La durée de vie est souvent un critère déterminant dans l’évaluation d’un jeu : on veut en avoir pour son argent, s’assurer plusieurs dizaines d’heures de plaisir et ne pas risquer la frustration qui accompagne un écran de fin qu’on n’attendait pas. C’est d’ailleurs un reproche récurrent fait aux jeux indépendants, des jeux vidéo courts créés avec moins de moyens financiers, ou du moins souvent bien plus courts que les AAA. On peut vite tomber dans un ratio de prix/temps qui tend à fausser les priorités : est-ce que la valeur du jeu doit se refléter dans le temps qu’on passe dessus, est-ce qu’un jeu terminé en quelques heures doit forcément être moins cher qu’un jeu dont la rejouabilité est infinie ? Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de s’écarter de la notion de durée de vie pour plutôt s’intéresser à l’expérience en elle-même, et au plaisir qui s’en dégage ? (Pour pousser la réflexion, tu peux jeter un oeil à ça).

Des jeux vidéo courts… mais particulièrement marquants !

Étant donné que je passe beaucoup de temps sur les jeux indé, je suis habituée à des titres qui ne dépassent pas les 10-12 heures (et vu la taille de ma bibliothèque Steam, j’aime autant qu’ils ne soient pas beaucoup plus longs puisque je caresse encore l’espoir de tous les tester un jour). Et parfois, je tombe sur des jeux très courts, mais qui me marquent bien après le générique de fin. Vu leur taille, difficile de les présenter dans des tests de jeux vidéo trop détaillés sans tout dévoiler ou tomber dans un décorticage malvenu. Alors je profite de ce nouveau format de rubrique pour te montrer quelques-unes de mes trouvailles jouables en moins de 2 heures (bien sûr, la durée de vie d’un jeu n’est pas une science exacte, mais c’est surtout pour te donner un ordre d’idée), un genre de mise en bouche qui, je l’espère, te donnera envie de les découvrir. Voici quatre jeux vidéo courts qui en méritent le détour !


1. Gorogoa 

(Mobile, PC, Switch – 2017)

Un gros coup de cœur de ce début d’année : Gorogoa est un bijou d’inventivité et de délicatesse. Les graphismes sont très élégants, oniriques et vraiment soignés, mais c’est surtout le gameplay qui a retenu mon attention puisque c’est la première fois que je découvrais un jeu de ce type. Il se présente comme un jeu de réflexion, aux manipulations très simples et intuitives : on a quatre cases à disposition, et des vignettes qu’on peut déplacer, agrandir ou réduire pour faire avancer l’histoire. Les mouvements n’ont donc rien de compliqué, mais la créativité des puzzles m’a bluffée et chaque résolution d’énigme apporte un grand sentiment de satisfaction.

Note au passage qu’il a été développé par Jason Roberts, qui l’a entièrement dessiné à la main et l’a élaboré sur plus de six ans. Si tu aimes les jeux d’énigmes, les ambiances poétiques et que tu as deux heures à tuer dans le train, laisse-toi tenter : je suis tombée sous le charme en quelques minutes, et je pense sincèrement qu’il a un potentiel de rejouabilité pour s’arrêter un peu plus sur l’histoire et l’ingéniosité des mécaniques.

À voir aussi : 

Monument Valley (Mobile – 2014) : un peu plus répétitif que Gorogoa mais propose des casse-têtes très intéressants et originaux, et une ambiance toute douce.

Framed (Mobile, Switch, PC – 2014) : j’ai été moins sensible à ce gameplay qui réorganise des cases de BD, mais il ne manque pas d’inventivité et a été très bien reçu par la critique.


2. Dear Esther 

(PC, Mac, Xbox One, PS4 – 2012)

Cet autre jeu vidéo très court, créé par le studio The Chinese Room, fait débat à plusieurs niveaux. En effet, le gameplay de Dear Esther est très sommaire (il ne te permet que de te déplacer à vitesse constante dans un paysage désert), à tel point que certains se demandent si c’est vraiment un jeu vidéo. De plus, son scénario est nébuleux ; certains lui trouvent un côté élitiste, voire prétentieux. Enfin, pour le remettre dans son contexte, il faut garder en tête que Dear Esther est arrivé en précurseur des walking simulators (un genre encore très contesté aujourd’hui, comme je l’évoquais dans mon test d’Eastshade) et qu’il a donc poussé certaines barrières du jeu vidéo tel qu’on l’imaginait. 

