Quand Eric m’a parlé d’un jeu qui te permet d’incarner un insecte dans une dystopie totalitariste, je n’ai pas hésité bien longtemps avant de me lancer dans l’aventure (après Grounded, on reste dans le thème !). J’ai donc eu la chance de recevoir une clé pour Metamorphosis, sorti le 12 août 2020 sur PC, PS4, Xbox One et Switch. Merci beaucoup à l’équipe d’Ovid Works pour sa confiance ! L’univers est un vaste hommage à Franz Kafka, mais forcément, mon cerveau a décidé qu’il allait plutôt passer en boucle « Metamorphosis » de Hilary Duff pendant toute ma partie… On a la culture qu’on mérite (vive les plaisirs coupables de l’adolescence). Après les tergiversations, attaquons ce test de Metamorphosis sur PC !

Metamorphosis : un festival de petites bêtes

L’histoire démarre avec un réveil pour le moins difficile, puisque tu vis en direct la transformation de ton personnage en insecte. Cette première séquence, très réussie, te plonge dans l’ambiance et pose les enjeux d’emblée : il faut trouver le moyen de redevenir humain, mais aussi aider ton meilleur ami pris dans une sale affaire avec la justice. Le jeu alterne les phases d’exploration « réalistes » dans l’appartement de l’ami en question et d’autres épisodes plus oniriques dans le monde des insectes.

metamorphosis chronique
Plongée dans un tiroir plutôt chaotique…

Un jeu soigné et qui en jette

Le gros point fort de ce jeu, selon moi, c’est son esthétique. Les décors sont sublimes, léchés et on pourrait même dire qu’ils fourmillent (Pierre-Yves, sors de ce corps) de détails à admirer (de très près, pour le coup, vu la taille du héros). Et c’est vrai dans les deux types de scènes : j’ai vraiment pris autant de plaisir à naviguer sur le vieux gramophone ou dans les tiroirs remplis de paperasse qu’à me balader dans les villes surréalistes peuplées de cafards et autres joyeusetés.

metamorphosis test
Cette ville faite de bric et de broc me plaît beaucoup !

En ce qui concerne le gameplay, je dirais qu’il oscille entre jeu d’exploration, plate-formes en 3D et walking sim. Les déplacements sont fluides et agréables, on a parfois une dimension puzzle pour trouver le bon chemin (avec notamment de l’ascension verticale quand on plonge les pattes dans certaines substances collantes). Je ne le classerais quand même pas dans les casse-têtes, parce que l’itinéraire est souvent assez facile à trouver et que, au moindre doute, on peut se servir de la touche Tab pour voir les environs, la route déjà parcourue et l’objectif à atteindre (ce menu est top, d’ailleurs). L’ensemble est très linéaire, ne t’attends pas à une liberté totale : ici, l’ambiance est plutôt centrée sur l’impuissance et la frustration de cet humain coincé dans un corps d’insecte (et pas du tout sur le fait de profiter de nouvelles capacités, typiquement).

Et Kafka dans tout ça ?

Reste la question de Kafka : si tu es aussi novice que moi sur le sujet, il faut reconnaître que le scénario peut paraître un peu décousu, avec des détails superflus et une ligne conductrice pas toujours évidente. Pour autant, ça ne m’a pas du tout empêché de savourer mes quelques heures de jeu, en me concentrant surtout sur l’atmosphère et la direction artistique. Mais pour aller au bout de ce test de Metamorphosis, j’en ai quand même profité pour me documenter un peu sur l’écrivain et son œuvre ; et tout prend beaucoup plus de sens !

metamorphosis pc
J’ai adoré cette idée de marquer précisément le chemin parcouru.

À priori, l’histoire du jeu est construite autour des nouvelles et romans principaux de Kafka (La Métamorphose, Le Procès, Le Verdict et Le Château sont ceux qui me sautent aux yeux au vu des résumés) et j’ai sans aucun doute raté une myriade de références et de clins d’œil à ses travaux. Des retours que j’ai vus, il semblerait que les amateurs de Kafka trouvent leur compte dans ce jeu. La mission semble donc réussie pour le studio polonais, et il me semble que c’est ce qu’il faut retenir !


