Ah, les remakes, encore et toujours des remakes. Aujourd’hui, l’industrie semble se reposer de plus en plus sur ses acquis et se montre même assez timide lorsqu’il s’agit de prendre des risques. Manifestement, l’idée serait que certains jeux ne sont plus adaptés aux goûts des joueurs et qu’il faudrait les améliorer. Moi, j’imagine mal un peintre se dire : « La Mona Lisa, c’est quand même pas ouf, je vais la refaire parce que bon… les graphismes sont pas ouf », mais c’est bien la voie que le jeu vidéo emprunte désormais… Je vous propose donc mon test de Halo: Campaign Evolved, le remake de Halo: Combat Evolved, réalisé sur PS5 à partir d’une version presse fournie par Halo Studios et Xbox Game Studios.
Test de Halo: Campaign Evolved, et un remake de plus !
Pour celles et ceux au fond de la classe qui auraient raté les vingt-cinq dernières années, Halo est une franchise généralement bien connue de la communauté. Techniquement, tout a commencé non pas avec un jeu, mais avec un livre : Halo: The Fall of Reach. Il s’agit d’un projet transmédia de grande envergure (et non cross-média comme l’affirme la page Wikipédia de la franchise…). Pour rappel, le transmédia, c’est l’art de raconter des histoires se situant dans le même univers, mais à travers différents médias. On ne raconte pas la même histoire, on l’étend. Je compte d’ailleurs vous pondre un article sur le sujet bientôt !

Le jeu commence par l’éveil du fameux Master Chief, alors en cryostase… Il s’agit là d’une introduction vraiment musclée, lors de laquelle on ne comprend pas grand-chose (logique, pour comprendre le début du jeu, il faut avoir lu le livre, voire le début de Halo: The Flood). Halo: Campaign Evolved vous propose de skip le tutoriel si vous le souhaitez, l’occasion de vous plonger directement dans l’action… Ça pète de partout, les Covenants attaquent, vous devez vous rendre sur le pont pour parler au capitaine Keyes. Et une fois une arme en main, vous pouvez commencer à dézinguer une foultitude d’extraterrestres.
Le meilleur et le pire pactisent contre le bien ?
La première chose qui m’a frappé lors de ce test de Halo: Campaign Evolved, ce sont les doublages : mon Dieu, que c’est mauvais ! La Mona Lisa a pris cher, son nez est de travers et elle a les proportions de Kim Kardashian. Pourquoi ? Eh bien, c’est simple, David Krüger (Master Chief) et Laëtitia Lefebvre (Cortana), ainsi que tous les autres anciens comédiens et comédiennes de doublage, se sont apparemment fait sucrer en raison d’une « sanction administrative ». Eh oui, ils n’ont pas accepté de signer une clause relative à l’utilisation de leurs voix par l’IA. Les nouveaux n’ont même pas été crédités. En d’autres termes : elle est belle, la reconnaissance des artistes !

S’en est suivi un processus de localisation et de doublage épouvantable… Les textes des nouvelles missions sont d’un ennui monstrueux, et les comédiens et comédiennes sont probablement sous kétamine ; bref, c’est bien triste. Nous voici dans une phase fast-food du jeu vidéo où la quantité prime clairement sur la qualité ! La localisation et le doublage ont été délégués à des acteurs différents. La traduction des différents textes a été réalisée par Lionbridge Games, tandis que le doublage a été confié à Keywords (sans mention du français, cela dit). Cela laisse entrevoir des problèmes organisationnels et logistiques, qui ont ensuite ruisselé sur la qualité générale des doublages.

Côté histoire, pas de changement : les dix missions principales sont toujours les mêmes. Mentionnons tout de même l’ajout de trois missions paresseuses baptisées « Opération : MÉTÉORITE », qui parviennent en deux heures à venir foutre le bordel dans tout le canon transmédia de Halo. Pas de bol : cela ne colle pas avec The Fall of Reach original… Du côté des missions, les apports tant ludiques que narratifs sont négligeables. Les niveaux sont de simples couloirs sortis tout droit d’un éditeur de niveaux pour joueurs débutants. En outre, on y rencontre « pour la première fois » les Jiralhanaes, les brutes, alors que John n’est pas censé les connaître et que ces ennemis ne se trouvent pas dans le jeu de base. Et le constat est le même en ce qui concerne les élites…

