En ce beau mois de septembre marqué, pour ma part, par la pluie, le vent et les bouchons sur les autoroutes mal foutues de Belgique, je vous viens avec le test de Knack 2, un jeu de plateforme descendu par la presse vidéoludique (du moins par les gros médias) et défendu par les joueurs. Mais qu’en est-il réellement ? S’agit-il d’un infâme témoin de l’âge sombre des jeux vidéo ? D’un pauvre martyr injustement persécuté ? D’une moitié de biscuit en forme de lettre que ma maman me donnait comme goûter durant ma jeunesse ? Verdict dans ce test de Knack 2 ! Au passage, merci à PlayStation !

Et Knack 2 dans les dents !

Tout d’abord, un peu de contexte. Knack est le nom du personnage que le joueur contrôle. À l’instar des membres de l’association Familles de France, Knack est un être composé de reliques d’un ancien monde. Il se balade aux côtés de Lucas, un personnage ô combien énervant (si j’osais, je ferais une nouvelle fois une comparaison avec Familles de France) qui passe son temps à faire l’intéressant pour contrebalancer son charisme inexistant. Tous deux ont pris l’habitude de combattre les Gobelins, de viles créatures qui en veulent aux humains. De par sa composition, notre ami reliquaire peut grandir, rapetisser ou maîtriser différents éléments, ce qui donne lieu à moult mécaniques in-game.

Knack 2
On peut dire ce que l’on veut, ça en jette !

Au début de Knack 2, on nous plonge directement dans l’action. Nous contrôlons Knack dans la ville de l’Oasis, actuellement attaquée par des robots géants. On découvre un jeu coloré aux musiques énergiques et entièrement doublé en français, s’il vous plait. Alors, le jeu nous explique comment combattre, esquiver, etc. Bref, il s’agit d’un didacticiel intégré. Le prologue ne nous apprend pas grand-chose sur l’histoire, il faut se montrer patient pour comprendre de quoi il retourne. Je dois vous dire d’emblée que l’histoire ne casse pas des briquettes de parement. Les personnages sont plutôt creux, les blagues lourdes (aussi relevées que « Oh, il est derrière moi c’est ça ?) et l’intrigue trop prévisible. Comme vous l’avez compris, c’est là que réside le défaut principal du jeu.

test de Knack 2
Certains plans permettent de prendre pleine mesure de la taille de Knack !

Si l’histoire n’est pas des plus intéressantes, il faut tout de même reconnaitre que l’une des thématiques abordées dans le jeu est particulièrement bien amenée. Dans Knack 2, nous apprenons qu’avant les Gobelins, étaient les Haut-Gobelins : une race fière, cruelle et dangereuse (ça sonne très propagande). Ces Haut-Gobelins ont été vaincus au cours d’une guerre contre l’humanité. D’ailleurs, les humains leur ont tellement tatané la bobine que ces Gobelins sont revenus à un état de sauvages, où les beaux vêtements ont fait place à des peaux dégueulasses et où les épées lasers et les robots sont devenus des gourdins et des arcs à flèches. Dès lors, on ressent un certain malaise à continuer de les massacrer comme si de rien n’était. Après quelques heures de jeu et de sous-entendus assez discrets qui vont dans ce sens, on nous explique que l’un des leaders humains s’en est un peu voulu d’avoir commis un presque-génocide et qu’il a choisi la voie de la paix. S’ensuivent alors quelques rebondissements prévisibles et des blagues bien plus douteuses que les miennes…

Mais t’avais dit qu’on ferait des Knackis !

Pour la suite, en bon scientifique en devenir récemment diplômé, j’ai décidé de procéder à une expérience sur sujet humain ! Tout était prévu : l’œil dément et un couteau suisse rouillé à la main, j’ai expliqué à ma compagne qu’elle allait devoir jouer le rôle de cobaye. En sa qualité de joueuse occasionnellement occasionnelle, elle devait jouer à Knack 2 pendant que je procédais à une neurochirurgie pour analyser en direct les effets du jeu vidéo sur le cerveau. C’est alors qu’elle fit preuve d’une certaine sagacité scientifique en remarquant qu’une simple observation de sa manière de jouer garantirait son intégrité physique. Pfff, on se contentera de ça… quelle rabat-joie !

Knack 2
I came in like a WREEEEEECKING BAAAAAALLLLL !

