Certaines licences ont la belle vie, d’autres moins, mais ce qui est certain, c’est que le monde du Seigneur des Anneaux a le don de nous transporter dans un monde complet et insolite. Cet univers est si riche qu’il est difficile d’en faire un mauvais jeu. Dans un monde parfait, L’Ombre de la Guerre serait une suite parfaite de L’Ombre du Mordor, une suite avec une pléthore de nouveautés, une suite qui nous fait découvrir l’univers de notre cher Thalion en profondeur, une suite sans bug et éthique. Mais nous ne vivons pas dans un monde parfait. Vindicte dans ce test de L’Ombre de la Guerre sur PS4.

C’est vous le chef

Cette suite nous met dans la peau de Thalion, personnage charismatique du premier volet. Ici, nous apprenons que notre ami rodeur et Celebrimbor ont forgé un nouvel anneau, celui-ci parfait et supposé les aider à renverser Sauron. Mais, manque de bol oblige, tout ne va pas se passer comme prévu. S’ensuit une histoire inédite dans un monde qui nous est cher et qui constitue sans aucun doute le point fort du jeu (même si certains personnages m’ont vraiment cassé les pieds). L’Ombre de la Guerre porte bien son nom, il nous transporte en effet dans un univers violent, épique, plein de trucs moches à massacrer et rempli de territoires à conquérir. Dans cet opus, il ne s’agit plus de se balader simplement dans un open world, mais bien d’en prendre le contrôle. Chaque zone est dotée d’avant-postes et de forteresses dont il faut prendre le contrôle. Pour ce faire, on doit se constituer une armée !

Ahhhh, les vacances à la mer…

Vous en avez probablement entendu parler : ce jeu a vu son système Némésis (gestion des capitaines, etc.) revu et enrichi. Il est désormais possible de se constituer une armée de capitaines et de chefs de guerre orcs afin de se livrer à moult étripe-party en gérant davantage de paramètres. Chaque capitaine dispose de ses caractéristiques propres, comme une peur panique des bêtes ou une tendance à péter un boulon lorsqu’il est empoisonné, il faut donc choisir ses troupes avec soin sous peine de Mordor la poussière face à un ennemi dont les forces sont justement nos faiblesses.

Test de l'Ombre de la Guerre
Bug : oh, un rodeur qui décapite un orc dans le vide à 3 mètres de distance !

Une fois notre petite armée composée, il est temps de se jeter sur une forteresse et de découvrir un système d’assaut assez riche. Il est possible de choisir non seulement ses meneurs d’attaque, mais également de composer partiellement son armée avec des orcs sur caragors, des sapeurs, des Graugs guerriers, des poneys mangeurs de Hobbits et j’en passe. Et force est de constater que ça en jette ! On se croirait dans une bataille épique d’un des films du Seigneur des Anneaux. Sur ce point, pas de doute, l’effet est réussi. Une fois la première forteresse conquise, il est également possible de s’attaquer aux forteresses d’autres joueurs afin de gonfler son XP (et son ego). Prendre d’assaut les murs d’une forteresse, voir son armée escalader les murs, enfoncer les portes et s’écraser contre les troupes ennemies a le don de mettre le joueur au cœur de l’action.

Test de l’Ombre de la Guerre : Un bug pour les gouverner tous

Je me suis renseigné et je vous avoue que je suis perplexe. Partout où je regarde sur internet, il est question d’un jeu parfaitement optimisé, d’une pure merveille, voire du Saint Graal. Cette perplexité découle de mon expérience passablement différente : ce test de l’Ombre de la Guerre s’est révélé pénible à maintes reprises. Je me suis retrouvé face à un jeu où les bugs sont presque plus nombreux que les troupes de Sauron : téléportations intempestives, effets sonores absents, ennemis qui disparaissent sans raison ou encore compétences qui ne se déclenchent pas alors qu’elles le devraient. Et c’est sans parler de ces moments très énervants, comme lorsque les capitaines ennemis trouvent l’inspiration de se lancer dans une tirade interminable dans laquelle ils nous expliquent pendant des dizaines de secondes comment ils vont nous tuer (parfois les uns à la suite des autres)…

Bug : un capitaine Orc coincé tout en haut d’un banc !

