Avec 007 First Light, sorti en mai 2026, IO Interactive réunit enfin dans un même jeu tout ce qui fait le sel de James Bond : l’élégance, l’improvisation, les destinations lointaines, les gadgets, les bagarres, et puis, bien sûr, le grand spectacle ! Au point d’en faire le meilleur jeu vidéo 007 jamais sorti ? Pour moi, la réponse ne fait aucun doute. Confirmation dans mon test de 007 First Light réalisé sur PS5 à partir d’une version commerciale. Eh oui, sur ce coup, pas le moindre code de presse fourni par l’éditeur, aucun briefing confidentiel du MI6 et, malheureusement, aucune Aston Martin garée devant la rédaction de JSUG.com !
Test de 007 First Light : le meilleur jeu James Bond jamais créé ?
Quelques semaines plus tôt, je plaçais déjà 007 First Light tout en haut de mon Top 5 des meilleurs jeux vidéo James Bond, devant GoldenEye 007 et James Bond 007: Everything or Nothing… Une décision qui pouvait paraître légèrement prématurée, puisque mon test complet n’avait pas encore été publié. Et maintenant que j’ai terminé l’aventure (en vérité, cela fait déjà plusieurs semaines), ben je ne vois aucune raison de revoir ce classement. Il faut dire qu’aucun épisode de James Bond n’avait encore réussi à rassembler avec autant de naturel toutes les facettes du célèbre agent secret. 007 First Light n’est peut-être pas le meilleur jeu vidéo d’infiltration du marché. Et ce n’est pas non plus le meilleur jeu de tir, le meilleur jeu de combat ou le plus grand blockbuster vidéoludique jamais créé (quoique… il est quand même génial !). En revanche, c’est le premier jeu à nous donner aussi souvent l’impression d’incarner véritablement James Bond.

IO Interactive aurait pu choisir la facilité en recyclant bêtement le visage et la personnalité d’un James Bond déjà connu au cinéma… Mais le studio danois a préféré repartir de zéro, avec une histoire originale et un agent encore loin d’être la machine parfaitement huilée que le MI6 enverra plus tard sauver le monde. Dans 007 First Light, Bond n’a pas encore obtenu son fameux matricule. Il possède l’intelligence, l’audace et le culot du personnage, mais reste un jeune homme très impulsif qui supporte assez mal les ordres. Il agit parfois avant de réfléchir, provoque ses supérieurs et compte énormément sur l’improvisation, en particulier lorsque le plan initial commence à prendre l’eau.
Un jeune Bond qui ne manque décidément pas de répondant
Pendant mon test de 007 First Light, je me suis donc vite rendu à l’évidence : cette origin story fonctionne parce qu’elle ne cherche pas à déconstruire James Bond pour le plaisir de le rendre méconnaissable. On retrouve immédiatement son assurance, son humour, son élégance et cette manière bien à lui de traverser les situations les plus dangereuses avec un air presque toujours détaché. IO Interactive montre simplement comment ces traits de caractère ont été façonnés, corrigés et parfois encouragés par son passage au MI6.

Patrick Gibson prête son visage et sa voix à cette nouvelle incarnation. Son interprétation évite intelligemment l’imitation : il ne joue ni au Sean Connery de substitution, ni au jeune Pierce Brosnan et encore moins au clone de Daniel Craig. Son Bond emprunte forcément quelque chose aux différentes époques de la saga ; reste qu’il possède suffisamment de personnalité pour exister sans elles. S’il faut un petit moment pour s’habituer à ce visage inédit, le charme opère très rapidement ! Car effectivement, le personnage sait se montrer insolent sans devenir insupportable, séduisant sans passer tout son temps à jouer les Don Juan, et drôle sans transformer chaque échange en concours de punchlines.

