Ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j’ai un petit côté féministe. Peu de temps après le lancement de Je suis un gameur.com en janvier 2016, j’avais déjà rédigé un article sur le sexisme dans les jeux vidéo. Ce mois-ci, je vous propose de pousser la réflexion jusqu’à l’extrême. Car oui, la pornographie est en ce moment même en train de se frayer un chemin dans notre paysage vidéoludique. Or, si elle n’est pour certains que la représentation complaisante – et il faut le dire très explicite –, de l’ébat amoureux, on ne peut pas nier que la pornographie porte sacrément atteinte à la dignité de la femme. Le faire serait très hypocrite ou bien reviendrait à se mentir à soi-même.

Qu’est-ce qui encourage aujourd’hui le développement de la pornographie sur la scène du jeu vidéo ? En quoi l’émergence de la réalité virtuelle risque-t-elle d’encourager la pratique de jeux vidéo pornographiques ? Quelles pourraient être les conséquences de l’hypersexualisation de la femme dans le jeu vidéo ? Ne risque-t-on pas des dérives ? Ne risque-t-on pas d’assister à l’enfermement de toute une génération de jeunes hommes ? Ce dossier mensuel sera pour vous, je le pense, riche en révélations surprenantes et au-delà du questionnement sur l’image de la femme, ce sont tous les défauts d’un système qui seront mis en évidence, des défauts capables de nuire à la sécurité mais aussi à la santé mentale de nos cadets. Nous verrons aussi qu’il n’y a pas que du négatif dans le jeu vidéo porno, certaines créations insolites réinventant le genre et arrivant même à changer les mentalités.

Jeu vidéo porno : une histoire en plusieurs étapes

Disons d’entrée ce qui est : l’histoire du jeu de sexe est tout sauf glorieuse. Longtemps, le jeu vidéo pornographique a relevé du fantasme, chose que les alarmistes et autres détracteurs d’un médium qu’ils craignaient adeptes de la luxure ont volontiers pointé du doigt. Il faut dire que certaines particularités embarrassantes n’ont rien fait pour calmer le jeu. Ainsi, tout le monde se souvient probablement de ce QTE sexuel à l’extrême dans God of War 2. De même, aucun homme n’est resté insensible face aux avances de Tera Patrick dans Saints Row 2 (la star du porno était jouable dans le DLC Ultor Exposed). Si pour des raisons commerciales ou artistiques, il a souvent été question de faire travailler l’imagination du joueur, le jeu vidéo porno a tout de même traversé des étapes que l’on considèrera comme scandaleuses. Du moins, elles seraient sûrement mal perçues aujourd’hui.

Dead or Alive Xtreme 3, un jeu vidéo porno ?
La sortie de Dead or Alive Xtreme 3 sur PlayStation VR fait polémique.

Ainsi, en 1982 sortait Custer’s Revenge, un jeu vidéo d’action pornographique que seule l’Atari 2600 pouvait faire tourner à l’époque. Le but du jeu ? Violer de pauvres petites amérindiennes dans la peau d’un général de cavalerie… Certainement moins pire mais ne volant tout de même pas bien haut, il y a aussi eu MacPlaymate, un jeu de simulation du plaisir sexuel où, à l’aide d’une souris, on pouvait faire jouir n’importe quelle femme (les fenêtres de votre chambre fermées et les rideaux de préférence bien tirés). Reste qu’il est bien triste de constater que la femme faisait déjà office d’animal de compagnie virtuel. De nos jours, malgré les plaintes grandissantes des féministes en tous genres, rien ne semble avoir changé dans certaines têtes. Pour preuve, Koei Tecmo compte lancer son très controversé Dead or Alive Xtreme 3 sur PlayStation VR. L’argument de vente qui tue : on pourra faire des attouchements sur les héroïnes du jeu. Je ne comprends pas comment un jeu vidéo prônant l’infraction sexuelle puisse être toléré en 2016. Le jeu était à la base très tendancieux ; il sera maintenant complètement vulgaire.

Vers une métamorphose positive du jeu vidéo porno ?

