Comment amorcer ce test de Horizon Zero Dawn ? Malgré la quarantaine d’heures passées sur la nouvelle exclusivité PS4 de Sony Interactive Entertainment, me voilà atteint du syndrome de la page blanche… Comment est-ce possible ? J’avais pourtant tellement de choses à vous dire ! Peut-être que le problème vient de là. Peut-être que mon cerveau est noyé sous une tonne d’informations contradictoires qui m’empêchent de réaliser une analyse constructive et logique. Peut-être que je n’arrive pas à me décider. Vraiment, je ne saurais expliquer pourquoi j’éprouve tant de difficultés à rédiger ce test en particulier alors que tant d’autres lui ont précédé. Bon allez Eric, tu te dois d’être à la hauteur d’un tel jeu ! Alors ressaisis-toi, rassemble tes pensées. Mais sois juste, précis, honnête. Okay. Je crois que je suis prêt. Place à mon test de Horizon Zero Dawn, titre développé par Guerrilla Games.

Horizon Zero Dawn : un jeu vidéo apocryphe ? 

Tout d’abord, je pense qu’il faut voir Horizon Zero Dawn comme un jeu intelligent qui a puisé sa source d’inspiration auprès des plus grandes licences : Far Cry, Monster Hunter, The Witcher, Mass Effect… le premier titre majeur de Guerrilla Games depuis Killzone s’appuie sur les qualités de ses prédécesseurs pour n’en conserver que le meilleur et uniformise chaque aspect avec une cohésion impressionnante. Mais même si l’équipe siégeant à Amsterdam est parvenue à magnifier le tout avec brio, c’est la réunion du savoir-faire des autres développeurs qui rend Horizon Zero Dawn aussi spécial et unique en son genre. Honnêtement, j’ai le drôle de sentiment que Horizon Zero Dawn ne devra son succès qu’à une sorte d’opportunisme, le jeu produit en Hollande se réappropriant sournoisement le travail des autres mais le faisant avec une certaine élégance. Dire que je m’étais promis de ne pas commencer ce test de Horizon Zero Dawn par un aveu négatif. Eh bien c’est loupé ! Mais il fallait que je vous en fasse part…

Test de Horizon Zero Dawn (PS4)
Tomb Raider, Far Cry Primal, les arcs sont à la mode ces derniers temps… Why not !

Il se trouve que rétrospectivement, cette exclu PlayStation ne propose rien de transcendant par rapport aux autres jeux en open world que vous avez certainement déjà découverts. On y trouve pléthore de quêtes annexes, on y affronte d’énormes monstres, on y confectionne des armes artisanales, on y débloque des aptitudes via un arbre de compétences, on y terrasse des ennemis à force de discrétion ou à grands renforts d’armes destructrices et bruyantes. Le jeu a même osé plagier le concept des tours radio d’Ubisoft : une fois ces dernières réquisitionnées, on cartographie instantanément l’ensemble de la zone environnante, ce qui nous permet de progresser de manière plus rapide et logique. Rien de bien nouveau en soi même si Horizon Zero Dawn a le mérite de jouer la carte de la polyvalence et le fait, qui plus est, sans le moindre faux pas. Reste qu’il est ardu d’établir l’authenticité de Horizon Zero Dawn.

Une ambiance mystique et captivante…

Certes Horizon Zero Dawn emprunte beaucoup à ses prédécesseurs, mais le titre de Guerrilla Games possède une force incroyable qui le rend unique : son ambiance ensorcelante, sensationnelle. C’est en effet là l’une des principales forces du jeu ! Sur une planète bleue où la nature semble avoir repris tous ses droits, l’humanité tente de subsister tant bien que mal. Tout ce que l’on sait au début de l’aventure, c’est qu’une calamité sans nom a semé le chaos sur Terre, éradiquant tout concept braudélien de civilisation. Des tribus éparpillées ici et là mènent une existence primitive tout en s’efforçant d’éviter le courroux d’un bestiaire mécanique capable de faire preuve d’une rare hostilité envers toute forme de vie organique. Mais comment ces machines ont-elles fini par se retrouver ici ?

Test de Horizon Zero Dawn (PS4)
Eh bien dites donc… Avouez que nous avons là affaire à de bien grosses bebêtes !

L’anachronisme dans lequel Horizon Zero Dawn nous plonge fait instantanément mouche. Des êtres humains qui chassent gibier et robots en peau de bête dans un monde futuriste, cela n’est pas très courant et le jeu parvient sans peine à nous captiver. Les tenues très dépaysantes des protagonistes, l’architecture des bâtiments laissés à l’abandon, souvenirs impérissables du passé, renforcent une immersion débordante de réalisme. Et cela est sans compter le design des mécanimaux et l’univers tout simplement remarquable dans lequel on est plongé. La diversité des paysages, qui incorporent sommets montagneux enneigés, jungles denses et luxuriantes, déserts vastes et arides, suffisent à faire de Horizon Zero Dawn un jeu remarquable. Qui plus est, le soft affiche une hétérogénéité incroyable en termes de contenu : au fil de l’aventure, le joueur est amené à découvrir des lieux très différents mais finit aussi par côtoyer des cultures extrêmement variées, chacune traversant un stade de développement qui lui est propre. Horizon Zero Dawn est donc profondément humain et nous ouvre littéralement l’esprit en abordant des thèmes multiples, ce qui nous pousse à réfléchir un minimum.