Ensuite, difficile de passer sur des défauts notables dans le gameplay. Comme vous l’avez compris, cet opus est marqué par une certaine démesure. Thalion affronte une nuée d’orcs et de capitaines. Si l’effet visuel est sympa et nous met dans la peau d’un guerrier du Gondor débordant de testostérone au cœur de la guerre, l’absence de système de lock est particulièrement pénible. Le rodeur semble souffrir d’un retard mental grave qui le pousse à systématiquement viser les ennemis qui ne représentent aucune menace imminente tandis qu’un autre adversaire lui masse le visage à coups de hache. Il en va de même pour le système d’esquive : pour effectuer une roulade, il faut appuyer su, c’est-à-dire la même touche qui sert aux acrobaties au-dessus de la tête des ennemis. Ainsi, Thalion tente constamment de sauter par-dessus les ennemis immunisés face à ce type d’esquive, ce qui se révèle particulièrement handicapant et frustrant. Si le jeu reste agréable dans l’ensemble, il souffre de défauts techniques assez aberrants.

L’ombre du capitalisme

Cependant, le pire ne réside pas dans ces bugs, mais plutôt dans le fait d’avoir la sensation d’être pris pour un idiot. L’Ombre de la Guerre n’est, selon moi, qu’un Ombre du Mordor bis, une sorte de DLC du premier opus qu’on aurait fignolé histoire de capitaliser sur une franchise qui rapporte. Bien que le titre contienne quelques nouveaux ennemis, nouvelles compétences et nouveaux personnages, le gros du jeu consiste en exactement la même chose. Prenons les exécutions par exemple, ces finish moves super classes qui nous offrent du grand spectacle. Eh bien, en dépit d’une ou deux nouvelles exécutions, les développeurs ont repris exactement les mêmes que dans le premier opus. Même constat pour les mécaniques de mission que l’on répète ad vitam nauseam bour et bour et ratatam et qui nous demandent de tuer furtivement un certain nombre d’orcs, de déglinguer un certain nombre d’archers ou d’occire quelques Ologs pour attirer un chef d’avant-poste, un chef de guerre ou pour finir une mission. Quant aux différentes maps, elles sont fâcheusement semblables et nous donnent parfois l’impression de refaire le même niveau avec d’autres textures.   

Bug : le modèle 3D du Graug bête de siège reste immobile et debout alors qu’il est mort.

Dans l’Ombre du Mordor, il s’agissait de prendre le contrôle d’orcs grâce à l’anneau unique, et ici, il s’agit de prendre le contrôle d’orcs grâce à un nouvel anneau… Personnellement, là où nombre de joueurs voient une pure merveille d’innovation et d’immersion, je ne vois qu’une redite et un repompage d’un titre qui a bien marché, histoire de soutirer quelques piécettes à des joueurs en manque de combats épiques. Et cette impression désagréable s’est vue renforcée lorsque j’ai découvert l’implémentation d’un shop en ligne de coffres que l’on peut acheter avec de l’argent réel. Ce système, particulièrement populaire de nos jours, sclérose les jeux vidéo et les rabaisse toujours davantage au niveau d’une vulgaire manière de se faire du fric et de prendre les joueurs pour des vaches à lait. Ainsi, les développeurs recourent aux mêmes subterfuges que les casinos en proposant d’échanger de la monnaie sonnante et trébuchante contre l’excitation du hasard et la satisfaction accidentelle de vaincre le destin. Acheter un coffre, cela revient à baisser la manette d’une machine à sous.

Test de l'Ombre de la Guerre
Bug : des flèches coincées derrière un élément de décors impossible à récupérer.

D’aucuns rétorqueront que ce n’est pas grave, que l’achat de coffres est optionnel, que personne ne nous met le couteau sous la gorge pour que l’on achète des coffres. Cependant, ne pas s’offusquer de ce genre de pratiques revient à se foutre royalement d’être réduit à ce que l’on possède sur notre compte en banque, ne pas s’offusquer revient à imposer à notre hobby favori un carcan consumériste dont il ne se défera jamais, ne pas s’offusquer revient à condamner ce média à devenir un loisir où les riches sont rois et où les moins riches n’ont qu’à vendre un rein s’ils veulent profiter d’une expérience vidéoludique… L’enjeu est donc réel, tant d’un point de vue pragmatique, étant donné que, parti comme ça, ces systèmes douteux pourraient bien devenir obligatoires un jour, mais également politique, en ce que ces pratiques en disent long sur notre condition de joueur. Dans un système où le capitalisme est roi, quand on a de l’argent, pas besoin d’anneau unique…