Les réparties de Bond tombent généralement juste ; l’humour ne vient jamais désamorcer complètement les enjeux. First Light sait quand laisser Bond plaisanter, mais également quand lui faire comprendre que son attitude peut avoir des conséquences, tout en sachant que son apprentissage passe aussi par les personnages qui l’entourent. En effet, M, Q, Moneypenny et les autres membres du MI6 ne sont pas là uniquement pour distribuer les missions ou déclencher un petit frisson de nostalgie parmi les fans… Ils participent à sa construction et permettent au jeu de mettre en scène la naissance de plusieurs relations emblématiques. Bref, tout ça donne à cette version de James Bond une vraie légitimité.
007 First Light : tous les ingrédients d’un grand film James Bond
Je me suis senti immergé dans mon test de 007 First Light dès le prologue du jeu, lequel installe immédiatement son ambiance, son rythme et cette sensation que quelque chose d’énorme est en train de se produire. Puis à la découverte du générique d’introduction, j’ai été définitivement convaincu que le titre d’IOI est un grand jeu James Bond : à partir du moment où la chanson First Light de Lana Del Rey s’est lancée, je n’ai plus vraiment eu le sentiment de jouer à une simple adaptation vidéoludique… J’avais l’impression d’assister au générique d’un nouveau film James Bond, d’autant plus que le tout s’accompagne des orchestrations de David Arnold, ancien compositeur de plusieurs longs métrages 007 !

Cette attention portée à l’habillage se retrouve dans tout le jeu. La mise en scène ne cesse de jongler entre moments de haute tension, séquences glamour et légères, et explosions incontrôlables ! Le titre sait prendre son temps lorsqu’il faut observer un lieu, écouter une conversation ou se fondre parmi les invités d’une réception. Puis, sans prévenir, tout peut dégénérer en bagarre, en fusillade voire en poursuite spectaculaire. D’après moi, certaines scènes assument clairement leur proximité avec les grandes aventures de Naughty Dog. Car le fiston de Sir Thomas court sur les toits, échappe à des bâtiments qui s’effondrent et traverse des situations dont personne ne devrait raisonnablement sortir indemne, encore moins avec sa coupe de cheveux intacte… Toutefois, à l’inverse de nombreux autres jeux d’action cinématographiques, 007 First Light n’est pas là pour aligner les catastrophes.

Effectivement, 007 First Light est l’un des rares jeux qui soient capables de préserver le glamour entre deux morceaux de bravoure. Bond voyage aux quatre coins de la planète, fréquente des lieux où nous n’entrerons probablement jamais, et nous fait découvrir des destinations inoubliables. Et sur ce point, 007 First Light remplit parfaitement sa mission : les différents chapitres ne sont pas ce que l’on appelle des skins déguisés. Chaque lieu possède sa lumière, son atmosphère et sa manière particulière de mettre l’agent double en danger. Ainsi, les environnements luxueux alternent avec des zones hostiles, sans que l’aventure ne perde de son unité. Dans le jeu, le Vietnam offre par exemple cette sensation de glamour et d’évasion que j’attends d’un film James Bond. Les décors invitent presque à ralentir pour profiter du panorama, même si les situations nous rappellent rapidement que Bond n’est pas venu prendre des vacances. La Mauritanie propose quelque chose de plus brut, avec ses étendues arides et ses structures gigantesques plantées en plein milieu du désert. C’est un régal. Oui, durant ces chapitres, je me suis littéralement senti embarqué !

C’est peut-être l’un des plus beaux compliments que l’on puisse faire à un jeu 007. Et bien évidemment, la qualité visuelle participe largement à cette immersion. Le Glacier Engine d’IO Interactive affiche des visages particulièrement réalistes, avec un travail remarquable sur les regards, les expressions et la lumière. Certaines cinématiques donnent réellement l’impression de voir les acteurs évoluer devant une caméra, plutôt que leurs « doublures » numériques. Tout n’est pas parfaitement photoréaliste à chaque instant : des animations secondaires ou personnages moins importants rappellent parfois que nous sommes bien devant un jeu vidéo. Mais lorsque 007 First Light soigne ses cadrages, ses éclairages et ses gros plans, le résultat est tout simplement incroyable.
Hitman rencontre Uncharted, mais Bond reste Bond
Pour moi, confier James Bond aux créateurs de Hitman paraissait tellement évident que cela en devenait presque (très) inquiétant… L’Agent 47 sait observer ses cibles, écouter les conversations, subtiliser des objets, enfiler divers déguisements et transformer n’importe quel accessoire en arme létale. Il aurait donc été facile de reprendre exactement la même formule, de remplacer le costume noir par un smoking et d’ajouter quelques plaisanteries typiques de l’humour british. Heureusement, 007 First Light n’est pas un Hitman avec des cheveux, ou une perruque. Ce n’est pas une critique, vous savez que j’adore l’ami chauve !

