s’il veut débloquer du contenu, le joueur doit simplement enchaîner les parties. Tout est donc fait pour lui faire vivre une expérience infernale, et un minimum authentique. Les amis, je crois que c’est déjà la fin de ce test de Battlefield 5 !


Malgré un contenu réduit à sa sortie, Battlefield 5, qui gagnera en consistance au fil des mises à jour, offre un sacré lot de sensations fortes à l’image de son nouveau mode Grandes Opérations, qui nous invite à prendre part à une guerre totale. Avec ses missions solo bien dépeintes, son multi-joueur intense et addictif, ses environnements époustouflants et ses bruitages saisissants, Battlefield 5 est indiscutablement le jeu vidéo de tir à la première personne le plus marquant de l’année 2018. Et c’est sans compter le gameplay remanié désormais centré sur la coopération et le système de personnalisation des armes et personnages ! EA Games et DICE ont fait… très fort ! 

La note de la rédaction
  • Gameplay - 9/10
    9/10
  • Durée de vie - 9/10
    9/10
  • Graphismes - 9/10
    9/10
  • Scénario - 8/10
    8/10

Les plus et les moins

✔︎ Les Récits de Guerre.

✔︎ Graphismes et sons ultra-réalistes !


✔︎ Une réflexion parfois critique sur l’histoire.

✔︎ Un gameplay centré sur la coopération.

✔︎ Un système de progression pertinent.
✔︎ Une immersion bluffante à tous les niveaux !


✔︎ La personnalisation des armes et soldats !

✘ Quelques bugs mineurs intermittents...

✘ On aurait peut-être aimé une nouvelle classe !

8.8/10

 


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

10 Commentaires »

  1. Le test fait très envie !

    j’ai adoré jouer à Battlefield, surtout aux Bad Company à l’époque !

    Celui ci à l’air vraiment très bon et l’abandon du système premium fait vraiment plaisir, le virage pris par EA est appréciable, eux qui ont inventé le season pass ont décidé d’arrêter de s’en servir après avoir écouté les joueurs.

    Merci EA de ne plus prendre les joueurs pour des jambons et de nous fournir une vraie expérience vidéo ludique !

    Bravo !

    • Exactement ! Je leur en suis reconnaissant de nous offrir un vrai jeu avec une belle expérience, sans qu’on ait systématiquement besoin de mettre la main au portefeuille. Après Battlefront 2 et l’histoire des loot boxes, EA a pris un sérieux coup dans l’arrière-train. Suffisant pour se remettre en question ! Et se remettre en question, ça fait du bien ! Le peu de jeux édités par EA auxquels j’ai joué cette année montre qu’il y a une évolution positive. NBA Live 19, Battlefield 5, ce sont des jeux majoritairement multi-joueur avec une énorme durée de vie et un système de progression bien foutu. Ça aurait été chiant de devoir se taper des micro-transactions pour aller au bout de l’expérience.

      Mais bon, comme toujours, certains joueurs de BFV se plaignent : à la sortie du jeu, avant la MàJ qui sort demain, il n’y a que 8 maps de disponibles en multi. Moi ça ne me dérange pas plus que ça mais il y en a qui auraient préféré un contenu “Premium”…. LOL quoi.

  2. Excellent test (toujours aussi complet avec la vidéo en plus, qui est super en passant) ! Ton test va je pense soulager tous ceux qui hésitaient encore à le prendre. Plus de DLC payants, ça c’est une vraie bonne nouvelle ! En plus, c’est clair que sur les images le jeu a l’air beau et immersif. Pouvoir personnaliser ses armes, son soldat, tout cela apporte du confort de jeu, même s’il se peut que ça soit purement esthétique (ou pas). Je confirme, comme le dit Monsieur-Belette, ton test donne vraiment envie ! Du coup, je suis en train de me questionner XD

    • Merci Bruno ! Oui, pas de DLC, et un jeu solide dès sa sortie avec du contenu qui viendra l’améliorer progressivement au fil des MàJ. Après, peut-être que pour les joueurs de BF1, BFV ne réinvente pas grand chose (ce n’est qu’une hypothèse, à priori BFV apporte quand même son lot de nouveautés) mais moi qui redécouvre la franchise après plusieurs années sans avoir touché à un Battlefield je suis conquis !

