C’est un combat quotidien pour la plupart des parents de cette génération : faire décrocher ses enfants des écrans et particulièrement des jeux vidéo. Ces derniers sont reconnus par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) comme une forme d’addiction à part entière. Cela ferait-il de moi un dealer ? J’en doute… Mais les conséquences peuvent varier selon l’enfant : problèmes de concentration, retard d’apprentissage de la lecture, échec scolaire, isolement… Aux États-Unis, de véritables cures de désintoxication ont même été créées en rapport au jeu Fortnite, considéré par certains addictologues comme une drogue dure. Et ça, je peux vous le confirmer car la plupart de mes ventes tournent autour de ce jeu en carton, que ce soit des figurines, des vêtements ou des codes pour acheter in-game. Mais comme chaque problème a sa solution, laissez-moi vous donner quelques humbles conseils et applications qui vous aideront à combattre l’addiction aux jeux vidéo chez votre enfant.

Comment faire face à l’addiction aux jeux vidéo chez l’enfant ?

Bien que selon moi, tout est une question d’éducation, il est connu que trop de temps passé devant les écrans n’est pas bénéfique pour l’enfant. Nintendo, l’un des leaders du jeu vidéo, propose par exemple un contrôle parental permettant de limiter la consommation journalière. Sachant que les consoles Nintendo s’adressent principalement aux enfants et aux familles, je tiens à saluer l’engagement de la firme nippone en matière de lutte contre l’addiction aux écrans. Je déconseille, par ailleurs, la punition et la privation des jeux vidéo car cela ne fait que braquer l’enfant ; en outre, en sanctionnant l’enfant, vous ferez face à des conflits inutiles. Bien entendu, je conçois que donner des règles et des horaires de jeu n’est pas chose facile. Mais c’est souvent ce qu’il y a de plus efficace ! Je suis de la vieille école…

enfants et jeux vidéo

Des applications pour accompagner l’enfant vers sa désintoxication

La start-up niçoise Play Outside permet aux parents d’assigner des tâches (ranger sa chambre, mettre la table…) aux enfants pour leur donner en échange des « bonus » utilisables directement dans leurs jeux vidéo favoris. Une initiative qui part d’une bonne intention mais qui soulève néanmoins certaines questions quant aux valeurs éducatives véhiculées. Est-il sain d’exploiter l’addiction de l’enfant pour le soumettre à des tâches ménagères ? Inscrire la « drogue » (le jeu vidéo lui-même) dans un système de récompenses ne serait-il pas contre-productif à long terme ?

Plutôt que de sevrer brutalement les enfants des jeux vidéo, une autre start-up propose de les faire transiter vers une consommation plus intelligente et éducative des écrans, telle que la pratique de la lecture, tout en s’inspirant sans complexe de ce qui fait le succès des jeux vidéo. « Remplacer une mauvaise addiction par une bonne est une stratégie efficace dans un premier temps. Beaucoup d’adultes témoignent être sortis de la drogue grâce au sport, une « bonne » drogue qui fournit beaucoup d’endorphines au cerveau. Chez un enfant, remplacer l’addiction négative aux jeux vidéo par une addiction positive à une application de lecture interactive, ludique et éducative, c’est un premier pas qui fonctionne ! » explique Kàroly Fogarassy, qui a développé l’application Lulu & Kroy en collaboration avec des parents, des psychologues et des professionnels de la petite enfance.

Pour lutter à armes égales face aux jeux vidéo, l’appli en reprend les codes et opère une « gamification » de la lecture pour les 8-12 ans. Toutes les histoires sont interactives, telle une version numérique des livres dont vous êtes le héros. À renfort d’intelligence artificielle, l’enfant peut générer des scénarios presqu’infinis, personnalisés en fonction de ses choix, de son niveau de lecture et de ses goûts… Tous les ingrédients sont réunis pour le rendre accro à la littérature (et la start-up ne s’en cache pas !).


Emilie Perier-Cambyt

Geekette depuis l'enfance, les jeux vidéo m'aident à surmonter les épreuves de la vie. Ils me permettent de m'évader, ils m'aident à respirer et c'est ainsi que je trouve mon équilibre.

12 Commentaires »

  1. Je vais immédiatement transférer le lien de ton article à une de mes consœur psy qui traite des enfants devenus fous furieux avec leurs JV. Je l’ai déjà branchée sur notre bon site de JSUG et ça l’a aidée à mieux les comprendre et à les soigner de façon plus efficace. Bravo Emi ! Bisouxxx à toi et à tous de Mamijo

  2. Je n’ai pas d’enfant, mais étant prof depuis quelques années, je constate le pas qu’a pris la technologie sur les enfants. Que ce soient les écrans ou les jeux vidéos. Les adultes, aussi évidemment, mais les conséquences ne sont pas les mêmes. Il est vrai qu’il est plus pertinent de chercher des compromis plutôt que de simplement priver l’enfant. Mais je crois que beaucoup de parents ne mesurent pas l’importance de garder de vraies limitations. Merci pour cet article !

