Il y a des séries qu’on aime. Et puis il y a celles qui nous accompagnent depuis tellement longtemps qu’elles sont profondément ancrées dans nos souvenirs… Resident Evil, pour moi, c’est exactement cela ! Un nom qui fait remonter instantanément des images très nettes : une porte qui grince, des munitions qu’on garde « au cas où », un couloir qu’on traverse en serrant les dents, parce qu’on sent que quelque chose va surgir… Alors oui, quand Capcom m’a envoyé un code de téléchargement pour réaliser mon test de Resident Evil Requiem sur PS5, j’avais des attentes… Et pas seulement parce que le développeur sort un nouvel épisode : parce que la saga a tellement changé au fil des années qu’on se demande toujours quel visage elle va choisir, cette fois.
Ici, Capcom tente un pari vraiment ambitieux : réunir plusieurs époques de Resident Evil dans une même aventure. On a le droit à deux personnages jouables, donc à deux styles différents, des séquences survival, d’autres davantage orientées « action », et une volonté évidente de plaire à la fois aux nouveaux joueurs et aux fans de longue date. Sur le papier, ça ressemble à un best-of. Dans les faits, ça marche souvent… mais pas tout le temps.
RE Requiem : un début très thriller, qui installe bien le malaise
Le début de Resident Evil Requiem m’a surpris, et plutôt agréablement. Le jeu ne cherche pas à en mettre plein la vue dès les premières minutes… Il démarre avec une ambiance lourde, presque sale, plus proche du thriller que du gros spectacle… On incarne d’abord Grace Ashcroft, analyste du FBI, envoyée sur une affaire liée à un traumatisme personnel. Capcom prend le temps de poser l’atmosphère : des lieux délabrés, une lumière instable, des bruits au loin… On comprend rapidement que quelque chose cloche, mais le jeu évite au départ les « codes » trop évidents. À ce stade, la tension vient surtout de l’ambiance…

Pendant ces premières séquences, j’ai pensé à Resident Evil 7 pour le côté inconfortable et oppressant, mais avec une approche un tantinet plus « enquête ». On avance lentement, on observe, on écoute… et on sait que ça ne va pas bien se terminer. Et puis Leon arrive. Et là, la dynamique change complètement !
Grace et Leon : deux visions de Resident Evil dans un seul jeu
C’est, à mon sens, le cœur du jeu : Resident Evil Requiem ne propose pas seulement deux personnages, il propose deux façons de jouer. En effet, avec Grace, on est dans la survie. On avance avec prudence, on surveille ses munitions, on hésite avant d’utiliser un soin. L’inventaire se remplit vite, mais les ressources sont limitées, et on a souvent l’impression de ne pas être prêt. En vue subjective, l’immersion est très réussie : on se sent fragile, et chaque nouvelle pièce donne l’impression qu’on va tomber sur quelque chose de terrible…

Face à elle, le beau Leon S. Kennedy propose une approche très différente. Forcément, dans la peau de Leon, on est beaucoup plus offensif, mobile, et sûr de soi. Et là, on pense évidemment à Resident Evil 4. Le jeu bascule vers quelque chose de plus nerveux, parfois plus spectaculaire, sans pour autant sombrer dans l’excès ! Leon est efficace, mais il est toujours sous pression : certains ennemis sont agressifs, et on n’a jamais vraiment le droit de se relâcher. Ce que j’ai aimé, c’est que Requiem ne triche pas : il ne nous colle pas deux gameplays juste pour offrir de la variété… En fait, le jeu vidéo de Capcom cherche à créer des sensations différentes, mais toujours typiquement Resident Evil. Quand on incarne Grace, on a peur. Avec Leon, on a plus de contrôle. Mais, dans un cas comme dans l’autre, on n’a jamais l’impression d’être tranquille face à l’horreur.
Un hommage à la saga… parfois un peu trop évident !
Le jeu joue clairement avec la mémoire des fans (et ne s’en cache pas). Durant mon test de Resident Evil Requiem, j’ai eu droit à des clins d’œil et situations qui m’ont fait penser aux épisodes antérieurs de façon immédiate. Quand c’est bien amené, c’est franchement grisant : on reconnaît une ambiance, une logique de level design, une façon de mettre la pression… sans que ça casse le rythme de l’aventure. Certains passages m’ont rappelé les tout premiers jeux, avec ces endroits qu’on apprend par cœur à force d’y revenir, jusqu’à connaître chaque détour… et à redouter le suivant. D’autres séquences font très Resident Evil 2 Remake, en particulier dans la manière dont les zombies deviennent des obstacles difficiles à contourner, et imprévisibles (en gros, pas juste des sacs à balles…). Quant aux chapitres de Leon, ils empruntent souvent à l’ADN du RE4 moderne : plus nerveux, plus agressifs, mais avec cette petite tension qui te rappelle que tu n’es jamais à l’abri…