On retrouve bien le savoir-faire d’IO Interactive dans la construction de certaines missions. Les environnements contiennent plusieurs chemins, des conversations à espionner, des objets à dérober et différentes possibilités pour atteindre une zone protégée. Prendre le temps d’observer les lieux révèle bien souvent une voie d’accès plus subtile que la vulgaire porte d’entrée que l’on fracasse d’un coup de pied, fusil à pompe dans les mains (comme dans les Hitman, First Light comporte d’ailleurs son lot de défis). Bref, Bond peut mentir, bluffer, détourner l’attention d’un garde ou exploiter un détail aperçu quelques minutes plus tôt. Le jeu récompense la curiosité sans nous demander d’étudier durant des heures l’emploi du temps complet de chaque personnage. Et cette différence est importante.

Car si les niveaux de Hitman sont construits comme de vastes mécaniques que le joueur démonte, puis remonte, au fil de nombreuses tentatives, ceux de 007 First Light servent avant toute chose une aventure linéaire. S’ils proposent bien différentes approches, le récit finit toujours par reprendre la main afin d’envoyer Bond vers la prochaine grande scène spectaculaire du jeu. La liberté est donc davantage « encadrée » que dans Hitman World of Assassination. Et certains joueurs pourront le regretter, surtout lorsqu’un décor donne l’impression de dissimuler beaucoup plus de possibilités qu’il n’en propose véritablement. Cependant, cette structure correspond mieux au personnage : 007 n’a jamais été 47, ce tueur à gages qui attend le moment parfait avant de frapper. Bond, lui, enquête, s’introduit quelque part avec aplomb et improvise lorsque sa couverture vole en éclats ! D’ailleurs, bien souvent, le plan initial ne représente que la première moitié de la mission…

C’est là que l’influence d’Uncharted se fait sentir. Les phases d’infiltration et d’observation sont régulièrement interrompues par des séquences d’action beaucoup plus dirigées. Le passage d’un registre à l’autre pourrait donner l’impression de découvrir deux jeux vidéo différents, mais 007 First Light parvient la plupart du temps à préserver un bon équilibre. Le jeu ne nous enferme jamais trop longtemps dans une seule mécanique. Une discussion peut déboucher sur une infiltration, qui se transforme en bagarre avant de finir en fusillade ou en course-poursuite. Cette variété alimente constamment l’impression de vivre un film interactif. La campagne possède ainsi un rythme assez remarquable ! Quelques passages auraient gagné à être raccourcis et certaines séquences très dirigées limitent fortement notre marge de manœuvre. Malgré cela, l’aventure évite le ventre mou qui touche souvent les blockbusters trop longs.
Un agent qui préfère les poings avant les grands moyens
Les anciens jeux James Bond ont souvent eu tendance à transformer 007 en un soldat équipé d’un silencieux. Même les meilleurs épisodes finissaient tôt ou tard par multiplier les ennemis et les munitions, jusqu’à nous faire oublier que Bond est avant tout un espion. IO Interactive résout en partie ce problème grâce à une idée toute simple : du moment que ses adversaires n’emploient pas une force létale, notre jeune agent privilégie toujours les neutralisations au corps à corps. Cela peut paraître anecdotique sur le papier. Mais en jeu, ce choix change pourtant énormément de choses. Bond ne dégaine pas automatiquement son arme dès qu’un garde lui barre le passage ! Il esquive, pare, frappe et utilise le décor pour prendre l’avantage. Une bouteille, une table, un extincteur voire encore une rambarde ont tous participé à une neutralisation musclée lors de mon test de 007 First Light.

Ces affrontements sont rapides, nerveux et suffisamment spectaculaires pour ne jamais donner l’impression de subir de simples animations automatiques. Ils ne cherchent pas à rivaliser avec la profondeur d’un véritable jeu de combat, et ce n’est pas vraiment ce qu’on attend d’eux. Leur intérêt tient surtout à leur mise en scène : des bagarres typiquement « bondiennes », à la fois brutales, élégantes et toujours un peu improvisées. À mes yeux, les combats non létaux représentent l’une des idées les plus brillantes de 007 First Light, car ceux-ci diversifient considérablement un gameplay qui aurait facilement pu reposer sur les seules fusillades. Ils donnent aussi à Bond une présence physique que l’agent 47 n’a pas vraiment. Car là où le héros de Hitman cherche généralement à éviter tout affrontement direct, Bond peut se retrouver au milieu d’une mêlée et en ressortir vainqueur, pépouze.

