Vous ne le savez peut-être pas, mais en plus des jeux vidéo, j’ai une autre passion. Depuis 2011, les voyages sont un véritable pilier dans ma vie. Ma conjointe et moi-même avons attrapé « le virus des voyages » comme l’expression populaire le dit si bien, à tel point que nos séjours à l’étranger ont rapidement pris une véritable ampleur : plutôt que de passer brièvement du temps en dehors des frontières hexagonales, nous avons à de maintes reprises fait le choix de nous expatrier. Ainsi, nous avons déjà passé douze mois en Australie, et en mars dernier, nous revenions d’une année pleine écoulée à Malte. À chaque reprise, nous nous sommes immiscés dans la culture locale, nous nous sommes intégrés aussi bien socialement que professionnellement, prenant la pleine mesure de l’incroyable chance que nous avions de pouvoir « vivre à l’étranger ». Il y a une poignée de jours, nous sommes arrivés à Montréal, et nous nourrissons l’espoir de faire notre vie sur le sol canadien. Nous avons toujours rêvé d’y aller, et nous savons que le « pays du compromis » peut être une superbe terre d’accueil pour les travailleurs internationaux, à condition bien-sûr d’y mettre un peu du sien. Toutefois, il reste une question sans réponse : qu’est-ce que la France nous a fait pour que nous la reniions ainsi ?

Pourquoi fuyons-nous constamment la France ?

Ubisoft Montreal
Ce matin, J’ai rendu visite au studio d’Ubisoft Montréal. Un rêve devenu réalité !

Cette interrogation vient tous les jours me déranger l’esprit. Mon amie et moi-même sommes tous deux nés en France, nous sommes citoyens français, et pourtant, nous avons toujours eu des envies d’ailleurs. Alors certes, ma belle est née à Ajaccio, quant à moi, j’ai eu la chance de grandir à l’Île Maurice, pays de ma maman. Il reste que nous avons vécu plus de quinze ans en France, y avons accompli de très grandes choses. Mais il semblerait que l’herbe soit plus verte ailleurs – et quand je dis cela, je pèse mes mots.

Y’a-t-il réellement un avenir pour nous ici ?

Certes nous sommes fiers d’être Français, mais à force de jouer les globe-trotters, nous avons gagné en maturité et en expérience. Le recul nous permet aujourd’hui de prendre conscience de ce qu’est la France, mais également de comprendre ce qu’elle n’est pas et ne sera jamais. Alors bien entendu, nous avons fait le choix de ne pas faire notre vie dans la mère-patrie à cause de la situation économique difficile – diplômé d’un Master, jouissant de plus de sept années d’expérience dans mon domaine, je n’arrive pourtant pas à décrocher le moindre entretien et les employeurs français ne semblent pas vouloir trouver le temps de me répondre –, mais il y a désormais un fossé qui nous sépare de nos compatriotes en termes de mentalité et de façon de penser. Ceux qui vivent en France ne sont pas malheureux : l’éducation y est quasi-gratuite, les frais de santé y sont moindres, les plans sociaux, notamment d’aide aux sans-emplois, aux personnes démunies ou en situation difficile, y sont légion. La France peut être fière du système qu’elle a mis en place au fil des années car il est unique au monde.

Cependant, on dirait qu’il a tendance à rendre les gens plus égoïstes, plus fainéants, moins impliqués dans la « cause » de leur nation. Il n’y a en France aucune solidarité. Pour preuve, on peut maintenant s’attaquer à une voiture de police à coups de barre de fer comme si de rien était, un syndicat à l’idéologie marxiste peut mettre à l’arrêt toute une économie – déjà qu’elle est, à la base, loin d’être flamboyante –, la plupart des riches s’en mettent plein les poches et ils n’ont en plus de cela aucun scrupule : ils prennent un aller simple direction le Panama, en ne laissant que des miettes aux autres. Voilà, la France, aujourd’hui, c’est ça.

Un grave problème d’ouverture d’esprit ?

Et puis il y a cet état d’esprit que nous ne pouvons plus supporter, ou du moins qui ne nous correspond plus. Les gens ont peur de leur voisin, font la gueule dans le métro, ont bien du mal à lâcher ne serait-ce qu’un sourire, ne parlent que d’eux, sont en règle générale plutôt impolis et irrespectueux des autres, notamment les jeunes de notre âge. En fait, la France se porterait beaucoup mieux sans les Français. Mes mots sont durs, je ne le cache pas, mais je les assume. Je ne veux plus faire le moindre effort pour ce pays qui m’a fait de belles promesses mais qui s’est montré incapable de les tenir. Je suis et reste Français, mais je suis par dessus tout un citoyen du monde. Nous devrions tous être capables de partir quand bon nous semble, de voyager partout où on le veut dans ce monde. En tout cas, je vous encourage à le faire. Vous vous en trouverez changé.