Je ne l’ai découvert qu’après avoir écouté l’épisode que Profil Ludique lui consacre, ce qui m’a peut-être donné quelques clés de compréhension importantes. Je ne peux pas dire à quel point ça a influencé mon appréciation du jeu. Ce que je peux dire, c’est que l’atmosphère dégagée par Dear Esther m’a impressionnée. C’est un jeu qui illustre la solitude à la perfection, avec des paysages magnifiquement arides et des détails fascinants. J’ai adoré la voix off qui lit des lettres adressées à Esther, j’ai savouré ce titre comme une expérience inédite et j’ai été marquée par la profonde mélancolie qu’il impose. Pour cette audace et cette belle prise de risque, je ne pouvais que le mettre dans cette liste. 

À voir aussi : 

Gone home (PC, Switch, Xbox One, PS4 – 2013) : plus conventionnel que Dear Esther, un moyen moins obscur de découvrir les walking sim.


3. Old Man’s Journey

(Mobile, PC, Switch, Xbox One, PS4 – 2017)

Un titre très doux, à savourer sur mobile ou en grand écran pour s’évader et s’offrir une petite bouffée d’air frais. Le gameplay est très simple, tout le jeu repose sur le fait de déplacer des bouts de terrain pour aider son personnage à progresser à travers les niveaux. Dans Old Man’s Journey, on prend le temps d’admirer le choix des couleurs et les décors très réussis, on découvre progressivement l’histoire de ce vieil homme qui prend la route et on se laisse bercer par cette belle bande-son. 

Il faut l’aborder plus comme un jeu narratif que comme un puzzle game, parce que la difficulté reste vraiment modérée. Mais si tu recherches du réconfort et de belles images, tu devrais trouver ton compte dans cette petite aventure pleine de tendresse signée Broken Rules. 

À voir aussi : 

Florence (Mobile – 2018) : là aussi, un joli mélange de musique et de graphismes doux, pour une progression sans difficulté à travers une histoire sympathique.


4. Year Walk 

(Mobile, PC, Mac, Wii U – 2013)

C’est probablement mon préféré de la liste, et ma première expérience de ces jeux vidéo aussi courts que percutants. Ce bijou de Simogo est difficile à classer : imprégné de folklore suédois, parfois angoissant, mélange de puzzles et de scénario intrigant, il est généralement labellisé « aventure » mais a plusieurs cordes à son arc. Je ne peux pas en dévoiler trop sans le gâcher, mais chaque énigme est différente de la précédente, chaque nouvel élément traditionnel suédois rajoute une dose de fascination et on se laisse happer avec grand plaisir dans cette forêt inquiétante et déroutante.

Pour moi, c’est le meilleur élève de la sélection, puisque chaque nouveau tableau de ce jeu propose une autre approche, tout en maintenant une continuité grâce à son atmosphère fabuleuse. On devine progressivement une histoire en trame de fond, on se creuse la tête, on sursaute, on s’étonne : c’est un jeu que j’ai adoré il y a des années, qui m’a laissé une forte impression et que j’ai refait avec un plaisir renouvelé pour t’en parler aujourd’hui. Une vraie pépite !


Que ce soit dans les puzzle games, dans les walking simulators ou dans les jeux d’aventure, on peut donc trouver des titres indépendants très courts en durée de vie, mais très forts en contenu et en ressenti. Ce que j’aime dans le milieu indé, c’est cette capacité à bousculer les codes et à proposer des concepts innovants et audacieux, et on peut tout à fait rentabiliser un achat de jeu sans qu’il promette des dizaines d’heures de plaisir. Bien sûr, cette liste est non exhaustive ; je serais ravie que tu me cites d’autres jeux courts qui t’ont réellement marqués !


Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

16 Commentaires »

  1. Excellent ce type de rubrique. D’une comme tu le dis y a de véritables pépites vidéoludiques à découvrir, et de deux l’aspect temps est aussi à prendre en compte.
    Perso, c’est pour ça que je tends de plus en plus vers ce type de format (ou alors les épisodiques puisqu’ils proposent également des sessions de 1h30 à 3h environ par épisodes).
    Même si je ne suis pas très puzzle games, Gorogoa semble assez incontournable ; et sinon Old man’s journey me branche pas mal du tout.
    Dear Esther il faudrait que je le refasse puisqu’ils ont profité de la sortie console pour en faire une mise à jour. À l’origine c’était même un mod développé sur le moteur d’Half-Life 2 si je dis pas de bêtise. Et ça leur a permis de se faire un nom et ensuite enchaîné avec le second Amnesia et surtout le merveilleux Everybody’s Gone To The Rapture (et à chaque fois pour ces jeux, les sublimes ost de Jessica Curry – dont j’aime d’amour le travail).

