Quand j’ai dit à Eric que je cherchais un nouveau logement, sa réponse a été… disons, inattendue. Il m’a envoyé sans hésiter le nouveau jeu d’horreur du studio Axyos Games : Apartment No 129. Quel grand farceur, ce poto ! Bon, même si je n’ai toujours pas trouvé mon futur lieu de résidence, au moins j’ai pu faire le tour du dernier projet du studio turc à l’origine du très étrange Y. Village The Visitors. Si vous ne connaissez pas, allez jeter un œil, ça vaut clairement le détour ! Bref, après avoir passé plusieurs heures à vérifier le ratio au mètre carré, l’étanchéité des sols et l’absence totale de termites, je vous propose donc de découvrir si, oui ou non, j’achèterais ce fameux logement dans mon test d’Apartment No 129 sur PS5. Merci à l’éditeur Dead Witness pour sa confiance !
Test d’Apartment No 129 : basé sur des faits réels
Le point de départ de ce jeu vidéo est plutôt accrocheur, puisqu’il repose sur une histoire prétendument vraie, que je vais me faire une joie de vous raconter (désolé d’avance pour les cauchemars à venir…). En 2009, dans le bâtiment où est situé « l’appartement n°129 », deux jeunes étudiantes auraient organisé, sur les coups d’une heure du matin, une séance de spiritisme à base de bougies et de chandeliers… Certains récits parlent même d’une invocation en bonne et due forme… Cette nuit-là, toujours selon les témoignages, les deux jeunes femmes auraient trouvé la mort dans des circonstances inexpliquées.

Et c’est là que la légende s’accélère brutalement ! Parce que des habitants affirment qu’un tremblement extrêmement violent aurait secoué l’immeuble : meubles renversés, vitres brisées, murs fissurés… Le détail qui fait (vraiment) froid dans le dos ? Aucun séisme n’a été enregistré dans la région ce jour-là. Après cet événement, les résidents de l’immeuble l’auraient tous progressivement quitté. Ceux qui s’y seraient aventurés par la suite parlent d’odeurs lourdes, d’un sentiment de peur immédiat, de vitres qui éclatent sans raison apparente, de symboles et d’écritures sur les murs… et même de présences.
Une idée à la con… qui tourne (vraiment) mal
L’histoire d’Apartment No 129 commence par une idée un peu stupide, le genre qui naît à 2 heures du matin entre un café froid et une session YouTube qui a duré trop longtemps. Deux potes, passionnés d’urbex et d’histoires glauques, tombent sur des archives et des témoignages liés à l’immeuble, disparu des radars depuis les événements de 2009. Plus ils creusent, plus le mystère résiste. Adresses contradictoires, photos floues, voisins qui refusent de parler. Forcément, ça sent la vidéo virale. Ils décident donc de s’y rendre pour de vrai, caméra embarquée, avec l’idée simple de documenter un mythe urbain, mais aussi de prouver qu’il n’y a, au fond, « rien à voir ».

Une fois sur place, l’immeuble semble abandonné depuis des années, mais étrangement intact, comme figé dans le temps. Très vite, l’exploration bascule… Des portes claquent sans courant d’air, des bruits étouffés proviennent d’appartements pourtant vides, des objets changent de place hors champ… Bref, ce qui devait être une enquête YouTube se transforme peu à peu en plongée malsaine dans les traces laissées par les anciennes occupantes, leurs rituels, leurs peurs… et quelque chose d’autre ! Quelque chose qui n’a jamais vraiment quitté les lieux. À mesure que la nuit avance, la frontière entre mise en scène et danger réel s’effondre, et la vidéo censée faire des vues devient une lutte pour comprendre ce qu’est réellement l’appartement n°129, et surtout, comment en ressortir.
Quel est le principe du jeu Apartment No 129 ?
Apartment No 129 se joue en vue à la première personne. On incarne Emir, l’un des deux YouTubeurs, qui se retrouve coincé à l’intérieur de cet immeuble hanté… Je dois avouer qu’au début, je ne comprenais pas véritablement ce que ce jeu vidéo attendait de moi… Les premières minutes sont faites de longues déambulations dans des couloirs vides, des appartements désertés, des pièces qui ne mènent nulle part. Pour le coup, l’expérience urbex est assez réaliste. Parce que oui, l’urbex, ce n’est pas toujours passionnant.

Mais à force d’explorer, on finit par tomber sur des notes disséminées un peu partout dans l’immeuble. Il faut absolument les lire, car elles constituent à la fois vos seuls repères pour avancer dans l’histoire et une source précieuse de conseils pour survivre. Une fois lancé dans cette chasse aux petits bouts de papier, le jeu devient beaucoup plus linéaire. On est clairement sur du « va là », « fais ça », « cherche ça ». Et franchement, c’est dommage, car jusque-là, j’avais plutôt l’impression d’être libre dans ma progression.
Fort heureusement, les développeurs ont eu l’intelligence d’introduire assez rapidement un système de choix. Et à partir de ce moment-là, le jeu regagne de l’intérêt. D’ailleurs, les notes précisent bel et bien que les décisions prises ont un impact sur le déroulement de l’aventure, et ce n’est pas du vent. Comme souvent dans ce genre de jeux, on se retrouve face à des dilemmes moraux assez lourds. Par exemple : un homme violent, qui a battu sa femme de son vivant et qui, après sa mort, passe son existence à chercher la rédemption, mérite-t-il le pardon ou une souffrance éternelle ? D’autres choix modifient directement le parcours, ouvrant sur des énigmes différentes. Le potentiel de rejouabilité est bien là !

