Vous vous souvenez de l’époque où quelques petites voitures, trois bouts de piste orange et le canapé du salon suffisaient à créer le Grand Prix de Monaco ? Bien des fois, il fallait négocier un virage serré autour d’une pantoufle, éviter le pied de la table basse, mais aussi expliquer pourquoi une Hot Wheels venait de terminer sa course dans la gamelle du chien. C’était artisanal, dangereux pour les chevilles, mais terriblement efficace ! À notre grande surprise, Milestone a décidé que tout cela manquait sérieusement d’ambition : aujourd’hui, le studio nous propose carrément de lâcher nos petites voitures dans un monde ouvert. Enfin… dans plusieurs mondes ouverts, histoire de voir les choses en grand !
Après Hot Wheels Unleashed en 2021, puis Hot Wheels Unleashed 2: Turbocharged deux ans plus tard, le développeur italien abandonne donc une partie de la formule qui avait fait le succès de ses deux précédents jeux pour tenter quelque chose de différent avec Hot Wheels Infinite Rush ! Fini le simple enchaînement de circuits installés dans des garages, chambres et autres environnements gigantesques explorés à hauteur d’une petite voiture : cette fois-ci, on part explorer librement tout un tas d’îles remplies de courses, de défis et de véhicules à collectionner. Rien que ça !
Sur le papier, forcément, ça ressemble à un croisement improbable entre Hot Wheels et Forza Horizon. Et très franchement, l’idée avait de quoi me donner envie de faire chauffer la gomme comme un kéké devant un Norauto un samedi après-midi ! Mais au fil de mon test de Hot Wheels Infinite Rush, après plusieurs heures passées à écraser l’accélérateur et à envoyer des voitures en plastique dans des platanes à 300 km/h, une question s’est progressivement imposée : Hot Wheels avait-il véritablement besoin de voir aussi grand ? Quoi qu’il en soit, je remercie chaleureusement notre partenaire PLAION de m’avoir fourni une version presse du jeu sur PlayStation 5. À présent, place au test !
Test de Hot Wheels Infinite Rush : un Forza Horizon sous blister
La grosse nouveauté de Hot Wheels Infinite Rush est donc son monde ouvert, ou plutôt ses quatre grandes régions que vous débloquez progressivement au fil de votre avancée. Chacune d’elles possède sa propre ambiance, ses routes, ses constructions et quelques particularités visuelles, avec notamment des plages, des zones urbaines, des carrières ou encore des décors aux inspirations japonaises.
Le principe est simple : vous vous baladez librement dans chaque zone, vous trouvez des activités et vous les terminez afin de progresser jusqu’aux affrontements importants, les derniers permettant d’ouvrir la suite de l’aventure. En d’autres mots, Milestone a repris ce qui fonctionne chez Forza Horizon et The Crew, puis a mis le tout dans un énorme shaker avec des petites voitures Mattel dedans.

Et au début, cela fonctionne plutôt bien ! Se retrouver libre de rouler absolument partout donne immédiatement envie d’explorer. On quitte une route, on traverse une pelouse, on aperçoit un morceau de piste orange au loin, on balance un coup de nitro et cinq secondes plus tard, on se retrouve dans un looping sans vraiment savoir comment on est arrivé là. C’est exactement le genre de joyeux bordel que j’attends d’un jeu Hot Wheels.
Le décor participe aussi beaucoup à cette sensation de gigantesque terrain de jeu car une bonne partie des éléments que vous croisez peut être envoyée valser : barrières, arbres, panneaux, mobilier urbain et même certains véhicules ! Bref, ici, inutile de freiner parce qu’un pauvre buisson se trouve devant vous. On l’éclate, on continue et on laisse le service des espaces verts gérer le problème… Sur ce point, Infinite Rush assume totalement son côté arcade, mais cette nouvelle liberté pose aussi un problème auquel je ne m’attendais pas forcément : en gagnant un monde ouvert, la licence perd une partie de son échelle.
Chérie, j’ai agrandi les Hot Wheels !
C’était l’un de mes plaisirs dans les précédents épisodes : piloter une minuscule voiture à travers un environnement conçu pour des humains ! Une table pouvait être une falaise, un canapé une montagne et le sol d’un garage une autoroute gigantesque… Cette différence d’échelle octroyait immédiatement une personnalité visuelle unique au jeu, tout en nous rappelant constamment qu’on conduisait des jouets.
Dans Hot Wheels Infinite Rush, cette sensation est nettement moins présente. En effet, les environnements ont davantage été pensés comme de grands terrains de jeu entièrement adaptés aux voitures. C’est très joli, coloré et agréable à traverser, mais beaucoup moins surprenant… En somme, avant, j’avais l’impression d’être une Hot Wheels lâchée dans Toy Story. Maintenant, j’ai davantage la sensation d’évoluer dans un Need for Speed qui aurait fumé trois paquets de bonbons avant de se coucher.