« Opération : MÉTÉORITE » ne contredit pas frontalement le canon actuel ; elle en exhibe plutôt les coutures. Pour que ces missions puissent s’intégrer correctement à la continuité de Halo, il faut s’appuyer sur les ajustements apportés aux rééditions de Halo: The Fall of Reach et de Halo: First Strike, mais aussi sur les rencontres antérieures relatées dans Halo: Silent Storm. Le résultat tient encore debout, mais uniquement parce que la continuité a été plusieurs fois replâtrée à la plasticine.
Ce beau sera votre tombeau !
Bon, si l’histoire n’a pas changé, pourquoi est-ce que je vous proposerais un test de Halo: Campaign Evolved ? Eh bien, les améliorations apportées sont de deux types : graphiques et ludiques. Premièrement, le jeu tourne sous Unreal Engine 5 et adopte pleinement l’une des esthétiques que le moteur et ses utilisations ont contribué à normaliser : des textures extrêmement détaillées, des matériaux impeccablement propres et des surfaces tellement brillantes qu’elles semblent avoir été vernies quelques minutes avant l’arrivée du Master Chief. Les VFX sont plutôt bien réussis, dans le sens où les tirs de plasma correspondent à ce que l’on pourrait attendre de telles armes… Cependant, j’ai quelques problèmes avec cette course au réalisme et à la technique.

S’il ne fait aucun doute que les décors extérieurs ont grandement bénéficié du travail des devs, force est de constater que les VFX et les textures brillantes nuisent énormément à la lisibilité de l’action… Entre la refonte du HUD complètement éclatée, voire illisible, et les effets de brillance et les explosions dans tous les sens, les combats sont particulièrement brouillons. En outre, je me suis perdu un nombre incalculable de fois alors que je connais très bien le jeu, tout simplement parce que le nouvel HUD manque de clarté. Les nouvelles textures posent aussi des problèmes du point de vue de l’univers, mais ça, ce sera pour l’article sur le transmédia.

Du côté du gameplay, on peut aussi noter quelques ajouts : la possibilité de sprinter (qui n’apporte honnêtement rien), des armes qui n’étaient pas présentes à la base, telles que l’épée d’énergie ou le fusil à aiguille, une visée à l’épaule pour toutes les armes (ça, pour le coup, j’aime bien) et le mode multijoueur a été modernisé (mais sans mode compétitif…). Dernière chose : une fois le bouclier de l’armure MJOLNIR épuisé, la santé de Master Chief diminue. Alors que, dans le titre d’origine, il fallait trouver de quoi se soigner, le remake reprend la mécanique de la santé qui remonte toute seule. C’est une nouvelle fois un peu dommage, car il existait d’autres possibilités bien plus en accord avec l’univers de Halo.
Durant mon test, j’ai trouvé le gameplay particulièrement lourd. Les déplacements restent lents, même avec le sprint, et rien n’a été modernisé du point de vue des véhicules… Bref, c’est comme si les Spartans enduisaient les roues de leurs Warthogs avec une couche de beurre avant de prendre la route. C’est un enfer, alors même que cela aurait dû faire l’objet d’une refonte complète. Les ajouts sont mineurs et je pense bien qu’on a perdu au change. Halo: Campaign Evolved n’est pas un mauvais jeu, mais son utilité n’est pas flagrante.
En résumé En conclusion, ce test de Halo: Campaign Evolved sur PS5 n’a pas été une expérience complètement désagréable, car j’ai aimé découvrir les extérieurs du Halo en haute définition et avec de beaux graphismes. Mais pour le reste, le jeu rate le coche ! Les améliorations rendent les combats brouillons, on farfouille dans le canon pour rien sans forcément prendre la peine de penser aux conséquences de ce qu’on ajoute, et les missions supplémentaires sont paresseuses… Cela reste un bon jeu vidéo, parce que l’original l’était déjà, mais ce remake ne me paraît pas franchement nécessaire. Les plus ✔️ Rejouer à Halo. Les moins ✖️ Des combats brouillons.
L'avis de la rédaction
Note
✔️ De beaux décors.
✖️ Des graphismes trop shiny.
✖️ Un lore Frankenstein.