Aloy : une héroïne forte et sublime !

Impossible de ne pas mentionner Aloy dans ce test de Horizon Zero Dawn. L’héroïne du jeu est de toute beauté. C’est un personnage fantastique, une chasseuse déterminée avec une personnalité légèrement sarcastique. Très naïve au début de l’histoire, elle finit peu à peu par se laisser envahir par une certaine aigreur qui accentuera son cynisme, ce qui lui donne dans le même temps un charme inéluctable. L’évolution de la personnalité du personnage est donc très intéressante ; c’est un véritable plus qui rend la narration plus surprenante et touchante. Autrement, on a la possibilité dans Horizon Zero Dawn de réagir à certaines situations conflictuelles de manière plus ou moins agressive. Toutefois, selon nos choix, la belle Aloy peut aussi faire preuve de retenue voire de sensibilité. J’ai beaucoup apprécié cette fonctionnalité, qui a le mérite de s’intégrer parfaitement dans les scènes de dialogue et les cutscenes.

Test de Horizon Zero Dawn (PS4)
Forcément, au cas où, il y aura toujours un mec pour accompagner la belle rouquine !

J’ai aussi beaucoup aimé la présence de personnages secondaires charismatiques aux côtés d’Aloy. Le chasseur de récompense Nil, qui est particulièrement affable en dépit de ses traits sociopathes, fait partie des personnages les plus intimidants du jeu. Toutefois, le protagoniste que j’ai le plus apprécié est Rost. Faisant office de figure paternelle, j’ai été très impressionné par sa sagesse, son humilité à toute épreuve et son dévouement infaillible. C’est le mentor que tout le monde rêverait d’avoir je crois !

Tout simplement un modèle d’open world

Autre chose que je suis obligé d’évoquer dans ce test de Horizon Zero Dawn : la notion d’open world. Eh bien je vais être honnête avec vous : je crois bien que c’est le meilleur jeu à monde ouvert qu’il m’ait été donné d’essayer ! Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à participer à des quêtes secondaires, à récupérer des collectibles et à fouiller des ruines car dans la vaste map de Horizon Zero Dawn, on se sent tellement bien, tellement libre et tellement reconnaissant de pouvoir se déplacer dans un monde si prodigieux et poétique ! Autour de nous, tout est magnifique et vivant. Les décors sont bondés de végétaux remuant au gré du vent, de rochers et collines apportant authenticité et relief à l’image. Les effets de lumière sont splendides et si vous prenez le temps de regarder autour de vous et de changer d’angle de vue, vous vous amuserez à manipuler les bokeh à la manière d’un photographe prêt à immortaliser Dame Nature dans toute sa splendeur. Le Mode Photo est là pour ça !

Test de Horizon Zero Dawn (PS4)
Aloy se déplace discrètement, dans la pénombre, prête à surgir sur sa proie…

Bien entendu, la map de Horizon Zero Dawn est un immense terrain de jeu dans lequel vous pourrez jongler entre différentes phases de gameplay : déplacements furtifs, escalade, descente en rappel, éliminations discrètes, combats au corps-à-corps nerveux, looting, hacking, de nombreuses options s’offrent à vous et au fur et à mesure de votre progression, vous débloquerez des compétences uniques qui vous donneront un certain avantage sur le terrain. Encore une fois, ces compétences me rappellent de nombreux autres jeux comme Rise of the Tomb Raider ou encore The Witcher 3. Ici aussi, vous pourrez améliorer votre armement auprès de marchants voire crafter votre propre arsenal pour monter en puissance. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne se lasse pas de rendre Aloy aussi forte que possible. 

Potentiel jeu vidéo de l’année ?

Certes l’IA des ennemis humains est parfois aux fraises (eh oui, Aloy ne combat pas constamment des machines) et la synchronisation labiale laisse par moment songeur, mais ce sont là les seuls défauts que j’ai trouvé à ce jeu qui frôle la perfection à quasiment tous les niveaux. Horizon Zero Dawn est une perle rare, notamment sur le plan artistique. Que l’on soit fan ou non du coup de crayon de Guerrilla Games, on ne pourra pas nier le talent de ses dessinateurs et game designers. Le mariage des styles est d’une cohérence époustouflante et tout est extrêmement harmonieux. J’ajouterai également quelques mots sur l’OST du jeu, qui est globalement un succès et qui utilise des instruments nobles (percussions, harpe et flûte traversière entre autres). Le thème principal du jeu est particulièrement enivrant et il y a fort à parier qu’il vous restera dans la tête pendant de longues heures une fois la console éteinte. En somme, il sera difficile de rester indifférent devant la grande sensibilité de ce jeu !