Mais tout n’est pas à jeter. En effet, de rares voix singulières tentent de se réapproprier le médium, si bien que le jeu vidéo sexuel devient synonyme de beauté. Dans Fuck Everything, jeu réalisé par Lena NW (aka Fellatia Geisha), la rappeuse américaine traite le sujet de la pornographie et des stéréotypes culturels de manière différente. Plus profond bien que transgressif, ce jeu vidéo qui s’inspire de l’esthétique otaku peut se résumer en une sorte de simulateur de drague très féministe, preuve que les rapports entre le jeu vidéo et le sexe ne sont pas si inévidents que cela.

Fuck Everything, un jeu vidéo porno tout sauf vulgaire
Attendrissant et poétique, Fuck Everything est un joli jeu vidéo porno.

Parmi les références en matière de jeux vidéo porno jolis et artistiques, il y a aussi Luxuria Superbia, développé par le studio belge Tale of Tales. Ici, il suffit de caresser sa tablette ou son smartphone pour donner du plaisir à votre moitié. La jouissance est représentée par des fleurs, des oiseaux et des arcs-en-ciel qui surgissent de nulle part. Cela aurait pu être ridicule, mais c’est finalement poétique et émouvant. Comme quoi, le sexe dans le jeu vidéo peut être explicite sans être foncièrement vulgaire.

Jeu vidéo porno : une vulgarisation qui fait mal

Qui fait mal au coeur en tout cas. Lorsque je cherche des images de mes héroïnes de jeux vidéo préférées sur Google, il m’arrive de faire des découvertes choquantes. Sur certains sites dont je ne citerai par les noms, des personnages comme Lara Croft (Tomb Raider) et Elizabeth (BioShock Infinite) sont représentées nues dans des scènes crues voire même violentes. De quoi vous donner la nausée. Ces icônes de la pop culture perdent soudain toute leur splendeur, toute leur aura. Victimes d’un impitoyable modding, elles sont réduites à l’esclavage sexuel. Et sans trop vouloir insister sur la métaphore, vu les postures qu’elles adoptent, ce n’est pas comme si on leur avait laissé le choix… Il est triste et écoeurant d’imaginer les personnages qui ont marqué votre enfance être à ce point rabaissés.

Un mod très sexy de Lara Croft
Le modding s’abat sur certains personnages de jeux vidéo féminins déjà très sexy !

Les sites mettant en évidence des scènes hardcore et utilisant des figures emblématiques du jeu vidéo comme personnages centraux prolifèrent à la vitesse grand V sur le web. De telles interfaces vivent de l’affiliation. Elles travaillent pour accroître les revenus de gros sites pornographiques générant plusieurs millions d’euros chaque mois. Ce qui est très étonnant, c’est que ce genre de pratiques où il y a violation des droits de propriété intellectuelle ne suscite aucune réaction auprès des éditeurs et développeurs. Et cela est aussi particulièrement inquiétant pour les plus jeunes, qui peuvent tomber sur ce genre de contenu sans limitation ni restriction, pour éventuellement atterrir sur un site pornographique qui n’est pas supposé accepter les visiteurs âgés de moins de 18 ans. Tout cela pour dire qu’il y a deux choses bien distinctes à retenir : l’industrie du jeu vidéo n’est pas suffisamment régulée et n’offre aucune protection aux mineurs – à titre d’exemple, on sait déjà que la plupart des revendeurs ne respectent pas le système de classification PEGI (Pan European Game Information) –, de plus, il existe un marché sous-jacent, clandestin, qui détourne délibérément des produits vidéoludiques et les recontextualisent en toute illégalité, et ce sans que personne ne fasse quoi que ce soit. C’est le monde à l’envers !

Jeux vidéo et porno encagent-ils les jeunes hommes ?

