Nous sommes en 2062, et notre planète Terre va mal. Très mal, même. Ah, ce bon vieux réchauffement climatique… Toujours là pour gentiment nous rappeler que l’humanité n’a pas exactement brillé par son sens de l’anticipation… Bref, je disais donc : nous sommes en 2062, la Terre suffoque sévère, et l’Agence Spatiale Européenne (ESA) mise désormais ses derniers espoirs sur la mission Hope-01… En effet, deux scientifiques, la Française Ariane Montclair et son partenaire Thomas Cross, ont pour mission de poser le pied sur Perséphone, une exoplanète que l’on imagine déjà comme un possible nouveau foyer pour l’espèce humaine. Sur le papier, l’idée a de quoi faire rêver ! Mais dans les faits, nos deux astronautes vont surtout enchaîner les galères, jusqu’à comprendre que Perséphone n’a peut-être aucune envie d’être colonisée… Voici donc mon test d’Aphelion sur PS5, réalisé à partir d’une version éditeur généreusement offerte par DON’T NOD. Nous les remercions !
Test d’Aphelion sur PS5 : l’Odyssée de l’espace selon DON’T NOD
Déployé le 28 avril 2026 sur PC, PS5 et les consoles Xbox Series, Aphelion marque une nouvelle incursion de DON’T NOD dans un registre que l’on n’associe pas spontanément au studio : celui de la science-fiction spatiale, rigoureuse et documentée. On n’est donc plus du tout dans le même univers que les Life is Strange, dans la fantasy mélancolique de Banishers: Ghosts of New Eden, et encore moins dans les tourments adolescents de Lost Records: Bloom & Rage. Et cela est justement ce qui m’a intéressé au premier abord dans Aphelion : le jeu montre à quel point DON’T NOD est devenu, au fil des années, un studio capable de se renouveler, de changer de peau sans jamais renier son goût pour les récits profondément humains, qui reste ici encore l’un des piliers de l’expérience.

Dans cette nouvelle aventure, nous suivons donc Ariane Montclair et Thomas Cross, deux astronautes de l’ESA envoyés sur Perséphone afin de déterminer si cette planète fictive pourrait offrir une porte de sortie à l’humanité. Autant vous le dire tout de suite : quand la Terre va mal et qu’un jeu vidéo commence à parler de « dernier espoir », cela est rarement pour nous offrir une promenade de santé sous les étoiles… Très vite, la mission Hope-01 tourne au cauchemar, tandis que nos deux scientifiques doivent se rendre à l’évidence : une planète inconnue ne se laisse pas approcher, étudier ou coloniser sans réagir. Le nom de Perséphone est d’ailleurs bien trouvé. Il faut dire que dans la mythologie grecque, elle est associée aux saisons et à la végétation, mais aussi aux Enfers, puisqu’elle est l’épouse d’Hadès. Autrement dit, elle peut être porteuse de vie comme annonciatrice du pire. Et le pire, dans Aphelion, a lui aussi un nom : la Némésis.
Thomas Pesquet, t’es gentil, mais tu peux aller te rhabiller…
Durant mon test d’Aphelion sur PS5, une première chose m’a bluffé : la qualité graphique de très grande facture du jeu, qui est tout simplement sublime ! On a régulièrement droit à des panoramas à couper le souffle, et il faut d’ailleurs reconnaître qu’il y a quelque chose d’assez paradoxal dans le fait de rester en admiration devant des paysages aussi hostiles. Si Perséphone n’a absolument rien d’un paradis accueillant, DON’T NOD parvient tout de même à en faire un terrain d’exploration fascinant, du moins au premier abord.

Les scènes en intérieur, que ce soit dans les stations, les grottes ou les cavités un peu plus organiques, nous plongent elles aussi dans une ambiance remarquable, bien aidée par une utilisation très réussie des ombres et autres jeux de lumière. La direction sonore n’est pas en reste, loin s’en faut ! En effet, les bruitages renforcent l’immersion, tandis que la bande originale composée par Amine Bouhafa, réputé dans l’industrie du septième art, donne à certaines cinématiques une ampleur époustouflante, voire quasi mémorable.