Eh bien, ce test de Knack 2 m’a permis d’en apprendre plus sur ma manière de jouer. Ma première observation concerne les codes du jeu vidéo. Comme l’explique brillamment Tom V sur sa chaîne Game Spectrum dans sa vidéo Tout le monde peut-il jouer au jeu vidéo ? , le jeu vidéo n’est pas universel. J’en prends pour exemple une petite remarque de la part de Mel, lorsqu’elle a critiqué notre sacrosainte ergonomie des contrôles qui veut que le bouton carré représente les coups de poing, et le bouton rond les coups de pied, répartition des touches ancestrale et sacrée depuis 1497 av. JCVD. « Mais c’est pas pratique ces conneries ! », s’est-elle exclamée avec la douceur et le tact que je lui connais. Un autre exemple est l’automatisme de tout gameur d’observer les patterns des ennemis, pour ensuite adapter son approche. Ne sentant pas le danger, après certaines morts que je trouvais particulièrement stupides, j’y allais de mes petites remarques : « Mais enfin, t’as bien vu qu’il donnait toujours un troisième coup de poing après avoir cligné de l’œil gauche et remué son orteil mécanique ! », à la suite de quoi elle tournait systématiquement un regard froid et inquiétant vers ma pauvre personne. Mon instinct de survie me poussait alors instantanément à reculer de quelques mètres et à m’excuser d’exister. « Pardon piloute, tu joues très bien piloute… ».

test de Knack 2
Un petit gadget pour la route ?

La différence de bagage vidéoludique modifie notre manière d’appréhender le jeu. Non seulement un hardcore gamer sera-t-il plus adroit, mais aussi entreprendra-t-il instinctivement des actions en fonctions de jeux déjà connus. Là où je comprends naturellement la logique du level design et du gameplay avant même de jouer, Mel devait expérimenter avant d’appliquer quoi que ce soit. Et c’est là que les qualités ludiques de Knack 2 se sont révélées. En effet, le level design de Knack 2, décrié par la plupart des tests, est pourtant particulièrement bien pensé. La plupart du temps, sauf quand il s’agit d’énigmes, le chemin de progression est clair, et les développeurs parviennent à entretenir l’envie d’explorer. Bien qu’ils revêtent systématiquement la même forme (un petit couloir caché), les secrets sont nombreux. De petits indices balisent le parcours du joueur afin qu’il n’oublie pas qu’il est possible d’en découvrir davantage sur le monde qui l’entoure. L’exploration est d’ailleurs particulièrement gratifiante étant donné qu’elle permet de débloquer des gadgets, qui enrichissent l’expérience de jeu.

Knack a dit, battez-vous jusqu’à la mort !

Quant au gameplay, il s’avère plutôt varié et donne lieu à de nombreuses mécaniques. Knack peut devenir grand ou petit à loisir, et ainsi se glisser dans les endroits exigus ou détruire des parties de bâtiments selon son humeur. La taille de Knack joue d’ailleurs le rôle de barre de vie et de jauge de force. Plus il est grand, plus il est fort et résistant. À l’inverse, lorsqu’il mesure 75 cm, une pichenette, et s’en est fini de notre petit tas de reliques. Au fur et à mesure de la partie, les développeurs nous gratifient de nouvelles mécaniques, comme la possibilité d’attraper des objets et des ennemis de loin, de lancer des boomerangs, et j’en passe. Ces mécaniques flambant neuves servent autant au level design que pendant les combats. Ces derniers sont d’ailleurs particulièrement amusants. Ils reposent sur un système de protection, d’esquives et de contrattaques. Et c’est ici que nous arrivons au deuxième plus gros reproche que l’on retrouve dans la plupart des tests : la difficulté inégale. Certains affrontements sont particulièrement simples, et d’autres à s’arracher les cheveux (Mel et moi formons dorénavant un couple de calvitiés ; enfin, moi encore plus que Mel vous vous en doutez bien).

