Test de Romeo is a Dead Man : amour, zombies et FBI galactique

Romeo is a Dead Man : Suda51 revient en mode multivers gore et romance cosmique, avec une mise en scène sans limites.

Il y a des jeux que l’on lance avec une petite curiosité tranquille, histoire de voir ce que ça donne. Et puis il y a les jeux de Suda51. Ceux que l’on démarre en sachant pertinemment que ça va partir dans tous les sens, mais en espérant secrètement que derrière le chaos, il y aura encore une vraie vision. Après dix ans sans nouvelle licence originale, le créateur de No More Heroes revient avec Romeo is a Dead Man, un jeu vidéo qui rassemble zombies, multivers, science-fiction déglinguée et romance tragique version cosmique. Autant vous dire que je me suis installé devant ma PS5 avec ce mélange d’excitation et d’appréhension qu’on réserve aux expériences un peu imprévisibles… Et imprévisible, le jeu l’est, ça oui ! Bref, voici mon test de Romeo is a Dead Man sur PS5, réalisé à partir d’une clé qui nous a été fournie par Grasshopper Manufacture. Un grand merci à l’éditeur pour sa confiance !

Ô Roméo ! Roméo ! Pourquoi es-tu Roméo ?

Tout commence de manière plutôt brutale. Romeo Stargazer, shérif de son état, croise la route d’une mystérieuse Juliet (tiens donc, un clin d’œil à Lollipop Chainsaw ?) avant de se faire arracher la moitié du visage par un zombie blanc surgissant de nulle part. Dès lors, son grand-père débarque du futur et lui implante un dispositif cybernétique directement dans le crâne afin de le maintenir en vie ! En quelques minutes à peine, Romeo devient un Dead Man, un être coincé entre la vie et la mort, recruté par le FBI spatio-temporel pour traquer des criminels disséminés à travers différentes lignes temporelles.

Test de Romeo is a Dead Man : un héros stylé !
Le Roméo le plus stylé jamais créé !

Sur le papier, réinventer Roméo et Juliette à la sauce science-fiction barrée, c’est une idée franchement très séduisante ! Mais dans les faits, le jeu de Suda51 s’empresse d’empiler les concepts à un rythme qui donne parfois le vertige… Ainsi, Juliet n’est plus seulement l’amoureuse disparue, elle devient une entité fragmentée, presque mythologique, que l’on poursuit à travers des poches spatio-temporelles aux règles parfois floues. Chaque fois que je croyais avoir saisi l’axe principal de l’intrigue, une nouvelle cinématique débarquait pour redistribuer les cartes durant mon test de Romeo is a Dead Man…

Le plus étonnant, c’est que Romeo lui-même semble conscient de cette confusion. Il lâche régulièrement des répliques qui traduisent exactement ce que l’on pense à cet instant précis, comme s’il acceptait d’être le héros d’un scénario qui le dépasse ! Et là-dessus, le jeu de Grasshopper fait mouche ! Certaines scènes sont franchement réussies, l’humour décalé fonctionne, et la mise en scène multiplie les formats avec une liberté totale : faux comics, séquences façon anime, dialogues plus classiques, transitions abruptes… En fait, c’est très simple : il est franchement impossible de s’ennuyer dans Romeo is a Dead Man !

Romeo is a Dead Man : un jeu gore
Le jeu est parfois très gore, pour mon plus grand plaisir !

En revanche, à force de vouloir surprendre en permanence, Romeo is a Dead Man finit parfois par s’éparpiller… Là où d’autres jeux vidéo de Suda parvenaient à canaliser leur folie autour d’un fil rouge solide, ici on sent que la narration déborde. Ce n’est pas tant l’incompréhension qui dérange, parce qu’on est habitué aux délires du bonhomme, mais plutôt ce sentiment que tout n’est pas toujours maîtrisé comme ça devrait l’être… Il y a énormément d’idées, de symboliques et de thèmes autour de la mort, de l’amour et du déterminisme, mais tout ne trouve pas forcément sa place de manière fluide.

