Il y a un mois de cela, je vous avais dit que la chasse aux trophées PSN c’était bon pour le développement de soi, la confiance et surtout l’ego. C’est vrai que dès qu’on voit le petit trophée platine apparaître en haut à droite de l’écran, tout notre corps est envahi d’une vague surpuissante d’endorphines ! Mais quoi de plus normal que d’être récompensé après tous les efforts fournis, me direz-vous ? Oui, sauf que partir à la chasse aux trophées ne présente pas que des avantages. Dans cet article, je me confie à vous et vous explique pourquoi cette pratique peut ruiner votre expérience.

Cela peut littéralement te rendre accro

Je suis de ceux qui pensent que la chasse aux trophées est une drogue naturelle. Oui, vous ne rêvez pas, une drogue ! À la longue, à force de débloquer la totalité des trophées d’un jeu particulièrement dur ou chronophage, vous ressentez un tel plaisir, votre satisfaction intérieure est telle que vous ne pouvez plus vous en passer. Vous êtes alors à la recherche constante de cette plénitude qui vous inonde et vous fait un bien fou. Si vous êtes arrivé à ce stade, c’est que vous commencez peut-être à développer une addiction pour la chasse aux trophées. J’ai actuellement trente-sept trophées platine, et au fur et à mesure que le temps passe, la sensation de plaisir est de moins en moins forte. D’ailleurs, je dois avouer que m’être installé au Canada m’a fait un bien fou, d’autant plus que je n’ai aucune console à ma disposition là où je me trouve. Alors quand vous chassez les trophées, allez-y mollo !

Cela peut te coûter cher, très cher

En partant à la chasse aux trophées PSN, vous encourez le risque de vous endetter. Bon, j’exagère, mais on est pas très loin de la réalité. Pour ceux qui visent constamment le 100%, la conquête de ces petites récompenses digitales peut vite devenir onéreuse. C’est mon cas, et je ne suis pas fier de le dire. Il faut avouer que les éditeurs n’hésitent plus à nous faire payer des DLC à tout-va, assortis de trophées inédits. Je pense notamment à EA avec Battlefield. S’il est vrai que les Season Pass existent, c’est tout de même un investissement supplémentaire à ne pas prendre à la légère. Dans ce cas, vous n’avez que deux options : soit vous vous contentez du trophée platine et acceptez d’avoir un taux de complétion à nombre impair, soit vous cédez au terrible appel des DLC et montrez à quel point votre carte de trophées est parfaite. En ce qui me concerne, j’ai choisi la seconde option… Je sais, ça craint !

Cela peut te conduire à l’isolement

Cela rejoint le premier point. En effet, si la chasse aux trophées finit par se transformer en addiction, il y a de fortes chances que cela vous mène également à une certaine forme d’isolement. Seul dans votre bulle et coupé du reste du monde, vous voilà entré dans un cercle vicieux. Certains trophy hunters sont tellement obsédés par la chasse aux trophées qu’ils finissent par ne plus avoir la moindre interaction sociale. Heureusement, j’ai toujours su me fixer des limites à ne pas dépasser. Encore une fois, à quoi bon passer sa vie à chasser des trophées virtuels alors que le monde n’attend qu’à être découvert ?

Cela suscite de l’incompréhension

Que l’on soit geek ou gameur, on a forcément essuyé au moins une fois dans sa vie les remarques puériles et désobligeantes de personnes qui nous stigmatisent. La société est ainsi conçue, elle repose sur des clichés, des à prioris qui peuvent blesser et parfois même nous anéantir. Alors que les fans de jeux vidéo sont souvent catalogués, les chasseurs de trophées se sont vus attribuer une étiquette qui est encore plus lourde à porter. Aux yeux des personnes extérieures au monde du jeu vidéo, les chasseurs de trophées ne forcent pas le respect, loin de là. Ils sont incompris. Ce sont des ovnis, des choses étranges qu’il ne faut surtout pas approcher.

