Cinq ans après la sortie d’Entwined, le studio californien PixelOpus nous revient avec un jeu différent mais tout aussi artistique : Concrete Genie ! À l’ère des cités en béton et de la pollution, les développeurs estampillés Sony Interactive Entertainment nous proposent une aventure s’apparentant à une fable urbaine remplie de poésie. Cette fois-ci, oubliez la musique et réveillez le dessinateur qui sommeille en vous pour aider notre jeune héros à avancer dans une histoire fantastique. Ce test de Concrete Genie sur PlayStation 4 a été rendu possible grâce à la gentillesse de l’éditeur. 

Un style graphique particulier

La première chose qui m’a séduit dans ce jeu, ce sont les graphismes ! Grâce à de fortes tonalités sépia, on se retrouve plongé dans une atmosphère à la fois rétro et mélancolique qui renforce la vision d’une vie qui manque de couleurs. Heureusement, Ash, notre jeune héros, arrive avec son carnet de croquis et va devoir peindre les murs de la ville avec des couleurs chatoyantes et fluorescentes. Ces sortes de dessins de néon vont progressivement amener des touches lumineuses qui font prendre une toute autre dimension aux décors qui nous entourent. Les animations sont aussi faites dans un style très original et absolument charmant, rappelant des films tels que Coraline ou certaines phases du jeu Alice: Madness Returns. Bref, Concrete Genie est une réussite en termes d’ambiance !

Ash, notre jeune héros dessinateur !

De bonnes idées mais…

Après avoir été séduit par l’univers et les graphismes du jeu, je me suis malheureusement heurté à un problème de taille : le gameplay. Le principe du jeu est simple et bien trouvé : on incarne un jeune garçon qui doit retrouver les pages de son livre de dessins (méchamment déchirées par un vilain bully) et qui va très vite s’armer d’un pinceau géant lui permettant de créer sur les murs de la ville, des dessins qui « prennent vie ». Il y a donc deux phases de jeu : plateforme, et dessin. Côté plateforme, je n’ai pas grand-chose à redire car je n’ai rencontré aucun problème. Il faut quand même souligner que le joueur est très assisté et qu’il y a souvent moyen de contourner des obstacles qui pourraient donner un peu de challenge (notamment dans les scènes de course-poursuite).

test Concrete Genie
Un petit air de Mister Jack, non ?

Le gros point noir, ce sont donc les phases où l’on doit dessiner ! En effet, les développeurs ont choisi d’utiliser le « pointeur lumière » de la manette pour diriger le pinceau de Ash… Autant vous dire que c’est une véritable catastrophe et qu’à plusieurs moments, j’ai eu envie de tout jeter par terre. Le système fonctionne vraiment très mal, le capteur est beaucoup trop sensible et le plaisir de jouer disparaît en un quart de seconde. C’est vraiment dommage car ces passages-là sont censés être les moments les plus fun de Concrete Genie. Eh bien c’est loupé !

Un jeu bien trop dirigiste

Au-delà des difficultés de gameplay, ce qui m’a vraiment frustré lors de mon test de Concrete Genie est le côté trop dirigiste du jeu. Quand j’ai entendu parler du principe de Concrete Genie, je me suis aussitôt imaginé un mixte entre Jet Set Radio et Scribblenauts. Malheureusement, on est loin de la liberté ressentie dans ces deux titres. Pour un jeu prônant la créativité artistique, je pense honnêtement qu’il aurait fallu ouvrir bien plus le champ des possibilités au joueur. Or, ici, on ne peut dessiner qu’à certains endroits indiqués et les dessins préconçus ne permettent aucune touche de personnalisation. Avec la pléiade de créatures imaginées par Ash, c’est vraiment dommage de ne pas avoir cette possibilité de customisation et surtout de se sentir finalement forcés dans nos choix « créatifs ». Surtout que du côté aventure/plateforme, le jeu est vraiment très banal et les énigmes sont plus que basiques (tirer un levier, tourner des valves, etc.). Il aurait vraiment fallu laisser plus de liberté au joueur afin de donner plus d’intérêt au jeu et le rendre bien plus fun.

La frustration n’est pas loin !

Pour être franc, de mon point de vue, ce test de Concrete Genie m’aura laissé un goût amer. Concrete Genie n’est pas une réussite et c’est avec beaucoup de frustration que je dis ça car l’environnement graphique et l’ambiance sont vraiment excellents. Le jeu pêche par son gameplay et l’absence de liberté donnée au joueur. Cela finit par lui faire perdre tout intérêt de continuer l’histoire. Concrete Genie, la déception de cette fin d’année en ce qui me concerne ! 

