La situation est grave. La fièvre me gagne, la maladie aura bientôt ma peau. Car oui, je suis affligé par un mal profond qu’aucun homme n’est capable d’endurer. En des termes médicaux, on parle de GROS RHUME SA MÈRE. Je peux tout endurer, une fracture ouverte, un accident de moto, la guerre en Syrie, MAIS PAS UN RHUME ! Bref, au moment où j’écris ces lignes, j’ai probablement la tronche de Sir Fortesque, le héros du jeu dont je vais vous parler aujourd’hui. C’est parti pour le test de MediEvil (le remake, parce que celui de 1998 a été testé il y a belle lurette) ! Merci à Sony de nous faire confiance !

Tout d’abord, MediEvil, qu’est-ce que c’est ? C’est un jeu d’aventure/plateforme sorti en 1998 et qui a clairement participé à la construction de mon imaginaire vidéoludique. On y incarne Sir Fortesque, considéré comme un héros par les habitants de la ville de Gallowmere, mais qui se révèle être un sacré loser qui s’est pris une flèche dans l’œil sans avoir l’occasion de participer à la bataille. Un peu comme moi lorsque j’ai cuisiné un succulent risotto pour ma famille, mais qu’en vrai, j’avais juste renversé un ingrédient supplémentaire sans le faire exprès (j’ai accepté les compliments fièrement en espérant qu’on ne me demande plus jamais de cuisiner).

Des modifications Os-tentatoires

Ce test de MediEvil a été rempli de nostalgie. En effet, les développeurs sont restés particulièrement fidèles à l’expérience d’origine : les niveaux, les armes et le gameplay sont en grande partie les mêmes (ce que beaucoup ont, semblerait-il, critiqué pour une sombre raison obscure cachée dans un coin de ténèbres du fin fond de la rétine d’un wombat aveugle).

Test de Medievil
Il est toujours làààààà !

Il est vrai que lorsqu’on joue à un Resident Evil II, qui a su se réinventer grâce à une cure de jouvence plus que bienvenue, on pourrait être tenté de se laisser gagner par une pointe de déception. Mais il faut tout de même noter que le feeling du point de vue du gameplay a profité d’un coup de jeune. Si la recette est clairement classique (on parle d’un jeu créé en 1998), nous n’avons pas forcément l’impression de jouer à un vieux jeu. En effet, la refonte graphique fait mouche. On n’est pas sur une prouesse technique, mais cela fait clairement le taf. Les ambiances horror-lolesques sont parfaitement retranscrites. Que ce soit le niveau du cimetière, la grotte aux cristaux ou le fameux level du chronographe, on en découvre les moindres recoins avec plaisir.

Test de MediEvil : une ossature ludique solide

En testant MediEvil, avec le recul, j’ai pu me rendre compte à quel point les développeurs avaient déjà implémenté quelques bonnes idées de game-design. Prenons l’exemple des armes. Dans ce titre, vous débloquez des armes au fur et à mesure que vous terminez des niveaux à 100 % (c’est-à-dire en dézinguant un certain nombre d’ennemis, que vous trouvez en explorant bien les niveaux). Déjà de ce point de vue, c’est une bonne idée : la curiosité des joueurs et leur envie d’exploration sont clairement récompensées.

Les cavernes en cristal
Les niveaux ont tous leur propre identité visuelle !

Mais si l’on va creuser un peu plus loin, on remarque que le déblocage des armes se fait généralement au bon moment. Au départ, on se fait attaquer par des ennemis de base, des zombies qui vous attaquent au corps à corps, vous disposez donc très logiquement d’armes au corps à corps. Après un certain temps, les ennemis commencent à vous attaquer de loin, et vous vous dites justement : « saperlipopette, occire ces lâches malfrats aux attaques télescopées n’est pas une sinécure, pardi de pardi » (arrêtez, on sait tous que vous parlez comme ça). Et justement, peu de temps après, vous débloquez l’arbalète, qui vous permet donc de les affronter à armes égales.

