Pendant des années, le multijoueur en ligne a semblé avaler tout le reste. Jouer avec un ami à l’autre bout du pays, rejoindre une partie en quelques secondes, grimper dans des classements mondiaux… Sur le papier, difficile de faire plus pratique. Et pourtant, malgré tous les avantages du online, beaucoup de joueurs ont fini par ressentir un petit manque.
Ce manque, c’est celui du canapé. Des manettes qu’on s’échange à tour de rôle. Du regard lancé à son pote après une chute ridicule. Du « mais pourquoi tu as appuyé là ? » suivi d’un fou rire. Car le jeu vidéo a beau être devenu plus connecté que jamais, il reste parfois bien meilleur quand on a la chance de partager le même écran ! Et c’est justement pour cette raison que les jeux en coopération locale reviennent dans les discussions.
Jeux de plateforme, party games, puzzles coopératifs, aventures pensées pour deux ou quatre joueurs… Le plaisir ne vient pas seulement du gameplay, mais de ce qui se passe autour. Dans un univers numérique où l’on passe d’un stream à une boutique, d’un forum à spinboss, puis d’un téléchargement à une mise à jour obligatoire, les jeux qui ramènent tout le monde face au même écran rappellent une chose simple : jouer ensemble, ce n’est pas seulement être connecté, c’est vivre un vrai moment de partage.
PlayStation et la fin du physique : un symbole qui passe mal
Cette envie de revenir à quelque chose de plus concret résonne avec l’actualité récente autour de PlayStation. Sony a confirmé l’arrêt de la production de disques physiques pour les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Les nouveautés sortiront ensuite en formats numériques uniquement, tandis que les jeux déjà sortis ou prévus en disque avant cette date ne sont pas concernés.
Pour les « vieux » joueurs, en particulier ceux qui ont grandi avec la PlayStation, la PS2, la GameCube ou la première Xbox, le symbole est difficile à avaler. Une boîte, un disque, une console que l’on ressort dix ans plus tard, une jaquette que l’on chérit, un jeu que l’on prête à un ami… tout cela constitue une manière très concrète de vivre le jeu vidéo.

Dans ce contexte, le retour du rétrogaming et de la coopération locale n’a rien d’étonnant. Ce n’est pas forcément un rejet du progrès, mais plutôt une réaction à une industrie qui pousse toujours plus vers le tout-numérique, quitte à laisser moins de liberté aux joueurs. Face à cela, certains veulent retrouver une idée plus concrète du gaming : posséder un jeu, le lancer sans détour, inviter quelqu’un chez soi et partager la partie dans la même pièce.
La nostalgie du canapé et de l’écran partagé
Pour beaucoup de joueurs, la coopération locale évoque des souvenirs très précis. Une soirée improvisée, une manette un peu fatiguée, un niveau recommencé cent fois, ou ce fameux ami qui jurait qu’il n’avait « pas fait exprès » de vous pousser dans le vide… Coline et Pierre-Yves, qui se sont par exemple bien amusés sur Biped, peuvent en dire quelque chose ! Eh oui, avant que le online ne devienne la norme, jouer ensemble signifiait souvent être ensemble. Et cette nuance change beaucoup de choses.
La nostalgie joue évidemment un rôle dans ce retour. Les générations qui ont grandi avec les consoles de salon recherchent parfois cette simplicité perdue. Pas de compte à créer, pas de salon vocal à rejoindre, pas de connexion à tester avant de lancer une partie. On allumait la console, on choisissait un jeu, et c’était parti. Simple, direct, efficace !
Mais réduire la coopération locale à un simple souvenir d’enfance serait très injuste. Si elle fonctionne encore aujourd’hui, c’est aussi parce qu’elle répond à un besoin très actuel. Car dans un quotidien saturé d’écrans séparés, de notifications et d’interactions à distance, jouer dans la même pièce a quelque chose de presque rafraîchissant. Le jeu redevient un moment commun, pas seulement une activité individuelle pratiquée en parallèle.
Les jeux en coopération locale transforment l’échec en fou rire
La coopération locale fonctionne surtout quand elle laisse de la place à l’imprévu. Ce n’est pas seulement une question de jouer à plusieurs sur le même écran, mais de provoquer ces petits moments où tout le monde se parle en même temps, où un geste mal calculé fait dérailler le plan, et où l’échec devient presque aussi drôle que la réussite.
On retrouve tous ces ingrédients dans des jeux comme Overcooked ou Moving Out, ainsi que dans les jeux de plateforme coopératifs et les puzzles à deux. Une action toute simple peut devenir hilarante dès que son accomplissement dépend de deux personnes ! Porter un objet, activer un interrupteur au bon moment, éviter toutes sortes de pièges ou répartir diverses tâches peut suffire à transformer une partie en joyeux bazar. Et soyons honnêtes : ce sont souvent ces moments-là que l’on retient. Pas vrai, Coline et Pierre-Yves ?

