Chers tous, comme vous le savez déjà, La Parole aux Lecteurs représente l’opportunité pour l’un de nos fervents admirateurs de s’exprimer au sujet de l’une de ses plus grandes passions : le jeu vidéo. Dans l’interview qui suit, les rôles sont donc inversés, nous avons posé quelques questions à l’un des membres fondateurs de la communauté JSUG, Monsieur-Belette, qu’Eric connaît personnellement. Monsieur-Belette est un monsieur empli de sagesse qui a des convictions profondes et franchement intéressantes.

Bonjour Monsieur-Belette ! Parle-nous un peu de toi.

Bonjour à tous, je m’appelle Morgan et je tiens tout d’abord à remercier l’équipe de JSUG de mettre en lumière ses lecteurs.

J’ai aujourd’hui 35 ans et après une formation de traducteur technique, que j’espérais finir dans le domaine du jeu vidéo, je me suis dirigé vers un travail de rédacteur technique. Le rédacteur technique, c’est cette personne qui écrit l’ensemble des manuels d’instructions ou de maintenance que personne ne lit, ce qui fait de ce travail quelque chose d’extrêmement gratifiant.

J’habite en ce moment à Lyon, ville où j’ai eu la chance d’effectuer mes études, mais j’ai déménagé à de nombreuses reprises et connu différentes régions, j’ai même eu la chance d’habiter aux États-Unis quand j’étais petit.

Comment as-tu découvert les jeux vidéo ?

Un beau jour de 1988 ou 1989, alors que nous vivions aux États-Unis, mon père est revenu avec une magnifique NES sous le bras qu’il avait pu acheter à moindre frais dans un magasin détaxé.

C’était un pack NES avec le combo Super Mario Bros/Duck Hunt et son magnifique pistolet gris et orange. Avec mon grand frère nous sommes directement tombés sous le charme des jeux vidéo et avons profité de la NES jusqu’à la sortie de la Playstation, et son achat effectué en 1998, ou le saut technologique nous paraissait indispensable après dix ans de bons et loyaux services. J’ai toujours eu cette passion du jeu et j’ai maintenant une collection impressionnante de consoles et de jeux.

À quels genres de jeux joues-tu ?

Je suis un peu un touche-à-tout du jeu vidéo, je n’ai pas vraiment de genre de prédilection et je m’intéresse à tous types de jeux, je joue également sur tous types de supports.

J’ai tout de même un amour particulier pour les jeux de voitures, c’est d’ailleurs la sortie de Gran Turismo sur PS1 en 1998 qui m’a fait sauter le pas vers cette console. Je suis également un fan absolu de la série Metal Gear, j’avais d’ailleurs commencé à y jouer sur NES.

J’aime beaucoup les jeux coopératifs, et les jeux multi-joueurs en local, car le jeu vidéo est un plaisir encore plus grand lorsque l’on peut le partager avec ses amis. Plus récemment je me suis également pris de passion pour la série des jeux Yakuza enfin disponibles en intégralité sur PS4.

Je suis également un joueur inconditionnel des jeux de Will Wright, et plus spécialement Sim City et Les Sims. Je me suis à force un peu détourné des Sims face à la politique vache à lait des développeurs.

Et puis il y a les jeux rétro, qui me ramènent aussi aux heures de gloire du pixel avec des mécaniques et des contrôles  modernisés.

Je pense avoir testé tous types de jeux et si vous vérifiez ma liste de jeux via mes profils PSN ou Steam, vous constaterez tout l’amour que je porte aux jeux vidéo.

JSUG a permis de créer de belles amitiés. Morgan et Eric se sont déjà rencontrés plusieurs fois !
Quelles sont tes plus grandes espérances et frayeurs quant à l’avenir du jV ?

Je vais commencer par un point que je trouve fondamental, et qui est pour moi un gros point noir des tendances dans les jeux, la déshumanisation des rapports entre joueurs et la perte des composantes coopératives, et notamment en local. Ce rapport de convivialité qui me tient particulièrement à cœur est en train de s’amenuiser.

Le focus porté sur les Always Online et le multi compétitif, la folie autour des Battle Royale et la « starisation » des streamers pousse la communauté dans une mauvaise direction, celle de la compétitivité à outrance alors que l’on devrait plutôt encourager la coopération entre joueurs. Le jeu en ligne a offert un terrain de jeu immense aux gens, et une ouverture sur le monde importante, mais au final, les gens ont tendance à s’enfermer dans des mécaniques d’égo qui sont devenu des valeurs quasi-positives. C’est assez consternant, et l’eSport risque d’amplifier et de favoriser ce phénomène.

On a transposé ce qui gangrène la société, la jalousie, la compétition et l’avidité sur ce qui permettait aux gens de s’éloigner de leur quotidien. Je ne dis pas que cela concerne la majorité des joueurs, mais cela m’inquiète pour les plus jeunes, souvent accros à Fortnite, qui découvrent le jeu vidéo par le mauvais côté du spectre.