Test de l'Ombre de la Guerre
Bug : les orcs ne voient pas nos alliés pendant les phases d’infiltration…

Ce test de l’Ombre de la Guerre m’a fait découvrir un jeu qui reste divertissant lorsque l’on parvient à passer au-delà des nombreuses faiblesses techniques et de gameplay qui parsèment le titre. Il réussit à conter une histoire inédite et nous fait découvrir le Mordor plus en profondeur tout en nous mettant dans la peau d’un guerrier aguerri au cœur de batailles épiques. Par contre, impossible de pardonner les choix douteux qui ont donné vie à cette nouvelle aventure du Seigneur des Anneaux. Entre pompage de gameplay, pompage graphique et pompage de fric, l’Ombre de la Guerre présente tous les symptômes du cancer qui afflige le système économique mondial. Amis, rappelez-vous, vous êtes encore maîtres de votre destin. 

La note de la rédaction
  • Graphismes - 7.5/10
    7.5/10
  • Scénario - 8/10
    8/10
  • Gameplay - 6/10
    6/10
  • Éthique - 4/10
    4/10

Les plus et les moins

✔︎ Le monde du Seigneur des Anneaux !
✔︎ Des batailles épiques !
✔︎ Une gestion des armées revue !

✘ Trop de bugs...
✘ Un gameplay parfois hasardeux...
✘ Un jeu qui prend les joueurs pour des vaches à lait !

6.4/10

 


Pierre-Yves Houlmont

Ceinture noire d’haltérophilie en parachute et passionné par la généalogie des pommes de terre, j’ai décidé de devenir rédacteur dans le domaine du jeu vidéo ! Einstein ne nous a-t-il pas mis en garde contre les pierres ayant tendance à rouler ?

7 Commentaires »

  1. J’ai acheté Shadow of War et depuis le début je n’ai eu aucun bug qui m’empêche de prendre du plaisir. J’ai eu quelques bugs du style, je détache le ventre d’un allié au lieu de ses mains, mais rien d’autre :o.
    Pour le système de combat c’était exactement pareil, il faut juste bien orienter le joystick avant de donner un coup ou d’esquiver.
    Par contre totalement d’accord avec toi sur le monologue des capitaines, c’est loooooong.

    • Personnellement, j’ai eu des dizaines de bugs, parfois qui m’empêchaient de jouer, parfois pas, mais j’ai été très étonné de n’en trouver mention presque nulle part.
      Concernant le système de combat, c’est bien des moments où l’on affronte beaucoup d’ennemis en même temps dont il est question, sinon, lorsque le nombre d’ennemis est normal, pas de souci à ce niveau-là. On ne m’enlèvera pas de l’idée qu’un système de lock serait le bienvenu.
      J’aurais pu parler du système de sauts aussi. Étant donné que c’est Thalion qui “choisit” où il va atterrir, il arrive fréquemment qu’il décide de sauter en bas d’un bâtiment au lien de rejoindre le toit de celui d’en face sans raison apparente.
      Ce sont de nombreuses petites choses (parfois grosses en termes de bugs) qui m’ont fortement dérangé.