    • Merci Gilles ! 🙂 Oui, j’ai hésité à parler des épisodiques (Sam & Max, Blackwell, …) mais j’ai voulu être vraiment puriste dans ma sélection haha, je trouverai d’autres occasions de les mentionner.
      Gorogoa est fantastique ! Oui, j’ai lu que Dear Esther était un mod à la base, ce qui fait que la première version a une dizaine d’années aujourd’hui (c’est fou !). Je n’ai pas testé Amnesia (beaucoup trop flippant), mais j’ai beaucoup aimé Everybody’s Gone to the Rapture aussi ! Malheureusement, il était un poil long pour ce thème, mais pareil, j’en reparlerai. 🙂

  2. Je peux te conseiller deux jeux courts qui m’ont particulièrement marqués:

    To the moon, ce jeu est fantastique, un mini rpg (avec uniquement de l’histoire) de science fiction très réussi ! Scénario prenant et émotions au rendez vous !

    J’ai aussi aimé Burly Men at Sea qui est une histoire interactive, avec différents embranchements selon nos choix. A noter qu’à la fin chaque trame historique débloque un code qui permet d’imprimer une version de l’aventure dans un vrai livre relié auprès de l’éditeur, ce qui fera une histoire pour enfants formidable. Le jeu est également bruité à la bouche ce qui ajoute un petit plus très sympa !

    • Je plussoie tellement pour To The Moon. Et Finding Paradise (qui se passe dans le même univers avec le même duo de protagonistes) est un bijou également (plus long par contre). Mon GOTY 2017.
      To The Moon devrait normalement être adapté en film d’animation d’ailleurs.

    • Alors j’ai beaucoup aimé To the Moon aussi, par contre d’après mes stats sur Steam, je l’ai fini en 4h 😉 (j’avoue que la barre des 2h, c’était très strict).

      C’est vrai que j’ai bien aimé Burly Men at Sea aussi, j’aurais pu en parler ici ! Je n’avais pas retenu le coup du vrai livre relié, c’est hyper intéressant ! Et grave, les bruitages à la bouche c’est tellement bien.

  3. Que de jeux ^^, ça peut-être court et bon mais pas a plein tarif pour ma part, pas au-delà de 20euros.
    J’ai constaté l’effet inverse, je pensais qu’ils étaient courts les jeux indépendants, mais pas du tout, cela dépasse parfois les 10 heures de jeux(et plus).

    Gone home je l’ai fait celui-là, je pense que c’est celui dont on peut le finir en deux minutes. C’est une réalité jouer 80 heures sur un jeu en jouant à du remplissage d’activité, on en tire pas spécialement du plaisir.
    To the Moon a l’air bien aussi.

    SuperHot ( c’est mon surnom, Nan je déconne, enlève-toi cette image ^^)
    Je n’ai pas encore touché à ce titre, donc pour l’avoir déjà mentionné, il durerait 1h30 et c’est un FPS.

    Sinon des jeux qui ne durent pas longtemps, c’est sur Amiga, après je ne sais pas si c’était des indépendants, tu as prince of Persia, le concept du tout premier épisode était génial et délivrer la princesse en 50 minutes je crois. Et P. P. Hammer and his Pneumatic weapon, celui-ci si une personne pouvait le refaire avec un visuel HD sans le dénaturer, je suis preneur, c’est un jeu vraiment géniale, bourré de chose intelligente, c’est une des pépites sur Amiga. On parle souvent de console mais l’appareil ayant le plus de pépites c’est tout de même le micro-ordinateur amiga 500, lui ce n’est pas juste des bons jeux, ce sont des jeux cultes. On pourrait reprendre la ludothèque de cet appareil et refaire tout avec la technique de maintenant, t’assure tu ne saurais plus où donner de la tête. Il y a aussi logical (jeu de réflexion), des billes de couleur à mettre dans les engrenages pour les faire exploser, tu dois mettre dans le barillet par exemple toute des billes rouges et quand c’est rempli de la même couleur ça explose et après tu dois réfléchir de plus en plus car cela se complique mais cela reste tout à fait faisable, il y avait je crois bien 91 niveaux , sur une musique entrainante. C’est du jeu addictif
    Beaucoup de jeux amiga sont sur le net en jeu flash. J’aime beaucoup la super Nintendo et la playstation 2 mais mon Amiga 500 je l’adore aussi.

    • J’avoue que je ne me suis pas posé la question du retro-gaming en préparant cette sélection, j’aurais pu ! Toujours pas testé SuperHot (je suis tellement mauvaise en FPS, en même temps…) et tu me cites un tas de noms inconnus à mon bataillon, j’irai regarder tout ça. 🙂 Après bien sûr il y a les casu, les jeux dont les niveaux se finissent rapidement mais qu’on peut refaire à l’infini, mais j’ai vraiment voulu parler d’expériences de jeu que tu termines en 2h et que tu ne reprends pas forcément. Mais la liste est longue !