Je n’ai pas grand chose à rajouter à ce test de Metamorphosis, il semblerait que ce soit le genre de jeu qui gagne à être approché sans trop d’informations préalables pour bien profiter de son atmosphère toute particulière et un peu dingue. Au niveau technique, il est bien soigné, tu peux donc y aller sans crainte. Par contre, je pense qu’il plaira surtout aux amateurs de walking sim, et bien évidemment aux adeptes de l’univers de Kafka (même si on peut tout à fait passer un agréable moment sans connaître son œuvre). C’est en tout cas un joli jeu indé insolite et fait avec talent, nul doute qu’Ovid Works a tout à sa disposition pour nous proposer d’autres titres alléchants dans le futur ! À très bientôt, et profite bien de tes dernières semaines de vacances !

La note de la rédaction
  • Graphismes - 9/10
    9/10
  • Durée de vie - 6/10
    6/10
  • Scénario - 7/10
    7/10
  • Gameplay - 8/10
    8/10

Les plus et les moins

✔︎ Une direction artistique aux petits oignons.
✔︎ Un gameplay maîtrisé, tout en simplicité.
✔︎ L'hommage à Kafka semble maîtrisé !

✘ Le scénario plaira surtout aux connaisseurs.
✘ L'ensemble est moins interactif que ce qu'on pourrait croire !

7.5/10


Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

13 Commentaires »

  1. Je l’ai lu à l’école Franz Kafka : la métamorphose, j’ai le bouquin. C’est un hommage à cet univers.
    Toi qui aime les choses psychologiques etc… Kafka c’est ça
    Vu comme ça il n’a pas l’air mauvais, ici c’est du solo et Grounded c’est du multijoueurs.
    Elle est jolie ta petite chatouninette, elle a des belles couleurs. Tu as encore tous tes cheveux, vu qu’elle était entrain de passer en mode attaque…c’est une chipie? ^^

  2. Wow ça a l’air TRÈS particulier LOL ! Mais ça me plait bien, bien content de lire JSUG sinon je pense que je serais passé à côté de ce jeu… Je le mets dans ma wish list, surtout qu’il est dispo sur PS4 ! ?

  3. J’ A D O R E ce genre d’univers bizarre ou tout est centré sur l’histoire et l’ambiance pesante, avec un personnage principal torturé et complètement dépassé par les événements, ( même si je ne sais pas si c’est exactement ça) ce genre de jeux se font de plus en plus rares ces dernières années, je fonce sur GOG !!

  4. Il y a un jeu qui semble un peu similaire sorti récemment sur Xbox, je n’ai plus le nom en tête ça m’énerve ! Un genre de survival “horror” qui se passe dans le monde réel mais à toute petite échelle, on est tout petit. On se bats contre des araignées et tous les insectes en règle général de ce que j’ai cru comprendre. Ça en est presque mignon. Joli article en tout cas ! C’est le premier article que je lis venant de toi et une fois encore je suis agréablement. (Presque un oxymore.) J’ai lu quelques autres articles venant des autres rédacteurs, et c’est passé crème également. J’avais jamais entendu parler de ce jeu et niveau graphisme on dirait presque les même que “Alice retour au pays de la Folie” qui est un jeu que j’ai adoré. Donc il me tente grandement malgré que de ce que j’ai cru lire, je doute que l’histoire m’emballe.

    Merci pour ton travail ! De la même volée que ceux qui travaillent avec toi. Au plaisir de tous vous lire !

    • Haha oui c’est effectivement Grounded !

      Merci beaucoup pour le compliment, et bienvenue chez JSUG ! 🙂 J’ai adoré Alice: Madness Returns aussi, et c’est vrai qu’il y a un peu le même esprit dans cet univers 🙂

      Au plaisir de te lire sous de futurs articles ! 🙂

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