Snufkin et Chasing the Unseen, nostalgie et folie des grandeurs

Snufkin: Melody of Moominvalley et Chasing the Unseen, deux jeux bien différents qui méritent le coup d'œil !

En novembre dernier, je te parlais de deux jeux que j’ai eu la chance de chroniquer à la télévision suisse, dans le Rendez-vous Gaming du JT de midi. Eh bien j’ai remis ça il y a quelques semaines (avant de retourner en plateau quelques jours plus tard, le 1er mai, au passage), alors une fois de plus je me dis que ça peut être tout à fait chouette de te parler plus en profondeur des jeux qu’on a présentés avec la formidable Marion Bareil de chez Tourmaline, parce que ces séquences de six minutes sont décidément trop courtes pour tout ce qu’on a envie de raconter !

La mission est toujours la même : sélectionner des jeux qui viennent de sortir, sans image trop violente puisqu’on est sur une chaîne publique en journée, et carte blanche pour ce qu’on en dit. Or, je ne sais pas si tu es au courant, mais le secteur du jeu indé est un peu en crise en ce moment, avec beaucoup d’éditeurs qui annulent des financements en cours de projet, des délais de production qui se rallongent… Bref, pas facile de composer une sélection variée et intéressante quand on a envie de mettre en avant des petits studios et que la date des chroniques est fixe. D’ailleurs, j’ai vécu ça très récemment puisque j’ai préparé l’émission du 1er mai et que deux des jeux qu’on avait repérés ont été repoussés sans nouvelle date officielle… Mais comme on est trop fortes, on a quand même dégoté deux jeux tout à fait sympathiques et intéressants, dans deux styles complètement différents : Snufkin: Melody of Moominvalley et Chasing the Unseen !

Snufkin: Melody of Moominvalley

Est-ce que tu connais les Moumines, ce petit peuple adorable qui a bercé l’enfance de plusieurs générations, dans les pays nordiques et ailleurs ? Eh bien pour la première fois, cette licence déjà adaptée en albums et en dessin animé se décline en jeu vidéo. Ça s’appelle Snufkin: Melody of Moominvalley, c’est un petit jeu d’aventure parfaitement adapté pour la famille, et on y explore le village des Moumines, transformé pendant l’hiver en un terrain urbanisé, balisé et rempli de panneaux d’interdiction. Qu’à cela ne tienne, équipé de tes instruments de musique et de toute ton ingéniosité, tu t’engages à restaurer la beauté de la vallée et surtout à retrouver Moumine qui est aux abonnés absents !

J’ai beaucoup aimé ce jeu, qui propose une vraie parenthèse de douceur et de verdure pour quelques heures. Son gros point fort, c’est le soin mis à sa direction artistique : les graphismes rendent un magnifique hommage à l’œuvre originale de Tove Jansson, la musique est faite en collaboration avec le groupe islandais Sigur Rós et nappe agréablement notre progression, on rencontre énormément de personnages de la série qui auront besoin de notre aide pour diverses missions. Alors oui, les puzzles sont plutôt simples et c’est un jeu que je recommande en priorité aux nostalgiques de cet univers ainsi qu’aux enfants (accompagnés s’ils ne savent pas encore lire, il y a pas mal de texte), mais c’est un petit bijou artistique qui vaut le coup d’œil si tu n’es pas à la recherche d’adrénaline et de challenge !

Chasing the Unseen

Beaucoup de choses à dire sur ce titre, dont je n’avais pas du tout entendu parler avant sa sortie. Et pourtant, il a été créé par Matthieu Fiorilli, un artiste 3D connu pour avoir travaillé par exemple sur les créatures dans Avatar : la voie de l’eau. C’est sa première incursion dans le milieu du jeu vidéo, et on y parcourt différents mondes gigantesques, mystérieux et labyrinthiques, peuplés d’immenses créatures qu’il faudra escalader. En toile de fond, un discours sur la méditation et l’importance de laisser derrière soi les pensées parasites et les inquiétudes, et une nappe sonore mi-calme, mi-inquiétante. Tout un programme donc !

