Quand j’étais enfant et que je regardais un épisode de Power Rangers, je trouvais cela ridicule. Ces adolescents prépubères capables de jongler avec leurs pieds à la manière de Chuck Norris, aussi agiles qu’un chimpanzé et inspirant autant de crainte que des danseurs de tecktonik me semblaient fort pitoyables derrière leurs masques flashy et leurs combinaisons en lycra (pas bien coûteux le lycra…). Mais voyez-vous, le reboot de Power Rangers n’a rien à voir avec ça. J’ai lu un paquet de grossièretés au sujet du nouveau film de Dean Israelite, le tout soigneusement agrémenté de jeux de mots faibles, faciles et puérils. Je ne peux tolérer un tel affront ! Dans cette critique cinématographique, je défendrai corps et âme Power Rangers. Alors tenez-vous prêts, voici un article que Zordon va forcément adorer !

Un film de super-héros émouvant, oui, ça existe !

Très éloigné de la franchise originelle, Power Rangers dévoile le quotidien de cinq lycéens marginaux et, il faut le dire, vraiment paumés dans la vie. Ces « Misérables » des temps modernes souffrent intérieurement, de manière très différente et personnelle, et n’ont d’autre choix que d’apprendre à assumer les conséquences des décisions qu’ils ont prises. Dans Power Rangers, l’émotion est constamment au rendez-vous, et même si elle est très prévisible (je ne vais pas vous mentir), elle parvient à nous toucher en plein cœur, et ce quel que soit notre âge ou statut social. Et ça, moi, j’aime !

Critique cinéma du film Power Rangers (2017)
Mention spéciale à Elizabeth Banks, qui fait une Rita très convaincante et terrifiante !

Si je devais retenir une chose de Power Rangers, c’est le fait qu’on peut aisément s’identifier aux personnages du film, qui sont tous, au fond, parfaitement humains. Avant qu’ils ne se transforment en Rangers, on se dit que ces adolescents pourraient parfaitement être nos amis. Il y a une promiscuité, une affection qui se forme entre nous et eux. Honnêtement, on est bien loin de la divine puissance de Superman, de l’orgueil de Tony Stark et de la nonchalance assumée de Thor. La vie est dure, elle ne laisse aucune chance aux loups solitaires, tout peut s’écrouler du jour au lendemain. Telle est la revendication de Power Rangers. Mais on peut s’en sortir, à force de cohésion, de solidarité et d’amitié. C’est dans cette perspective que les acteurs Dacre Montgomery, RJ Cyler, Naomi Scott (si je pouvais la demander en mariage, je le ferai tout de suite !) et Ludi Lin en viennent à se transformer, à se métamorphoser. En dépit des souffrances et de leurs profondes différences, ils apprennent à se comprendre, à se respecter et ils fusionnent pour ne former plus qu’un : ils sont les Power Rangers !

No recycling ! Une recontextualisation qui fonctionne !

Pour sauver la ville d’Angel Grove, les Power Rangers, pour le moment totalement novices, vont devoir rester soudés. Surtout qu’en face d’eux, la cruelle sorcière Rite Repulsa paraît surpuissante ! Afin d’offrir une copie crédible, le réalisateur Dean Israelite – souvent critiqué par la presse –, combine des éléments de la série originale avec les nouvelles tendances du moment. Avec sa musique « Go, Go, Power Rangers ! » remixée et ses quelques ralentis grotesques, la production tente de rendre hommage aux fans des Power Rangers d’antan, mais il est hors de question de délaisser  les moyens d’aujourd’hui : combats ultra-dynamiques, effets spéciaux de toute beauté, un humour jeune et modernisé, des musiques dans l’ère du temps (Kanye West, The Score, Social Distortion côtoient Destiny’s Child pour une union d’enfer), Dean Israelite a concocté une recette prometteuse, multi-public et surtout très fun.

Il faut dire que sur le papier, comme bien d’autres films de la même trempe, Power Rangers a tout d’une histoire à dormir debout. Sauf qu’ici, c’est bien meilleur que ce à quoi vous pourriez vous attendre. Il y a suffisamment de mordant et d’humour pour faire oublier les clichés récurrents que l’on trouve dans ce genre de productions, et surtout, aucun placement publicitaire ni même de phrases débiles du type « allons sauver la planète Terre ! ». En plus, les Power Rangers ont des tenues géniales !

De la science-fiction teenage qui déménage

Pour conclure, je dirais que Dean Israelite a réussi à coordonner un ensemble de protagonistes, de scènes d’action et d’effets spéciaux beaucoup plus élaborés qu’on n’ose le penser. Le résultat est globalement très satisfaisant, d’autant plus que l’amplitude dramatique du film est maintenue de bout en bout. Même s’il est vrai que le tout peut parfois paraître exagéré, la recette marche. Power Rangers a tout d’une franchise cinématographique pérenne. Pourvu qu’un deuxième opus soit réellement prévu !

Eric Lemattre

Photographe et cinéaste amateur d'origine mauricienne (je suis très fier de ma double nationalité), je suis journaliste de métier et fondateur de Je suis un gameur.com. En fait, plus complet que moi sur le marché, y'a pas.

12 Commentaires »

  1. X-or le shérif de l’espace, c’est l’un des premiers diffusés à la TV et que je regardais quand j’étais petit, et le premier Bioman qui était plus ou moins potable(en tout cas le plus sobre). Comme tout, après ils en ont trop fait, parce que power rangers c’est du Bioman, et après ces deux-là, je n’ai jamais pu accrocher à la série, Ce qui m’énervait c’était les acteurs qui sur jouaient , scénario à la ramasse, des guignols qui s’agitaient dans tous les sens, des méchants qui proposaient toujours la même rengaine… C’était bidon, sans aucun intérêt.
    Tu as bien raison de le défendre car apparemment ce film change totalement la donne, Il ne faut pas condamner quelque chose parce que son passé était pourri. Enfin un réalisateur qui a réussi à insuffler une vie, une direction pour les Power Rangers
    Mais bon le meilleur restera X-Or
    Cela donne envie de le voir, j’ai envie de dire c’est enfin le Power Rangers arrivé à maturité. Il aura fallu le temps.^^

    • Bien parlé Steph ! J’aime le “Il ne faut pas condamner quelque chose parce que son passé est pourri”. C’est très juste ! Surtout que les héros du film Power Rangers sont à des années lumières des guignols que tu décris !

  2. Je suis de la génération Power Ranger, j’ai vu la première série et le premier film au cinéma et pourtant j’ai eu peur de me rendre dans les salles pour celui-là ! Tu arrives à me faire regretter mon choix maintenant que le film n’est plus à l’affiche… Bien joué à toi !

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