Knack 2
Mon précieuuuuux…

Cependant, cette difficulté constitue-t-elle vraiment un souci ? Dans certains titres, comme dans Hyper Light Drifter, la difficulté en dents de scie ne semble déranger personne, simplement parce que l’orientation Die and Retry du titre est clairement affichée. Par contre, dans Knack 2, elle donne lieu à des moments de frustration inattendus. Dès lors, cette frustration n’est pas considérée comme faisant partie intégrante de l’expérience attendue par les joueurs, et relève donc davantage de l’obstacle au plaisir de jeu qu’autre chose. Ne sachant pas trop à quoi nous attendre, cet aspect ne nous a pas terriblement gêné. Les combats représentent des défis gratifiants et demandent une certaine maîtrise du timing ainsi que de la palette de coups plutôt large. En outre, j’ai également découvert avec horreur une barbarie sanguinaire que je ne faisais que soupçonner chez Mel (à l’aide). Même les pauvres coccinelles que l’on croise dans le jeu subissaient son courroux (j’ai peur), il n’était pas rare de la voir courser les pauvres insectes et de leur ôter la vie en ponctuant son geste sadique d’un « saloperie de cocci-merheuuuuuu » (pitié, venez me chercher).

test de Knack 2
Mais ?! C’est le Megazord !

Au cours de mon étude sur sujet mi-humain, mi-berserker, j’ai également pu remarquer que les nouvelles attaques apparaissent à intervalle régulier, permettant non seulement de briser la répétitivité du jeu, mais également de laisser le temps aux joueurs moins habitués de s’habituer aux nouvelles mécaniques. Tout semble donc pensé pour que tous les joueurs puissent profiter du titre en en peaufinant la maîtrise petit à petit. Résultat de ce test de Knack 2 : le jeu est pas si mauvais qu’on le dit.


Knack 2 n’est donc pas, selon nous, la catastrophe que nos confrères semblent décrire. Certes, il est largement perfectible, son histoire est classique et souvent mal amenée, les blagues sont lourdes et la difficulté inégale, mais explorer son univers coloré et affiner notre maîtrise du système de combat reste très agréable. Les niveaux ne sont pas une suite d’éléments dénués de sens, mais bien constitués de nombreuses balises qui viennent accompagner le joueur dans sa partie. Notez également la présence d’un mode coopération plus que bienvenu. Sans être une pépite, Knack 2 constitue tout de même un bon jeu de plateforme, genre qui commence à manquer dans nos ludothèques de nos jours. De plus, sachez que son prix est tout sauf onéreux !

LA NOTE DE LA RÉDACTION
  • Gameplay - 8/10
    8/10
  • Graphismes - 8/10
    8/10
  • Bande-son - 7/10
    7/10
  • Scénario - 4/10
    4/10

Les plus et les moins

✔︎ Un bon jeu de plateforme, genre beaucoup trop rare !
✔︎ Des graphismes raccords avec l'univers.
✔︎ Des combats nerveux et gratifiants !

✘ Un histoire pas très intéressante.
✘ Certains personnages énervants.

6.8/10

 


Pierre-Yves Houlmont

Ceinture noire d’haltérophilie en parachute et passionné par la généalogie des pommes de terre, j’ai décidé de devenir rédacteur dans le domaine du jeu vidéo ! Einstein ne nous a-t-il pas mis en garde contre les pierres ayant tendance à rouler ?

12 Commentaires »

  1. Très bon test qui contredit les avis de bien d’autres sites, mais avec une pertinence qu’eux n’ont pas ^^

    En plus de ton humour complètement décalé (comment veux-tu que Mel ne te donne pas des baffes PY franchement) tu vas toujours au bout de ton analyse. Du coup ta note me parait très justifiée pour un tel jeu, qui pèche par son scénario mais dont le gameplay et les mécanismes sont bien trouvés (si je te suis bien). Sinon, quelle est la durée de vie de ce knack 2 histoire que je me fasse une petite idée ? J’y jouerai peut-être avec mon fiston mais je t’avouerai que j’ai peur de me faire chier ^^

    • Merci pour le compliment 🙂

      Concernant la durée de vie de la trame principale, Mel en est à une petite vingtaine d’heures. Pour un joueur confirmé qui ne rush pas le jeu comme un bourrin, compte entre 10 et 15 heures selon le niveau de difficulté. Après avoir terminé la trame principale, il y a encore toute une flopée de défis en tout genre (time attack, scoring, hauts-faits).
      J’ai vu sur plein de sites que la durée de vie est inférieure à 10h, je ne sais pas comment ils s’y sont pris, mais pour parcourir les 15 chapitres du jeu, ça m’a pris plus de 10 heures.
      Tu as peur de t’ennuyer dans quel sens ? Niveau gameplay, il y a moyen de bien s’amuser, franchement. Maintenant, l’histoire…

      • Merci pour ta réponse express PY ! Okay une durée de vie pas phénoménale du coup… En fait je te dis que j’ai peur de me fait chier car Knack et tout ça j’affilie beaucoup ça à des jeux pour enfant ^^ Mais je me trompe surement !

