Howard Phillips Lovecraft est aujourd’hui considéré comme l’un des écrivains d’horreur les plus influents du 20ème siècle. Bien qu’il n’ait pas connu la gloire de son vivant, ses récits gagnèrent en réputation les décennies qui suivirent. Aujourd’hui encore, H.P. Lovecraft continue d’influencer la pop culture. La preuve : le test de The Sinking City que je vous propose aujourd’hui est basé sur une version éditeur du jeu développé par Frogwares et édité par Bigben Interactive, ce dernier s’imprégnant des récits de Lovecraft comme L’appel de Cthulhu. Par ailleurs, ne vous méprenez pas, il y a un large fossé entre Call of Cthulhu (2018) et le présent jeu. Frogwares et Bigben ont placé la barre haut pour nous vendre un jeu aussi qualitatif que ne l’attendaient les gameurs. The Sinking City est disponible depuis le 27 juin 2019 sur Xbox One, PS4, PC et prochainement sur Nintendo Switch. Personnellement, je me suis armée de ma chère Xbox One X pour vous offrir ce test… Et j’espère qu’il vous plaira !

Oakmont, avez-vous pris votre maillot ?

Oakmont, Massachusetts. Au beau milieu des années 1920, une inondation d’une violence sans précédent frappe la ville d’Oakmont, plongeant les habitants dans les eaux salées de l’océan et le chaos. Une fois la tragédie passée, les citoyens se réveillent dans ce qui va devenir leur nouveau monde. On incarne Charles W. Reed, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale reconverti en enquêteur privé (un peu comme Booker DeWitt dans BioShock Infinite). Encore traumatisé par les horreurs de la guerre, Reed est en proie à des hallucinations horrifiques et des rêves bien plus sombres que les abysses. Après avoir ouï-dire que les habitants d’Oakmont sont tous plus ou moins frappés par des crises de folie à la hauteur des siennes, Reed décide de s’y intéresser de plus près…

Welcome to The Sinking City
Welcome to Oakmont… ou The Sinking City.

The Sinking City, de la flotte et de la flotte…

La direction artistique mêle à tout cela des éléments de film noir, pour un résultat global très satisfaisant. Sincèrement, on retrouve dans ce jeu l’univers imaginé par Lovecraft. Les dialogues très bien choisis, que ce soit pour les PNJs ou les personnages de quêtes, nous plongent dans l’histoire et la noirceur de The Sinking City. La représentation de la folie du héros est totalement à la hauteur de nos attentes. Il s’agit de gérer une jauge de santé mentale, sans quoi le joueur sera pris de diverses perturbations. Apparitions fantomatiques, tentatives de suicide par balle avant de revenir à la raison, images qui se déforment, signes qui apparaissent sur les décors, vision qui se trouble, Reed a un sérieux pet au casque. Ce test de The Sinking City commence donc par un premier bon point.

The sinking city
On ne sait plus ce qui est réel de ce qui ne l’est pas dans The Sinking City.

Une petite balle, siouplais ?

La monnaie n’ayant plus de valeur, vos actes ainsi que les balles ou même l’alcool en auront. Aidez les habitants ou les grandes familles comme les Throgmorton dans leurs quêtes pour bénéficier d’un logement, de balles, d’aide voire de notoriété. Sans cela, vous ne survivrez pas longtemps. Échangez vos balles contre des renseignements puis assemblez-les pour résoudre vos enquêtes. The Sinking City étant avant tout un jeu d’enquêtes en open-world, il vous faudra suivre l’histoire pour vous faire vos propres déductions. Votre carnet de notes sera là pour vous aider à prendre vos propres décisions ; et ces décisions impacteront votre aventure. Effectivement, il y aura régulièrement des conversations qui vous aiguilleront sur un chemin plutôt qu’un autre. Peu importe l’issue, vous devrez choisir une voie.

The sinking city
Les rues ne sont pas bien fréquentées dans The Sinking City !