  2. C’est ce genre de jeu où même avec un test réalisé, c’est toujours difficile de s’en faire un avis. C’est un jeu où je n’ai pas de sensation véritable. Ici l’univers de la terre du milieu, du seigneur des anneaux, on accroche ou pas. LE problème qui réside dans ces jeux-là, et bien effectivement ce sont les problèmes techniques en tous genres, bugs etc…. Souvent il y a une grosse différence entre les cinématiques et le jeu manette en main, J’ai joué l’ombre du mort qui dort(je peux rivaliser en jeu de mots pourri Mdr). Le fun , c’est le bestiaire des ennemis, combattre des trolls géants à un œil ben cela change un peu , l’histoire est plus au moins plaisante à suivre, surtout vers la fin du jeu plus particulièrement. Ce sont des jeux vite joué et vite oublié. En plus que tu as l’air de dire qu’il est le frère jumeau de l’ombre du mordor et cela m’étonne pas, car comme je le dis on a vite oublié le jeu donc ils refont le même car les gens en majorité avec le temps ne savent plus ce qui réside dans le jeu. En ce qui me concerne c’est un jeu qui est moyen, il a du potentiel mais n’est pas exploité à sa juste valeur. Je vois que c’est indiqué éthique, je trouve que c’est une très bonne idée de mettre ce genre de cotation sur un jeu, dénoncer les abus dans un jeu, je suis totalement pour cela ou d’autres les choses seront gratuites, cela pourra être souligné. Il faut les mettre en danger avec leur jeu, qu’ils comprennent une bonne fois pour toute qu’un jeu doit se faire et être terminé avant de le sortir à coup de mise à jour. Et si des éditeurs me lisent, il vaut mieux sortir le jeu une année en retard et que tout soit corrigé que de le sortir à coup maj pendant une année. Ou vous faites un jeu vidéo terminé complètement ou alors vous ne sortez rien du tout et arrêter de mettre des choses payantes, on fait un jeu par amour pas pour se remplir les poches. Ou alors sortez les jeux à 20 euros directement et alors là qu’il y ait du Dlc, cela pourrait peut-être se négocier mais pas tant que les jeux sortent à 60 ou 70euros, faut pas plaisanter. Quand on voit les jeux indépendants, ils prennent le pas sur les AAA. Yooka-Laylee je l’ai fait et effectivement il est bon plus de 30 heures de jeux, on lui pardonne plus facilement ces quelques erreurs, mais le jeu est terminé, il y a des maj pour corriger deux ou trois petites choses et vu le prix y a pas photo. Le seul point qui m’a irrité ce sont les dialogues, j’aurais préféré lire juste le texte comme on doit le faire sans les murmures des personnages qui irritent les tympans c’est la seule faute de goût sur Yooka-Laylee.

    • Pas mal le jeu de mots !
      Oui, c’est le genre de jeu auquel il est nécessaire de jouer pour se faire un avis. Certains passeront sur les défauts techniques et trouveront le jeu parfait (comme je l’ai lu un peu partout), d’autres, comme moi, s’en trouveront fortement irrités, bref, difficile de poser un “diagnostique” universel. C’est typiquement le genre de jeu qui ne fait pas consensus.
      J’ai adoré l’Ombre du Mordor, mais l’Ombre de la Guerre me laisse un gout amère…
      Content que tu aies apprécié Yooka-Laylee. Personnellement, je l’ai beaucoup aimé.
      Et pour les murmures, c’est simplement un clin-d’œil à Banjo & Kazooie. Mel aussi m’a fait la remarque en me disant que ça lui cassait les oreilles xD !

  3. Des poneys mangeurs de Hobbit !! Excellent ! J’achète le jeu direct!
    Plus sérieusement je n’arrive pas à comprendre comment les batailles sont menées. Il y a de la stratégie ? Un peu à la Age Of Empire ou alors tu es au milieu du champ de bataille et tu défourailles tout ce que tu peux ?
    Je trouve d’ailleurs dommage qu’aucun éditeur ne pense pas à utiliser la licence Seigneurs des anneaux pour faire un pur jeu de stratégie de bataille. Je pense qu’il y aurait de quoi faire….
    Après la lecture de ton test et des notes finales, je me dis, à tord peut être, que je préférerais mieux le premier opus. Le réchauffé c’est pas trop mon délire.

    • Non, il ne s’agit pas de stratégie à proprement parler. Tu choisis tes troupes, tes meneurs d’attaque, et tu fonce avec eux pour attaquer des forteresses.
      Par contre, il existe des jeux de stratégie Le Seigneur des Anneaux : Il s’agit de la série des “Le Seigneur des Anneaux – la Bataille pour la Terre du Milieu”. Ces jeux ont un peu vieilli, mais ça reste de la stratégie 🙂
      C’est du réchauffé, mais qui contient tout de même des petites nouveautés. Si tu n’as pas joué au premier, je te conseillerais de prendre tout de même le second, car tu n’auras pas cette impression de réchauffé justement, et tu seras plus à même de profiter du jeu (en dépit des bugs, qui seront corrigés d’ici là j’espère). De plus, l’histoire de l’Ombre de la Guerre est plus intéressante que celle de l’Ombre du Mordor.

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