En parlant des cinématiques, elles méritent que l’on s’y attarde dans ce test d’Aphelion ! Particulièrement photoréalistes, elles semblent avoir fait l’objet d’un soin constant. Le jeu n’hésite jamais à rapprocher sa caméra des visages d’Ariane et de Thomas afin de faire ressortir leurs émotions, leurs doutes et leurs blessures. Pendant les dix heures qu’il m’a fallu pour boucler Aphelion, j’ai été témoin de leurs incertitudes, de leur peine et de leur souffrance. Les détails des visages, qu’il s’agisse de la peau, des taches de rousseur, des larmes ou des expressions faciales, affichent un réalisme véritablement saisissant. C’est clairement l’un des plus gros points forts du jeu de DON’T NOD : il est immersif à souhait.
Côté gameplay, DON’T NOD ouvre le sas de décompression
Malheureusement, si Aphelion impressionne assez vite par son univers, son ambiance et sa mise en scène, il se montre beaucoup moins convaincant lorsqu’il s’agit de vraiment prendre la manette en main. C’est là que le fameux sas de décompression s’ouvre un peu trop grand : lors de mon test d’Aphelion sur PS5, plus l’aventure avançait, plus la pression retombait… La faute à un gameplay trop « scolaire », trop balisé, et rarement à la hauteur du cadre pourtant vertigineux dans lequel il s’inscrit. Dans sa structure, Aphelion reste en effet trop proche des productions narratives auxquelles DON’T NOD nous a habitués : on explore des zones relativement fermées, on interagit avec quelques éléments du décor, on avance à coups de plateformes, d’observation, d’infiltration et de QTE.

D’emblée, on regrette que l’exploration soit à ce point guidée, pour ne pas dire dirigée… Perséphone a beau donner envie de s’y perdre, le jeu nous rappelle très vite qu’il n’a pas grand-chose d’un monde ouvert… Murs invisibles, obstacles intégrés au décor, chemins clairement imposés : difficile de visiter cette exoplanète comme on l’aurait souhaité. Les phases de plateforme, elles, peinent à convaincre, et peuvent même devenir frustrantes lorsque quelques bugs et approximations techniques viennent s’en mêler. Les QTE restent assez convenus, les interactions avec l’environnement demeurent limitées, et l’on finit par avoir l’impression que le jeu nous accompagne plus qu’il ne le devrait.

L’originalité du gameplay repose finalement sur deux principes : les phases d’infiltration face à la Némésis, cette forme de vie hostile qui réagit comme une réponse immunitaire de Perséphone face aux agissements de l’Homme, et l’alternance entre Ariane et Thomas. En effet, séparés dès leur atterrissage sur la planète, les deux spationautes ne se jouent pas vraiment de la même manière. Ariane incarne la partie la plus physique de l’aventure : elle grimpe, escalade, saute au-dessus des précipices et utilise son grappin pour se frayer un chemin dans les environnements les plus hostiles. C’est aussi elle qui se retrouve le plus souvent confrontée à la Némésis… Thomas, de son côté, avance lentement en raison de ses diverses blessures, tandis que sa réserve d’oxygène endommagée l’oblige souvent à rejoindre des stations pour survivre. Cette alternance a bien fonctionné lors de mon test d’Aphelion, car elle casse la redondance tout en renouvelant le rapport à Perséphone.