L’incroyable liberté que vous procure l’expatriation

Pouvoir parler avec n’importe qui dans une langue universelle (en l’occurence l’anglais), échanger sur nos expériences, et surtout se retrouver dans un seul et même lieu malgré nos différences culturelles, cela vous procure une satisfaction et une puissance énormes. Vous me direz, « oui, mais tu peux faire la même chose en France ». Non, car en France nous baignons dans la crise des migrants – et honnêtement, il y a toujours eu un problème d’immigration en France. Et puis, partout ailleurs qu’en France (sauf peut-être aux USA), les démarches administratives sont deux fois plus simples (quelle horreur que cette paperasse à la française), ce qui rend le processus d’expatriation beaucoup plus abordable et tentant.

Bizarrement, on est en retard en France sur tout un tas de choses ! Nous avons également remarqué que dans les pays anglophones, les gens sont généralement plus avenants, moins psychorigides, plus curieux de votre parcours. Ils sont sincèrement plus intéressés et surtout jamais dans la recherche du conflit.  Du coup, on s’y sent mieux, plus à l’aise. Enfin, chose indéniable : il y a du travail pour nous à l’étranger ! Oui, oui, ce n’est pas une blague !

La France, un pays qui appartient au passé

La moralité dans tout ça, c’est que la France est une vieille nation incapable de se moderniser, « Un pays du temps jadis », comme le dit si bien un journaliste qui a tout compris dans l’un de ses récents articles publiés dans Le Figaro. Pourquoi la France est-elle devenue une nation de départ ? Parce qu’elle n’est plus un pays tourné vers l’avenir, la France se repose uniquement sur ses acquis et son glorieux passé industriel, voire même colonial. C’est pour cela que ses enfants la fuient, qu’ils soient investisseurs ou simples salariés, diplômés ou non.

Depuis longtemps, je fais partie de ces gens qui sont à la quête d’un Eldorado probablement idyllique, synonyme d’emploi stable et bien rémunéré, de fiscalité moins pénalisante, de bureaucratie moins contraignante, de réelle liberté d’entreprendre ; je souhaite aussi vivre ma vie sans être jugé tous les quarts d’heure par des inconnus qui n’ont même pas réalisé la moitié de ce que j’ai eu la force et le courage d’accomplir. Malgré tout, rien ne dit que nous arriverons à nous implanter durablement au Canada, ni que nous y trouverons le succès. Mais dans la vie, on meurt tout simplement de ne pas oser… Pour le moment, en tout cas, tout se passe à merveille pour nous. Sachez que cela fait à peine 48 heures que nous sommes arrivés à Montréal et nous avons déjà fait de belles rencontres, échangé avec des gens du monde entier, ouvert un compte en banque, créé un numéro de sécurité social, visité des appartements. Ici, on ne vous met pas de bâtons dans les roues. Tout se fait très vite et les gens sont super relax !

Quel avenir pour Je suis un gameur.com ?

Montreal Comiccon 2016
Le mois prochain se tiendra la Comiccon de Montréal. Je serai présent à l’événement !

Pour la première fois depuis le lancement du blog en janvier 2016, je me suis réellement ouvert à vous. Mais quel avenir pour le site maintenant que je vis au Canada ? Ceux qui me suivent assidument se sont probablement rendus compte que la fréquence de publication fut moins importante en mai par rapport aux mois précédents. Je serai pas mal occupé par d’autres projets dans les six prochains mois. Je travaillerai davantage sur mes deux autres blogs, Studios M-L.net et Twist of fate.me, et passerai donc beaucoup de temps à faire de la photo et des vidéos. Si vous ne les connaissez pas encore, je vous invite à vous y rendre et à vous y abonner. Toutefois, il est hors de question que je laisse tomber Je suis un gameur.com. D’ailleurs, Arnaud sera toujours là pour vous pondre quelques tests de temps à autre.

Deux nouvelles chroniques rien que pour vous

Même si je n’ai pas amené ma PS4 avec moi, il me reste toujours mon PC et mon iPhone pour tester certains jeux et vous faire part de mes critiques. Et puis en tant que gameur de longue date, j’ai tout un tas de choses à vous raconter ! Je m’engage donc à écrire de manière régulière. D’ailleurs, afin de continuer à vous offrir du contenu intéressant, je vais bientôt lancer une nouvelle chronique, Les Tops & Flops, ainsi qu’une catégorie inédite qui sera intitulée Événements. Comme j’ai la chance d’être en Amérique du Nord pour une période minimum de six mois, je compte bien me rendre aux plus grands shows tournant autour des jeux vidéo. Le premier événement mis en lumière sera la Comiccon de Montréal, qui se tiendra les 08, 09 et 10 juillet prochains. Je suis sûr que vous allez adorer !

Je vous remercie du fond du coeur pour votre temps et votre patience. Je suis conscient de la chance que j’ai d’avoir des lecteurs aussi assidus que vous autres. Je vous dis donc à très bientôt pour de nouvelles aventures vidéoludiques !


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

12 Commentaires »

  1. Si je pouvais mettre une centaine de j’aime sur ton article je le ferais. Merci pour autant de sincérité !

    Je me reconnais (dans une moindre mesure) dans tes pensées, ma moitié et moi-même n’avons qu’une envie c’est de voyager et s’expatrier également. Nous n’avons pas encore franchi le pas étant encore étudiant (pour encore 2 bonnes années si tout ce passe bien), mais j’espère de tout cœur pouvoir le faire après.

