Je dois vous mettre dans la confidence, c’est aux confins de la Belgique en confinement sans confit de canard, mais avec plein de confiseries, que je vous écris ces lignes, tâche confiée par Eric dans le cadre d’un test pas vraiment confidentiel : Dreams. Après tout, je fais partie de ses confidentissimes (oui, c’est un mot qui existe).

Jour 1 de confinement : tout se passe bien. Je suis content d’être à la maison, les interactions sociales, c’est surfait. Pas de tension. J’en profite pour faire ce que j’aime, comme manger d’abord le chocolat sur les petits écoliers et casser des cure-dents en petits morceaux.

Jour 2 de confinement : je pense que je ne suis pas seul dans mon appartement. J’entends des bruits étranges autour de moi, des objets tombent sans que je les touche. Des portes s’ouvrent seules.

Jour 3 de confinement : c’étaient mes chats.

Jour 4 de confinement : ma commande Wish n’arrive toujours pas, je perds les pédales. Pourtant, cela ne fait que quatre jours, et j’ai pas de vélo.

Jour 5 de confinement : je me pose devant mon PC pour écrire cet article, et je n’ai aucune idée de comment le commencer. Je regarde ma bibliothèque, je me rends compte que j’ai encore des livres en russe que je n’ai pas lus, et c’est normal : je ne parle pas russe. 

Comme vous l’aurez compris avec cette introduction tout à fait raccord avec le thème, aujourd’hui, je vous fais un petit test de Dreams sur PS4 ! Pardon ? Vous n’aviez pas compris ? Suivez un peu… Un grand merci à Sony en tout cas !

I have several Dreams !

Qui n’a jamais rêvé de créer son propre jeu vidéo ? Personnellement, depuis que je suis tout petit, j’ai envie de créer un jeu de A à Z, genre un jeu Dragon Ball ou un jeu de survie ! Dreams porte donc bien son nom. Lorsque Media Molecule présentait son jeu, les promesses étaient nombreuses : possibilité de créer un jeu à partir de rien, réaliser n’importe quel type de jeu avec des graphismes plus que corrects, un programme plein de flexibilité pour pouvoir faire exactement ce que l’on a en tête, ce qui, dans mon cas, est une mauvaise idée… Personne n’a envie de voir ce que j’ai en tête.

Test de Dreams
C’est assez dingue ce qu’on peut faire avec Dreams !

Dès le départ de ce test de Dreams, le jeu me guide. Il me faut d’abord choisir un follet, une sorte de petite créature que le joueur guide avec la fonction « Tilt » de sa manette. C’est par le biais de cette petite chose qu’il est possible de placer, modifier, détruire ou déplacer des éléments à l’écran. On nous propose alors de commencer à créer, ou de tester des niveaux réalisés par Media Molecule ou d’autres joueurs-créateurs. L’ambiance générale est un peu infantilisante, ça dégouline de bonbons et d’arcs-en-ciel. Je décide de tester un jeu de MM.

Un test de Dreams impressionnant

Je me retrouve instantanément plongé dans un univers jazzy, entièrement produit avec le moteur de Dreams. Au départ dubitatif, je prends conscience que l’on peut vraiment faire ce que l’on souhaite dans ce moteur de création de jeu. Le jeu est prenant, il m’emmène dans les profondeurs de l’esprit d’un musicien torturé. L’ambiance enfantine laisse peu à peu la place à une histoire plus sombre, au contraste un peu étrange, mais loin d’être dénué d’intérêt.

Test de Dreams
Sacré petit Godzilla !

Je découvre alors des jeux de caméras incroyables, une plongée dans des couleurs oniriques, qui se mélangent au gré de l’aventure ; d’un point de vue artistique, cette création est incroyable, tellement incroyable que j’avais du mal à croire qu’elle n’avait été créée qu’avec les outils de Dreams. Je n’avais qu’une envie : me mettre à créer mon propre jeu.

Des possibilités, oui, mais…

Une fois le mode création lancé, une chose est claire : il m’est impossible de faire mon propre jeu facilement. Pour ce test de Dreams, j’ai dû regarder une dizaine d’heures de tutoriel pour pouvoir commencer à maîtriser les bases. Loin d’être intuitif, Dreams, aussi puissant qu’il soit, demande une longue phase d’apprentissage pure, suivie par une phase encore plus longue d’apprentissage par la création. Personnellement, même pour placer des éléments pas trop complexes, cela me prend beaucoup de temps et d’énergie, que ce soit pour me rappeler par quel menu je dois passer pour trouver lesdits éléments, ce que je dois leur appliquer comme « effets » pour qu’ils se comportent comme je le souhaite à l’écran ou même pour les placer correctement.

J’ai mis du temps pour créer ne fut-ce que ça !

La fonction Tilt de la manette est très difficile à gérer, surtout pour les vibromasseurs ambulants comme moi. La manette étant particulièrement sensible à nos mouvements, je suis obligé de bloquer mes mains contre mes genoux pour ne pas trop trembler et pour pouvoir placer précisément l’élément en question. Et pour certaines autres fonctions, c’est pire ! Par exemple, si vous voulez faire en sorte que des plateformes suivent un tracé bien spécifique, il faut lancer un mode enregistrement et effectuer le tracé de la plateforme avec la fonction Tilt de la manette. Je n’ai, pour ma part, pas réussi une seule fois à produire un tracé qui me convienne.