Romeo doit mourir

Manette en main, Romeo is a Dead Man se présente comme un jeu d’action à la troisième personne assez classique dans sa structure. On alterne entre arme de mêlée et arme à distance, on traverse des niveaux remplis d’ennemis, et on affronte des boss qui viennent ponctuer l’aventure. Les premières heures de jeu sont plutôt engageantes. Les coups ont de l’impact, le sang gicle généreusement, et l’attaque spéciale « Bloody Summer » procure un vrai sentiment de puissance lorsqu’on la déclenche après avoir rempli sa jauge.

Les boss de Romeo is a Dead Man
Les boss aussi sont stylés, mais méga chauds !

Le souci, c’est que cette bonne impression initiale s’effrite au fil du temps. Les combos demeurent assez limités, l’esquive manque parfois de précision, et la caméra peut devenir capricieuse, surtout quand le jeu décide de vous enfermer dans des espaces réduits avec une poignée d’ennemis agressifs. On se retrouve alors à marteler les attaques légères en espérant que la situation se débloque, ce qui donne aux combats un côté répétitif que l’on n’aurait pas forcément anticipé.

Le gunplay, de son côté, apporte une variation bienvenue mais souffre d’un rythme un peu cassé par des rechargements lents et, la plupart du temps, peu gratifiants. Ainsi, certaines créatures imposent de viser leurs points faibles à distance : si l’idée est très bonne sur le papier, l’exécution manque parfois de fluidité… En fait, on sent que le jeu cherche à mixer plusieurs influences, notamment No More Heroes et Shadow of the Damned, du même auteur, sans toujours parvenir à trouver un équilibre parfaitement huilé.

Les énigmes à résoudre dans Romeo is a Dead Man
Les énigmes sont parfois next level !

Certes, il y a bien le système des « Bâtards », ces créatures que l’on cultive à partir de graines récupérées sur les ennemis et que l’on peut invoquer en combat pour bénéficier d’effets spécifiques. Ralentissement du temps, dégâts supplémentaires, soutien défensif… l’idée est excellente et apporte une touche stratégique appréciable. Mais là encore, on aurait aimé que le système soit davantage exploité, qu’il transforme véritablement notre manière d’aborder les affrontements plutôt que de rester un outil utile mais secondaire.

Test de Romeo is a Dead Man : on n’est plus à Vérone !

Chaque niveau alterne entre le monde « réel » et un sous-espace qui est accessible via des télévisions, ce qui permet d’introduire des variations de gameplay et quelques séquences orientées énigmes. Sur le principe, l’idée fonctionne plutôt pas mal. Certains passages montrent que le studio Grasshopper Manufacture sait encore jouer avec les ambiances, notamment lors d’une séquence plus horrifique que j’ai trouvée particulièrement réussie.

Level Design Romeo is a Dead Man
Les niveaux bonus ont tous un level design bien particulier !

Malheureusement, cette qualité n’a pas vraiment été constante durant mon test de Romeo is a Dead Man sur PS5. Les environnements, pourtant prometteurs sur le papier (centre commercial, asile, complexes gouvernementaux, etc.) manquent souvent de personnalité. On traverse des couloirs, on nettoie des salles, on récupère des fragments de clés pour débloquer la suite. Les boss, bien que visuellement marquants, se résument fréquemment à vider une imposante barre de vie en évitant des attaques assez prévisibles (ce qui ne veut pas dire qu’ils sont faciles à vaincre).

Critique de Romeo is a Dead Man : clin d'œil à Space Invaders
Qui a parlé de Space Invaders ???

Ce qui est frustrant, c’est que le jeu prouve régulièrement qu’il pourrait viser plus haut ! Par moments, le level design se montre malin, certaines trouvailles font vraiment mouche… puis l’élan retombe. L’aventure alterne ainsi entre séquences inspirées et passages plus « automatiques », presque routiniers, ce qui finit par installer un rythme en dents de scie.

