Au temps pour elle : le courage de réinventer sa vie par la musique !

Au temps pour elle : une BD délicate où la musique, le silence et le lâcher-prise invitent à réinventer sa propre partition.

Quand notre partenaire Bamboo Édition nous a envoyé son catalogue de sorties estivales côté bandes dessinées, j’ai tout de suite craqué pour Au temps pour elle, un ouvrage publié sous son label Grand Angle, lequel regroupe des scénarios dignes des meilleurs films, avec des histoires touchantes et un graphisme assez classique. Mia, ma fille aînée, s’étant mise au piano cette année, j’ai immédiatement eu envie de tenter cette lecture, au point de me dire que nous pourrions même découvrir cette bande dessinée ensemble.

Couverture BD Au temps pour elle (Grand Angle)
Une couverture douce et musicale qui m’a immédiatement donné envie d’ouvrir l’album.

Au fil des 80 pages proposées dans cet album en histoire complète, il en est ressorti que j’ai passé un très agréable moment ! La morale de l’ouvrage signé Christophe Cazenove et Stéphanie Mullié (Céline Theraulaz au dessin) a le pouvoir de parler à chacun d’entre nous, que nous ayons ou non un goût particulier pour la musique. En effet, derrière sa légèreté apparente, Au temps pour elle raconte le besoin de s’écouter, d’accepter les imprévus et, parfois, de trouver le courage de réinventer sa propre partition.

Au temps pour elle : quand le silence devient révélateur

Dans Au temps pour elle, tout commence au théâtre Braxon. Giovanna-Rose, une pianiste virtuose, doit donner le dernier concert d’une tournée triomphale ! Tout est prêt, tout est en place, le public attend… Sauf qu’elle, justement, n’y arrive plus. Impossible de jouer… Pas une note ne sort. Et dans un univers aussi exigeant que celui de la musique classique, ce silence a forcément quelque chose de vertigineux.

La vraie bonne idée de l’album, c’est de placer Giovanna-Rose au centre de l’histoire sans forcément la mettre au premier plan… Certes, tout tourne autour d’elle, de son blocage, de sa carrière et de son rapport au piano. Et pourtant, la plupart du temps, ce sont les autres personnages qui semblent occuper l’espace. Ils parlent d’elle, s’inquiètent, se contredisent, interprètent son silence et finissent, parfois malgré eux, par révéler ce que cette panne dit vraiment. C’est assez malin, car Giovanna-Rose devient presque un miroir. Ses collègues pensent la connaître, mais ils semblent surtout connaître l’image qu’ils se sont faite d’elle. Elle est pianiste, donc elle doit jouer. Elle est douée, donc elle doit continuer. Et puisqu’elle est attendue, elle doit monter sur scène. Sauf qu’à un moment, l’être humain derrière la « fonction » reprend (enfin) ses droits.

Une bande dessinée agréable, légère, mais pas anodine

À la lecture, Au temps pour elle est un album très fluide. Le texte demeure léger, les scènes évoquent des situations assez quotidiennes, et les personnages deviennent rapidement attachants. On n’est pas face à une BD qui cherche à impressionner à chaque page ou à assommer le lecteur avec de grandes tirades… Le récit avance plutôt par petites touches, avec une simplicité qui correspond très bien à son sujet. Mais le revers, c’est que la lecture passe vite. Très vite, même ! On aurait parfois envie de rester un peu plus longtemps avec Giovanna-Rose, voire de creuser davantage certaines tensions autour d’elle. Cela dit, cette rapidité participe également à la douceur de l’ensemble. La BD Au temps pour elle ne force jamais l’émotion, ne surcharge pas son propos et préfère laisser une impression délicate plutôt qu’un grand choc dramatique.

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Du côté du dessin, Céline Theraulaz propose un trait sympathique, expressif et très lisible. On n’est pas sur un graphisme ultra-détaillé, mais le tout marche bien. Les couleurs sont bien choisies, l’atmosphère reste douce, et cette simplicité visuelle accompagne joliment le récit. C’est une bande dessinée qui se lit sans effort, mais qui laisse une petite réflexion derrière elle. En effet, Au temps pour elle a pour principal sujet le lâcher-prise… Le piano demande de la rigueur, de la discipline, de la répétition. Mais à force de suivre la partition, on peut aussi finir par oublier ce que l’on a vraiment envie de jouer. L’album rappelle ainsi qu’il faut parfois accepter de quitter la routine, d’écouter son instinct et de laisser parler ses désirs plutôt que de rester enfermé, et malheureux, dans un rôle trop bien réglé.

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