Je crois que je n’ai jamais autant attendu de voir débarquer chez moi un mec poilu, mal rasé et avec un débardeur douteux. Enfin si, mais c’était une autre époque et je préfère ne pas entrer dans les détails… Pour ce test de Marvel’s Wolverine sur PS5, j’ai donc retrouvé Logan avec une question en tête : Insomniac Games allait-il réussir à me faire oublier les toiles d’araignée pour me convertir aux griffes en adamantium ?
Depuis son annonce en 2021, le jeu nous faisait sacrément saliver. Après trois aventures consacrées à Peter Parker et Miles Morales, le studio change de héros… et d’ambiance ! Là où Spider-Man passe son temps à exécuter des pirouettes en racontant des blagues, Wolverine préfère généralement régler les problèmes avec beaucoup moins de diplomatie, mais nettement plus de membres humains éparpillés sur le sol. Et franchement, ça me va très bien ! De toute façon, le mutant canadien méritait de retrouver le devant de la scène : depuis l’excellent X-Men Origins: Wolverine, sorti en 2009 sur PC, PS3 et Xbox 360, et bien plus réussi que le film dont il était tiré, ses griffes commençaient à prendre la poussière.
Et avec Insomniac aux commandes, les attentes étaient aussi lourdes que Hugh Jackman après vingt ans de blanc de poulet, de riz complet et de musculation. Marvel’s Wolverine a-t-il donc réussi à rejoindre les meilleures adaptations de super-héros ? J’ai fini l’aventure sur PS5, et voici mon verdict !
Test de Marvel’s Wolverine sur PS5 : X-Men en emporte le vent
Contrairement à ce que certains pourraient imaginer, Marvel’s Wolverine n’adapte pas un film ou un comic existant… Comme pour ses jeux Spider-Man, Insomniac Games construit sa propre version de l’univers Marvel, où les X-Men ne sont pas encore l’équipe que nous connaissons. On retrouve Logan après une longue période d’absence, avec ses griffes en adamantium, son incroyable faculté de régénération et son habituel caractère de cochon. Il souffre toutefois de sérieux problèmes de mémoire. Et quand je parle de problèmes, on n’est pas sur un petit « merde, où est-ce que j’ai encore foutu les clefs de la bagnole ? ». Des pans entiers de son existence lui échappent : l’histoire consiste à découvrir pourquoi.
Logan retrouve alors la Team X, un groupe de mutants composé notamment de Mystique, Dents-de-Sabre et Walter Langkowski, sous la direction de Nathaniel Essex. De son côté, Bolivar Trask représente une menace particulièrement inquiétante pour nos chers mutants et dispose de ressources suffisamment importantes pour nous faire comprendre qu’on ne va pas simplement enchaîner les petites bastons de ruelle… Sans entrer dans les détails, les événements présents et les souvenirs fragmentés de Logan vont progressivement se rejoindre, avec quelques révélations qui bousculent ce qu’il croit savoir de son passé.

L’histoire de Marvel’s Wolverine n’est pas révolutionnaire et certains rebondissements se voient venir à plusieurs kilomètres, surtout si vous connaissez déjà l’univers des X-Men, mais j’ai trouvé l’ensemble suffisamment prenant pour avoir envie de découvrir la suite… Insomniac prend également le temps de ralentir entre deux massacres afin de laisser ses personnages respirer. Et la relation entre Logan et Jean Grey m’a particulièrement surpris ! Sur le papier, admirer notre gros bourrin poilu éprouver des sentiments aurait facilement pu tourner à la romance Marvel écrite au Stabilo rose, mais Insomniac s’en sort plutôt bien ! Les échanges demeurent naturels, parfois amusants, parfois touchants, et montrent en tout cas un Wolverine beaucoup plus humain que le type qui ressort ses griffes dès qu’on lui pique sa place sur le parking de Carrefour.