Cela te fait passer à côté de l’essentiel

L’essentiel. Quel essentiel ? Un jeu vidéo est une expérience revigorante remplie de surprises inquiétantes et passionnantes. Les jeux vidéo nous font vivre de l’intérieur et nous apportent beaucoup plus qu’on ne le croit. Or, en partant à la chasse aux trophées, on se prive de tous les bienfaits du jeu vidéo, on renonce à cette exploration mêlant curiosité et imagination. On refuse involontairement l’introspection qui nous est offerte, on accepte de dériver et de se perdre soi-même. On oublie l’essentiel, qui est de jouer et de prendre du plaisir.

Chers amis, maintenant que vous savez tout des méfaits de la chasse aux trophées, je n’ai plus qu’une chose à vous dire : prenez garde. Et si malgré mes avertissements vous souhaitez tout de même vous lancer dans cette quête impitoyable, alors vous avez tout mon respect. Sur ce, il ne me reste plus qu’à vous dire à bientôt pour de nouvelles aventures vidéoludiques !

Eric Lemattre

Photographe et cinéaste amateur d'origine mauricienne (je suis très fier de ma double nationalité), je suis journaliste de métier et fondateur de Je suis un gameur.com. En fait, plus complet que moi sur le marché, y'a pas.

10 Commentaires »

  1. J’ai effectivement joué à la course aux trophées pour un jeu, avec pour résultat l’abandon du jeu une fois le 100% atteint et surtout un sentiment de rejet vu que pour tout obtenir il faut souvent farmer farmer et farmer encore… de quoi pourrir le plaisir comme tu le dis si bien à la fin de ton article

  2. Ca c’est un truc que j’ai jamais compris. Déjà parce que en tant que joueuse PC quand un truc pop sur mon écran pour me dire “Yeah tu as débloqué un nouveau machin truc” je m’en cogne et ça me saoule plus qu’autre chose, mais en plus comme tu le dis si bien… Où est le plaisir? Se faire suer pendant des heures pour de l’égo? Je pense à Dragon Age Inquisition qui regorge de petites merdes à trouver ect… Mais il en faut pour tous les goûts après tout.
    En tout cas, article interessant qui montre le revers de la médaille un peu. (sans jeu de mot!)

    • Au contraire ! Le jeu de mot est excellent ! Le “revers de la médaille”, c’est très bien trouvé ! Oui la chasse aux trophées ça peut effectivement se résumer à ça : la satisfaction de son ego. Merde, ça veut dire que je suis égocentrique !

    • Tu es chasseuse de trophées toi aussi ? Oui, j’ai essayé d’être honnête et c’est ce que je pense vraiment. Mais il y a aussi des bons côtés à la chasse aux trophées (cf mon article “5 bienfaits insoupçonnés de la chasse aux trophées”). Tu sais quoi ? Nous les trophy hunters, on est quand même balèze de supporter nos démons intérieurs lol.

  3. C’est sympa d’avoir fait l’autre côté du miroir de ton précédent article. 🙂

    “On oublie l’essentiel, qui est de jouer et de prendre du plaisir.”

    C’est exactement ce que j’ai (re)découvert quand j’ai arrêté totalement la chasse des “succès” (xbox donc). A cette époque je ne pouvais plus jouer à une console ou à un jeu s’il ne me rapportait pas des points sur mon compte. C’était joué pour rien en gros. La detox fut brutale quand j’ai perdu mon compte suite à un hack et que j’ai du tout reprendre à zero… puis mon passage sur playstation à devoir encore tout reprendre à zero une seconde fois. Depuis tu le sais déjà, je farme les trophées seulement sur quelque jeu spécifique. ^^

    • Salut poto 🙂 Tout se passe bien sous le soleil de Montpellier ? Oui, je me suis dit que ça pouvait être une bonne idée de présenter les inconvénients de la chasse aux trophées/succès cette fois-ci. De toute façon, tu sais, il va bien falloir que je me fasse une raison un jour. Je ne pourrai pas continuer à platiner tous les jeux que j’achète…

  4. Je n’aurais jamais cru que c’était un véritable problème, c’est fou! C’est vrai que quand je débloque un trophée je suis toujours un peu surprise dans le bon sens, mais ça s’arrête là, je n’imaginais pas les “dérives”. Après ce n’est pas un peu exagérer ? En tout cas très sympa l’article, comme d’habitude!

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