On est ici dans une démarche totalement différente du premier jeu, et j’aurais tendance à dire qu’il s’adresse à un public plutôt pointu. Parce que sous sa surface de jeu méditatif et envoûtant, Chasing the Unseen cache en réalité un gameplay un peu punitif, et une progression pas toujours intuitive qui risque de déplaire aux novices. Je crois que si tu te lances dans cette aventure, il est important que tu gardes en tête que ça a été créé par un artiste qui vient du milieu visuel, et pas du jeu vidéo : on sent que les déplacements du personnage manquent de fluidité, qu’il y a quelques frustrations sur l’amplitude des mouvements et la maniabilité générale de notre héros, là où l’univers visuel est bien plus maîtrisé, créatif et unique. Il y a aussi une dualité assez étonnante entre le discours très zen et l’expérience de jeu pas du tout relaxante, je n’arrive pas à savoir si c’est une maladresse de design ou un choix assumé.

Mais si tu aimes les propositions artistiques, il serait bien dommage de s’arrêter à ces détails, parce que Chasing the Unseen regorge de belles surprises. J’ai adoré me balader dans ces espaces immenses et vides, me confronter à ces échelles démesurées et à la vulnérabilité de mon personnage (qui n’est pas du tout taillé pour le parkour). J’ai adoré rencontrer ces créatures qui font vingt fois ma taille, et vaincre l’appréhension initiale pour réaliser que je peux en faire mes alliés. Et surtout, j’ai adoré la façon dont les puzzles sont construits : pas d’énigme à proprement parler, mais pour progresser dans le niveau et atteindre la sortie, il faut jouer avec le relief. On apprend très rapidement (et à nos dépens) les limites de nos mouvements (on ne saute pas très haut, on ne peut pas tomber de trop haut non plus, tu vois le genre), et c’est avec cette connaissance qu’on va pouvoir déduire les chemins praticables et ceux qui sont en réalité inatteignables.

Bref, ce jeu vidéo présente une approche assez insolite quand on est familier des codes vidéoludiques habituels, et je dois dire que j’ai beaucoup aimé me confronter à ça : questionner mes automatismes, chercher à mettre le doigt sur les petits ingrédients qui me sortent de ma zone de confort et qui colorent toute l’expérience de jeu, penser différemment pour fluidifier ma progression (un peu laborieuse dans le premier niveau) et attraper la logique de ce titre. C’est une forme de challenge que j’ai trouvé très stimulante, et dont la récompense est cet univers aux proportions délirantes, ce dépaysement total, cet émerveillement face aux grandes bestioles qu’on rencontre, ce plaisir de se laisser promener sans bien comprendre où on va. Pas fait pour tous les types de joueurs donc, clairement, mais suffisamment insolite pour qu’on s’y penche !


Je m’arrête ici pour cette petite sélection. Difficile de tirer des parallèles entre ces deux titres, si ce n’est pour dire qu’ils ne s’adressent pas vraiment au même type de joueurs. Si tu veux jouer en famille, profiter de graphismes faits à la main et enchanteurs, et te balader dans une histoire toute douce et nostalgique, jette un oeil à Snufkin: Melody of Moominvalley. Et si tu as plutôt envie de te faire un trip assez exigeant, déroutant et atmosphérique, dans une expérience de jeu qui sort de ce qu’on connaît, alors penche-toi sur Chasing the Unseen ! Et si tu testes un de ces jeux, surtout viens m’en parler dans les commentaires, évidemment !

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6 réponses

  1. J’ai regardé l’émission, petite chronique tv. Coline devient célèbre mdr.

    Dire qu’elle m’avait confectionné un Yoshi ! Je vais pouvoir le vendre des millions ^^ je ne vends rien, je le garde bien précieusement. Ils ont l’air intéréssant tous les deux.

    Bravo à toi pour tes articles et ta chronique. On en oublierait que tu es une grande lectrice.

  2. Tellement fier de toi Coline et de tout ce chemin parcouru depuis que j’ai lu tes premiers articles sur JSUG ! En plus, quand on te voit à l’écran c’est tout simplement la classe internationale.

    Les Moumines, mon dieu, c’est toute mon enfance ! Merci pour cette belle découverte, je n’ai pas d’enfant avec qui y jouer (les miens sont trop vieux maintenant) mais c’est pas grave je le ferai tout seul en mode relax.

    1. Roh mais tu es bien trop adorable ! Ce soutien aussi stable depuis des années fait vraiment chaud au coeur 🙂

      Haha je l’ai fait toute seule aussi et c’était quand même tout à fait plaisant, les enfants c’est juste la bonne excuse 😀

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