On doit par conséquent comprendre que le système et les législations actuelles exposent les plus jeunes, les garçons notamment, car ce sont eux qui consomment le plus de jeux vidéo et de pornographie. Dans leur livre Man (Dis)connected, les professeurs de Stanford Philip Zimbardo et Nikita Coulombe nous mettent en garde contre les méfaits de l’association de ces deux activités sur la psychologie des jeunes hommes. Leur postulat de départ est le suivant : jeux vidéo et porno deviennent de plus en plus provocants mais aussi fidèles à la réalité. Cette réalité concorde avec le virtuel et cela contraint les jeunes hommes à devenir égocentriques. D’après les deux auteurs, jeux vidéo et porno forment un « duo morbide » : les conséquences de leur union est le développement d’une addiction dont il est très dur de se séparer mais aussi un isolement qui s’avère dangereux pour les plus fragiles.

Philip Zimbardo parle du jeu vidéo et du porno
D’après le professeur Zimbardo, jeu vidéo et porno forment une union dérangeante.

Aujourd’hui, de très jeunes enfants passent de Warcraft à Pornhub en quelques clics, et ce en déjouant la surveillance de leurs parents. Or, nombreux sont les pères et mères qui ignorent l’existence de la pornographie gratuite. De ce fait, un mécanisme est développé par les garçons, qui passent un temps tout simplement incroyable seuls dans leur chambre, à alterner jeux video et masturbation devant un écran représentant la femme comme une machine à baiser. Les risques sont majeurs pour les adolescents qui n’ont jamais eu d’expérience sexuelle : ce qu’ils voient devient la norme. La violence, le barbarisme, l’égocentrisme, deviennent la norme. Or, ce n’est certainement pas ce qu’ils vont rencontrer dans le monde réel. Jeux vidéo et porno sont à disposition 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ce qui n’est pas le cas de la romance, qui sous-entend des échecs, refus et renoncements. Moralité : jeux vidéo et porno ne doivent pas constituer l’éducation de ces jeunes hommes, qui risquent de se renfermer sur eux-mêmes, voire même de subir un changement de sensibilité mentale radical.

Jeux vidéo et porno : une union à double tranchant

Malgré l’existence de jeux vidéo sexuels sortant des sentiers battus, la tendance générale est à la vulgarisation de l’image de la femme comme objet d’assouvissement du désir masculin. Les industries du jeu vidéo et du porno, qui sont grandement présidées par des hommes, sabotent la prochaine génération de jeunes adultes. L’hypersexualisation de la femme dans les jeux vidéo, la gratuité de la pornographie en ligne et l’apport des nouvelles technologies au service de produits tendancieux (en plus du cas Dead or Alive Xtreme 3 cité plut haut, rappelons que le PlayStation VR permettra de visualiser des scènes X et d’interagir avec des femmes-objets) nuisent à l’équilibre des adolescents, victimes inédites d’un phénomène qui continuera à prendre de l’ampleur si des mesures drastiques ne sont pas prises immédiatement. S’il est évident que le but des industries du jeu vidéo et du porno est lucratif, une certaine éthique est tout de même nécessaire pour ne pas tomber dans l’excès. Finalement, comme l’avait conclu Raph’ du blog Ni Geek Ni Nerd sur l’un de mes articles, nos produits de divertissement ne sont que des usines à clichés et idées reçues. Il est juste vraiment dommage que femmes et jeunes hommes soient aujourd’hui contraints d’en pâtir. J’espère que ce dossier mensuel vous a plu et vous a ouvert les yeux. En attendant le prochain, je vous laisse visionner cette courte vidéo qui montre le représentant d’un studio qui, contrairement à beaucoup d’autres, n’a rien à se reprocher. Sur ce, prenez soin de vous. Je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures vidéoludiques !


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

15 Commentaires »

  1. Sujet délicat que celui là, parce que je pense que c’est plus profond qu’une vulgarisation du porno dans le jeu vidéo. Je vais passer pour un vieux con mais j’y vois plutôt un phénomène de vulgarisation du porno dans la société en général qui se retrouve accentué par la loupe grossissante du jeu vidéo (et je ne parle même pas des mangas).

    Il y a encore 15 ans, ça semblait tabou de parler de porno dans les médias (au sens très large), à part quelques émissions de fin de soirée. Aujourd’hui c’est impossible d’ouvrir un journal populaire sans tomber sur une photo d’une quelconque babe en petite tenue. Pire, y a pas si longtemps j’avais balancé sur Twitter un article d’un grand quotidien de mon plat pays sur un concours très particulier organisé dans un parc de Bruxelles. Avec comme photo d’accompagnement deux pornstars en pleine action.

