Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’avoir envie d’organiser des combats de chiens ? De faire de la contrebande d’animaux ? D’enfermer des êtres vivants dans des espaces minuscules, loin de leur écosystème ? Moi non plus… Et pourtant, j’aime bien Pokémon. C’est donc parti pour mon test de Légendes Pokémon : Arceus, sorti le 28 janvier dernier sur Nintendo Switch, lequel a pu voir le jour grâce à une version commerciale du jeu.

Des monstres et une histoire de poche

Lorsque Pokémon Rouge et Vert sont sortis en 1996, le jeu a eu un succès immédiat. Cette série peut se targuer d’avoir donné naissance à un genre de jeux à part entière : les jeux de collection de créatures. Mais, après 26 ans d’existence, la franchise a-t-elle pu se renouveler ? C’est là la question qui occupe tous les foyers ! Et la réponse, c’est… oui et non. Entendons-nous bien, Pokémon, c’est mon enfance, et c’est une licence à laquelle je tiens. Cependant, elle fait partie de ces franchises que notre monde capitaliste use jusqu’à la moelle, un concept pompe à fric à la manière de, j’ai du mal à l’écrire, Call of Duty. En gros, 26 ans d’existence, 8 générations de monstres de poche, et toujours la même recette…

Pourtant, s’il y a bien un monde riche et varié, c’est le monde de Pokémon. Malheureusement, s’il y a bien une entreprise qui n’en tire pas profit pour nous fournir des histoires soignées, c’est la Pokémon Company. D’épisode en épisode, les jeux Pokémon restent particulièrement pauvres d’un point de vue narratif, à croire que toute la créativité des développeurs a été épuisée lors de la conception des centaines de créatures qui peuplent ce monde. Et c’est encore plus vrai pour ce test de Légendes Pokémon : Arceus.

Test de Légende Pokémon Arceus
On va pas se mentir, c’est sympa de voir le Dieu Bidoof en personne !

Il y a deux choses qui sautent aux yeux lorsqu’on lance le jeu. Premièrement, les dialogues sont insupportables ! J’ai mashed le bouton pour passer les textes à tel point que je pense qu’il va falloir que je me rachète une paire de Wiimotes. Il semblerait que la Pokémon Company n’ait toujours pas compris que le public cible de ses jeux a plus de six ans. Les PNJ nous répètent sans cesse la même chose, même pour un enfant, ça doit être ennuyant à mourir. Deuxièmement, l’histoire est tristement fade…

Le jeu commence par une scène où votre avatar, un enfant, est téléporté dans un autre monde par le dieu Pokémon Arceus. Celui-ci vous demande de partir à la rencontre de tous les Pokémons. Armé d’un smartphone (le Smarceus), vous êtes reparti pour remplir à nouveau votre Pokédex. On vous explique que les Pokémons sont dangereux. Adieu monde utopique où Pokémons et humains vivent en harmonie, et bonjour antichambre de l’enfer où les terribles Tiplouf vous arrachent la tronche à la première occasion. La deuxième chose que l’on vous explique, c’est que les Pokémon ont tous la capacité de diminuer leur taille. 

Tiplouf
Il a beau être mignon, Tiplouf ne m’ôtera pas de l’idée que c’est vide !

Eh oui… Les Pokémons peuvent rapetisser… C’est là l’explication que le jeu Switch choisit pour expliquer le fait qu’on mette les monstres dans sa poche. Cette explication ne tient cependant pas la route, étant donné que le fonctionnement a été expliqué dans l’animé. La Pokéball est une technologie qui permet de transformer la masse en énergie, ce qui explique pourquoi, dans la première saison du dessin animé, de la nourriture a été capturée dans une ball pour des ressorts comiques. Bref, le fanboy qui est en moi n’est pas content. Dans son ensemble, l’histoire va de cliché en cliché, et n’offre rien de plus que les autres épisodes. Ça parle de faille spatio-temporelle, de Dieu, des chercheurs qui capturent et attaquent des Pokémons sauvages pour « mieux les comprendre ». Bref, ça ne tient pas la route, et c’est dommage. 

Test de Légendes Pokémon : Arceus, du vrai renouveau pour la série ?