Malgré cela, j’ai trouvé l’ensemble parfois trop scripté. Les objectifs sont souvent indiqués de manière très directe, avec des consignes du type « récupérer le livre dans l’appartement 42 et le placer sous le lit ». On est assez loin des indications volontairement floues d’un Silent Hill. Là où les choses se compliquent vraiment, en revanche, c’est du côté des énigmes. En effet, il faut être très attentif aux textes pour comprendre les mécanismes.
Un gameplay qui fait peur… pour les mauvaises raisons
Apartment No 129 est un jeu vidéo court, bien trop court. Comptez un peu moins de deux heures pour en voir le bout. En fait, on est davantage face à une petite expérience qu’à un grand jeu d’horreur. Et malheureusement, le titre pêche sur plusieurs points importants. Commençons par le gameplay, qui est sans doute la vraie horreur de ce jeu vidéo… Les déplacements du personnage manquent cruellement de fluidité, et le bouton pour courir, qui est assigné au joystick, est franchement bancal. Les actions comme déplacer un objet ou sauter sont même encore pires. Ces problèmes de maniabilité sautent aux yeux dès les premières minutes de jeu, au point que j’ai sérieusement envisagé de m’arrêter là.

Le jeu se présente comme un FPS, mais un FPS extrêmement limité. Le maniement de la lampe torche est franchement pénible, d’autant plus que celle-ci s’éteint automatiquement après la moindre interaction. Les armes disponibles sont très basiques : une hache et un pistolet. La hache, pour faire simple, est une réelle catastrophe ! Autant essayer de tuer un zombie en lui soufflant dessus. Aucun reach, une maniabilité désastreuse, une puissance quasi inexistante. C’est mille fois pire que d’utiliser le couteau dans Resident Evil premier du nom, et ce n’est pas peu dire. Le pistolet s’en sort un peu mieux, notamment parce qu’il peut être équipé de la lampe, ce qui évite des allers-retours incessants dans l’inventaire. Mais là encore, la recharge manque d’intuitivité et la lumière se coupe au moindre geste. Ouvrez un tiroir, et vous voilà instantanément plongé dans le noir.
Une ambiance qui peine aussi à convaincre…
Cela est d’autant plus dommage que le jeu commence plutôt bien sur le plan narratif ! En effet, l’histoire « basée sur des faits réels » est correctement mise en place et parvient à installer un certain malaise… La première cinématique, réalisée avec de véritables acteurs, renforce ce sentiment de réalisme. Mais une fois en jeu, la magie retombe… On sent très vite qu’on a affaire à un studio indépendant. Visuellement, c’est pauvre : les textures sont lisses, les décors répétitifs, les éclairages mal gérés. Rien ne soutient l’atmosphère…

Et la modélisation des ennemis n’aide pas non plus. Ils manquent tellement de crédibilité que leur potentiel effrayant tombe rapidement à zéro… Pour tout vous dire, certains en deviennent même involontairement ridicules. Je pense notamment à la voisine sorcière, qui m’a arraché plusieurs fous rires à chacune de ses apparitions ! Cela est dommage, car pour un jeu qui cherche à terrifier, l’ambiance ne suffit pas à rendre l’expérience crédible. Quand les graphismes et le gameplay font défaut, il est difficile de s’immerger pleinement.
Si je devais résumer Apartment No 129, je dirais un bon « peut mieux faire ». Et c’est frustrant, parce que le jeu avait de solides bases : un concept intéressant, une histoire ancrée dans une pseudo-réalité, une ambiance qui aurait pu fonctionner. Mais quand le gameplay et les graphismes pêchent à ce point, pour moi, c’est compliqué. Si je peux dire que je me suis bien marré sur un jeu vidéo censé me faire peur, c’est que le pari est raté… Cela dit, le jeu n’est pas vendu très cher, et il pourrait susciter la curiosité des amateurs d’expériences horrifiques indépendantes… Si vous souhaitez visiter l’appartement n°129, je vous laisse les clés volontiers. De mon côté, je vais chercher un autre bien immobilier.
Les plus et les moins ✔️ L’idée générale est intéressante. ✖️ Un gameplay juste désastreux !
La note de la rédaction
Note
✔️ Recette classique mais efficace !
✔️ Histoire basée sur un fait réel.
✖️ Les graphismes très limités…
✖️ Une modélisation juste risible.










4 réponses
Je regarde des vidéos d’urbex depuis 2 mois, je me suis passionné un peu pour ça.
Quand on voit ce qu’ils trouvent, c’est dingue, parfois de mauvaise surprise, et des fois rien.
Ah ben dommage pour ce jeu ! C’est sûr, ce n’est pas qu’on soit des acharnés de beaux graphismes et d’une jouabilité parfaite, mais un minimum tout de même.
Thx pour ce test !
Ouais, l’expérience aurait pu être très cool, dommage que ça pique les yeux et la manette !
Dommage… Sur le papier l’idée est sympa, le côté urbex, histoire vraie… tout ça.
En vrai c’est pas donné à tout le monde de développer un jeu vidéo et ça on l’oublie vite.
Oui, c’est pour ça que je les soutiens quand même dans leur démarche, après je me dois d’être honnête sur l’expérience complète.