Il y aurait beaucoup de choses négatives à tirer de l’expérience vidéoludique, devenue maintenant une composante majeure de la société, et qui est de fait devenue un triste reflet de la société parfois. On peut faire des parallèles simples entre les nombreuses pratiques commerciales douteuses de l’industrie en général et les politiques tarifaires des jeux services, des season pass et autres contenus exclusifs. Le mot est lâché, exclusif, en effet, ces procédés ne placent plus les joueurs sur un pied d’égalité.

En parlant de politique tarifaire et commerciale, il est intéressant de voir les stratégies d’Apple et de Nintendo qui ont beaucoup de points communs en bon, mais surtout en mauvais.

Concernant mes espérances, je suis content de voir que la course à la puissance et au rendu ne fait plus forcément recette et que l’expérience joueur et les aspects narratifs tirent à nouveau leur épingle du jeu. L’essor du jeu indépendant fait beaucoup de bien à l’industrie et nous épargne des suites de grosses licences sans fin. Le jeu vidéo est à une période charnière où il se réinvente et commence à transcender les frontières de son média pour aller se rapprocher encore plus des univers du cinéma, de la littérature et de l’art en général.

Placer le joueur au cœur de la réflexion me semble être le chemin à suivre, en lui proposant une expérience enrichissante à titre personnel plutôt qu’enrichissante pour les éditeurs…

La composante caritative des jeux vidéo fait également du bien à voir, avec des plateformes d’achats comme Humble Bundle ou les évènements de streaming utiles et de performance tels que les Games Done Quick.

Le jeu vidéo a de l’avenir et je serai toujours ce même enfant qui s’émerveille sans fin devant lui.

Si je te demande « Pourquoi JSUG ? ». Tu réponds quoi ?

JSUG a été une formidable découverte pour moi, avec en premier lieu la recherche d’une communauté de joueurs sur 3on3 Freestyle. J’ai ainsi intégré le formidable groupe de joueurs français fédérés autour du jeu à l’initiative d’Eric et de JSUG. La gentillesse et le dynamisme d’Eric ont fait le reste, d’abord avec le story telling sur YouTube et notre passion commune pour Rusev, puis la lecture des articles et des dossiers sur le site en lui-même.

Je suis depuis toujours resté fidèle à JSUG qui est au final tout ce que j’aime dans le jeu vidéo et dans la vie, une communauté de gens cool, francs et honnêtes qui se retrouvent autour d’une même passion.

Nous venons tous d’horizons différents mais je prends toujours plaisir à échanger et à jouer avec vous. Je suis d’ailleurs toujours dispo pour jouer et échanger avec vous alors n’hésitez pas à me contacter.

Je remercie Eric une fois encore pour l’opportunité qu’il me donne d’être mis en lumière, et c’est avec un grand plaisir que je me suis livré à vous.


Je suis un gameur.com

Je suis un gameur.com, c'est un blog indépendant sur le jeu vidéo. Créé par un vrai passionné, il retrace l'actualité majeure de la scène vidéoludique et passe en revue les derniers jeux. Longue vie au jeu vidéo !

12 Commentaires »

  1. Hyper cool cette interview !

    J’avoue que mon petit cocon de jeux indé me maintient pas mal à l’écart des dérives que tu cites… Mais du coup c’est très intéressant à lire.

    Et figure toi que je fais partie de ces gens bizarres qui adorent lire les manuels d’instructions !

  2. Salut M.Belette et comme PY, je trouve que ton constat sur l’encouragement à la compétition systématique de notre civilisation au lieu de jeux gagnant-gagnant basés sur l’entraide et la compréhension d’autrui est tout à fait opportun, signe hélas de notre décadence en marche. Les séniors dont je fais partie jouent beaucoup à l’eSport dans cet esprit-là, ils ont tellement été formatés comme ça ! En participant prochainement aux différentes manifestations de la Silver Geek, je compte bien me faire entendre sur ce sujet précis, entre autres… merci pour ce super article. À bientôt et bisouxxx de MiJo à tous.

  3. Tu fais comme le frère de Monsieur Monk . Je confirme Yakusa – Borderlands. Il les ponce ^^.

    Vu la voie que tu as, je pensais un gars de 20 ans. Ta voie fait tellement jeune.

    Ayant joué un peu avec lui, c’est une personne très gentille, là pour aider quand on a besoin.

    Crash Bandicoot team racing me prend beaucoup de temps au soir mais j’ai wreckfest, puis j’ai pris starlit adventures, il est gratuit, et on sait jouer à deux ….bon c’est pas un jeu AAA mais j’aime bien, à partir du niveau 41 ça commence seulement a devenir plus difficile ^^ c’est un jeu free to play

    • Je déteste ma voix en tout cas, content de voir qu’elle me fait paraitre plus jeune, c’est au moins un point positif.

      J’ai prêté Wreckfest a un ami pour le convertir, mais dès que je le récupère faut qu’on y joue ensemble !

      En tout cas c’est toujours un plaisir de jouer et discuter avec toi !

      Je vais regarder ce qu’est ce starlit !

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