Je me fais un peu plus discrète que je ne le voudrais sur JSUG en ce moment, et j’en suis bien désolée. Entre la sortie de mon livre et mon boulot à plein temps, je trouve facilement des moments pour jouer, mais j’ai plus de mal à m’asseoir devant mon ordinateur pour écrire des tests. Ça reviendra, comme toujours : tout est affaire de rééquilibrage ! En tout cas, quand Eric m’a proposé une clé pour Apopia, j’ai immédiatement accepté, charmée par l’esthétique et la patte très « indie » de ce titre. Il m’a fallu quelques heures pour faire le tour du jeu, et j’ai hâte de te présenter ce test d’Apopia, qui regorge de bonnes surprises !
Dans la cinématique d’introduction d’Apopia, on est témoins de la chute de Mai, partie en randonnée avec sa maman à la montagne… Elle atterrit dans un univers étrange, peuplé d’animaux parlants et régi par des lois absurdes… Mai n’a qu’un but : retrouver sa mère ! Mais ce décor tout coloré et enfantin cache bien des secrets, et le chemin de la maison pourrait bien s’avérer plus sinueux que prévu…
Un univers visuel ravissant et plein de personnalité
La première grande réussite d’Apopia: Sugar Coated Tale, c’est sans conteste sa direction artistique. Très franchement, il suffit de quelques minutes pour se rendre compte du soin apporté à l’ensemble. Les graphismes sont vraiment très sympas, avec une belle variété dans les environnements, les ambiances et les mises en scène. On ne traverse pas un simple décor mignon plaqué sur une aventure narrative : on sent qu’il y a eu une vraie réflexion sur la façon de donner du relief à chaque tableau. Ça se remarque notamment dans le chara design, avec une palette de personnages forts, expressifs et très attachants.

Du côté des inspirations, j’ai tout de suite pensé à Fran Bow pour ce mélange enfantin et cauchemardesque, et c’est d’ailleurs un titre cité par Onon Ng, développeur du jeu, dans une récente interview accordée à Hey Poor Player. On peut aussi penser à Alice au pays des merveilles ou à EarthBound, avec toujours ce contraste saisissant entre la forme et le fond. Là où Apopia tire son épingle du jeu, à mon avis, c’est aussi dans la variété de styles proposée à travers les cinématiques et les phases de jeu. On passe du dessin animé au pixel art selon les besoins narratifs, toujours de manière harmonieuse avec le propos, et tu me connais : c’est typiquement le genre de démarche que j’adore !
Test d’Apopia: Sugar Coated Tale, une idée accrocheuse
Au-delà de son enveloppe visuelle, Apopia surprend aussi par les thèmes qu’il aborde. Mai développe en effet la capacité de lire dans les pensées des autres et d’explorer leur palais mental, une idée particulièrement forte qui devient rapidement un vrai moteur narratif ! Cette idée ouvre la voie à différents types de gameplay, à des réflexions intéressantes sur le subconscient, mais aussi à des failles que les protagonistes n’auraient sûrement jamais révélées dans un simple dialogue…

Et surtout, cette mécanique se marie très bien avec l’identité générale du jeu ! Tu l’auras compris, Apopia joue beaucoup sur un contraste entre un décor doux et réconfortant, et quelque chose de beaucoup plus sombre qui pulse sous la surface… La sensation de malaise et de dissonance s’installe progressivement et donne très envie de voir le bout de l’histoire pour assister à la réconciliation de ces deux facettes. Et le scénario remplit ses promesses, avec quelques twists d’excellente qualité pour te récompenser du voyage.
Un jeu surtout narratif, mais qui sait se renouveler
Il faut être clair : Apopia reste avant tout une aventure narrative. Ce n’est pas un jeu qui va révolutionner le puzzle game ni proposer des systèmes d’une complexité folle. Mais si l’histoire est le moteur de notre progression et attise notre curiosité, le titre nous propose quand même quelques jolies phases de gameplay sur le chemin, pour varier les plaisirs ! Ainsi, on aura des petites quêtes en Point’n Click, quelques puzzles, mais aussi des mini-jeux tout à fait sympathiques.

Bref, dans tous ses aspects, mon test d’Apopia a révélé un jeu fait avec le cœur et avec une vraie intention de raconter quelque chose. C’est le fruit de huit ans de développement pour Quillo Entertainment : il est clair que l’équipe a voulu transformer des expériences personnelles en un projet artistique abouti, et que chaque personnage, chaque tableau, chaque choix de game design a été mûrement réfléchi afin de servir l’ensemble. Et donc, forcément, j’ai du mal à vouloir chercher des défauts pour faire honneur à ma casquette de testeuse. J’ai juste envie de célébrer leur ténacité, leur intention créative et le bel objet qui est né de tout ça, avec les petites aspérités propres à tout premier jeu, mais surtout avec tout l’amour qu’on devine dans ce projet.
En résumé, Apopia est une très jolie surprise pour moi ! Outre la direction artistique qui attrape l’œil d’emblée, j’ai été agréablement surprise par l’ambition du scénario et la générosité générale du studio. Le contraste entre son apparence très douce et ses zones d’ombre fonctionne vraiment bien, les puzzles apportent ce qu’il faut de rythme, l’humour fait son petit effet, et les personnages sont suffisamment attachants pour qu’on ait envie d’aller jusqu’au bout. Si tu aimes les jeux narratifs qui savent soigner leur atmosphère, proposer un univers original et glisser quelques idées plus sombres sous un joli vernis coloré, Apopia a de quoi te séduire. Une expérience peut-être imparfaite, mais inspirée, touchante et franchement réussie dans ce qu’elle entreprend. Que demander de plus ?
Les plus et les moins ✔️ Un univers visuel assumé, original et varié. ✖️ Peu de difficulté dans les puzzles et le gameplay.La note de la rédaction
✔️ Un scénario ambitieux et plein de surprises !
✔️ Un projet cohérent dans tous ses choix artistiques.
✖️ Quelques aspérités dans la progression du jeu...