À cette question, je dirais oui et non. D’un côté, les développeurs semblent s’être réveillés et avoir remarqué que les caractéristiques techniques des consoles ont évolué, mais sans vraiment se donner la peine d’en tirer profit. Les graphismes du jeu ont pris une orientation très zeldaesque, mais sans arriver à la cheville de Breath of the Wild. Si j’osais, je dirais même que, du point de vue de la crédibilité de l’univers fictionnel, Ocarina of Time, sorti en 1998 sur Nintendo 64, s’y prenait mieux. Ce test de Légendes Pokémon : Arceus m’a offert un monde désespérément vide, alors que la promesse était d’offrir un univers vivant et ouvert, dans lequel les aventuriers Pokémon qui vivent en nous auraient pu prendre leur pied.

Le monde est en effet ouvert, mais souffre de tous les écueils habituels : vide, moche, quêtes annexes inintéressantes et allers-retours incessants. Pourtant, j’aurais rêvé d’un univers où les Pokémons se baladent, se nourrissent, interagissent les uns avec les autres. Au lieu de ça, on nous sert une map random avec des bestioles qui tournent en rond au hasard, on dirait les piliers de comptoir du coin de ma rue. Vous l’aurez compris, cet épisode m’attriste.

Pokémon Arceus
Je trouverais ça presque beau si je ne pensais pas aux arbres, invisibles à moins de 10 mètres…

Pourtant, j’en suis déjà à 30 heures de jeu, et je ne peux pas dire que je m’ennuie réellement. L’entreprise Pokémon Company, c’est un peu comme le dealeur du coin de la rue : elle nous donne des doses avec juste ce qu’il faut de qualité pour gagner un maximum d’argent et s’assurer de notre dépendance (pour moi, malheureusement, ça marche).

Certains ingrédients semblent suffire à favoriser des parties de jeu compulsif : il n’y a plus de transition entre les phases d’exploration lorsqu’un combat se lance, et il est possible de se la jouer Splinter Cell pour capturer des Pokémons sans lancer de combat (en les prenant en traitre). Ces deux minuscules changements sont parvenus à me faire profiter des frissons de la chasse aux Pokémons en monde ouvert. En outre, il est maintenant possible de trouver des Pokémons Barons, c’est-à-dire des sortes d’alphas, parfois 5 fois plus gros que la normale. Certaines mécaniques ont été conservées depuis les derniers épisodes, comme le fait que tous les membres de l’équipe gagnent de l’expérience lorsque l’on remporte un combat, ou que l’on capture un Pokémon. Cela n’a aucun sens, mais ça a le mérite d’être satisfaisant et de ne plus nous obliger à grinder pendant des heures avec chacun des Pokémons faisant partie de notre équipe.

Test de Légendes Pokémon : Arceus
Visuellement, le clipping et certaines textures sont vraiment insupportables.

Concernant le remplissage du Pokédex, il s’agit dorénavant de capturer le Pokémon et de réaliser ou d’observer des tâches spécifiques avec lui ou ses semblables pour compléter des fiches. C’est une excellente idée, mais qui est encore trop mal exploitée pour crier au génie. Comme tâches, on peut avoir différentes choses : battre un Pokémon sauvage, le battre avec une attaque élémentaire spécifique, observer ce Pokémon utiliser certaines capacités, etc. Cela devient vite répétitif, même s’il est possible d’optimiser sa progression si on s’y prend bien. 

Pendant ce test de Légendes Pokémon : Arceus, je me suis surpris à rêver d’un prochain opus lointain avec une faune et une flore de qualité façon Monster Hunter et des artéfacts légendaires à trouver. Imaginez-vous dans un environnement foisonnant de vie, dans lequel il vous faut faire un véritable travail d’observation et de recherche : découvrir comment les Magmars se nourrissent, voir un Magicarpe évoluer en Léviator en remontant une chute d’eau, etc. Bref, un jeu vidéo Pokémon qui nous donnerait véritablement l’impression de voir des choses incroyables, qui relève presque de l’intime, qui nous font nous sentir privilégiés, comme dans l’épisode 1 de la saison 1 de Pokémon, où Sacha et Pikachu, sans le savoir, observent un Pokémon légendaire au loin (Ho-ho). J’aimerais des moments semblables à ce que l’on ressent quand on se promène dans les bois et que l’on aperçoit au loin un cerf ou une biche. On lance alors des : « Regarde, regarde ! Une biche ! », tels des enfants. C’est ce sentiment que j’aimerais retrouver dans les jeux Pokémon à l’avenir. 