En toute honnêteté, ce changement aurait pu fonctionner parfaitement si Milestone avait complètement craqué son slip sur la conception des circuits. Après tout, on parle de Hot Wheels ! C’est certainement l’une des rares licences dans laquelle personne ne viendrait vous demander pourquoi une piste effectue plus de quatre loopings avant de s’engouffrer dans la gueule d’un dinosaure pour repartir à l’envers sur une autoroute suspendue.
Malheureusement, Infinite Rush est étonnamment sage. Les pistes orange, les loopings et quelques constructions complètement absurdes sont toujours présents, mais une bonne partie des courses emprunte également les routes classiques du monde ouvert. Certaines sont larges, relativement simples et composées de longues portions durant lesquelles on garde surtout l’accélérateur enfoncé en attendant le prochain virage… Ça va vite, certes. Mais aller vite et faire ressentir une véritable sensation de vitesse, ce n’est pas pareil.
Hot Wheels Infinite Rush : quatre roues, quatre caractères…
Heureusement, Hot Wheels Infinite Rush reste très agréable une fois la voiture lancée. Le jeu divise son garage en quatre grandes catégories de véhicules, chacune possédant son comportement et surtout sa propre manière de gérer la nitro. On retrouve notamment les voitures pensées pour la vitesse pure, celles beaucoup plus adaptées au drift, les modèles polyvalents, ainsi que les énormes Titans, conçus sur la base d’une méthode scientifique très précise : « mets des roues sur un parpaing et regarde ce qui se passe ».
L’idée est plutôt bonne puisqu’elle encourage théoriquement à changer régulièrement de véhicule selon l’activité. Et comme il est possible de préparer plusieurs voitures avant de partir explorer, on peut passer rapidement d’un modèle à l’autre sans retourner sans arrêt bricoler dans son garage.
Dans les faits, l’équilibrage est un peu plus discutable : certains véhicules sont tellement efficaces qu’on finit naturellement par revenir vers eux, et ce même si le jeu nous propose tout un tas de joujoux différents. Bref, je trouve cela dommage car la collection constitue l’un des gros morceaux d’Infinite Rush.

Côté conduite, vous pouvez oublier Assetto Corsa et vos réglages de pression des pneus au dixième près… Hot Wheels Infinite Rush est un jeu d’arcade pur jus ! On accélère, on drifte, on booste et on prie le dieu du plastique pour que notre réception après un saut de trente mètres se fasse bien sur les quatre roues de la bagnole.
La prise en main est immédiate, peut-être même un peu trop. Les voitures restent faciles à contrôler et le jeu pardonne beaucoup de choses, ce qui le rend accessible pour les plus jeunes ou les joueurs qui souhaitent simplement se marrer sans passer quarante minutes dans les réglages.
Lors de mon test de Hot Wheels Infinite Rush sur PS5 Pro, j’ai joué en difficulté normale. À ce niveau-là, ne vous attendez pas à devoir sortir le bandeau de Rocky pour remporter une course. Le fait est que l’opposition manque régulièrement de mordant, à tel point que les premières heures de jeu ressemblent davantage à une grosse promenade motorisée qu’à une véritable compétition de simracing.
Collectionnite frénétique sur quatre roues motrices
Bon, évidemment, qui dit Hot Wheels dit petites voitures à collectionner… Et de ce côté-là, Infinite Rush a largement de quoi réveiller le collectionneur compulsif qui sommeille en vous. Les véhicules sont tous magnifiquement présentés et la reproduction des matériaux fonctionne particulièrement bien ! Le métal, le plastique, les peintures et les petits détails donnent véritablement l’impression d’avoir devant soi une miniature fraîchement sortie de son emballage. Franchement, on aurait presque envie de vérifier sous la voiture si Mattel n’a pas gravé son année de fabrication ; c’est vous dire !
Une autre bonne nouvelle, c’est que le système d’acquisition semble moins frustrant que certaines mécaniques utilisées par le passé ! Ainsi, les véhicules peuvent notamment être obtenus auprès des différents concessionnaires, gagnés lors de certaines confrontations ou récupérés grâce aux nombreuses activités disséminées dans le monde.