Le cerveau plus utile que les muscles dans The Sinking City

Dans ce test de The Sinking City, laissez-moi vous dire qu’il y a peu de place pour les gunfights. Plus valorisantes que le tir, vos compétences d’enquêteur importeront tout au long du jeu. The Sinking City propose tout un panel d’outils, parmi lesquels on trouve une carte de la ville, des preuves à épingler (soi-même) sur cette même carte, un carnet de notes où sont automatiquement enregistrées les informations les plus importantes, et même un « palais de la mémoire ». Il s’agit d’un tableau qui permet d’associer des indices afin d’obtenir des déductions automatiques. De là, ces indices vous permettront de résoudre une affaire de différentes manières. Les choix sont souvent difficiles à faire, et on prend notre temps pour déterminer quelle action serait réellement la meilleure, car elle sera quoi qu’il arrive irréversible. De plus, comme dans beaucoup de jeux, il y a des compétences à améliorer. Avancer dans l’histoire pour débloquer des points et les répartir selon votre propre ordre de priorités est une mécanique majeure de The Sinking City. Qu’est-ce qui est le plus important : la santé physique, ou le mental ? À vous d’en juger, l’idée étant bien sûr de trouver le meilleur équilibre possible.

The sinking city
Les monstres seront aux quatre coins de la ville.

The Sinking City, un parfait mélange crémeux

Ce jeu vient puiser ses ressources dans plusieurs grandes licences. On retrouve du L.A Noire et du Sherlock Holmes, que nous avions par ailleurs offert à l’un d’entre vous, pour le coté enquête. Évidemment, nous retrouvons aussi du Call of Cthulhu, sorti quelques mois auparavant, qui aborde le même thème. Bien heureusement, The Sinking City est clairement mieux réussi que son rival précédemment sorti, et ce autant sur le point graphique que sur le gameplay. Ici, le TPS en open-world semble être le bon choix étant donné que la majeure partie des joueurs ne supportent pas le FPS. Également, tester ce jeu m’a encouragé à me plonger davantage dans l’univers de H.P. Lovecraft. J’ai donc lu L’appel de Cthulhu et Le Mythe de Cthulhu dans la foulée. Ce qui est clair, c’est que même si The Sinking City ne profite pas de la licence officielle de Cthulhu, le jeu en est clairement inspiré. Les rêves et visions étranges… Un monde très sombre et humide… Le combo jeux + livres est selon moi parfait pour nous imaginer dans les années 1920, dans la peau de l’écrivain américain emblématique.


The Sinking City est selon moi un bon jeu, plus particulièrement pour les fans de Lovecraft. Même si certains graphismes d’environnement ne sont pas toujours soignés, l’univers, les mises en scène et les dialogues nous immergent dès les premières minutes de jeu. L’histoire de Reed apporte une touche très personnelle au titre. On s’attache donc très facilement au personnage principal et ses troubles psychiques : étant donné qu’ils nous affectent également en tant que joueur, ils nous donnent réellement envie de l’aider à aller mieux. Est-ce mon côté humain qui resurgit ? Ceci étant dit, j’espère que The Sinking City vous plaira autant qu’à moi. À bientôt !

La note de la rédaction
  • Graphismes - 6/10
    6/10
  • Gameplay - 6/10
    6/10
  • Immersion - 8/10
    8/10
  • Scénario - 8/10
    8/10

Les plus et les moins

✔︎ L'univers bien respecté.
✔︎ Une immersion quasi-complète !
✔︎ Pouvoir faire ses propres choix.
✔︎ Des quêtes intéressantes !

✘ Quelques bugs avec les PNJs.
✘ Pas facile à prendre en main avec tous les menus.
✘ Être lâché sur la map sans didacticiel.

7.0/10

 


Emilie Perier-Cambyt

Geekette depuis l'enfance, les jeux vidéo m'aident à surmonter les épreuves de la vie. Ils me permettent de m'évader, ils m'aident à respirer et c'est ainsi que je trouve mon équilibre.

11 Commentaires »

  1. Salut Émilie, ça fait plaisir de te revoir sur JSUG et avec cette analyse super bien écrite qui donne envie de plonger dans ce monde, c’est le cas de le dire…bravo et merci ! Bisouxxx de Mamijo et une caresse aux chats