Le Last Night : la parenthèse WTF qui fait du bien

Entre deux missions, on retourne dans le vaisseau du FBI, le Last Night, et là le jeu de Suda51 change complètement de ton. L’esthétique passe en pixel art 16 bits, on discute avec l’équipage, on améliore nos armes via des mini-jeux, on cuisine des plats donnant des bonus temporaires, et on gère la culture de nos copains les « Bâtards ».

Romeo is a Dead Man : un jeu avec des styles et genres différents
La mixité graphique apporte un gros plus au jeu !

Ces phases apportent une vraie bouffée d’air frais. La créativité y est plus posée, presque chaleureuse, et contraste avec le chaos des missions principales du jeu. Concrètement, les systèmes d’amélioration prennent la forme de petits jeux interactifs plutôt que de simples menus austères, ce qui renforce l’identité du titre. On prend plaisir à explorer le vaisseau, à bidouiller nos statistiques et à découvrir les dialogues parfois absurdes de l’équipage ! C’est probablement dans ces moments-là que Romeo is a Dead Man trouve son meilleur équilibre, quand il accepte d’être « bizarre » sans chercher à trop en faire.

Une rose sous un autre nom, ne sentirait-elle pas aussi bon ?

Sur le plan visuel, le jeu assume son mélange des genres. Les différents styles cohabitent avec une certaine cohérence artistique, et certaines scènes sont réellement réussies ! L’Unreal Engine 5 offre un rendu correct, même si toutes les textures ne brillent pas par leur finesse. Sur PS5, les performances n’ont pas toujours été au rendez-vous lors de mon test de Romeo is a Dead Man. En effet, j’ai rencontré plusieurs chutes de framerate lors des combats les plus chargés, ce qui nuit clairement à la lisibilité de l’action. Peu importe le mode que j’ai choisi, Performance ou Qualité, le jeu peut sérieusement ralentir quand trop d’ennemis envahissent l’écran. À cela s’ajoutent des bugs et soucis d’optimisation qui rappellent que le polish final n’a peut-être pas été poussé aussi loin qu’il aurait dû.

Romeo is a Dead Man : écran Game Over
Vu sa gueule, ça ne fait aucun doute !

Heureusement, le sound design rattrape un peu la situation… Les thèmes musicaux des boss sont efficaces, les doublages sont plutôt convaincants (le jeu n’a pas de VF mais des sous-titres en français) et l’ambiance sonore contribue pleinement à l’identité du jeu.


En bref, Romeo is a Dead Man est une œuvre typiquement Suda51, avec tout ce que cela implique de créativité, de hardiesse et de folie artistique ! On y retrouve cette étonnante capacité à surprendre, à changer de style sans prévenir, à proposer des idées que l’on ne voit nulle part ailleurs. Il y a de vraies fulgurances, des séquences très marquantes, ainsi qu’un univers singulier et une personnalité forte ! Mais il y a aussi un gameplay inégal, une répétition qui s’installe et une narration qui part parfois quelque peu en roue libre, ce qui l’empêche de rester pleinement captivante… Si vous êtes fan de Gōichi Suda, vous trouverez ici matière à réflexion ! Mais si vous recherchez un jeu d’action parfaitement maîtrisé et équilibré, l’expérience risque, je pense, de vous laisser un peu sur votre faim.

La note de la rédaction
  • Durée de vie - 6/10
    6/10
  • Gameplay - 5/10
    5/10
  • Graphismes - 6/10
    6/10
  • Scénario - 6/10
    6/10

Les plus et les moins

✔️ Une direction artistique complètement folle.
✔️ Les phases en pixel art dans le vaisseau !
✔️ Le système des « Bâtards », malin et utile.
✔️ Quelques séquences vraiment très inspirées !
✔️ Un sound design qui claque vraiment bien.

✖️ Des combats qui deviennent répétitifs...
✖️ La gestion de la caméra parfois reloue.
✖️ Une narration (un peu) trop dispersée.
✖️ De bien belles idées sous-exploitées...
✖️ Une optimisation aux fraises sur PS5 !

5.8/10

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