  4. J’avais pas mal apprécié Dear Esther à l’époque. C’est un titre qui a une ambiance visuelle et sonore incroyable ! Par contre est-ce vraiment un jeu vidéo ? Telle est la question ! Perso je le classerais pas dans ce registre car en termes de gameplay et de mécaniques ludiques c’est presque le néant. Perso c’est le reproche que je ferais à certains jeux indé. Enfin c’est sûrement une faiblesse et une qualité en même temps tout dépent de ce que l’on recherche ^^

    • Aaaah l’éternelle question des walking sim 🙂 Ca dépend de la définition de “jeu vidéo” ! Moi je considère Dear Esther comme un jeu innovant, puisqu’à l’époque de sa sortie il sortait totalement du cadre habituel. On a quand même de l’interaction, l’histoire ne peut pas se dérouler sans que le joueur agisse et on décide (un peu) des endroits qu’on visite. Mais bien sûr, c’est beaucoup moins dynamique/poussé/explicite que dans les jeux vidéos tels qu’on les conçoit en général. Donc forcément, ça divise ^^ Pour moi qui suis friande de narration dans les jeux, j’avoue que c’est ma came, mais je comprends que quelqu’un qui recherche l’adrénaline et le skill reste totalement sur sa faim 🙂 Par contre, dans tous les cas, je trouve génial que l’offre s’étende dans de nouvelles directions !

  5. Il s’agit effectivement d’une excellente rubrique ! J’ai encore bien peu de connaissances dans le domaine du jeux indépendants, mais ayant plusieurs amis fans, et ayant testé quelques jeux moi-même, le genre m’intéresse de plus en plus. Merci de nous avoir fait découvrir ces jeux !

  6. Gorogoa est vraiment très très joli et beau. J’adore le style des dessins (et on sent que tout a été fait à la main !) ainsi que les couleurs. Et le gameplay des énigmes est vraiment sympa et change des réflexions classiques. Très original donc !

    Pour Dear Esther, j’ai joué à Everybody’s going to the rapture (leur jeu suivant) donc je sais que ça a des chances de me plaire. Mais je préfère laisser passer du temps car je me lasse un peu des walking simulator depuis quelques temps. Il n’empêche que même maintenant, dans le trailer, les paysages et décors sont toujours aussi beaux alors qu’ils datent de plus de 5 ans. Mais il a toujours fait partie de ma liste des jeux “indés” à tester, même s’il est très minimaliste. Everybody’s going to the rapture repose vraiment sur les mêmes principes, il est plus long, on découvre l’histoire via des échos de dialogues entre des personnages, il est aussi très axé sur la solitude, la contemplation, la nature, la mélancolie. Chaque joueur peut interpréter l’histoire à sa manière.

    Old man’s journey m’avait tapé dans l’oeil lors de la vision de bande-annonce, il a aussi de superbes graphismes dans son genre et c’est une vraie bouffée d’air frais, je pense, comme Burly Men at Sea qui est une aventure narrative du même style. Un peu comme des contes pour replonger en enfance le temps d’un jeu…

    Je ne connaissais pas du tout Year Walk. Après, dès qu’on parle d’un jeu un peu angoissant ou bizarre, en général ça m’intrigue ou ça me plaît. Là, je ne sais pas trop, mais il a clairement une ambiance spéciale et qui se démarque du reste ! Merci pour toutes ces (re)découvertes des jeux indépendants, et au plaisir que tu nous en présentes d’autres ! Tous sont intéressants, très originaux graphiquement, et ils tentent en effet de nouvelles choses audacieuses !

    • Je vois qu’on est sur la même longueur d’ondes !

      Je suis entièrement d’accord pour Gorogoa, c’est un vrai bijou d’ingéniosité et d’esthétisme.

      Pour Dear Esther, j’ai aussi joué à Everybody’s Gone to the Rapture qui m’a beaucoup plu, et je préfère quand même te prévenir que Dear Esther est un peu plus “aride” à tous les niveaux (plus vieux, moins poussé parce que le premier de son espèce, tu vois l’idée). Ecouter l’analyse du podcast m’a aidée à l’aborder je pense, il m’intimidait un peu et finalement j’ai été marquée par son atmosphère. Je recommande donc, mais n’aie pas trop d’attentes si tu as déjà bien l’habitude des walking sim, il faut garder à l’esprit qu’il est dans les précurseurs 🙂

      Oui, je regrette de ne pas avoir cité Burly Men at Sea, il est bien chouette aussi. Bien trouvé le coup de retomber en enfance, c’est exactement ça 🙂

      Et Year Walk, je ne peux que le recommander vivement parce qu’il a été une vraie claque pour moi ! L’ambiance, les énigmes, les codes bousculés, le folklore… J’en ai gardé un souvenir très vif.

      Bref, merci pour ce feedback très chouette, ça me fait vraiment plaisir !

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