Il y a des jeux qui sont tout simplement remarquables. Transistor fait partie de ceux-là. Je l’ai découvert en février 2015, à l’époque où il était proposé gratuitement aux abonnés PS Plus – et c’est d’ailleurs l’un des rares jeux qui ne m’aient pas fait regretter d’avoir souscrit à cet abonnement très souvent critiqué à juste titre. Transistor m’a charmé de par son originalité. Pour le coup, on peut même dire que ce jeu est clairement un ovni vidéoludique. Mais en tant qu’artiste, ce qui m’a véritablement séduit dans ce jeu, c’est son univers visuel et sonore fascinant. Il se trouve que l’une des thématiques principales de Transistor n’est autre que la musique. C’est donc sans surprise que le titre réalisé par Supergiant Games propose des chansons de qualité. Ces dernières sont écrites par Darren Korb, un mec très simple, pas prise de tête et qui compose la majeure partie de son temps dans son petit appartement à New York. Et au niveau de l’interprétation, on trouve Ashley Barrett, une chanteuse qui a une voix à vous en faire frémir le corps tout entier… Vraiment, c’est avec beaucoup de plaisir que je m’apprête à vous parler de ce jeu et surtout de sa musique, qui est exceptionnelle.

Une expérience immersive, une ambiance unique

Transistor, c’est tellement de choses. C’est un jeu humble réalisé par une petite équipe sans prétention. C’est Red, l’un des personnages féminins les plus beaux jamais conçus pour le jeu vidéo, c’est Logan Cunningham, un acteur à la voix mystique et transperçante. C’est aussi l’osmose de deux arts : celui de l’illustration et celui de la musique. Je vous laisse jeter un coup d’œil à la bande annonce du jeu.

Maintenant que le décor est planté, je vais vous parler de la musique dans Transistor. Je vais surtout tenter de vous expliquer en quoi cette même musique fait du jeu un modèle du genre. Son compositeur, Darren Korb, a créé tous les sons du jeu tout seul, chez lui. Et comme il le dit, « la contrainte de travailler dans un petit studio fait partie du processus créatif ». Eh oui, chez Supergiant Games, on fait de l’art, et ça se sent. Chaque son, chaque tonalité a été enregistré au préalable à l’aide des instruments du monsieur mais aussi grâce à certains logiciels de percussion. Tout part d’un son global, qui est la représentation musicale de l’atmosphère du jeu. Puis vient s’ajouter une production esthétique, d’ornement : il s’agit de divers sons qui interviennent afin de matérialiser des émotions. Ainsi, dans Transistor, le mode majeur est souvent utilisé pour évoquer la joie, le mineur se faisant quant à lui le reflet de la tristesse. Ces variations instrumentales permettent de développer une certaine cohésion dans la tonalité d’ensemble, bien que tous les sons soient indépendants les uns des autres. L’anecdote amusante, c’est qu’à travers Transistor, Darren Korb a même essayé de mettre au point un genre musical unique qu’il a nommé « Old-World Electronic Post-Rock ». En français, on peut tenter de traduire cela par Électronique Post-Rock de l’Ancien Temps. Traduction loin d’être évidente…

Un nouveau courant : la musique multi-channel

C’est cette manipulation des mêmes morceaux – qui vise à leur donner systématiquement un sens différent –, qui fait de Transistor un jeu prodigieux. Car la musique devient indissociable du gameplay. Les level designers étaient eux-mêmes en mesure de choisir quelle piste ils souhaitaient entendre en fonction du niveau. Lors des cinématiques, la piste vocale est généralement silencieuse. Mais quand le joueur reprend les rênes, les filtres audio s’affolent et la voix off enchaîne les décibels. Il y a donc un véritable travail de l’audio dans Transistor et ça, franchement, ça me plaît ! Je vous propose maintenant d’écouter les plus beaux morceaux de ce chef d’œuvre du jeu vidéo grâce à la playlist ci-dessous. Si vous le voulez, vous pouvez aussi faire un beau geste et vous offrir la bande originale du jeu pour la modique somme de 9,99 $ sur le site officiel de Supergiant Games. Personnellement, moi je l’ai fait et je me suis même offert un petit poster de Red par la même occasion.


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

3 Commentaires »

  1. Ce jeu est tout simplement une tuerie! Très bon article qui résume bien tout le travail musical qu’il y a derrière ce “chef d’oeuvre” du jeu vidéo! Dans le même genre il y a Bastion, du même éditeur! Très content d’avoir découvert votre blog continuez ainsi!

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