En somme, là où je trouve Requiem impressionnant, c’est dans le fait que le jeu ne copie pas bêtement ses aînés, mais essaie plutôt d’en absorber les sensations. En revanche, il faut aussi reconnaître que cette logique de grand hommage aux autres opus de la licence tourne parfois au fan service bien dégueulasse. Certains clins d’œil sont efficaces parce qu’ils enrichissent l’expérience ou réveillent une émotion sincère ! D’autres, en revanche, donnent un peu trop l’impression qu’on te secoue par les épaules, façon zombie qui hurle à ton oreille : « Hé ! Regarde, tu t’en souviens de ça ? » À petites doses, ça passe. Mais à la longue, ça finit quand même par appuyer un peu trop fort sur la corde nostalgique…
Test de Resident Evil Requiem : solide… mais trop prudent ?
Manette en main, Resident Evil Requiem est un jeu solide. Les sensations sont bonnes, la progression est plutôt bien rythmée, et l’alternance entre exploration, énigmes, tension et combats fonctionne bien. Pendant mon test, je me suis surpris plus d’une fois à enchaîner « cinq minutes de plus », alors qu’il était déjà l’heure d’aller pioncer, tant j’avais envie de découvrir la suite ! Les séquences de Grace ont été, pour moi, les plus marquantes côté horreur. Le jeu montre qu’il n’a pas toujours besoin d’en faire des caisses : ce qui fait le plus peur, c’est l’attente et ce doute qui te colle au ventre. Et comme tu dois bricoler avec ce que tu trouves, tu fouilles un peu partout, tu économises tes rares munitions, tu fais des choix… en bref, tu fais tout ton possible pour survivre, tout simplement.

Une fois de plus, quand on joue Leon, on bascule clairement sur quelque chose de plus spectaculaire. C’est plus direct, plus nerveux, et parfois franchement jouissif quand tout s’enchaîne bien. J’ai souvent eu ce petit plaisir coupable lorsque je maîtrisais parfaitement les affrontements… sauf que le jeu ne te laisse jamais savourer ça trop longtemps : il te remet vite un coup de pression dans les moments où tu crois que tu vas pouvoir souffler, avec des ennemis très agressifs et des situations qui dérapent ! Cela dit, tout n’est pas impeccable. Certains affrontements traînent en longueur, quelques ennemis ont tendance à se la jouer « éponges à balles », et il existe deux ou trois boss dont l’intérêt s’essouffle assez vite malgré un design marquant.

Si je devais résumer ma pensée dans ce test de Resident Evil Requiem, je dirais que le jeu assemble très bien ce que la licence sait faire de mieux, mais prend peu de risques une fois son concept en place. C’est très bien exécuté, généreux et efficace. Mais ce n’est pas forcément l’épisode qui va surprendre les fans sur le fond…
Raccoon City, Leon, et les fantômes du passé
En tant que fan du bonhomme, revoir Leon dans un épisode principal qui assume autant l’héritage de la saga, ça m’a fait quelque chose. En fait, ce n’est pas tant le Leon iconique à la veste culte qui m’a fait autant d’effet… C’est plutôt sa transformation ! J’ai senti un Leon plus usé, plus lourd, marqué par toutes les horreurs que la série a charriées depuis des décennies. Et c’est peut-être ce qui m’a le plus accroché dans Requiem.

