The Little Acre est un titre développé par Pewter Games Studios et paru le 13 décembre 2016.  Il s’agit d’un Point N’Click où l’on incarne Aidan, un homme vivant seul avec son père, Arthur, et sa fille, Lily. Cependant, tout ne va pas pour le mieux, Arthur a disparu. Aidan et sa fille vont donc partir à la recherche du grand-père bien malgré eux. Il faut préciser que le studio qui a développé le jeu est un studio irlandais, ce qui va y transparaitre plutôt fortement. L’inspiration irlandaise du jeu est omniprésente. Par exemple, les protagonistes habitent dans une petite chaumière typiquement irlandaise au milieu des champs et des moutons. D’aucuns diront qu’ils sentent un doux fumet de stéréotype, mais, personnellement, j’ai été conquis par l’ambiance. En passant, merci à Pewter Games Studios pour nous avoir permis de tester le jeu. Maintenant, place à notre test de The Little Acre !

Vogue la galore

Dans The Little Acre, on commence par le commencement. Aidan est allongé dans son lit. C’est le matin. Sa fille dort non loin de lui dans un autre lit. Première mission : ne pas la réveiller. Certaines remarques de notre personnage permettent de comprendre que Lily n’est pas du matin et que la réveiller trop tôt fait courir de graves dangers à l’instigateur du réveil non voulu. Il faut dire que les développeurs ont fait du très bon boulot. Comme dans la plupart des Point N’Click, la narration est indispensable à une bonne expérience de jeu, étant donné qu’elle permet d’orienter les actions du joueur. Ainsi, grâce à des entourloupettes linguistiques, le titre amène plus ou moins subtilement le joueur à prendre conscience des possibilités qui s’offrent à lui.

Test de The Little Acre
Sont-y pas mignons tout plein ces p’tits bonhommes ?

Dans le premier tableau, Aidan est donc allongé et doit s’habiller en évitant de réveiller LA BÊTE. Pour ce faire, il faut éviter de marcher sur le plancher. En effet, le personnage principal nous apprend qu’il grince. En bon Sherlock O’Holmes, on prend un malin plaisir à observer les moindres recoins de la pièce avant d’entreprendre une quelconque action. Une fois la stratégie préparée, on peut se lancer, pour enfin remarquer que rien ne se passe comme on l’avait prévu… Bien que ce tableau ne soit pas bien compliqué, il a le mérite d’être drôle. Il faut en fait utiliser un vieux sandwich au poisson de la veille trouvé dans une veste pour donner mauvaise haleine au chien qui dort au pied du lit. Celui-ci se retourne ensuite pour faire profiter Lily de ses effluves pour le moins incommodantes et la pousse à changer de côté, ce qui permet à notre Aidan de récupérer le gilet sur lequel la petite dormait.

À partir d’un moment, on change de décor. Aidan, à la recherche de son père, va se retrouver propulsé dans un monde parallèle aussi étrange que dangereux, et dont la faune et la flore se révèlent sacrément singulières. Les créatures qui y vivent sont inquiétantes, leur apparence tranche d’ailleurs complètement avec l’ambiance générale du titre. Elles permettent d’apporter un contraste assez intéressant, dotant ainsi le jeu d’une atmosphère originale.

Harpe diem

Test de The Little Acre
Eh bien, on peut dire qu’il y a plus de bazar que dans ma chambre !

Après quelques minutes, force est de constater que le jeu n’est pas difficile, loin de là. Bien que les développeurs aient su, la plupart du temps, atteindre un équilibre entre défi et fluidité, la balance penche un peu trop souvent vers la simplicité. Cependant, cela peut présenter des avantages. Même les énigmes les plus loufoques s’avèrent plutôt logiques. Ce faisant, le titre évite certains travers que l’on retrouve dans Deponia ou encore Adventure Time : Finn & Jake Investigations par exemple, où certaines énigmes sont si capillotractées qu’il est presque impossible de trouver la marche à suivre sans guide. Ce qui nous permet de ne pas rester devant le même tableau pendant 20 minutes comme une andouille. La narration remplit tout à fait son rôle (un peu trop ?) en assistant le joueur et en lui indiquant plus ou moins subtilement les manœuvres à entreprendre.

Eh bien justement, parlons de cette narration. Les développeurs flirtent parfois avec le too much. On sent qu’ils veulent être certains que tout le monde pourra progresser dans le jeu sans trop de difficulté. Le personnage que l’on contrôle a donc tendance à commenter de nombreuses choses de manière un peu trop claire. On aimerait de temps à autre devoir se creuser les méninges pour enfin ressentir ce fameux « Euréka » que l’on apprécie tant, l’ivresse que procure le petit sous-entendu d’une phrase alambiquée que l’on a su percevoir, l’EMBRASEMENT DE l’ÂME ET DE LA CHAIR que… hum hum… bref, on est bien quoi… Si c’est bien là que réside l’un des principaux défauts du titre, cela n’entache pas l’expérience de jeu outre mesure. En effet, si l’on peut reprocher à la narration sa présence excessive, l’humour du jeu est quant à lui bien dosé. Dans The Little Acre, on est dans l’humour mignon qui parviendrait à arracher un sourire au plus revêche des ronchons.

Mieux que du Jameson 18 ans d’âge

Test de The Little Acre
Ah, ce bon vieux Dougal, le meilleur ami de l’homme !