La qualité de l’interprétation aide énormément. Dans la version originale, Liam McIntyre réussit à donner plusieurs facettes à Logan, entre les grognements, les accès de colère et les moments où il laisse tomber sa carapace. Krizia Bajos apporte également beaucoup à la jolie Jean Grey, tandis que Troy Baker, dans le rôle de Nathaniel Essex, possède ce petit ton chaleureux mais légèrement suspect qui donne envie de surveiller le bonhomme. Vous l’aurez compris, derrière les muscles, les cicatrices et les poils qui doivent probablement boucher trois siphons de douche par semaine, Insomniac raconte surtout l’histoire d’un type qui ne comprend plus totalement qui il est. Bon, maintenant qu’on a parlé sentiments, il est temps de revenir aux choses sérieuses et de découper des gens.
Attention chérie, ça va trancher !
Impossible de poursuivre ce test de Marvel’s Wolverine sur PS5 sans parler des combats. Si vous lancez un jeu consacré à Logan, ce n’est pas pour discuter quarante minutes avec Charles Xavier autour d’une tisane au jasmin. On veut sortir les griffes et massacrer tout ce qui possède une barre de vie, et sur ce point, Insomniac ne s’est vraiment pas foutu de nous ! Les bases sont accessibles : attaques classiques, coups puissants, parades et bien sûr esquives, auxquels s’ajoutent des capacités spéciales à équiper sur des raccourcis. De plus, Logan peut bondir sur un ennemi pour réduire instantanément la distance. En gros, là où Spider-Man virevoltait autour de ses adversaires, Wolverine leur colle aux basques avec la délicatesse d’un Rambo sous stéroïdes enfermé dans une cabine téléphonique.
En gros, ça saigne… énormément ! Les griffes traversent les corps, les bras et les jambes peuvent terminer leur carrière sans leur propriétaire, et certaines exécutions ressemblent à des Fatalities de Mortal Kombat. Leurs animations variées et particulièrement brutales contribuent largement au plaisir de la baston. Un Wolverine qui donnerait de petites baffes avant de laisser ses ennemis dormir délicatement par terre aurait été aussi crédible qu’un Doom dans lequel on négocie avec les démons… Certains adversaires peuvent également être projetés contre le décor ou empalés sur des éléments environnants, ce qui ajoute une petite dose d’improvisation bienvenue lorsque les affrontements commencent à tourner au buffet à volonté. Et lors de mon test de Marvel’s Wolverine, c’était souvent open bar !

L’autre mécanique importante vient de la fameuse jauge de rage de Wolverine. Celle-ci se remplit au fil des combats et comporte trois paliers, lesquels renforcent progressivement Logan. Au tout dernier niveau, les dégâts augmentent et les attaques critiques permettent de multiplier les mises à mort. Et là, franchement… c’est le pied ! Le système récompense l’agressivité et pousse à maintenir la pression… ce qui colle parfaitement au personnage ! Au maximum de sa rage, on passe d’un mutant déjà passablement énervé à un IKEA de la destruction massive susceptible de démonter tout ce qui l’entoure sans même consulter la notice… Il faut toutefois surveiller les attaques adverses car certaines se parent avec le bon timing, tandis que les frappes imparables exigent une esquive.