La note de la rédaction
  • Gameplay - 2/10
    2/10
  • Durée de vie - 3/10
    3/10
  • Graphismes - 8/10
    8/10
  • Scénario - 6/10
    6/10

Les plus et les moins

✔︎ L'univers et les graphismes !
✔︎ les animations très réussies.

✘ Le gameplay moisi...
✘ Le manque de liberté !

4.8/10

 


Arnaud Troupenat

Gameur depuis 20 ans, j'ai exercé ma passion sur tous types de supports ! Jeux de combat, d’aventure, de survival horror et de plateforme, je suis un amoureux incontestable du jeu vidéo dans son ensemble.

15 Commentaires »

  1. Pour moi qui tremble des mains😢, à cause de ce gameplay à la gomme, je pourrais jamais jouer à ce jeu, wouiiinnnn ! Et pourtant ce genre de jeu, j’adoooore 😭 merci pour ce bon article. Bisouxxx de Mamijo 😘🌸

  2. Oh, la note est dure ! J’ai fini le jeu il y a quelques jours. Je te rejoins tout à fait Arnaud sur ton avis sur le design, les couleurs, l’ambiance..ça nous ramène à certains films d’enfance, à l’enfance tout court, et ça donne un côté très nostalgique au jeu, très plaisant ! Pour le gameplay dessin, j’ai un peu pesté dessus avant d’arriver à bien le manier. N’étant pas douée pour dessiner, avoir des motifs et des images déjà existantes, m’aidait bien, mais je comprends qu’il en résulte une frustration et un manque de créativité. Même si les motifs sont nombreux, on finit par tourner en rond ou n’utiliser que ses favoris. J’ai adoré les génies créés, qui sont assez adorables aussi. Après, je reprocherai effectivement plutôt le manque de challenge et le fait que le scénario soit assez…non pas cliché, mais sans réelles surprises. C’était une jolie aventure à faire, mais elle ne me restera pas en mémoire trop longtemps.

  3. Aïe. Face à la DA, et des avis très positifs, j’étais hypée par le jeu, mais ton test me fait relativiser. Je compte toujours le faire, mais merci de m’avoir prévenue pour ces défauts qui gâtent l’expérience de jeu.

  4. Il faudrait remanier ça avec une mise à jour alors, adopter le système d’Okami, ou le rendre compatible clavier/souris. Ils auront tenté d’utiliser la manette, dont Sony nous promettait une telle innovation sur PS4, ça allait être quelque chose, à part vider la batterie de la manette plus vite. Sacré Sony, il est loin le temps de la révolution. Je n’ai que terraway(jeu vraiment géniale-coup de cœur ce jeu) qui utilise les fonctions de la manette et ce n’est pas si simple au début de prendre ce genre de gameplay en main car effectivement c’est super sensible et tu es là comme un con à bouger ta manette à gauche et puis tu penches à droite et finalement c’est pas évident pour faire de simple action dans le jeu. J’arriverai peut-être à m’adapter à concrete genie , il coûte pas trop chère alors ça va encore…

  5. Dommage car y a de bonnes intentions derrière ce jeu… Mais en effet si le jeu est trop dirigiste c’est pas top. Les développeurs auraient du aller au bout de leur idée au lieu de pondre un jeu qui est finalement assez « passe-partout ».

  6. Je comprends ce que tu veux dire… C’est frustrant quand on a vraiment envie d’aimer une oeuvre mais qu’on arrive pas à accrocher… Ça m’a fait le même effet pour certains film. Le film est magnifique, le cast et leur jeu est à tomber, l’histoire est bien mais tu sens qu’il y a quelque chose qui ne colle pas; le ton est froid et ne te laisse pas rentrer dans l’histoire. C’est ce que j’ai ressenti pour le film Foxcatcher en tout cas, un jeu ça ne m’est encore jamais arrivé ^^’.

    • Haha, oui et faut simplement reconnaitre que certaines œuvres ne sont pas faites pour nous. Un peu comme pour une relation amoureuse, ce n’est pas parce qu’on rencontre une personne parfaitement compatible et en accord avec soi qu’il va y avoir une étincelle. #PsychologieDuSoir ^^

  7. Malheureusement avec les innovations, ça laisse un schéma dans lequel ça passe ou ça casse. C’est un peu manqué cette fois malgré de bonnes idées.

    Le concept de base fait penser aussi Infamous First Light pour l’aspect rendre des couleurs à la ville.

    Cet aspect était très bien utilisé également dans The Saboteur, ou les couleurs revenaient une fois l’oppression de l’occupant éloignée.

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