  3. Ça fait fureur, en ce moment, le thème de l’addiction des écrans et jeux vidéos des enfants, puisque j’en entends parler aussi bien dans mon entourage qu’à mon boulot en bibliothèque. Comme toute chose, il vaut mieux être mesuré et équilibré, plutôt qu’interdire, car l’attrait de l’interdit et la frustration font qu’au contraire, un enfant s’y précipitera sans mesure dès qu’il aura la possibilité. Comme tu le dis dans l’article et comme on le dit dans les commentaires, c’est la limitation (juste et solide) qui est encore la meilleure solution, les compromis (oui, si on fait du ménage ensuite on a le droit de jouer, sans aller jusqu’à l’extrême), ou ce processus de lecture gaming qui est vraiment sympa je trouve. Je ne connaissais pas du tout l’appli mais elle me semble intelligemment pensée, et le côté lecture interactive, ça m’a toujours bottée. Dans le même genre, pour textes plus classiques (donc pour les plus grands ados) il y a les iclassics, qui proposent des nouvelles de Poe, Doyle, Lovecraft, animées avec de belles illustrations, une belle musique et des petites énigmes en cours de lecture. Rien d’aussi interactif que l’appli Lulu et Kroy, mais ça mène aussi à la lecture de façon détournée.

  4. C’est plus que certain, interdire ne sert à rien, ils braveront cet interdit d’une manière ou d’une autre. Je pense plus que les parents doivent eux-mêmes être à côté de leur enfants quand ils jouent pour comprendre ce qu’ils aiment là-dedans, parler de jeux vidéo avec ses parents. Trop de parents achètent sans savoir, certains eux sont dominés par leur enfant , ce qui est plus grave. Ce n’est pas évident d’intéresser des petits à la lecture quand justement ils commencent à découvrir, la lecture vient plus quand on devient adulte. La pratique d’un sport me parait plus approprié pour des enfants. Quand on est petit on a pas vraiment conscience de ce qu’on lit, c’est vite oublié en tout cas.

    Il faut leur faire regarder la NBA, ils vont adorer. Après ils réclameront un ballon de basket et un panier pour dunker. Même en hiver ils joueront ^^

    C’est fou ce jeu pourri de fortnite , j’ai joué à tellement de jeu, je l’ai installé mais aussi sec désinstallé, je ne le trouve pas fun du tout que du contraire. Apex legend est plus intéressant si c’était pas du battle royale.
    J’ai joué à pas mal de jeux addictifs et on finit pas décrocher tout seul. Surtout que les jeux de maintenant sont de moins en moins amusants(du la console aussi). Je m’aperçois que les gens de toute âge commencent à aimer la merde et là ça me fait peur pour l’avenir du jeu vidéo.

    • Clairement, pour moi interdire le jeu vidéo n’est pas une solution ! Moins tu as le droit de jouer, plus tu en as envie. L’esprit de contradiction 😉

      Fortnite a pris tellement d’ampleur ! Je le vois car je passe mes journées à vendre des V-bucks (monnaie de Fortnite) à des enfants enragés et des ados accros. Tristesse.

  5. Je crois qu’au delà des jeux vidéos c’est surtout l’accès au smartphone qui est préjudiciable, ce qui sert initialement à occuper l’enfant (support vidéo ou jeu) à tendance à occulter le reste.

    Beaucoup de parents se servent de la télévision et de son pouvoir hypnotique comme garde d’enfant…

    C’est bien dommage mais chacun fait comme il veut avec ses enfants, mais les écrans nuisent tout de même au développement de l’enfant en bas age.

  6. Je pense que le problème est avant tout dû aux parents et a un manque de régles.

    Etant môme, quand j’avais la game boy ( ohlalala que de souvenirs ) l’accès a la console été dratique.

    Pas avant les devoirs, pas plusieurs heures et je n’avais pas la game boy avec moi. Fallait que je demande avant d’y jouer. Je pouvais jouer en semain le soir, jamais le weekend ( sorties en famille, etc etc). Et ca allait très bien!

    Mais maintenant le téléphone, la tv et la console sont devenus des Super Nany.

    Alors faut pas s’étonner de voir que certains mômes ont du mal de décrocher quand ils y passent, déjà, plusieurs heures par jours. Rien qu’a voir les crises de mon petit neveu que je lui enleve la tablette des mains…

    Pour ma part, je pense qu’il suffit juste de mettre un peu de régles et de cadrer l’utilisation à la maison.

    • Je partage ton avis ! J’ai moi-même eu des consoles étant petite et les accès étaient limités. Parfois je me fais insulter par les parents en magasin qui doivent envoyer leur console en SAV pour cause de panne. Parce que oui, c’est inconcevable pour le gamin de passer 1 semaine sans console. Pitoyable.

Laisser un commentaire