    Donc oui, je te rejoins sur la crainte de ce que les nouvelles technologies vont nous donner dans les prochaines années, surtout par l’aspect interactif du jeu vidéo. Mais j’ai peur qu’il soit déjà trop tard pour une prise de conscience, tant on baigne dedans tous les jours, dans les médias, la musique, le cinéma etc.

    (désolé pour le pavé :D)

    • Salut Grim ! Au contraire, les commentaires comme le tien contribuent toujours au débat. Merci pour ton retour donc ! De plus, des pavés il y en a déjà eu beaucoup sur Je suis un gameur.com et il y en aura encore 😉 Tu as certainement raison. La pornographie s’est généralisée dans toute la société. Et comme le jeu vidéo est un média très influent, ça n’aide clairement pas…

      Je pense qu’il n’est jamais trop tard. On a toujours le choix. Pour le moment, l’essentiel, c’est de protéger les plus jeunes pour ne pas en faire des “attardés sexistes” (désolé si l’expression est dure). Il faut que les acteurs du jeu vidéo et les gouvernements se remettent en question et prennent leurs responsabilités. Mais vu qu’ils ne l’ont jamais fait, ça va être encore plus difficile d’attendre quelque chose d’eux en 2016…

  2. Excellent dossier mensuel Eric ! Très bien écrit qui plus est. J’ai l’impression que tes dossiers vont bientôt devenir incontournables sur la blogosphère 😉 Je suis heureuse que tu aies traité ce thème dans ta revue de presse et t’en suis très reconnaissante. Il y a des choses que l’on ne nous dit pas et comme tu l’expliques très bien avec nuance, c’est tout le système qui est à revoir. Malheureusement, lorsque l’argent est la finalité, on se fout pas mal des questions éthiques et sociales. En tant que mère, je me sentirai très vexée je pense, de voir mes fils jouer à de tels jeux (surtout comme si de rien était…). Merci encore !

    • Salut Jane, y’a pas de quoi ! Merci pour ton soutien. Oui, exactement, les failles sont si nombreuses… Je pense qu’être parent dans notre société actuelle, c’est très (très) compliqué. Mais il ne faut pas se décourager et inculquer les valeurs qu’il faut à ses enfants !

  3. Article très intéressant. Concernant Dead or Alive Xtreme 3, la version de base sans le VR. Ne permet pas de tripoter les seins des héroïnes du jeu. Moi même qui aime bien cette saga, (surtout les jeux de combat en fait) j’ai été quelque peu gêné par la vidéo présenté par Tecmo, pour la version réalité virtuelle de leur jeu. Je pense qu’il y avait bien mieu à faire que ça… Genre un Ninja Gaiden ou un Dead or Alive 6 j’aurai pas craché dessus. M’enfin ce genre de jeu est tellement courant au Japon qu’au finale plus rien ne m’étonne… Y’a qu’à voir la saga Senran Kagura. D’un côté y’a un gameplay façon Beat Them all très sympathique et très divertissant. De l’autre des plans Boobs et culotte pratiquement tous le temps… Et la possibilité, de tripoter ton personnage préféré dans les menus. M’enfin ma copine aime bien y jouer (moi aussi d’ailleurs). J’espère ne pas avoir écrit trop de connerie… Bonne journée ?

    • Salut Antoine ! Au contraire, ton commentaire est très intéressant ! Je suis moi-même fan des jeux Dead or Alive Xtreme, c’est pour cela que la version VR du troisième opus me choque autant…

      Exactement ! Au Japon, il y a un véritable problème avec le sexe. Là-bas, on appelle ça le “Sekkusu shinai shokogun” (littéralement : le syndrome du célibat). Les jeunes japonais et japonaises évitent toute forme d’intimité et lorsqu’une opportunité se présente, ils refusent de s’engager. Mais comme ils ne peuvent pas non plus vivre sans sexe, ils se noient dans des jeux vidéo sans tabou. Les jeux vidéo, les mangas, sont pour eux un moyen de se laisser aller à des fantaisies totalement improbables dans la vraie vie. A bientôt sur le blog j’espère 🙂