Néanmoins, une fois l’effet « waouh » passé, quelques limites apparaissent… En dépit des compétences supplémentaires et des adaptations, des bonus que l’on équipe pour ajuster les capacités de Logan, la manière de jouer n’évolue pas beaucoup. On frappe, on pare, on esquive, on déclenche une capacité et on recommence. Ceux qui espèrent la profondeur d’un Devil May Cry risquent donc de rester sur leur faim. Pour ma part, les sensations et l’agressivité des ennemis m’ont permis de rester accroché : entre les adversaires au corps à corps et les tireurs perchés en hauteur, il faut constamment se déplacer. Sur quelques passages, Insomniac transforme même l’arène en boîte de nuit le soir du Nouvel An : tout le monde vous colle, personne ne vous laisse respirer, et finalement, vous vous demandez pourquoi vous êtes venu…
Metal Gear Wolverine
Entre deux boucheries, le jeu propose également quelques phases d’infiltration. Oui, vous avez bien lu : on peut essayer d’être discret avec un type qui possède le gabarit d’un videur de boîte de nuit et six couteaux qui lui sortent des mains ! Et étrangement, ça fonctionne plutôt bien ! Logan peut grimper sur certains éléments, observer les ennemis depuis les hauteurs et bondir sur une cible pour l’éliminer avant de disparaître. On reste loin de Metal Gear Solid, d’autant que l’intelligence artificielle n’est pas toujours suffisamment éveillée pour décrocher le prix Nobel, mais ces séquences ont le mérite de varier les approches, et donnent au personnage un côté prédateur assez réussi.
Pour s’orienter, Logan peut notamment compter sur son flair, lequel permet de mettre en évidence certaines traces ou de suivre une piste. Cependant, là encore, la mécanique est extrêmement classique et l’effet visuel bleuté utilisé pour représenter les odeurs manque parfois de finesse… On dirait que Logan a reniflé une cartouche d’imprimante avant de voir les effluves se transformer en néons autour de lui, mais bon, pour le coup, on ne risque pas vraiment de se perdre. Contrairement aux trois jeux Spider-Man d’Insomniac, Marvel’s Wolverine fait donc le choix d’une aventure linéaire, façon Uncharted, alternant combats, cinématiques, exploration légère, séquences de plateforme et gros morceaux de bravoure.

Et personnellement, je trouve que cela est une excellente décision ! Tous les jeux n’ont pas besoin d’une carte gigantesque remplie d’icônes signalant les mêmes activités répétées quinze fois. Si certaines zones s’élargissent pour laisser le joueur chercher des objets à collectionner, le jeu garde toujours une direction précise. Cette structure permet aussi de varier régulièrement les décors, notamment entre le Canada, Madripoor et le Japon. Ainsi, forêts, installations militaires, grandes villes illuminées au néon et ruines ne donnent pas l’impression de traverser constamment les mêmes couloirs… Le chapitre japonais est très réussi visuellement, notamment grâce au niveau de détail des rues et des commerces.
La contrepartie, c’est que le jeu nous rappelle parfois brutalement qu’il ne veut surtout pas qu’on quitte le chemin prévu… Lors de mon test de Marvel’s Wolverine sur PS5, quand un endroit semblait accessible, un mur invisible me remettait rapidement à ma place ! Dans une mission, Logan peut bondir sur un mercenaire perché en hauteur ; quelques minutes plus tard, une pauvre voiture devient aussi infranchissable que la muraille de Chine. Bref. Les zones plus ouvertes souffrent particulièrement de ces limites mal signalées. On finit par se demander si le passage que l’on aperçoit cache un objet à ramasser ou simplement un nouveau mur invisible prêt à nous dire : « Non, Jean-Michel, la mission est par là. »
Des cauchemars dans la cabane
Dans le but d’apporter du contenu supplémentaire, Marvel’s Wolverine sur PS5 propose également des Portes cauchemardesques, ou Nightmare Doors, qui donnent accès à des défis annexes… Ces épreuves de combat et de parcours rapportent notamment des points d’adaptation ; certaines permettent aussi d’obtenir des éléments de tenue et des griffes.
L’idée est bonne, mais leur intégration l’est un peu moins. Certaines portes apparaissent à des moments où l’histoire commence à prendre de la vitesse et peuvent casser le rythme. Les défis eux-mêmes ne sont pas suffisamment originaux pour donner envie de tous les recommencer, même si les récompenses incitent à s’y attarder. Un espace central permet de rejouer les missions et défis, tandis qu’un mode Nouvelle Partie + prolonge l’expérience après le générique.