Les jeux en coopération locale ont cette rare capacité à rendre l’échec amusant. En ligne, une erreur peut vite agacer, surtout avec des inconnus. Sur le canapé, ce n’est pas pareil ; ça amuse tout le monde ! Cette complicité est impossible à reproduire à distance. Car si le micro permet de parler, il ne remplacera jamais la présence de l’ami qui joue avec vous. Il ne remplace pas non plus le rire qui part au quart de tour, la tension qui monte quand tout le monde sait que la prochaine erreur va coûter la victoire, ou le plaisir bête et méchant de célébrer une win en levant les bras à l’unisson.
Une formule idéale pour les familles et les joueurs occasionnels
La coopération locale a aussi un avantage énorme : elle reste très accessible. Elle permet à des joueurs de niveaux différents de partager une partie sans que l’un ait l’impression de subir l’autre. Un joueur plus expérimenté peut guider, expliquer, protéger ou rattraper les erreurs du débutant, qui peut, lui, apprendre tout en s’amusant, sans se faire broyer par un matchmaking impitoyable.
C’est ce qui rend les jeux en coopération locale aussi efficaces en famille, en couple ou entre amis. Tout le monde n’a pas besoin d’être bon pour passer un bon moment ! Je me souviens encore de nos longues sessions sur Rayman Origins avec ma compagne, aux débuts de notre relation. On ratait des sauts, on se gênait sans arrêt, on recommençait les niveaux plusieurs fois… et c’étaient pourtant des moments mémorables.
C’est peut-être là que se trouve la vraie force de ce retour de la coopération locale. Celle-ci nous rappelle que le jeu vidéo n’a pas besoin d’être massif, compétitif ou connecté au monde entier pour marquer les esprits. Parfois, il suffit simplement de quelques manettes, d’un canapé, d’un bon jeu et de personnes avec qui partager le moment.
À l’heure où le disque physique s’efface peu à peu (PlayStation, tu te tires une balle dans le pied !) et où une partie du jeu vidéo semble se dissoudre dans les comptes, les boutiques et les serveurs, ce retour au jeu local a quelque chose de précieux. Il ne s’agit pas d’un refus du progrès, mais d’une façon de revenir à l’essentiel : se rappeler que le plaisir de jouer ne tient pas seulement à la technologie, mais surtout aux gens avec qui l’on joue.








6 réponses
En ce moment, j’ai mal à mon jeu vidéo, entre l’arrêt du support physique ou de certaines VF, à cause de l’IA. Et c’est vrai que les jeux multi locaux me manquent, et ce depuis bien des années. Heureusement, il en existe encore.
J’aurais espéré que la mise en lumière de It Takes two, il y a quelques années, joue en notre faveur, mais pas tant que ça.
L’industrie se fait trop d’oseille avec le mode en ligne… On va penser à une certaine ère du jeu vidéo avec nostalgie, quitte à devenir de vieux cons. Tant pis !
Coucou Flo,
Je compatis, et je suis tout aussi malheureux que toi…
Je peux comprendre que de gros constructeurs comme Sony traversent actuellement d’importantes difficultés économiques, mais il arrive un moment où le manque de respect envers les joueurs historiques n’est tout simplement plus acceptable.
Je rejoins volontiers la « team des vieux cons », ça ne me pose aucun problème ! Je compte bien boycotter PlayStation et tous les autres acteurs de l’industrie qui poussent vers la disparition du jeu physique. À la limite, même me consacrer uniquement au rétrogaming ne me dérangerait pas.
J’ai accumulé tellement de jeux auxquels je n’ai encore jamais touché que je pourrais facilement passer les dix ou quinze prochaines années à ne jouer qu’à des « vieux jeux » !
Le multi local c’est le jeux de société moderne. L’envie est toujours là, s’il disparaît on continuera à jouer au Uno! Ça crée tellement de souvenirs.
La quintessence de tout ce que ça représente restera pour moi Mariokart. A 2 à 4 en écran splitté, en équipe où non, du pur délire. Cette carapace bleue qui a brisée tant d’amitiés, cette peau de banane laissée là nonchalamment, Bowser qui pousse toad dans le vide…
Puisque tu parles de l’arrêt du physique, crois tu qu’ils continueront quand même les collectors physiques?
Salut Eteur,
Tu as raison, si le multijoueur local disparaît, il nous restera toujours les jeux de société ! Personnellement, je joue encore beaucoup aux cartes, notamment avec mes enfants. Et puis, le Uno, c’est indémodable.
Ah oui, Mario Kart, évidemment ! Mario Kart 64, sur émulateur PC, nous a accompagnés mes potes et moi pendant toutes nos années à la fac. Bordel, j’étais monstrueux en mode Battle !
Je pense qu’ils continueront à produire des éditions collector physiques, mais qu’il n’y aura tout simplement plus de disque à l’intérieur. De toute façon, je trouve que la qualité des collectors n’a cessé de baisser ces dix dernières années…
Il n’y a plus assez de jeux en coop, que ce soit en local ou en ligne. Par contre les jeux d’opposition sont toujours d’actualité.
Il m’arrive de faire un p’tit Mario Kart, un FIFA ou un NBA2K en local chez la famille ou les copains. Ça reste du casual gaming mais ce sont toujours de vrais moments de partage. On trouve pas forcément ça dans le online c’est vrai.
Pour le reste je partage vos avis à tous : la fin des jeux physiques est un crève coeur pour notre génération. C’est la fin d’une ère et ça fait mal. Car on a l’impression de mourir en même temps que nos jeux adorés sur cartouche et CD.
Salut Bruno,
Oui, c’est malheureusement un constat.
Jeux coopératifs ou compétitifs, l’essentiel reste de s’amuser et de créer du lien. Moi aussi, j’adore ces moments où tu vas chez un copain et qu’on lance une partie en écran partagé, juste pour le plaisir, quel que soit le jeu.
Tu résumes parfaitement ce que ressentent les joueurs comme nous ! C’est comme si tout ce qui nourrissait notre passion s’éteignait peu à peu. Mais la disparition annoncée du format physique, c’est vraiment le coup de massue…