  2. Je trouve qu’il est un peu cher à sa sortie…Il est long comme jeu ? L.A noire j’ai bien aimé mais une fois parce que un deuxième dans la foulée je n’aurais pas su. Conduire les autos anciennes je trouve ça sympa comme dans mafia 2…ça change un peu ce genre de véhicule. Je vais le regarder en vidéo sous tous les angles pour voir s’il vaut vraiment la peine… ma pensée en le voyant c’est juste un jeu moyen, tu me mets le doute. Après il vaut mieux lire les bouquins, le combo des deux c’est le mieux…moi je ne connais pas du tout cet écrivain, c’est plus pour Coline, elle c’est sûr elle a lu, elle lit tout de toute façon ^^
    Il y a quelques titres de jeux qui m’intriguent parce qu’on en parle peu et ils sortent dont on ne sait où.
    Ah si tu as un chat une bise poilue au chat ou des chats. Miaou ^^

    • Merci pour ce test Emilie 😉 Voilà un jeu qui a l’air d’avoir une belle atmosphère ! Ce n’est pas un survival horror du coup, plus un jeu d’enquête ? Content que Bigben vous ait fait confiance sur ce coup, pourvu que ça dure !

    • Honnêtement, je ne l’aurais pas payé 70 euros. C’est un jeu qui vaudrait le coup pour une 50/40aine d’euros. À noter qu’il y a beaucoup de choses à faire et l’histoire reste assez longue ! Seulement quelques textures et animations pas très jolies jolies…

      Je te laisse découvrir Lovecraft si tu aimes un peu les mythes et légendes, j’ai vraiment aimé les lire alors que c’est pas du tout mon truc !

      Sinon oui j’ai 2 chats hehe !

  3. L’ambiance à l’air particulièrement soignée.
    Je trouve cool que l’enquête ne soit pas totalement dirigée, ça veut dire qu’il reste de la place pour les erreurs.
    Le mélange de références entre Bioshock et LA noire sonne bien.

    L’absence de didacticiel en point négatif, ça peut être positif pour d’autres car on garantit ainsi la liberté totale du joueur.

    • L’ambiance est excellente si tu aimes les jeux sombres ! J’ai moi-même fais quelques erreurs et j’en ai payé le prix haha !

      Après j’avoue que je suis pas fan du “tu commences là et tu te débrouilles”. J’aime bien avoir une petite partie de gameplay pour connaître les touches etc… Ça m’évite de galérer pendant 1 heure 😉

  4. Franchement, ça me tente vraiment comme jeu. Je n’étais pas sûre qu’il serait réussi, tant de jeux se sont déjà cassés les dents sur les adaptations des bouquins de Lovecraft. Mais de ce que tu en écris, l’atmosphère a l’air vraiment bien rendue, les monstres aussi, il y a le côté enquêtes qui doit être bien sympa, l’aspect équilibre mental et physique à surveiller…et puis les histoires où le héros a une santé mentale assez trouble, ça me fascine toujours un peu. Mais là, The Sinking City (très joli titre d’ailleurs) a vraiment l’air fascinant et dans l’esprit de l’auteur. Merci !

    • Tu as exactement tout compris ! Call Of Cthulhu est très limité en terme de gameplay et de graphismes pour un jeu sorti récemment. The Sinking City est clairement là pour remonter le niveau !
      De base, j’aime beaucoup Lovecraft. J’étais déçue du COC mais, en revanche, agréablement surprise de retrouver cet univers soigné et fidèle dans TSC.

      N’hésite pas à nous faire part de ton avis si tu te laisses tenter 😀

  5. Coucou Emilie !
    Super test comme d’hab. J’avais un peu peur que le jeu se fasse descendre un peu partout car bon, faut avouer qu’il en a des défauts, notamment quelques chutes de framerates, quelques bugs, des combats aux guns qui manquent clairement de punch, mais au final l’ambiance réussie fait oublier tout le reste, encore plus pour les fans de Lovecraft (que nous sommes, j’adorerais un jour adapter en film Le Cauchemar d’Innsmouth). Et puis le fait de se démerder dans les enquêtes, devoir avoir la jugeote d’aller à la Mairie ou au Journal pour trouver des indices, sans que le jeu te dise d’y aller, j’ai trouvé ça super cool, ça ne te prends pas trop par la main, et ça force à explorer et connaître un minimum les lieux et la routine du jeu.
    Mon seul vrai regret, et je suis toujours hyper chiant là-dessus, c’est l’absence de VO. Du moins sur PS4, j’ai la VF imposée, qui est bien pour certains personnages, et beaucoup moins pour d’autres. Et je suis tellement pas habitués à faire mes jeux en Français (ou même regarder des films ou autres) que ça me fait toujours une impression bizarre lol.

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