Niveau de Medievil
La caméra prend parfois des positions étranges…

C’est loin d’être anecdotique : non seulement débloquer des armes au fur et à mesure fonctionne comme une récompense chez le joueur qui entretient son intérêt, mais en plus, les offrir à ce moment précis a du sens et permet au joueur de comprendre instinctivement dans quel cas il doit les utiliser. Quand de nouvelles mécaniques de jeu apparaissent, il est nécessaire que ça ait du sens pour les joueurs. Et quoi de mieux pour que ces nouvelles mécaniques aient du sens que de mettre les joueurs face au fait qu’ils en ont besoin ?

Des défauts ? Os-ef !

Cependant, le jeu n’est pas exempt de défauts. En effet, certaines utilisations secondaires des armes ne sont pas très transparentes, comme le fait qu’il est possible d’éteindre des feux de camp grâce à la massue, chose qu’il est indispensable de comprendre pour finir le jeu à 100 %. Du coup, cette absence de tuto clair peut parfois frustrer.

Test de Medievil
Le marteau est particulièrement jouissif !

Un autre point un peu dommage : le jeu se termine vite, très vite. En l’espace d’une septaine d’heures (oui ça existe le concept de septaine, je fais ce que je veux, je suis un artiste moi), vous arrivez à la fin du jeu. Naturellement, le jeu dispose d’un certain potentiel de rejouabilité, étant donné qu’à partir du dernier niveau, il est possible de refaire les autres afin de trouver de nouveaux objets cachés. Cependant, on est sur quelque chose d’assez accessoire (il y a UNE âme cachée dans chaque niveau).


En conclusion, MediEvil est un très bon jeu, surtout pour les grands nostalgiques comme moi. On prend plaisir à en réarpenter les niveaux, à écraser les zombies à coup de marteau magique ou à les cramer comme les pyromanes que nous sommes tous un peu. La refonte graphique fonctionne très bien et donne un coup de jeune à ce titre d’un autre âge. Le jeu n’est pas exempt de défauts parfois un peu dérangeants, naturellement, mais cela n’enlève rien au fait que ce test de MediEvil a été pour moi un plaisir. De plus, MediEvil ne vous coûtera pas une blinde !

La note de la rédaction
  • Gameplay - 7/10
    7/10
  • Bande-son - 7/10
    7/10
  • Capital nostalgie - 9/10
    9/10
  • Durée de vie - 5/10
    5/10

Les plus et les moins

✔︎ Une refonte graphique qui marche !
✔︎ Une nostalgie bien présente (pour les vieux de la vieille).
✔︎ Une grande fidélité au jeu d'origine !

✘ Une durée de vie discutable !
✘ Peut être parfois frustrant côté absence de tuto !

7.0/10

 


Pierre-Yves Houlmont

Ceinture noire d'haltérophilie en parachute et passionné par la généalogie des pommes de terre, j'ai décidé de devenir rédacteur dans le domaine du jeu vidéo ! Einstein ne nous a-t-il pas mis en garde contre les pierres ayant tendance à rouler ?

4 Commentaires »

  1. J’avais fait la démo par curiosité, je l’ai trouvé réussi visuellement, les personnes qui disent qu’il n’y a pas eu beaucoup de travail, ne se remémore plus ce qu’était le jeu en 1998. Par contre le gros point négatif c’est la caméra, je ne me souvenais plus que c’était comme ça, mais bon il y a peu de chance que je prenne ce jeu dès que j’ai mis un pas dans cet univers j’ai retrouvé toutes mes sensations du jeu et du lieu. Hormis la caméra et aussi la durée de vie…j’ai pas mémoire d’avoir terminer rapidement ce jeu. Mais Medievil je le conseille , c’est un bon jeu et sir daniel fortesque est attachant.

  2. Test toujours aussi drôle et sympa à lire !! En effet le jeu a l’air d’avoir bien changé depuis la version originale (du moins il s’est embelli). Ça fait ressurgir de bons souvenirs ! MediEvil c’est vraiment un des jeux qui aura marqué l’histoire de la Playstation.

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