Le premier coup d’essai de Guerrilla Games dans l’open world se solde incontestablement par un succès. Le studio néerlandais nous offre un jeu souverain dans sa catégorie, un jeu construit sur les fondements du genre mais qui ne fait jamais dans l’exubérance. Si la diversité dans ce titre est bien réelle, dans ses quêtes, missions et mises en situation, c’est l’incroyable cohésion de l’expérience dans son ensemble qui rend les pérégrinations d’Aloy particulièrement formidables. Parmi les principales forces de Horizon Zero Dawn, on trouve un gameplay solide et dynamique, une direction artistique aux petits oignons, un scénario SF bien rôdé, un univers riche et une musique envoûtante, tant d’éléments qui donnent une vraie âme au titre et qui permettent à Guerrilla Games, longtemps cantonné à Killzone, d’enfin se tourner vers de nouveaux horizons.

LA NOTE DE LA RÉDACTION
  • Gameplay - 9/10
    9/10
  • Durée de vie - 9/10
    9/10
  • Graphismes - 9.5/10
    9.5/10
  • Scénario - 8.5/10
    8.5/10

Les plus et les moins

✔︎ Techniquement très, très solide.
✔︎ Artistiquement prodigieux !
✔︎ De vraies sensations de découverte.
✔︎ La scénarisation des quêtes annexes.
✔︎ Un univers riche, vivant et réaliste !
✔︎ Aloy, la plus belle rousse du jeu vidéo !
✔︎ L'OST tantôt enivrante, tantôt mystique.

✘ Des animations faciales un peu statiques...
✘ Une IA parfois très incohérente.
✘ Trop d'idées empruntées à la concurrence ?

9.0/10

Eric Lemattre

Photographe et cinéaste amateur d'origine mauricienne (je suis très fier de ma double nationalité), je suis journaliste de métier et fondateur de Je suis un gameur.com. En fait, plus complet que moi sur le marché, y'a pas.

15 Commentaires »

  1. Voilà un test qui confirme un peu tout ce que laissait présumer le jeu 🙂 De nos jours, tout le monde s’inspire un peu de tout le monde, donc tant que cela reste bien fait et au profit d’une bonne ambiance, cela me va perso. Je le tenterais à l’ocaz (là un peu à sec).

    • Salut Rick ! Merci pour ton commentaire ! Oui, c’est ce qui est assez rebutant dans ce jeu. Il tire son inspiration de nombreux titres. Malgré tout, il reste unique, c’est vraiment un excellent jeu, le meilleur sur PS4 en ce qui me concerne. Quand tu te seras refait une santé financière, donne lui une chance !

      • Coucou Eric. Mais de rien voyons 😉 Pourtant la PS4 a déjà pleins d’excellents jeux, enfin après, les goûts et les couleurs. Dans mes meilleurs, je place The Witcher 3, Steins;Gate 0, Yakuza 0, Bloodborne. Mais je le testerais, je l’attendais depuis son annonce.

  2. Je ne peux pas lire le test, je ne connais rien du jeu, il a quoi comme durée de vie sans le platiner?
    Bon maintenant GO sur le prochain Killzone parce qu’avec tous ça on a perdu du temps!

    • Justement amigo, si tu ne connais rien du jeu, lis le test, en plus il est garanti “No Spoil”. Je dirai une quarantaine d’heures pour terminer l’histoire principale et toutes les quêtes annexes !

  3. Magnifique test! Franchement quand je vois ce que vous pouvez écrire les gars vous avez largement le potentiel pour bosser dans la presse spé! J’ai appris plein de nouveaux mots grace à toi Eric : apocryphe, braudélien etc…. Merci! Vu la vidéo de gameplay ce jeu a l’air d’être une tuerie j’ai qu’une hate Y JOUER !!!!

  4. Merci pour le test Eric, vraiment chouette comme nouvelle licence ! Si le mois de mars n’était pas aussi chargé, j’aurais probablement sauté dessus… j’ai hâte de le faire d’ici 2/3 mois :O

  5. Haha je crois qu’on a le même avis, je vais faire un C/C de ton article sur mon blog. xD
    Je suis à une trentaine d’heure de jeu et il doit me rester une 9 quêtes principales à faire. Et pourtant je pourrais déjà en faire une critique complète sur mon blog. C’est vrai que dans la forme, il n’a rien d’extraordinaire. Mais dans le fond… C’est quand même le pied. 😀

  6. Très bon test du jeu, même si j’ai encore trop peu avancé pour donner mon propre avis. Je te rejoins dans bien des idées, et notamment dans celle que Rost est le mentor idéal. Horizon a de très bonnes critiques, et est d’ailleurs comparé au dernier Zelda, au niveau de l’open world et de la polyvalence des “idées empruntées” qui en font des jeux si “complets” et “parfaits”. Il est intéressant de se demander à partir de quel moment une succession d’idées empruntées devient un ensemble de leitmotivs voire de codes du genre. A très vite.

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