En ce qui concerne les graphismes, il faut dire que l’on ne peut qu’être satisfait. La direction artistique est au poil. Tout est dessiné à la manière d’un dessin animé, ce qui fait un peu penser aux grands noms du Point N’Click comme Monkey Island ou Discworld pour ne citer que ceux-là. Les personnages sont attachants, qu’il s’agisse de Lily, Aidan ou encore Dougal, le chien. Le character design est tout simplement génial. Il en va de même pour la bande sonore atypique. Les musiques, somme toute classiques, permettent de profiter pleinement des magnifiques tableaux que les développeurs nous proposent. Le doublage, uniquement en anglais, est également de très bonne qualité.

Au plus grand bonheur des non-anglophones, le jeu est disponible avec les sous-titres français. Ceux-ci sont de bonne qualité, il n’y a pas vraiment de grosses maladresses de traduction. Ce qui est relativement rare pour les jeux indés, je tiens à le préciser. Ici, ils ont fait appel à une entreprise spécialisée dans la localisation de jeux vidéo, et ça se voit ! Le seul problème que j’ai relevé réside dans les traductions des paroles d’un personnage appelé Merr, celles-ci n’étant pas toujours très fidèles à sa manière de s’exprimer. Mais bon, pas de quoi entacher la note de ce test de The Little Acre !

Si proche, et pourtant si loin…

Test de The Little Acre
En voilà un qui n’a pas une gueule de porte-bonheur !

Et enfin, parlons de la durée de vie. Malheureusement, le jeu est extrêmement court. Il est possible de le finir en moins d’une heure, chose pour laquelle vous pouvez d’ailleurs gagner un trophée. En prenant mon temps, j’ai mis 1 heures 30, sans avoir recours aux indices. Pour ma part, je ne regrette pas l’expérience, mais le prix du jeu pourrait en rebuter certains : 13 € sur Steam. Enfin bon, quand on voit que certains Blu-ray coutent plus de 30 € pour 1 heure 30 de film, je me dis que cela reste tout de même acceptable, surtout quand on pense au travail fourni et à l’argent investi. Le jeu a fait l’objet d’une localisation faite par des professionnels du secteur, et rien que pour ça, j’adhère !


Dans l’ensemble, même si The Little Acre ne dépasse pas 2 heures de temps de jeu, ça n’en reste pas moins une très bonne expérience. Les personnages sont attachants et l’histoire, bien qu’elle mériterait d’être approfondie, est sympathique. Les graphismes sont fantastiques et nous font voyager en Irlande ainsi que dans un monde parallèle où rien n’est ce qu’il semble être.

La note de la rédaction
  • Gameplay - 7.5/10
    7.5/10
  • Durée de vie - 5/10
    5/10
  • Graphismes - 9.5/10
    9.5/10
  • Scénario - 8/10
    8/10

Les plus et les moins

✔︎ Une histoire courte mais intéressante.
✔︎ Des personnages attachants !
✔︎ Des graphismes au top !
✔︎ Une traduction faite par des pros !
✔︎ Des Irlandais sobres ?

✘ Une histoire trop, beaucoup trop courte !
✘ Trop facile...
✘ Des remarques du personnage parfois too much...

7.5/10

 


Pierre-Yves Houlmont

Ceinture noire d'haltérophilie en parachute et passionné par la généalogie des pommes de terre, j'ai décidé de devenir rédacteur dans le domaine du jeu vidéo ! Einstein ne nous a-t-il pas mis en garde contre les pierres ayant tendance à rouler ?

12 Commentaires »

  1. Eh bien je vais m’empresser d’aller le mettre dans ma wishlist Steam.. J’aime beaucoup les point’n click, et dès que tu as dit “irlandais” j’ai su que c’était pour moi 😉 Merci beaucoup pour la découverte qui va très certainement me plaire !

  2. Très bon test Pierre-Yves, tu arrives à parfaitement retranscrire le jeu, c’est agréable de te lire, on sent qu’on peut te faire confiance! donc du coup passer au porte-monnaie.
    Bravo ^^

  3. Magnifique test Pierre-Yves !!!! Eric ne s’est pas trompé en te recrutant 😉 J’ai passé un super moment en te lisant et ce jeu m’a l’air d’une vraie pépite même si la durée de vie n’est pas au rendez vous !

  4. Salut et Meilleurs Voeux pour 2017. Je découvre ton blog à l’instant et j’avoue que c’est une belle découverte. Car il est très intéressant. Si tu es aussi curieuse que moi alors viens découvrir le mien, peut-être y trouveras tu des choses intéressantes. Le Lien —–>
    Kmer Art Design

  5. Très bon test ! Ce jeu me dit bien !
    Est-ce que tu l’as testé sur PS4 ? Un point n’click sur console salon c’est facilement jouable sans souris ?

    • Merci 🙂
      Non, je l’ai testé sur PC, donc difficile de répondre à ta question. Le dernier point n’click auquel j’ai joué sur console, c’est Discworld II en 1996 sur PS1 ! L’ergonomie était alors un peu différente :p

      • A ouais ça date !! J’étais gamin à l’époque et Discworld II tout comme Les Chevaliers de Baphomet étaient des jeux trop durs pour mes potes et moi. On galérait pas mal… du coup je ne garde pas de souvenirs de l’ergonomie.

  6. Coucou. J’aime bien la description de ce jeu et même si je ne l’ai jamais essayé, ça donne envie de voyager. Du coup, je pense que je pourrais le tester pour voir ce que ça donne. Merci pour le partage ! 🙂

Laisser un commentaire