Les critiques littéraires, ce n’est pas vraiment mon truc. Il y a des blogs qui font cela bien mieux que moi et d’ailleurs, certains d’entre vous excellent dans ce domaine. Néanmoins, il m’était impossible de passer à côté de BioShock: Rapture, un magnifique livre broché écrit par John Shirley, grand vainqueur du Bram Stoker Award dans la catégorie recueil de nouvelles. Vous me demanderez : « pourquoi donc cela ? ». Eh bien vous n’êtes pas sans savoir que je suis un grand fan de la trilogie BioShock, qui est à mon sens la meilleure série de jeux de tir jamais conçue mais également la seule à m’avoir à ce point ému. J’ai succombé au charme horrifique de Rapture dans les deux premiers opus avant de m’extasier devant la violence jubilatoire de Columbia dans BioShock Infinite. Entre temps, je suis également tombé amoureux d’Elizabeth. Mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est que la série BioShock est la preuve que les jeux vidéo peuvent avoir une âme : des décors à vous couper le souffle, des mises en abîme prodigieuses, des rebonds scénaristiques et révélations en cascade qui apportent une substance incroyable à la narration, vraiment, les trois jeux de Ken Levine sont les seuls à avoir engendré une telle ébullition dans mon misérable petit cerveau ! Il se trouve que le livre BioShock: Rapture forme un superbe hommage aux jeux et vous émerveillera pour son intrigue haletante et son ton à la fois glauque et merveilleux. Ce livre, qui m’a été offert par ma chérie, je ne compte pas m’en séparer, et je vous explique pourquoi dans les lignes qui suivent. D’ailleurs, si vous souhaitez l’acheter, ça se passe ici.

Quand l’utopie vire au cauchemar…

bioshock rapture livre
BioShock: Rapture, ou l’histoire d’une ville idyllique qui devient un enfer.

« Permettez-moi de vous poser une question. Ce qu’un homme obtient par le travail à la sueur de son front, cela ne lui revient-il pas de droit ? Non, répond l’homme de Washington, cela appartient aux pauvres. Non, répond l’homme du Vatican, cela appartient à Dieu. Non, dit à son tour l’homme de Moscou, cela appartient au peuple. Pour ma part, j’ai choisi d’ignorer ces réponses. J’ai choisi une voie différente. J’ai choisi l’impossible. J’ai choisi Rapture. » Après avoir fait la découverte d’une cité enfouie sous les eaux, Andrew Ryan, un homme d’affaires mondialement connu, décide de fuir un monde frappé de plein fouet par la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki donnent naissance à un véritable cauchemar et Andrew Ryan, premier affecté par l’horreur nucléaire, décide de dépenser son immense fortune dans un projet insensé : bâtir une ville sous les eaux, loin des délires et amertumes de la surface.

Révolté par ce qu’est devenue la société, par le contrôle des gouvernements sur l’économie, la main mise sur les marchés et les règles restrictives imposées dans tous les domaines, fatigué de ce genre humain capable de se rabaisser devant une prétendue volonté divine, scandalisé face à l’éthique et la moralité – deux concepts qu’il considère comme des freins à la science et à l’art –, Andrew Ryan construit une ville à son image, où seul « l’égoïsme rationnel » a sa place. Le problème, c’est que très vite des luttes de pouvoir et une sorte d’avidité générale finissent par corrompre la cité. Déjà sans morale, elle devient la scène d’une guerre civile permanente. Dans ce monde inventé de toute pièce sans règles ni lois, qui donc mérite de survivre au carnage causé par une science devenue toute-puissante et hors de contrôle ? C’est la principale question que pose l’auteur.

Pas besoin d’être fan pour apprécier

BioShock: Rapture la genèse de BioShock
John Shirley décrit le cauchemar de Rapture comme si nous y étions.

Maintenant que j’ai rapidement dressé le portrait de BioShock: Rapture, tout ce que j’ai à vous dire, c’est de vous dépêcher d’acheter ce bouquin qui est tout bonnement superbe. L’intrigue est délicieuse, des informations importantes sont apportées en ce qui concerne les personnages des deux premiers jeux vidéo mais même si vous n’êtes pas un passionné du travail de Ken Levine, je ne peux que vous recommander ce roman pour ses nombreuses qualités. John Shirley a fait du très bon boulot. On plonge sans peine dans l’univers morbide de Rapture, une cité pourtant resplendissante au premier abord. Le déroulement du récit est plutôt équilibré dans l’ensemble, la description de la ville et de ses quartiers est un régal. Oui, BioShock: Rapture est une perle tant sur le fond que sur la forme. Vous n’aurez qu’une envie, c’est de poursuivre votre lecture jusqu’à la chute finale, qui est prodigieuse.

Si vous ne le saviez pas encore, vous apprendrez que The BioShock Collection a été annoncé sur consoles current-gen. Cette édition réunit les trois jeux originaux et l’ensemble de leurs DLC respectifs. Vous ne les avez pas encore fait ? Eh bien vous allez pouvoir vous y mettre. Vous en sortirez changés !


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

11 Commentaires »

    • Alors on est en pleine Seconde Guerre mondiale et on assiste à la genèse de Rapture. La période couverte s’étale sur je dirais dix années : on assiste à la construction de Rapture, à sa période faste puis à son déclin progressif. En gros, on nous raconte ce qui se passe avant BioShock premier du nom.

  1. Quelle coïncidence car justement c’est ma prochaine lecture. 🙂
    Ta chronique est superbe ! Ce que tu dis des jeux est exactement ce que je ressens. Le premier Bioshock a été une telle claque pour moi… Rapture m’a complètement envouté ! Je vais avoir du mal à écrire une chronique aussi complète que la tienne lorsque j’aurais fini le roman !

  2. Bel article ! On sent tout l’amour que vous vouez à BioShock et à son univers. Cependant, vous vous êtes trompé en ce qui concerne The BioShock Collection. Cette édition ne sortira pas sur consoles current-gen mais sur next-gen.

    • Avec tout le respect que vous dois, sachez que l’emploi du terme “next-gen” tel que vous le faites (et c’est également le cas de la majorité des joueurs et journalistes spécialisés) est erroné. La PS4 et la Xbox One sont désormais des consoles “current-gen” car elles appartiennent à une génération de machines déjà entamée. Par contre, la PlayStation 5, si jamais elle est amenée à voir le jour, serait une console “next-gen”.

  3. “je ne compte pas m’en séparer”, tu parles de qui ? du livre ou de ta chérie 🙂
    Bon blague à part, j’hésitez vraiment à acheter ce livre, je vais finalement le prendre.
    J’aime aussi beaucoup le background de cette trilogie, préférence pour le 2nd épisode de Tombeau Sous-marin qui nous offre en quelques minutes une des meilleurs fins du jeux-vidéos !

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