Parfois, on a de vraies ambiances !

Il ne fait aucun doute que Dreams offre des possibilités de création infinies, c’est un outil très puissant, mais dire que cet outil est facilement accessible est une grossière simplification. Après des heures à visionner des tutos, je ne parvenais toujours pas à créer un jeu de manière fluide.

Ce que dit ce test de Dreams du jeu vidéo

Par contre, si en tant que créateur, je n’y ai pas vraiment trouvé mon compte (peut-être en raison d’un certain manque de patience de ma part), en tant que chercheur, ce test de Dreams est une mine d’or. En effet, Dreams est très intéressant dans la manière qu’il a d’expliquer les mécaniques de jeu aux joueurs. Pour mettre en place des mécaniques, il faut placer des éléments et leur assigner des puces, lesquelles contiennent des « logiques » de programmation.

Il est possible aussi de faire des jeux au tour par tour !

Ainsi, quand on joue un peu avec ces puces, on comprend petit à petit comment sont construits la plupart des jeux vidéo, étant donné que ces logiques de programmation sont présentes dans la plupart des jeux : « si l’objet avatar entre en contact avec tel élément, alors, il perd de la vie » / « si l’objet ennemi tombe dans le trou, alors l’ennemi est détruit », etc. Ainsi, jouer aux créations des joueurs s’avèrent particulièrement intéressant pour moi, étant donné que cela me permet de voir comment ils s’approprient ces logiques de programmation, comment, en tant que non-professionnels, ils interprètent le jeu vidéo. En effet, les créations des joueurs en disent long sur la manière dont nous considérons le jeu vidéo, et je pense faire une série de chroniques sur le sujet.

Ma création ! Et je ne suis pas feu fier !

DIFFICILE À PRENDRE EN MAIN, MAIS SUPER RICHE/20


En conclusion, Dreams est un programme de création de jeux vidéo particulièrement puissant, mais tout de même difficilement accessible en comparaison d’autres programmes du genre. En revanche, bien que la partie création ne me convienne pas, je trouve passionnant le fait de pouvoir découvrir les créations des autres joueurs. Vous pouvez acheter Dreams via ce lien !


 


Pierre-Yves Houlmont

Ceinture noire d'haltérophilie en parachute et passionné par la généalogie des pommes de terre, j'ai décidé de devenir rédacteur dans le domaine du jeu vidéo ! Einstein ne nous a-t-il pas mis en garde contre les pierres ayant tendance à rouler ?

13 Commentaires »

  1. Je suis très intriguée par Dreams, au vu des possibilités de création infinies. Déjà qu’il m’est arrivé de passer des heures à construire une maison dans les Sims ! Mais j’ai très peur de ne pas voir le bout du tutorial, ou de finir frustrée. Et je dois dire que ton test va dans ce sens. Je me contenterai donc de regarder cela de loin !

  2. Je le prendrai non pas pour créer quelque chose parce que j’imaginais bien que même si c’est “simplifié”, avec une manette cela restera compliqué. Mais comme je suis sûr que le communauté a dû faire des trucs de ouf, pour m’amuser en parcourant ce qu’ils ont fait et en plus il est pas trop cher d’entrée de jeu.

    Tu as fais un chat ^^, pour un novice comme ça il doit pas si facile à prendre en main, il faut tout digérer et retenir. En même temps, c’est pas censé être un jeu mais un outil pour en créer un donc ..^^

    Jour 158: je ne sais pas si je vais revoir la lumière du soleil , lisant un certain liégeois et l’état de son cerveau, cela commence à me faire sérieusement peur mdrrr ^^

    On est parti pour tout le printemps hélas, si on se tient on pourra peut-être profiter de l’été, mais il faut s’y tenir ^^

    Bon courage et bisous à tes chats ^^

  3. PY un peu d’humour en cette période vraiment sinistre pour l’homme et l’économie mondiale, merci à toi 😉. Dreams, comment te dire que j’ai vu plein de vidéos de créations de joueurs et que je suis littéralement bluffé par ce qu’il est possible de faire ! Après forcément créer un jeu vidéo sur console ça a forcément des limites… Certains mecs ont une dextérité impressionnante.

  4. C’est dingue de voir les créations construites par les gens juste avec ces quelques images ! Je n’aurais sans doute jamais la puissance de créer un jeu via Dreams, mais tu as raison : ce qu’on voit des créations des autres, des différents univers, est passionnant à lui seul. Merci pour cet éclaircissement pour le jeu, je me demandais comment ça fonctionnait côté création !

  5. Dreams va finir par être une vitrine à idées que pourront ensuite piller les studios, ou bien repérer des créatifs pour certains projets.

    Ça va peut être devenir un linked in interactif ?

  6. Est-ce que le fait que la création soit compliqué ne vient pas aussi du fait qu’on soit sur une console ? La même chose sur un PC avec clavier et souris ne serait pas plus simple ?

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