Dès que les ennemis sortent leurs armes, Bond obtient alors son « permis de tuer » et les affrontements prennent une tout autre tournure… Le système repose sur cette escalade : espionnage, gadgets et corps-à-corps précèdent l’utilisation d’une force létale lorsque la situation l’exige. Les fusillades remplissent correctement leur rôle, sans toutefois devenir la composante la plus mémorable du jeu. Les armes procurent de bonnes sensations et Bond passe facilement d’un ennemi à l’autre, mais le système demeure assez classique. En vérité, le plaisir vient surtout de la façon dont le combat à distance s’intègre à tout ce qui l’entoure. Une séquence peut commencer dans le silence total, se poursuivre avec une diversion, dégénérer en bagarre et finir avec Bond récupérant l’arme d’un adversaire. Le jeu encourage cette transition plutôt que de punir le joueur dès qu’il est repéré.

Les gadgets participent également à cette jolie souplesse. La branche Q fournit différents accessoires capables de pirater des appareils, de débloquer certains passages, de créer des distractions ou de neutraliser discrètement un obstacle. Ces derniers enrichissent les environnements et permettent de résoudre certaines situations avec plus de panache. Au tout début de l’aventure, chaque nouvel outil donne envie de reconsidérer les décors. On cherche les appareils compatibles, les systèmes à détourner et la façon la plus amusante de semer la pagaille sans attirer tous les agents de sécurité du coin. Cependant, il arrive un moment où la progression mécanique commence à plafonner… À quelques exceptions près, les nouveaux accessoires servent surtout à reproduire « différemment » des actions déjà connues. Ils agrandissent donc la boîte à outils sans transformer radicalement notre manière de jouer… Les gadgets sont donc souvent plus « bondiens » que véritablement profonds, dans le sens où leur utilité première est d’amuser la galerie.

Mais ce n’est pas forcément un reproche. Dans les films aussi, les inventions de Q servent autant à arracher un sourire au public qu’à sauver Bond d’une mort certaine… On aurait simplement aimé que certaines d’entre elles bouleversent davantage les missions, ou bien ouvrent des possibilités beaucoup plus inattendues. Ceci étant dit, n’est-il pas bon, parfois, d’augmenter le spectacle plutôt que de complexifier inutilement certains systèmes ?
En résumé En résumé, ce test de 007 First Light sur PS5 confirme ce que je pressentais déjà : IO Interactive a bel et bien conçu le meilleur jeu vidéo James Bond jamais sorti ! Certes, GoldenEye 007 restera probablement l’épisode le plus important de la licence, mais aucun de ses successeurs n’avait encore réuni avec autant de naturel l’infiltration, les bagarres, les fusillades, les gadgets, le glamour et les grands morceaux de bravoure. Porté par un Patrick Gibson très convaincant et une réalisation parfois bluffante de photoréalisme, First Light nous embarque dans une vraie aventure 007, généreuse et particulièrement rythmée. Certes les gadgets finissent par manquer de profondeur, et certaines séquences limitent plus que prévu notre liberté, mais une fois que tous les ingrédients sont réunis, le cocktail fonctionne à merveille ! Après une telle première mission, le jeune Bond d’IO Interactive a incontestablement décroché son matricule 00, et il pourrait même remporter un potentiel JSUG Award en fin d’année, qui sait ! Les plus ✔️ Les combats au corps à corps ! Les moins ✖️ Une liberté parfois limitée…
L'avis de la rédaction
Note
✔️ La réalisation très photoréaliste !
✔️ L’alternance infiltration/bagarres.
✔️ Patrick Gibson, très convaincant !
✔️ Des destinations très dépaysantes.
✔️ Le générique, comme dans les films.
✔️ Une véritable aventure James Bond !
✖️ Des séquences trop dirigées.
✖️ Les fusillades, trop classiques.
✖️ Des gadgets assez superficiels.