    Bon courage au Canada l’ami et à bientôt ! 🙂

    • Merci ! 😉 Je suis de ceux qui pensent que dans la vie il faut se lancer. Soyez ambitieux, n’ayez pas peur de bouger. Et commencez dès maintenant à apprendre l’anglais car c’est essentiel à toute expatriation réussie. Une fois tes études terminées, tentez un PVT Australie, Nouvelle Zélande, Japon ou Canada 😉 Si tu as besoin de conseils je serais ravi de t’aider. La bise l’ami !

  2. Tu as vraiment de la chance que ta conjointe est le virus elle aussi. Le mien c’est pas du tout son truc. (alors que moi, j’ai la bougeotte depuis .. toujours (merci papa) j’ai vécu dans pas mal de pays. dernièrement Rio pendant 1 an et je ne rêve que de repartir.) Par contre, depuis que je suis rentré du Brésil, je trouve l’administration Française beaucoup plus simple. (là bas c’est vraiment l’enfer sur terre… mais VRAIMENT! :D)
    En tout cas, bon courage et profites en a fond. 🙂

    • Merci bien 🙂 C’est vrai que j’ai de la chance d’avoir une partenaire qui aime les voyages tout comme moi. D’ailleurs, c’est beaucoup plus facile de bouger à deux que tout seul ! Après je pense que tout est aussi une question d’éducation, de valeurs. Je peux comprendre que quelqu’un qui a passé toute sa vie en France puisse ne pas avoir l’envie d’immigrer.

      • Il a déjà voyagé. Le soucis c’est qu’avec sa dyslexie dysorthographie il parle aucune langue. (que le français) donc est totalement dépendant de moi et je comprends comme c’est frustrant. Pendant deux trois semaines ça va. Mais pendant plusieurs mois…
        En tout cas profites en bien. ???

  3. Contente de voir que vous vous portez bien! Mon Ricou, nos discutions me manquent et le chocolat aux noisettes, dont je tairais la marque, partagé sur les bancs de l’amphi d’eco aussi! Plein de belles choses à tous les deux, et qui sait, à bientôt, ici ou ailleurs!

    Peace, Mayou

  4. Il semblerait que j’arrive sur le blog au mauvais moment ^^” Mais je vais découvrir les anciens articles et aller m’abonner aux deux autres projets.

    La Canada fait partie des pays rêver, et certainement de ceux ou l’herbe est effectivement un peu plus verte. Je vous souhaite donc un bon établissement là-bas !
    Montréal fait partie de ma whishlist.

    Je me permettrai juste de dire que, si je suis d’accord à 95% avec la partie sur la France, il est “”facile”” (je double les guillemets, et ne veux pas faire de jugement hâtif… mais … 🙄 ) de la juger à ce point (ce que tu critiques pourtant, le fait de juger) alors que tu la quittes.
    Même si cela semble effectivement perdu d’avance, je trouverai ce discours légèrement plus légitime dans les mains de quelqu’un se battant pour elle plutot que dans celles de quelqu’un l’abandonnant.

    Au delà de ça faire partie de ceux qui se lancent est en revanche une grande qualité, et je ris de ceux qui disent que l’herbe est plus verte ailleurs, sans rien faire, ni pour aller ailleurs, ,ni pour améliorer leur herbe 🙂

    Concernants certains points en particulier, j’ai rencontré des personnes eu Europe de l’Est qui en entendant que je venais de France, n’ont rien sû me dire d’autre que “ah, votre problème de migrants… 🙁 “… avant de lacher que chez eux pas de problèmes puisqu’ils n’aiment pas les migrants…
    Le problème de solidarité en France est un fait, mais il touche plus globalement l’Europe… avec des pays très solidaires en interne (contrairement à nous) mais bien “chauvins” (euphémie bonjour, et ce n’est pas une histoire de politique mais de mentalité des locaux) quand il s’agit de s’ouvrir un peu aux autres…

    Sur ce je te souhaite une bonne découverte de cette magnifique ville, et au plaisir de te lire 🙂

    • Salut Grand Bâton, merci pour ton commentaire très sage et pour t’être abonné, je m’en vais de ce pas faire de même?. Je comprends ton point de vue. Sincèrement, je pense avoir tout donner pour mon pays, en dépit de mon jeune âge (bon j’ai 29 ans hein). J’ai toujours été quelqu’un de responsable, j’ai travaillé sans relâche pendant que bien d’autres profitent simplement du système D, j’ai servi mon pays et l’ai représenté fièrement à l’étranger même. Disons que je ne me vois plus y vivre, je n’ai pas l’impression que les choses changeront un jour, à moins qu’il y ait un changement radical de mentalité. Et ce qui est bien plus triste, c’est que je ne vois pas d’avenir pour moi en France : j’ai des idées, je veux simplement pouvoir les concrétiser. Mais chez nous ça me paraît trop compliqué (et pourtant j’ai essayé). N’est-ce finalement pas une bonne raison de s’en aller ?

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