        • Personnellement, je trouve la durée de vie correcte, on est dans la veine des Uncharted en fait.
          Ah, oui, je comprends. Ici, au vu du gameplay, etc. je ne dirais pas que Knack 2 s’adresse particulièrement aux enfants. Même si les graphismes ont l’air “tout minouches”, on reste dans un gameplay nerveux qui se rapproche du beat them all. On est loin d’un Yooka-Laylee par exemple (que j’ai adoré, soit dit en passant).

  2. Les jeux de plateforme et les shoots em up, alors qu’ils étaient en masse à l’époque sont vraiment sur le déclin. C’est marrant de voir ça. Je comprends pas pourquoi le jeu de plateforme n’attire plus, alors qu’on a beaucoup plus de possibilités qu’auparavant et qu’on pourrait en faire un tellement énorme. Knack 2 est probablement comme le premier, un jeu à faire si on aime le genre un tant soit peu, c’est vrai que pour le moment le prix des jeux et les suites sont moins chers Uncharted, Dishonored et cie.
    Un jeu de plateforme pas trop mauvais; c’est Yooka-Laylee, il est plus pour les enfants vus les personnages.T’inquiète, je termine mon paquetage et je viens te sauver, tiens bon, mets-toi proche des fenêtres et nettoie les surtout ^^, si elle commence à baver en te traitant d’être inutile, ne l’offusque pas, observe bien si ces canines poussent, si c’est le cas sautes par la fenêtre en vitesse; une femme en colère ça peut faire des dégâts surtout quand elle a pas bu son yop du matin.

    • Je pense que le genre se fait plutôt rare à cause de la course au réalisme. Les Uncharted & cie ont la côte parce qu’ils sont beaux et clinquants, ça explose, ça tire, c’est du blockbuster vidéoludique.
      J’ai terminé Yooka-Laylee, excellent jeu, j’ai adoré (je crois que je suis un grand enfant). En même temps, j’ai beaucoup joué à Banjo et Kazooie en 1998, du coup, j’en ai un peu retrouvé l’esprit dans Yooka-Laylee. Seul bémol : j’ai trouvé le jeu un peu trop simple.
      Je crois que c’est foutu pour la fuite :'(, elle vient de faire poser des barreaux aux fenêtres et m’a posé un collier façon Battle Royale qui bip dangereusement quand je m’éloigne de l’appart !

      • Si tu as aimé Yooka-Laylee , vu comme ça il avait l’air bien, mais c’est vrai qu’il a l’air basique, c’est là le côté enfantin peut-être. Banjo et Kazooie c’était le bon temps ^^.Tu parles en bas , j’adorais trop Daxter ^^ cette animale c’était la bonne idée. Le remake de Ratchet & Clank n’est vraiment pas mauvais pour son prix.

  3. Merci pour ce test aux petits oignons et plein d’objectivité. L’objectivité chose de plus en plus rare dans la presse du jeu vidéo…
    Comme beaucoup je ne comprends pas que le jeu de plateforme ne soit pas plus exploité aujourd’hui. On pourrait faire tellement de choses. Ressortir Crash Bandicoot c’est sympa mais une nouvelle version utilisant les technologies actuelles et cette licence, ça pourrait envoyer du lourd!

    • Haha, j’essaie de rester objectif au maximum en me basant sur des critères concrets. Mais bon, à l’instar la critique littéraire ou cinématographique, on reste dans un milieu où le ressenti du joueur fait beaucoup. Le truc, c’est de ne pas se laisser submerger par ses émotions et de se baser sur du tangible pour contrebalancer le côté subjectif.
      Perso, je rêve de nouvelles licences type Jack and Daxter et Ratchet and Clank sur PS4. J’ai tellement passé d’heures sur ces jeux !

  4. Coucou. Ce jeu a l’air super intéressant. Moi qui adore les jeux de plateforme, je suis ravie de le découvrir. Je pense que je vais me le procurer, et l’essayer durant le week-end. J’ai bien envie de me détendre et justement, ce type de divertissement me conviendra parfaitement. Merci pour le partage. 🙂

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