Le jeu vidéo et la bande dessinée ont un point commun : leur capacité à nous avaler tout entiers. Un univers, des règles, une progression, des personnages auxquels on s’attache… Et quand une BD parle, en plus de cela, le langage des joueurs (RPG, loot, boss, PNJ…), la connexion se fait tout de suite ! C’est précisément ce que propose Cybercats, la nouvelle BD jeunesse scénarisée par Aurélie Wellenstein et dessinée par Thomas Labourot, parue chez Drakoo le 25 mars 2026. La maison d’édition m’a confié un exemplaire en vue d’une chronique pour Le coin lecture sur JSUG.com, et je peux déjà vous le dire : si vous aimez les univers futuristes, les références au gaming et… les chats, vous devriez y trouver votre compte. Place donc, maintenant, à ma critique de Cybercats : volume 1, cat’n’slash.

Cybercats nous plonge en 2126, dans la mégalopole de Néo Vertica. Là-bas, un jeu vidéo de réalité virtuelle, Kensei : la voie de l’épée sacrée, est devenu un refuge pour des millions de joueurs, plongés dans un Japon médiéval fantasmé. Sauf que l’expérience dérape : peu à peu, des joueurs sombrent dans le coma… Face à cette terrible menace, Azuki, Kuro et Mei s’incarnent dans Kensei afin d’identifier l’origine du danger et la stopper avant que le virtuel ne finisse par contaminer le réel ! Cerise sur le gâteau (ou griffe sur la manette) : à Néo Vertica, les animaux de compagnie ont tous été « augmentés », au point de devenir anthropomorphes. Oui, Cybercats assume des chats héros… et ça fonctionne très bien.
Critique de Cybercats : une BD gamer-friendly bourrée de références
Ce qui rend Cybercats immédiatement attachant, c’est sa manière de parler aux gameurs sans cligner de l’œil toutes les deux cases. Car si les références sont bien là, elles servent avant tout l’univers : on croise ainsi la logique des RPG en monde ouvert, l’idée de boss, de loot, d’attaques ultimes, de PNJ, et même des pseudos savoureux (du genre Sushi_999) qui sentent bon les serveurs en ligne. Et la BD s’amuse aussi avec les codes des réseaux sociaux, à coups de déclinaisons futuristes (dans l’esprit d’un Instacat par exemple…), un détail assez malin qui colle à une époque où l’identité se fabrique autant sur le web qu’au quotidien. Et d’ailleurs, c’est là que l’album touche juste : derrière son habillage cyberpunk et son concept accrocheur, il glisse un sujet très concret au cœur du récit.
Effectivement, sans basculer dans le prêche, Cybercats aborde le cyberharcèlement et la « violence sociale » que peuvent engendrer les plateformes : l’effet de meute, la cruauté à distance, le poids des regards numériques. Le message est important, la morale est claire, et le thème s’intègre plutôt bien à l’histoire (ce qui n’est pas si courant quand une œuvre veut traiter d’un sujet de société, en particulier lorsqu’elle s’adresse aux plus jeunes).
Un dessin doux, des combats nerveux et des exorcistes du cyberespace
Visuellement, j’ai beaucoup aimé l’approche de Cybercats. Les illustrations et les couleurs sont très plaisantes, avec une palette peu saturée ! On a presque l’impression qu’un léger filtre adoucit les vignettes. Résultat : la lecture est confortable, jamais agressive pour l’œil, d’autant plus que ça colle parfaitement à l’ambiance néon/béton de Néo Vertica. Mention spéciale également aux scènes de combat, qui sont franchement réussies : elles sont très dynamiques et donnent parfois l’impression d’assister à une séquence d’action « manette en main ». Côté personnages, Azuki s’impose comme un protagoniste attachant. Kuro et Mei sont un peu plus en retrait, mais cela est assez logique car sur un tome d’introduction, l’album pose surtout des bases et installe le trio… Disons en tout cas que cela donne très envie de voir comment les personnages vont gagner en épaisseur au fil de la série…
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Au final, cette critique de Cybercats ne peut être que positive : c’est une BD qui plaira aux gameurs, portée par un univers cyberpunk accrocheur, des références vidéoludiques bien intégrées, une vraie énergie dans l’action… et un propos pertinent sur les dérives du web. Et si vous avez un faible pour les chats, l’attachement est quasi automatique ! Je garderai simplement un point en tête (et je le dis en toute fin pour ne pas casser l’élan) : l’album se lit très vite, et j’aurais aimé une conclusion moins expéditive, plus posée… Mais en guise de lancement d’univers (et comme lecture plaisir), Cybercats coche déjà bien des cases !







