Carte bancaire, portefeuille numérique, carte cadeau ou abonnement ? Une nouvelle étude internationale permet de mieux comprendre comment les joueurs dépensent leur argent en 2026. Et visiblement, le passage en caisse reste encore loin d’être une formalité…
Publié le 25 août dernier, le rapport The Experience Economy Report 2026: Video Gaming repose sur une enquête menée par Sapio Research pour Paysafe. Au total, 5 000 joueurs ayant effectué au moins un achat lié au gaming au cours des douze derniers mois ont été interrogés aux États-Unis et dans sept pays européens, dont la France.
Précisons tout de même que Paysafe est lui-même un spécialiste des paiements. La firme a donc un intérêt évident à mettre en avant ce sujet. Reste que la taille de l’échantillon et les résultats obtenus n’en demeurent pas moins intéressants pour observer nos habitudes ainsi que les tendances en matière de paiement dans les jeux vidéo en 2026 et au-delà.
64 % des joueurs ont déjà abandonné un achat
Le chiffre le plus surprenant de cette étude ne concerne pas directement la carte bancaire ou PayPal. Près de deux joueurs sur trois, soit 64 %, déclarent avoir déjà abandonné un achat en raison d’un problème rencontré au moment du paiement.
Ce résultat montre à quel point le passage en caisse fait désormais partie de l’expérience gaming. Un jeu vidéo peut être attirant et son prix raisonnable : si le règlement échoue ou devient trop contraignant, une partie du public préfère tout simplement renoncer.
Au contraire, 68 % des personnes interrogées estiment qu’un paiement sans difficulté leur permet de mieux profiter de leur expérience. Plus étonnant encore, 46 % affirment qu’elles dépenseraient davantage dans le gaming si les transactions étaient plus simples ou plus rapides. En conséquence : les éditeurs ont tout intérêt à retirer les obstacles… au risque de rendre l’achat un peu trop facile.
Paiement et jeux vidéo en 2026 : la carte bancaire est reine
Eh oui, aucune révolution de ce côté-là : la carte bancaire reste le moyen de paiement le plus répandu chez les joueurs en 2026. Ainsi, les cartes de débit sont utilisées par 41 % des répondants, tandis que les cartes de crédit atteignent 32 %.

Les portefeuilles numériques comme Skrill suivent avec 35 %. Les portefeuilles « mobiles », catégorie qui englobe notamment Apple Pay et Google Pay, sont quant à eux utilisés par 34 % des joueurs interrogés. Plusieurs méthodes peuvent évidemment être employées par une même personne.
Ces résultats correspondent aux options proposées par les grandes boutiques. En France, à titre d’exemple, le PlayStation Store accepte les principales cartes bancaires, mais aussi PayPal, Paysafecard et Apple Pay. Une fois la méthode de paiement enregistrée, quelques confirmations suffisent généralement pour acheter un jeu.
La carte bancaire n’a donc pas disparu. Elle est simplement devenue moins visible, cachée derrière un compte ou une appli qui évite de saisir ses informations à chaque commande.
Le virement bancaire progresse, mais pas dans le gaming
Le virement bancaire a lui aussi beaucoup évolué ! Du fait des nouvelles règles adoptées dans l’Union européenne, un virement instantané en euros peut désormais arriver en une dizaine de secondes, à toute heure. Les frais appliqués ne doivent pas non plus dépasser ceux d’un virement classique.
Mais malgré ce progrès, le virement reste marginal pour acheter un jeu vidéo. Les grandes boutiques privilégient la carte, les portefeuilles numériques et les soldes prépayés, bien mieux intégrés aux achats effectués depuis une console ou un smartphone.
Cette méthode demeure davantage mise en avant dans l’iGaming, où l’expression casino dépôt par virement bancaire sert précisément à identifier les plateformes qui acceptent ce type de transfert. Dans le gaming traditionnel, en revanche, celle-ci ne semble pas près de détrôner la carte bancaire pour régler un jeu ou un contenu additionnel.
Les joueurs ne paient plus seulement pour des jeux complets
L’étude s’intéresse également à la nature des achats effectués… Les jeux mobiles arrivent en tête avec 53 %, devant les jeux vidéo complets au format numérique, cités par 43 % des participants. Quant aux abonnements tels que le Xbox Game Pass ou le PlayStation Plus, ils concernent pour leur part 39 % des joueurs.

Ce classement illustre une évolution importante, car le paiement ne se limite plus à l’achat occasionnel d’un jeu vendu 40, 60 ou 80 €… Il peut intervenir tout au long de l’année pour renouveler un abonnement, débloquer une extension, acquérir un objet cosmétique voire approvisionner un compte en monnaie virtuelle.
Les cartes cadeaux conservent tout leur intérêt dans ce contexte. Elles permettent d’offrir un jeu, de ne pas enregistrer ses coordonnées bancaires ou d’imposer un budget limité sur le compte d’un enfant. Leur fonctionnement paraît presque ancien face à Apple Pay, mais il reste diablement pratique.
Un portefeuille unique pour tous ses loisirs ?
Autre enseignement du rapport : 84 % des joueurs seraient intéressés par un portefeuille numérique capable de centraliser leurs dépenses liées au gaming et au divertissement.
En matière de paiement des jeux vidéo en 2026, l’idée serait de réunir au même endroit les achats de jeux, les abonnements et les différents contenus numériques. Sur le papier, ce portefeuille universel faciliterait le suivi des dépenses tout en évitant de devoir enregistrer un moyen de paiement auprès de chaque boutique.
Cela dit, dans la pratique, les écosystèmes restent encore largement séparés. PlayStation, Xbox, Nintendo, Steam et consorts disposent chacun de leurs propres comptes, soldes et règles. Reste donc à déterminer si les acteurs du secteur accepteraient un jour de laisser un service extérieur relier tout ce petit monde.
La sécurité reste plus importante que la vitesse
Les joueurs apprécient les paiements rapides, mais pas à n’importe quel prix. Dans l’étude Paysafe, 36 % des répondants placent la protection contre la fraude au tout premier rang de leurs critères. Ils sont également 65 % à reconnaître que la crainte d’une fraude les fait parfois hésiter avant un achat…
L’empreinte digitale ainsi que la reconnaissance faciale répondent à cette préoccupation. Car contrairement à ce que l’on entend parfois, la biométrie ne constitue pas un moyen de paiement à part entière. Celle-ci sert plutôt à confirmer une transaction effectuée avec une carte ou un portefeuille numérique.

Mot de passe requis avant chaque achat, double authentification et plafond de dépenses restent donc utiles. Un paiement fluide est appréciable ; un paiement effectué par erreur en trois secondes l’est nettement moins.
Des paiements de jeux vidéo parfois impulsifs…
Cette recherche de simplicité mériterait d’être mise en parallèle avec le Baromètre Écrans 2026 de la MILDECA et de Harris Interactive. Cette enquête française révèle que 80 % des joueurs qui dépensent de l’argent dans leurs jeux ont déjà réalisé un achat qu’ils n’avaient pas prévu avant de lancer leur partie.
En 2026, la grande transformation ne vient donc pas uniquement du moyen de paiement utilisé. Elle tient par-dessus tout à la fréquence des sollicitations et à leur intégration dans l’expérience. La carte bancaire reste dominante, les portefeuilles numériques gagnent du terrain et les abonnements se multiplient… De son côté, le virement bancaire a beau être devenu instantané, il demeure à la marge dans le jeu vidéo.
Le paiement de jeux vidéo n’a jamais été aussi discret. Aux joueurs, désormais, de veiller à ce que leurs dépenses ne le deviennent pas tout autant.