Parce que derrière ses délires bio-organiques parfois complètement absurdes, Resident Evil raconte aussi un monde qui n’en finit jamais avec ses catastrophes. Des infections, des laboratoires, des expériences inavouables… mais aussi un éternel recommencement… Une contamination qui revient sous une autre forme… Un passé qui refuse de disparaître. De ce point de vue, Requiem porte bien son nom. Pas parce que le jeu enterre la série, mais parce qu’il fait résonner ses propres fantômes.
Une claque visuelle et un sound design très efficace !
Sur le plan visuel, le jeu est juste sublime. Le RE Engine est dans une forme éblouissante : éclairages, matières, textures, détails… Il est clair que Capcom maîtrise parfaitement son outil. Les décors sont riches, sales, organiques quand il le faut, et certains effets gore sont franchement impressionnants. Et puis surtout, cette technique sert l’ambiance. Le jeu joue beaucoup avec les lumières, les ombres, les couloirs, les espaces étroits… et forcément, tout cela participe énormément au sentiment de malaise !

Côté sonore, c’est très réussi aussi ! La musique sait rester discrète, et le sound design fait le reste : bruits au loin, déplacements hors champ, respirations… ce sont souvent ces petits détails qui font monter la tension dans Resident Evil Requiem.
Un Resident Evil excellent… mais pas très courageux
Pour moi, le paradoxe de Resident Evil Requiem, c’est qu’il fait énormément de choses très bien… tout en donnant parfois l’impression de rester un peu trop sage. En tant que fan, j’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans la série : la tension qui monte doucement, le plaisir de la fouille et de l’exploration, les allers-retours dans des lieux qui deviennent de plus en plus inquiétants, la gestion des ressources, les monstres bien dégueulasses, et ce mélange typiquement Resident Evil entre horreur très sérieuse et moments plus « grand-guignol ». Sur ces aspects-là, Capcom maîtrise son sujet et l’exécution est souvent irréprochable.

Et au fond, en soi, c’est déjà une bonne chose. Car après les excès de certains épisodes et les virages parfois risqués qu’a pris la saga, voir Capcom livrer un jeu aussi cohérent, généreux et respectueux de son propre héritage, ça fait franchement plaisir.
Resident Evil Requiem est un épisode qui comprend profondément ce qu’est Resident Evil. Pas seulement ses codes, ni ses monstres. Mais ses rythmes, ses obsessions, ses contradictions. En réunissant la peur viscérale de RE7, la maîtrise d’action de RE4, le poids symbolique de Raccoon City et le plaisir très concret du survival horror classique, Capcom livre un jeu dense, élégant, généreux et souvent très passionnant. Tout n’est pas irréprochable : le scénario part parfois un peu trop dans tous les sens, certains boss sont moins inspirés qu’ils n’en ont l’air, et le fan service peut se montrer franchement appuyé. Mais quand l’ensemble fonctionne, ce qui arrive vraiment souvent, Resident Evil Requiem rappelle pourquoi cette saga continue de survivre à tout, même à ses propres mutations. Pour les nouveaux venus, c’est une excellente porte d’entrée vers l’univers Resident Evil. Pour les vieux infectés comme moi, c’est autre chose : un grand tour de manège, bourré de clins d’œil, qui te rappelle pourquoi certaines peurs ne vieillissent jamais vraiment…
La note de la rédaction
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Durée de vie - 8/10
8/10
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Gameplay - 8/10
8/10
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Graphismes - 9/10
9/10
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Scénario - 7/10
7/10
Les plus et les moins
✔️ Une synthèse de plusieurs époques de la saga !
✔️ Le duo Grace/Leon, pertinent et complémentaire.
✔️ Des séquences de survival horror très réussies !
✔️ Une réalisation visuelle et sonore de haut niveau.
✔️ Le plaisir, pour un fan, de retrouver l'ADN de RE.
✖️ Quelques boss moins marquants que prévu !
✖️ Un fan service parfois un peu trop appuyé...
✖️ Un scénario qui tire parfois fort sur la seringue.
✖️ Une formule maîtrisée… mais peu audacieuse.