      • Merci pour ta réponse Éric. J’avais lu un article sur le sujet il y’a longtemps… Ça doit être pour ça que la plupart des série animé japonaise, sont rempli de fan service pas toujours très justifié notamment dans les ecchi dont le principal intérêt la plupart du temps, n’est que de montré des lycéennes sexy dans des positions très osé. Certes yen a quelques un qui reste regardable et pas trop mauvais malgré une surdose de fanservice. Mais généralement, le genre ecchi est bourré de navet iregardable, au delà de plus de trois voir quatre épisodes. Allez je vais quand même dire que Food Wars c’est sympa ainsi que Sora no Otoshimono mais le reste c’est le néant… ?

      • c’est vrai que le japon c’est une autre mentalité,en même temps quand tu vois leurs jeux télévisés,très osés,en europe tu ne verras jamais cela

  4. Je ne connaissais pas du tout l’existence de jeux vidéos pornos, mais en vérité ça semble presque évident, l’industrie du porno étant la première industrie du divertissement devant le jeu vidéo et le cinéma. Mais par contre l’hyper sexualisation de certains personnages, comme Lara Croft dont tu parles, poussent en effet à créer des fanarts rabaissant et pornographiques de personnages grands publics. J’adore The Witcher, mais dans le 2 les scènes de sexes sont tellement nombreuses quelles en devenaient gênantes, surtout que j’avais à peine 19 ans. Article passionnant comme d’habitude et indispensable à mes yeux, surtout venant d’un homme ouvertement féministe.

  5. Idem, j’ai tout de suite pensé à The Witcher, qui en fait un peu trop sur ce point, sous couvert de proposer une aventure cinématographique… 🙄 pas le seul reproche que je ferai à ce studio faussement propret, mais c’est un autre sujet.

    Je suis aussi assez choqué de la facilité d’accès à ces contenus, et notamment aux détournements et autres “fan-arts” porno, qui surgissent un peu de nulle part.

    Je serai plus mesurée sur le détournement de la jeunesse, j’aurai tendance à penser que les plus jeunes passant des heures entre porno et jeux-vidéos sont une minorité, mais j’ai peut-être tord, et c’est de toute façon bon d’avoir la chose à l’esprit.

  6. Très beau sujet. J’ai beaucoup apprécié le dernier paragraphe qui me touche personnellement. Le sexualisation à outrance des femmes et l’objetisation (ce mot existe? Si non il devrait!!) également.On peut sexualiser des femmes (Bayonetta. Isabella (Dragon age 2) sans en faire des potiches sans cervelles, des plantes vertes, des femmes faibles qu’il faut sauver.
    Helas, on tend de plus en plus vers la banalisation de la sexualité et de la pornographie (exemple magnifique la nouvelle pub de GIFI tout simplement écœurante je trouve.) Mais outre le faite que ça a un impact direct sur les jeunes, on banalise de plus en plus les comportements et stéréotypes des femmes comme des hommes (dans le JV je trouve que ça évolue un peu, mais pas assez.) En tout cas c’est un sujet de société fort intéressant et je suis sur qu’il peut y avoir pleins de beaux débats autours de ça.
    Et oui, sur youporn tu peux trouvé des vidéos qui mettent en scéne des personnages moddé de skyrim…. Je sais pas si je dois rire où pleurer.
    Encore une fois, superbe article. Bravo!

  7. Coucou! Un très bon article qui réussi à n’incriminer ni les jeux vidéo (ce serait un comble pour un gamer) ni le porno (qui peut être une ode à la sexualité quand c’est bien fait). Je trouve ça tellement pitoyable que les personnages cultes, sexy ou pas (il y a des trucs choquants avec les persos de Pokémon, ou même la Princesse Peach T.T), soient détournés dans des positions avilissantes. Le pire est qu’il y a de la demande je pense. Les parents des joueurs mineurs sont souvent largués, ne tenant pas compte des PEGI, ou n’accompagnant pas leurs enfants dans leur premières promenades sur la Toile, et ça c’est triste.