On trouve également des Daredevils qui circulent dans les régions et qu’il faut poursuivre avant de les défier, puis les battre en duel, pour ajouter leur véhicule au garage. Le principe fonctionne particulièrement bien parce qu’il transforme simplement une balade en chasse improvisée. Vous partez tranquillement rejoindre une course et, trente secondes plus tard, vous voilà à poursuivre une bagnole comme Vin Diesel après qu’on lui a parlé de famille.
En vrai, le problème vient plutôt de la progression globale. On récupère assez rapidement des voitures très performantes, au point que l’achat de nouveaux modèles devient ensuite davantage une affaire de collection qu’un véritable besoin pour progresser.
Personnellement, cela ne me dérange pas énormément dans un jeu Hot Wheels. Car après tout, le plaisir d’avoir plein de petites voitures différentes fait partie du concept, surtout depuis que Mattel a fini par comprendre qu’il était possible de vider le portefeuille de papa et maman avec des bouts de métal de huit centimètres.
530 activités… et quelques tours de trop !
En termes de contenu, en revanche, Hot Wheels Infinite Rush n’est clairement pas venu les mains dans les poches. Les différentes régions proposent un paquet d’épreuves : courses, contre-la-montre, épreuves de drift, élimination, livraisons, destruction, défis de vitesse, objets à récupérer ou encore petites activités d’exploration… Bref, si vous êtes du genre à vouloir retourner le moindre caillou d’un open world jusqu’à ce que la carte ressemble à un appartement après le passage de Valérie Damidot, vous allez avoir de quoi faire.
À noter que le nombre total d’activités peut grimper très, très haut, avec plus de cinq cents épreuves et objectifs pour les plus acharnés. Évidemment, cela ne signifie pas cinq cents circuits uniques. Et c’est là qu’arrive le principal ennemi du jeu : la répétitivité.

Au début, on saute sur tout ce qui apparaît sur la carte. Une course ici, un défi de drift là, un véhicule à récupérer au loin… Puis, au fil des heures, certaines activités commencent forcément à se ressembler. Les épreuves de destruction illustrent particulièrement bien le problème : foncer dans tout ce qui dépasse est marrant 5 minutes, mais on est très loin du plaisir sadique d’un jeu de course à la Burnout, où chaque collision ressemblait à une déclaration de guerre adressée au code de la route.
Infinite Rush possède donc énormément de contenu, mais il confond parfois quantité et variété et cela se ressent d’autant plus que le monde ouvert ne récompense pas toujours parfaitement la curiosité… Il m’est arrivé d’avoir davantage envie d’enchaîner les véritables courses que de m’arrêter à chaque activité secondaire simplement parce qu’une icône se mettait à clignoter à proximité. Finalement, lors de mon test de Hot Wheels Infinite Rush, j’ai souffert du syndrome classique de l’open world : au départ, tu veux tout faire. Mais dix heures après, tu négocies déjà mentalement avec les points d’interrogation sur la carte…
Pimp My Hot Wheels
Fort heureusement, Milestone n’a pas oublié l’un des meilleurs jouets de ses précédents épisodes : la création. Il est toujours possible de personnaliser ses véhicules, de créer des livrées et des autocollants, et surtout de construire ses propres circuits uniques, puis de les partager avec les autres joueurs.
Paradoxalement, c’est presque là que Hot Wheels Infinite Rush retrouve toute sa folie, tout simplement parce que lorsque le joueur récupère les clés de la baraque, il peut inventer ce que les circuits officiels n’osent pas toujours offrir spontanément : des loopings absurdes, des changements de gravité, des pièges gigantesques et des constructions qui feraient très probablement démissionner n’importe quel ingénieur des Ponts et Chaussées.

