Pour mon dernier jeu de l’année, je te propose un test de The Wanderer: Frankenstein’s Creature. Il s’agit d’une production française (je ne dis pas « cocorico », je te rappelle que je suis suisse, je laisse le soin à Emi et Eric de faire les fiers patriotes), créée par La Belle Games et éditée par Arte (comme Alt-Frequencies ou Bury me, my love), qui vient de sortir fin octobre sur PC, Switch et mobile. Tu t’en doutes d’après le titre, il offre une adaptation de Frankenstein, le roman de Mary Shelley. Alors, est-ce que le résultat est concluant ? On va voir ça ensemble ! Merci à ICO Partners pour sa confiance !

Une nouvelle approche de l’histoire de Frankenstein

Si tu n’es pas familier avec l’histoire de Frankenstein, laisse-moi te la présenter en quelques mots. Le jeune scientifique Victor Frankenstein parvient un jour à créer un être doué de vie à partir de bouts de chairs mortes. Il fuit sa créature devant la laideur de celle-ci, mais elle va le poursuivre : on comprend rapidement qu’elle est rejetée par la société, désespérément seule, et que son créateur représente son seul espoir de donner un sens à son existence. On est donc sur un scénario bien tragique et à tendance horrifique (en tout cas à l’époque), construit sous forme de roman épistolaire. 

the wanderer frankenstein's creature test
Les phases d’apprentissage de la créature, qui découvre son environnement.

Pour cette adaptation, l’angle d’approche est différent : on se concentre exclusivement sur la créature (qui n’est donc pas Frankenstein, malgré l’amalgame habituel) et on assiste à son éveil, à sa recherche de compagnie et à sa quête identitaire à mesure que les portes se ferment devant elle et qu’elle se confronte à la haine des gens. Sans surprise, ça apporte une grosse dose d’humanité à ce monstre, et on peut même tenter d’influencer sa route et son état d’esprit à travers plusieurs choix de dialogues tout au long de son parcours.

Un magnifique écrin pour cette revisite

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’esthétisme de ce jeu, charmant mélange de peintures à la mode du XIXème siècle et de mélodies orchestrales oniriques. Il y a une belle intelligence dans la composition des scènes, avec un jeu autour de la peinture qui souligne agréablement le récit. Le visuel est vraiment au cœur du jeu, puisque l’état d’esprit de la créature a un impact direct sur les tons de couleurs et l’ambiance générale du tableau. Ainsi, les passages de douleur et de souffrance entraîneront des décors en noir et blanc oppressants, alors que les moments d’espoir te font évoluer dans des paysages chatoyants.

frankenstein's creature test
Changement d’ambiance radical selon l’état d’esprit de ton personnage !

On a également droit à des jeux visuels, par exemple lorsque ce qui t’entoure apparaît progressivement au gré de tes déplacements pour que tu découvres ton environnement en même temps que ton personnage. Le passage des saisons est spécialement réussi, l’émotion de l’histoire est soulignée par la direction artistique, bref, l’ensemble du jeu envoie du bois sur le plan esthétique, aucun doute là-dessus et je tenais à ce que ce test de The Wanderer: Frankenstein’s Creature marque bien ce point !

Un game design plutôt timide

Je n’ai malheureusement pas autant d’éloges à faire pour l’aspect ludique de ce titre. On est sur un Point’n’click vraiment classique, avec très peu d’interactions, beaucoup de déplacements et une liberté principalement restreinte aux choix de dialogues. Cela ne m’a pas tellement dérangée compte tenu de la durée de vie du jeu (le scénario se termine en deux heures), mais la lenteur du personnage et la simplicité des énigmes que tu croises peuvent engendrer un poil d’impatience par moments. 

frankenstein's creature pc
Les titres des chapitres sont sublimes.

Par contre, si je connaissais déjà l’histoire dans les grandes lignes, j’ai quand même pris du plaisir à la redécouvrir sous cette forme et à influencer certains rebondissements. Il existe plusieurs fins, avec des changements assez profonds, je suis donc satisfaite sur ce plan ! Sur l’aspect formel, je tiens quand même à souligner que la version française n’est pas toujours optimale (je me demande si le jeu n’a pas d’abord été codé en anglais puis traduit, malgré l’origine française du studio), avec quelques fautes d’orthographe et quelques formulations peu claires (ce qui peut s’avérer pénible au moment de faire un choix narratif). C’est du détail, mais pour un jeu centré sur l’histoire et inspiré d’un roman, je trouve que ça mériterait un poil plus de soin.


Bref, c’est un joli voyage que te proposent La Belle Games et Arte et une revisite du mythe de Frankenstein qui fonctionne bien au niveau narratif. Malheureusement, mon test de The Wanderer: Frankenstein’s Creature met aussi en avant quelques points moins enthousiasmants, notamment le manque d’aspect ludique et les lourdeurs stylistiques. Mais pour un jeu aussi court, il ne faut pas que cela te rebute si le sujet t’intéresse ! Pour te faire ton propre avis, tu peux d’ailleurs jouer gratuitement au prologue, ce qui est une super initiative de la part du studio. Alors laisse-toi charmer par l’ambiance de ce jeu ! Et tiens-toi prêt pour le Quizz de Noël !

La note de la rédaction
  • Graphismes - 9/10
    9/10
  • Gameplay - 4/10
    4/10
  • Scénario - 8/10
    8/10
  • Durée de vie - 7/10
    7/10

Les plus et les moins

✔︎ Une esthétique soignée, images et musique au top !
✔︎ Une réécriture intéressante du roman original.
✔︎ Plusieurs fins possibles.

✘ Un game design un peu faible.
✘ Quelques maladresses de langage.

7.0/10

Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

10 Commentaires »

  1. Pourquoi pas, c’est vrai que les couleurs sont belles quand on les voit les images, après j’aurais bien essayé le prologue mais je parie que mon pc va le faire tourner au ralenti. Même des petits jeux il n’est pas assez puissant, c’est une mBIPBIPde ^^. Et pour la switch je vais tenter de la prendre en 2020

    Bonne fête de fin d’année à toi Coline celle qui se trouve en haut de la montagne ou Colin Mcrae

    • Aïe, oui, si ton PC galère même avec ce jeu, c’est mal parti ^^

      Aaah bon investissement la switch ! Y a un joli catalogue indé héhé

      Bonne année à toi aussi, désolée d’avoir répondu si tard ! J’ai perdu le fil avec les fêtes 🙂

  2. Un jeu clairement sur ma liste depuis que j’ai lu une super présentation sur Pixel Life Stories. Les faiblesses que tu relèves me surprennent pas tant que ça et les qualité que tu pointes me confirment que je vais probablement aimé l’aventure. Et puis, à la base, j’adore le roman de Shelley (et même si j’ai beaucoup d’affection pour les adaptations de James Whale, je dois avouer que mon amour va surtout à celle de Branagh).

  3. Les images sont belles, c’est très poétique. Ton très bon test nous donne envie de nous plonger dans cette réadaptation. Je ne savais pas qu’Arte avait un pôle jeux vidéo. C’est cool qu’ils supportent ce genre de projets car ils apportent vraiment quelque chose de neuf et d’authentique à notre média favori.

  4. Il est vrai que le jeu semble minimaliste, même si le design est joli. Par contre, adorant le mythe et le livre en question, je me laisserai sûrement tenter. En quelques mots, un grand merci pour cette découverte !

  5. Entre les images, la musique, la direction artistique, la revisite de Frankenstein…je signe directement ! Ce serait génial si tous les classiques de la littérature pouvaient être revisités ainsi ! Ce serait même un rêve…

Laisser un commentaire