  8. Article passionnant! C’est vrai qu’en tant que gameuse c’est navrant de voir des personnages féminins forts comme ceux de Tomb Raider et Bioshock que tu cites reléguées en simple objet sexuel. Je suis une immense fan de The Witcher 3 mais je n’ai pas vraiment adhérée aux deux premiers opus parce qu’il y avait beaucoup trop de sexe et franchement je ne joue pas à un jeu pour ça. Mais même dans le trois à un moment donné il faut faire le choix de coucher avec un personnage pour la sauver parce que sinon elle s’énerve et s’en va et est alors plantée sur un piquet sur la place de la capitale…

  9. En voilà un super article découvert un an après 😀

    C’est un sujet compliqué parce qu’il demande certainement un approfondissement et une réflexion qui dépasse le simple cadre de l’asservissement de l’ado et sa perception. Le porno s’est fait une très large place dans nos vies et le jeu vidéo ne vient que s’insérer dans la dynamique. Aujourd’hui il n’est pas rare de voir des scènes très explicites dans des séries télé (surtout chez HBO), des films qui montrent à peu près tout, même s’il y a utilisation de prothèses (La vie d’Adèle) et dans la vie de tous les jours la femme est considérée comme un objet : on citera inlassablement les publicités de yaourt avec une femme nue.

    Dans le cas du jeu vidéo je pense que le mouvement vient de deux côtés : d’abord de nombreux éditeurs vont continuer de surfer sur l’image du “geek” un peu en manque. C’est triste, mais c’est malheureusement un filon exploité par les éditeurs et développeurs : belles filles gros flingues suffisent souvent à faire un jeu. GTA en est le meilleur exemple, s’il peut être interprété comme une satire de l’Amérique et de tout ça (le NRA, le porno), il n’en reste que certains de ses joueurs prennent le jeu au premier degré et y réalisent tous leurs fantasmes. Et c’est pas un mal, les GTA sont des jeux bien produits et moi-même, passé l’histoire principale, j’y joue pour foutre le bordel et pas pour me questionner sur les Etats-Unis et les rednecks.

    Ensuite, il y a eu un mouvement venu du Japon : l’hyper-sexualisation y est coutume. Se balader à Akihabara à Tokyo est désarçonnant, au-delà du plaisir qu’on va éprouver à arpenter ces rues et magasins en tant qu’amateurs de jeux vidéo, il est difficile de ne pas voir bien en évidence les innombrables affiches collées aux immeubles qui présentent les derniers anime et jeux à la mode avec des héroïnes dans des positions suggestives. Et il suffit de faire deux pas dans une boutique de figurines pour comprendre que l’argument N°1 de vente, c’est ces héroïnes et leurs décolletés. Je parlerais même pas des maid café, où les jeunes femmes ne sont bonnes qu’à servir leur maîtres.

    Et le monde est fait ainsi : les adolescents, depuis longtemps, veulent des expériences qui tâchent et qui sortent de l’ordinaire. Quand un adolescent me demande un conseil cinéma et que je lui propose une excellente romance, il va se marrer et me dire que lui son truc, c’est plutôt les films d’action (et si c’était socialement accepté, il me répondrait le porno). Je caricature, mais le mal va bien au-delà du jeu vidéo qui n’est qu’un reflet de ce que la société produit, et ce que les gens veulent. Après je dis ça, mais moi-même je suis un consommateur de ces conneries : j’ai acheté DOA Xtreme 3 à sa sortie, j’ai romancé la maid dans Persona 5 et j’ai quelques figurines anime sur mon étagère.
    Par contre un truc qui m’insupporte au plus haut point et que tu cites, c’est les vidéo porno à partir de modèles de jeux vidéo : au même titre, il est impossible de se balader sur deviantart et trouver des fanart intéressants de jeux vidéo. Et ça marche pour toutes les oeuvres, l’autre jour je cherchais un fanart de Captain Marvel, impossible d’en trouver un décent sans qu’il soit hyper-sexualisé.

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