Personnage Arceus
Certains personnages sont plutôt cools.

En conclusion, j’ai découvert lors de ce test de Légendes Pokémon : Arceus un plaisir coupable, mais surtout un move supplémentaire de la Pokémon Company pour me faire les poches, qui parvient à me convaincre de remplacer mes billets par des monstres enfermés dans des boules blanches, rouges et noires. Et le pire, c’est que ça marche, et que j’achèterai probablement le prochain opus. Ce jeu ressemble à s’y méprendre à une bêta quand on pense aux moyens de l’entreprise… Comme nos collègues de chez IGN, nous allons considérer que ce jeu est un prototype, et que nous aurons du bon pour la suite.  On croise les doigts.

La note de la rédaction
  • Graphismes - 6/10
    6/10
  • Bande-son - 7/10
    7/10
  • Gameplay - 8/10
    8/10
  • Scénario - 3/10
    3/10

Les plus et les moins

✔︎ Un open-world !
✔︎ Du renouveau du point de vue des combats et de la chasse.
✔︎ Une nouvelle manière de procéder avec le Pokédex (mais pas encore parfaitement au point).

✘ Une histoire écrite avec les pieds...
✘ Des dialogues insupportables !
✘ La même recette, mais avec une nouvelle sauce...
✘ Un jeu qui tient davantage du prototype que de jeu complet...

6.0/10

 

6 réponses

  1. J’aime bien les ,ben je ne sais pas si on peut dire que ce sont des animaux, ce sont des monstres de poche, des monstres mais mignons. On sait les mettre dans la poche parce qu’ils rentrent , ou fusionnent dans la pokéball…mais après le bestiaire,il aurait pu être encore plus titanesque, je ne sais pas le chiffre de toutes ces bébêtes …..après le principe de jouer ça sur la longueur, ça doit être ennuyeux… C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais touché à ce jeu, voyant une fois ou l’autre quelques minutes du dessin animé à l’époque, vu que cela remonte quand même, qui était nul …à chier. Je m’étais dit si le jeu ressemble à ça et ben voilà héhé mais comme des millions de joueurs sont fans de ça… comme quoi des personnes majoritaires peuvent avoir des goûts de merde en même temps.

    Le plus fort dans tous ça, ce sont les cartes de jeu pokémon anciennes qui valent une véritable fortune, tu peux carrément être millionnaire, comme quoi dans la connerie on arrête plus rien.

    Et maintenant je ne dis plus rien sinon je vais me faire incendier.

    Je comprends que les pokémons ont un côté attachant, le principe de collection, je suis tout à fait d’accord mais bon il y a moyen de faire quelque chose au niveau de la chasse, un truc intéressant, de prenant.

    J’en suis resté à PikaTchoummm , c’est mon rhume qui me reprend

    Attraper les toutes, mais ça c’est une autre forme de pokémon mdr

    1. Hello Stéphane !

      Eh bien, moi, je serais de l’avis de dire que ce sont des animaux. Si tu regardes la faune qu’on a sur terre, on peut dire qu’on a nos propres Pokémons :p Entre l’ornithorynque avec son bec de canard, son corps de castor et son aiguillon venimeux, les éléphants, baleines, ou tout simplement les dinosaures, la terre est déjà bien variée 🙂
      Côté collection, je suis d’accord avec toi, c’est incroyable le prix que certains objets peuvent atteindre oO

  2. C’est incroyable de constater à quel point la licence Pokémon n’est que du cash grab.

    Aucun effort n’est mis pour soigner le développement des jeux, les portages fainéants sur Switch suivi de ce jeu montrent que Nintendo et les studios n’ont aucun respect pour leur clientèle…

    Les ventes sont assurées, les devs font le minimum syndical…

  3. Sans surprise, je me retrouve beaucoup dans ton test et j’en ai savouré l’humour. C’est vrai que le jeu est visuellement moche et se contente du strict minimum pour nous faire vibrer. Et le pire est que ça marche ! En tout cas, je rêve du même jeu Pokémon que tu as décris, à la fin, mais je doute sincèrement que nous l’ayons un jour !

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