  3. Battlefield 1 était déjà comme ça,, quand je lis ta description, c’est le même constat que j’ai eu . Ce n’était pas “grande opération” mais opération tout court, et c’était exactement ça un vrai champ de bataille à 64 joueurs contre 64, et les parties étaient extrêmement longues, trop pour moi, surtout quand on perd, avec les avions, les chars, manœuvrer un char est sympathique, le cheval moins évident. On pouvait déjà soigner ses coéquipiers et former une team de 5 joueurs, et aussi donner des ordres. Celui-ci est une grosse mise à jour, et ils ont perfectionné certaines choses pour le rendre encore meilleur qu’il ne l’était. Il y avait déjà la tempête de sable dans le désert. Mais une chose, on sait tourner à 360 degrés comme ils l’avaient annoncé . C’est ce, pour quoi j’avais du mal sur l’autre, comme cette fois-ci il n’y a pas de season pass, à un moment donné j’arriverai dessus. Sauvez le soldat Sawyer, je mets ma combinaison de médecin et z’ arrive tout de suite, oh la grosse blessure que voilà, ah ben non là il faut couper la jambe…allez hop on serre les dents…qu’est-ce que c’est que cette fillette ! ^^

    • AH AH ! Perso, je trouve ça trop bien de pouvoir changer l’apparence de son soldat ou de sa soldate. Ça apporte vraiment un petit plus à l’expérience. Il n’y a plus de cheval dans celui-ci, mais des véhicules blindés rapides. Par contre les chars sont toujours aussi lourds à piloter, surtout dans les espaces cloisonnés. Vaut mieux pas rester tout seul dans un char sinon c’est la mort assurée… Mais quand t’as toute une escouade dans un char, ça peut faire très mal. Pour soigner mes stats, je vais direct dans un char ! LOL. J’ai testé les avions aussi, laisse tomber ils sont trop dur à diriger, et j’ai l’impression de tomber que sur des Baron Rouge qui me flinguent en à peine 10 secondes…

      • Tant mieux parce que les canassons, j’ai eu un mal de cheval à faire les objectifs avec. Les avions j’avais réussi a en abattre mais qu’est-ce que c’était dur avion contre avion sinon le side-car était pas mal ^^

  4. Je ne suis pas du tout jeux de guerre mais ta critique est très complète et permet vraiment de se faire une idée sur c’est qu’un Battlefield. La partie des Récits de Guerre, notamment, a l’air passionnants, surtout en faisant place à la diversité et à des critiques qui ne font parfois pas de mal à être là, au contraire. C’est toujours enrichissant de montrer les multiples côtés d’une guerre à travers le monde.
    Graphiquement, ça a l’air d’une merveille rien qu’avec les captures d’écran du jeu ! Autant de réalisme apporte sans doute beaucoup au côté poignant du jeu, mais rien que pour les yeux, ça en envoie.

    • Merci la miss ! Oui, il y a un beau message derrière chaque Récit de Guerre, mais il n’y a quand même pas énormément de place qui soit donnée à l’émotion, ça reste un jeu de guerre après tout ^^. Donc tu passes la plupart du temps à te battre, même s’il y a beaucoup de phases d’infiltration. Ce qui est intéressant dans ce Battlefield 5, c’est qu’il ne tombe pas dans la facilité. Les développeurs ont préféré nous transporter en-dehors des sentiers battus, dans des régions ou pays où le conflit a eu lieu, mais sans que cela ne soit raconté dans les livres d’histoire.

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