Ça fait longtemps que Eastward est dans mon collimateur, et j’étais heureuse qu’Eric parvienne à me trouver une clé. Les premières images de promotion laissaient imaginer un jeu d’aventure palpitant, dans un pixel art irréprochable, et comme premier jeu du studio indépendant Pixpil, le rendu semblait très impressionnant. C’est donc avec joie que j’ai rejoint Sam, John et toute une ribambelle de personnages à la conquête de l’Est ! Mais le jeu est-il à la hauteur de son identité visuelle ? C’est ce qu’on va essayer de décortiquer dans ce test de Eastward sur PC !

Eastward : bienvenue dans un univers post-apo

Le jeu démarre avec un magnifique dessin animé qui annonce la couleur : dans un futur proche qui voit la société s’effondrer progressivement, un travailleur de la classe ouvrière (John) découvre une jeune enfant plutôt mystérieuse à la longue chevelure blanche (Sam). Il décide de l’accueillir chez lui et tous deux s’entraident malgré un quotidien de dur labeur, de poussière et de pollution. Mais Sam a la fâcheuse tendance de parler de la surface, de ses pelouses vertes et de son ciel bleu… ce qui ne manquera pas de leur attirer des ennuis. Chassés de leur village par un maire despotique, les voilà envoyés en exil, et l’aventure peut commencer !

eastward jsug
Regarde la beauté folle de cette cinématique !

Autant te prévenir tout de suite : Eastward est un jeu extrêmement verbeux. L’histoire tient une grande place dans ses 25 heures de durée de vie, et il faut s’attendre à une quantité non négligeable de dialogues (qu’on ne peut pas passer). Au niveau du genre, on serait donc sur un jeu d’aventure narratif, qui s’inspire de géants comme Zelda et surtout Earthbound, et qui n’hésite pas à y faire des références directes tout au long de l’histoire. Tu le sais, j’aime beaucoup les jeux qui proposent un scénario fourni, donc j’étais d’autant plus curieuse de me plonger dans ce test de Eastward !

Son gros point fort : la direction artistique

Tous le monde s’accorde sur ce point à travers les différents tests et avis de Eastward que j’ai pu lire : les graphismes sont fabuleux. On est à l’apogée de ce qui peut se faire avec du pixel art, autant dans les décors et le souci du détail que dans le choix des couleurs et la création des atmosphères. Je suis personnellement moins sensible au character design, mais chaque personnage a une identité visuelle très marquée et soignée, qui le rend unique et immédiatement reconnaissable. Dans la même veine, j’ai beaucoup aimé la musique, qui s’inspire là aussi d’un style rétro tout à fait sympathique (et qui me rappelle par exemple certains thèmes de Drawn to Life ou des anciens Phoenix Wright, qui me plaisent beaucoup aussi). 

eastward test
Petit aperçu de Earthborn, le jeu dans le jeu.

La jolie cerise sur le gâteau, c’est le jeu caché dans le jeu, Earthborn, un RPG en tour par tour auquel joue Sam avec ses amis. C’est l’occasion de proposer un visuel rétro tout à fait sympathique, et il s’agit en réalité d’un vrai jeu entier qui pourra plaire aux nostalgiques ! De manière générale, tout est fait pour cultiver cette atmosphère nostalgique, justement, et il est fort possible que ça fonctionne davantage sur d’autres générations que la mienne (je me garde donc de trop appuyer ce point-là, parce que je ne suis pas vraiment la cible).

De très bonnes premières heures de jeu

En toute honnêteté, j’ai adoré mes premiers pas dans Eastward. L’histoire t’attrape directement, avec ce monde dont tu ne connais pas toutes les règles et plusieurs épisode mystérieux qui installent pas mal de suspense. L’univers est beau, les dialogues sont ciselés, la localisation est excellente (et je tiens à le souligner, c’est rare que la traduction française soit d’aussi bonne qualité dans les jeux indé !), le scénario se dévoile à un rythme agréable. On alterne les phases purement narratives, les déplacements (pour récupérer des objets ou parler à différents personnages) qui permettent d’apprécier les décors, et les donjons qui proposent une difficulté progressive et un gameplay plutôt original. Il y a aussi une bonne dose d’humour, entre les personnages espiègles et John qui se bat avec une poêle à frire. Non, vraiment, tout s’annonce pour le mieux dans mon test de Eastward.

eastward avis
La poêle est prête à en découdre !

Et donc, les premières heures passent plutôt vite : tu débloques des pouvoirs, des zones à explorer, tu rencontres un tas de personnages assez chouettes et attachants, tu testes des recettes de cuisine, tu prends tes marques. L’histoire met beaucoup l’accent sur la vie quotidienne, ce qui donne parfois l’impression étrange de faire des quêtes annexes alors qu’il s’agit du scénario principal, mais ça donne un certain cachet à l’ensemble (même si on peine parfois à comprendre les enjeux, quand on se retrouve à combattre tout un tas de monstres pour récupérer un poisson à cuisiner à un habitant du village…). Le jeu s’autorise ainsi des libertés inhabituelles, mais qui m’ont plongée dans un rythme doux et agréable, avec cette impression de me faire moi aussi un nid dans ce monde coloré et attachant.