Cela augmente forcément énormément la durée de vie, surtout avec les créations de la communauté. Le multijoueur en ligne permet également de prolonger l’expérience grâce à des courses classées et à un système saisonnier ! En revanche, l’absence d’un vrai mode multijoueur local fait mal pour un jeu vidéo de cette nature. Une licence Hot Wheels sans la possibilité de parcourir tranquillement son monde ouvert à deux sur le même canapé, c’est un peu comme acheter un paquet de Curly et refuser de le partager avec son pote : techniquement, on peut, mais humainement, c’est discutable.
Test de Hot Wheels Infinite Rush : life in plastic, is it fantastic ?
Visuellement, le constat est assez particulier. Les voitures, par exemple, sont superbes. C’est incontestablement l’un des domaines dans lesquels Milestone maîtrise son sujet. En effet, les carrosseries, les peintures, les différents matériaux et les designs complètement barrés des modèles Hot Wheels rendent parfaitement bien à l’écran.
Les environnements, eux, sont plus inégaux… Les quatre régions possèdent une identité suffisamment différente pour éviter l’impression de tourner constamment dans le même quartier, mais elles manquent parfois de détails et surtout de personnalité comparées aux environnements beaucoup plus marquants des précédents Hot Wheels Unleashed.

Le monde ouvert demande forcément davantage de ressources, et cela se ressent. Le jeu peut être coloré et agréable sans forcément nous mettre une claque visuelle. Ce qui me gêne davantage, encore une fois, c’est cette sensation d’avoir perdu quelque chose dans le passage à la grande échelle.
Côté audio, même constat : durant mon test de Hot Wheels Infinite Rush, les moteurs ont fait correctement le boulot, les accélérations ont bien accompagné la sensation de vitesse et la nitro a apporté son petit effet sympa, mais la bande originale manque franchement de morceaux capables de rester dans la tête… Pour moi, il y a beaucoup trop de techno-pop, quelques variations selon les environnements et puis… pas grand-chose que j’aurais envie d’ajouter immédiatement dans ma playlist Spotify. Au bout d’un moment, la musique finit par se transformer en papier peint sonore : elle est là, mais on ne la regarde plus.
En résumé Au final, Hot Wheels Infinite Rush reste un jeu de course arcade amusant, accessible et généreux. La conduite fait le boulot, les voitures sont magnifiques, les nombreuses activités peuvent occuper longtemps les collectionneurs et amoureux de création… Pourtant, en cherchant à devenir un Forza Horizon miniature, le jeu gagne en liberté ce qu’il perd en personnalité. La différence d’échelle, qui faisait vraiment le charme des épisodes précédents, s’efface, tandis que les circuits officiels manquent de folie. Infinite Rush ne finit donc pas dans le fossé, mais il négocie son virage un peu trop largement : la carrosserie brille, le moteur tourne correctement, mais sans provoquer l’étincelle attendue. Heureusement, tant que les quatre roues touchent le sol, il reste toujours possible de remettre un petit coup de nitro afin de passer un bon moment ! Les plus ✔️ Un éditeur de circuits jouissif. Les moins ✖️ Une bande-son vite oubliée.
L'avis de la rédaction
Note
✔️ Collectionner reste un vrai plaisir !
✔️ Un contenu véritablement généreux.
✔️ La prise en main arcade immédiate !
✔️ Des voitures toujours aussi réussies.
✔️ Un monde ouvert plaisant… au début.
✖️ Un challenge parfois absent.
✖️ Des circuits officiels trop sages.
✖️ Pas de multi local : carton rouge !
✖️ Une répétitivité qui freine le plaisir.
✖️ Un monde ouvert qui dilue la magie.