À noter qu’on retrouve également des bouteilles de whisky et des caisses de matériaux durant l’exploration. Les premières rapportent des points d’adaptation et s’accompagnent de souvenirs de Logan. Les matériaux servent notamment à fabriquer des tenues, dont le déblocage contribue aussi à améliorer sa santé maximale.
Et autant dire que les fans auront de quoi jouer à la fashion victim, avec une belle quantité de costumes inspirés de différentes versions du personnage. Certaines tenues sont tout simplement magnifiques et permettent de retrouver le Wolverine que l’on préfère, alors que d’autres donnent plutôt l’impression qu’il s’est habillé dans le noir après avoir perdu un pari contre Deadpool, mais j’imagine qu’il en faut pour tous les goûts.
Test de Marvel’s Wolverine : beau comme un camion… couvert de sang
Techniquement, Insomniac Games maîtrise encore une fois son sujet. Marvel’s Wolverine est vraiment superbe sur PS5, même si je n’irais pas jusqu’à dire qu’il s’agit du plus beau jeu vidéo jamais sorti sur la console… Les environnements profitent d’un excellent niveau de détail, les jeux de lumière impressionnent régulièrement et les grosses séquences nous rappellent que Sony sait toujours produire du blockbuster qui fait chauffer le mode photo.
Mais ce sont surtout les personnages qui impressionnent ! Les visages sont extrêmement détaillés et la capture de performance restitue remarquablement bien les expressions, ainsi que les regards et petits mouvements qui rendent les cinématiques crédibles. Logan bénéficie bien évidemment d’un soin particulier, jusque dans ses cicatrices, sa barbe et les marques laissées par les affrontements.

Les environnements réagissent également plutôt bien aux combats et plusieurs éléments peuvent être détruits, ce qui renforce l’impression de violence lorsque Wolverine traverse une pièce en envoyant des ennemis contre les meubles ! Cette qualité visuelle fait preuve de constance tout au long de l’aventure, y compris lorsque le jeu change complètement de pays et d’ambiance.
Du côté des performances, le résultat reste lui aussi très solide, avec plusieurs options en fonction de votre console et surtout de vos préférences entre fluidité et qualité visuelle. La DualSense accompagne les combats à l’aide des retours haptiques et de la résistance des gâchettes. Cela n’est pas au niveau des meilleures utilisations de la manette sur PS5, mais sentir les impacts directement dans les mains renforce tout de même l’immersion.
En résumé En conclusion de mon test de Marvel’s Wolverine sur PS5, je retiens surtout le plaisir d’incarner un Logan aussi brutal qu’attachant. Insomniac signe une aventure linéaire superbe, portée par des combats jouissifs, des décors inspirés et une relation avec Jean Grey qui fonctionne vraiment bien. Le système de combat manque toutefois de profondeur, la progression renouvèle assez peu notre manière de jouer et les murs invisibles refroidissent les envies d’exploration. Quant aux défis annexes, ils ne sont pas tous indispensables. En dépit de ces limites, j’ai passé un très bon moment, et ce sans avoir l’impression que l’aventure s’éternisait pour gonfler sa durée de vie. Entre la rage du mutant et les blessures de l’homme, cette version de Wolverine trouve de quoi nous accrocher. Il lui manque encore un petit quelque chose pour rejoindre les meilleures adaptations de super-héros, mais pour une première sortie de Logan chez Insomniac Games, on peut dire que ça tranche déjà plutôt bien ! Griffes approuvées ! Les plus ✔️ Incarner Wolverine ! Les moins ✖️ Quelques murs invisibles…
L'avis de la rédaction
Note
✔️ Des décors variés et superbes.
✔️ Une réalisation de haute volée !
✔️ Logan et Jean : un duo attachant.
✔️ Des combats brutaux et jouissifs !
✔️ Une aventure linéaire bien rythmée.
✖️ Une histoire peu marquante.
✖️ Une exploration trop limitative…
✖️ Une progression peu convaincante.
✖️ Un système de combat un peu plat…
✖️ Des défis annexes peu passionnants.