Et ensuite… tout se gâte un peu dans Eastward

Le problème, c’est que le jeu a l’air de s’enliser dans la deuxième moitié. Les dialogues me semblent de moins en moins percutants, je commence à spammer le bouton pour essayer de les faire passer plus vite. J’ai de plus en plus de mal à suivre l’histoire et à en dégager une trame cohérente : on ouvre de plus en plus de pistes, on nous donne de moins en moins de réponses. Je commence à me dire que la durée de vie est rallongée artificiellement par des allers-retours incessants et des objectifs pas toujours logiques. Je fais plus attention qu’avant aux problèmes de gameplay et de maniabilité, je me lasse des ennemis répétitifs, des énigmes plutôt simples. Je ne sais plus trop ce qui m’ennuie le plus entre les phases d’action et les phases de scénario. Bref, je fatigue, et j’ai l’impression que le jeu fatigue aussi. Mon test de Eastward prend alors une direction décevante.

eastward pc
Quand je te disais que les images sont sublimes dans ce test de Eastward…

Et puis, malheureusement, la fin ne me convainc pas. Trop de portes restées ouvertes, toujours autant de mal à identifier l’intention générale de l’histoire, l’impression qu’on aurait pu être plus concis, ou choisir un angle d’approche plus clair, mettre davantage d’accent sur l’aventure ou basculer totalement dans le narratif et soigner davantage le scénario. Est-ce que les développeurs se sont perdus en route ? Est-ce qu’ils ont voulu mettre trop d’idées dans un même jeu, en noyant sa lisibilité au passage ? Ou est-ce que je n’ai juste pas les bons codes, du fait que je ne profite pas de cette grande vague nostalgique ? Je n’ai malheureusement pas de réponse à ces questions. Tout ce que je peux te dire, c’est que j’ai fini par me lasser, et que j’en suis la première désolée.


Du coup, je ne sais pas trop comment conclure ce test de Eastward. Le travail artistique est colossal, mais je trouve l’ensemble un peu désarticulé, redondant et rallongé artificiellement. Je recommande vivement les premières heures de jeu, mais je suis très déçue de la façon dont il évolue et de ce sentiment grandissant de ne pas comprendre ce que je fais, pourquoi je le fais, et ce qu’on essaie de me raconter. Je suis convaincue que Pixpil nous proposera des merveilles dans le futur, et mon test va à contre-courant de la presse vidéoludique donc ne te laisse pas décourager si tu penses qu’il pourra te plaire ! Et si tu penses que j’ai raconté plein de bêtises, n’hésite pas à me le faire savoir dans les commentaires, je serai ravie d’échanger et de faire de l’ordre dans mon propre ressenti. Dans tous les cas, merci encore à Pixpil et Chucklefish pour cette clé, et merci aussi pour cette première moitié de jeu tout à fait enthousiasmante !

La note de la rédaction
  • Direction artistique - 9/10
    9/10
  • Scénario - 5/10
    5/10
  • Gameplay - 5/10
    5/10
  • Durée de vie - 8/10
    8/10

Les plus et les moins

✔︎ Des graphismes au top !
✔︎ Un début enchanteur.
✔︎ Un titre très ambitieux.

✘ Un gameplay pas toujours maîtrisé.
✘ Une durée de vie un peu artificielle.
✘ Une histoire de plus en plus confuse.

6.8/10


6 Commentaires »

  1. J’ai joué et terminé Biomutant, c’est la même sensation que j’ai eu, trop généreux dans le contenu, remplis de bonnes choses. Ils ont voulu mettre trop de chose pour gonfler la durée de vie peut-être,alors que le jeu n’avait pas besoin de ça. Comme ici à priori, trouver le juste milieu dans tout.

    Je pardonne ce genre d’erreur, comme c’est un premier essai,et que le jeu a quelque chose dans le ventre et une propre personnalité.

    Vu comme ça le jeu que tu présentes,a l’air pas mal du tout. Je dirai plus d’aventure et moins de dialogue parce que j’aime l’action. Je ne peux t’aider , je n’ai point le jeu ^^

    • Pas joué à Biomutant mais effectivement, c’est pas toujours facile de trouver le bon équilibre !

      Oui, s’il y avait plus d’aventure et moins de dialogue, ce serait vraiment un super jeu ^^ Là il est quand même terriblement bavard haha

  2. Super test Coline ! Dommage que dans sa deuxième moitié le jeu t’ait laissé un arrière goût d’inachevé… En tout cas la direction artistique a l’air dingue.

  3. Encore un très beau et bon test que tu proposes là Coline, en toute honnêteté. C’est terrible quand un jeu qui semble aussi beau (les graphismes sont superbes) finit par autant s’enliser, au point qu’on ne rêve plus que d’arriver à la fin, en décevant toutes les promesses. Ils ont sans doute voulu mettre trop de choses et n’ont pu se résoudre à couper dans le gras qui aurait permis de mieux équilibrer le jeu.

    • Oh merci beaucoup ! Oui j’avais de grandes attentes sur ce titre, la déception est malheureusement proportionnelle 🙁 Cela dit, j’ai vu passer un tas de retours positifs, donc ne t’arrête pas à mon avis s’il te tentait ! 🙂

Laisser un commentaire