Les deux personnages disposent également d’un outil baptisé Pathfinder. Celui-ci permet d’afficher les objectifs à suivre, de scanner l’environnement et de repérer divers marqueurs secondaires disséminés sur Perséphone… Les ondes magnétiques étant particulièrement importantes sur l’exoplanète, le Pathfinder sert aussi à capter certaines fréquences pour activer des structures, fabriquer des ponts ou ouvrir de nouveaux passages. Sur le papier, l’idée fonctionne plutôt bien et colle parfaitement à l’univers scientifique du jeu. Mais dans les faits, elle reste toutefois sous-exploitée. Les marqueurs secondaires n’apportent pas grand-chose à l’expérience, les énigmes liées aux fréquences demeurent assez simples, et l’on aurait aimé que cet outil donne naissance à de vraies trouvailles de gameplay plutôt qu’à de simples interactions contextuelles… Reste que le Pathfinder est un passage obligé pour les chasseurs de trophées ! Heureusement, nous proposons un guide pour les aider.
Perséphone, miroir des erreurs stupides de l’homme
Au-delà de son habillage spatial, Aphelion reste avant tout un jeu DON’T NOD dans ce qu’il a de plus identifiable : une aventure qui s’intéresse moins à la conquête d’une nouvelle planète qu’aux failles de ceux qui osent s’y aventurer. Car à travers Ariane et Thomas, le jeu raconte une mission de survie, bien sûr, mais aussi une histoire d’amour abîmée, de culpabilité, de regret et de non-dits. Sur le papier, tous les ingrédients sont là pour faire naître une émotion forte. Pourtant, je dois bien reconnaître que la mayonnaise n’a jamais totalement pris de mon côté. J’ai suivi leur parcours avec intérêt, parfois même avec une certaine admiration pour la mise en scène, mais sans être réellement bouleversé par leur relation ou par les drames que le scénario tente de faire remonter à la surface.

Reste que le message porté par Aphelion demeure assez admirable, et peut-être même très juste : on ne sauve pas l’humanité en répétant ailleurs les erreurs qui l’ont menée au bord du gouffre. Perséphone n’est pas une terre promise docile, encore moins un simple décor exotique offert à notre instinct de conquête égoïste. C’est une planète qui observe, qui réagit, qui se défend… En ce sens, la Némésis apparaît comme la réponse d’un monde refusant de devenir le plan B d’une espèce incapable de prendre soin de son propre foyer. L’idée est belle, et elle donne au jeu une vraie cohérence thématique. Dommage, toutefois, qu’elle reste souvent plus intéressante à analyser qu’à ressentir manette en main ! Pour moi, DON’T NOD ne signe pas ici une fable écologique d’une grande subtilité ou finesse, ni un récit aussi bouleversant qu’il aurait pu l’être. Mais Aphelion a malgré tout le mérite de poser une question ô combien pertinente : à quoi bon chercher une nouvelle maison dans les étoiles si l’on refuse d’apprendre à habiter correctement celle que l’on occupe déjà ?
En résumé Avec son jeu Aphelion, DON’T NOD signe par conséquent une aventure de science-fiction visuellement superbe, portée par une ambiance forte, des cinématiques très impressionnantes et un propos écologique assez juste. Le voyage sur Perséphone ne manque clairement pas de cachet, et le studio prouve une nouvelle fois qu’il sait donner de l’épaisseur humaine à ses récits, même lorsque l’émotion ne fonctionne pas toujours autant qu’elle le devrait ! Dommage, en revanche, que le gameplay ne suive pas vraiment la même trajectoire. Trop balisé, trop scolaire et parfois frustrant dans ses phases de plateforme, Aphelion peine à transformer son cadre fascinant en une grande aventure manette en main… Reste un jeu sincère, intelligent et souvent magnifique, mais aussi un poil trop prudent pour véritablement décoller. Une odyssée spatiale imparfaite, donc, mais sûrement assez dépaysante pour mériter le voyage. Les plus ✔️ Perséphone, sublime et hostile. Les moins ✖️ Un gameplay trop scolaire…
L'avis de la rédaction
Note
✔️ Des cinématiques bluffantes !
✔️ Une ambiance sonore réussie !
✔️ Un propos écologique pertinent.
✔️ L’alternance Ariane/Thomas.
✖️ Une exploration trop dirigée.
✖️ Des plateformes frustrantes.
✖️ Un Pathfinder sous-exploité.
✖️ Une émotion trop distante ?









