Petite mise en situation : tu as le cafard, le monde va mal, on te bombarde de news plus alarmantes les unes que les autres, il pleut, tu as du mal à rester concentré sur la même activité trop longtemps, tu as des bouffées d’angoisse… Et là tu te dis, tiens, est-ce que ce serait pas le moment de tester ce jeu dont tout le monde parle, il a l’air joyeux et pas très malin, si ça se trouve c’est ce qu’il me faut. Alors tu l’installes, tu le lances, et tu tombes sur ça…

Oh boy, cette avalanche de couleurs, de joie, de pandas qui dansent, ces plans plus improbables les uns que les autres qui s’enchaînent sans aucun répit ! Laisse-moi te dire que mes yeux n’avaient pas autant pétillé depuis ma découverte du « Extreme Fever » dans Peggle. Ça y est, j’étais tombée à mon tour dans la frénésie de Katamari Damacy (et je promets que je n’ai jamais interrompu cet écran de démarrage, j’aurais plutôt été capable d’éteindre et de rallumer le jeu pour me refaire ce shoot d’absurdité en boucle). Mais si le gameplay, l’univers et l’humour sont excellents, c’est la musique de Katamari Damacy dont j’ai envie de te parler aujourd’hui, et il y a un tas de choses à dire !

La musique de Katamari Damacy : du japonais à l’américaine

En creusant un peu pour préparer cet article, j’ai découvert le shibuya-kei, un genre de musique japonaise auquel appartient la musique de Katamari Damacy. Ce genre a émergé dans les années 90, dans le quartier de Shibuya à Tokyo, et il s’agit d’un mélange de musique américaine et occidentale (jazz, samba, indie-pop, funk, yéyé…) récupéré par les Japonais dans des samplings, mélanges, hommages assez fascinants. Phénomène d’abord underground, le shibuya-kei a connu un grand succès et Katamari Damacy est le premier jeu à l’avoir popularisé dans les sphères de gaming internationales (si le phénomène t’intéresse, j’ai appris pas mal de choses en lisant cet article).

Ce jeu est délicieusement absurde et assez simpliste dans son déroulement (le principe est quand même de former la plus grosse boule possible, en emportant animaux, humains et bâtiments sur son passage), on aurait donc pu s’attendre à une musique répétitive et pas très élaborée. Mais comme l’explique Yuu Miyake, l’un des principaux compositeurs de la licence, dans cette interview, ils ont tenu à prendre la musique de Katamari Damacy très au sérieux pour que le jeu lui-même reçoive l’accueil crédible qu’il méritait (et qu’il ne tombe pas dans l’oubli avec son concept décalé). Du coup, ils ont fait la totale : morceaux originaux, voix de chanteurs J-pop et de doubleurs d’anime, grande liberté dans la composition et l’orchestration… Et la stratégie a payé ! L’OST a gagné plusieurs prix en 2004 et c’est un ingrédient qui a indéniablement aidé à rendre le jeu culte.

Le résultat, c’est une superbe sélection de morceaux entraînants, faciles à retenir et qui restent en tête. Ils collent parfaitement à l’ambiance du jeu, à la fois un peu naïve, joyeuse, et parfois grinçante (les humains ne sont pas ravis de se faire rouler dessus, étonnamment). J’ai eu beaucoup de mal à n’en choisir que quelques-uns, puisque chaque musique a son identité propre. On peut déjà le voir ici avec le saxophone un peu bossa nova de « Roll Me In », la pop douce-amère de « Lonely Rolling Star » ou le swing endiablé de « Gin & Tonic & Red Red Roses », mais je ne peux que te recommander l’album entier (« Katamari Mambo » qui donne envie de danser, « Que Sera Sera » qui te replonge dans l’ambiance des crooners, « The Moon and the Prince » et son côté disco des années 2000… tu as l’embarras du choix !).

À titre personnel, cette bande-son me remplit de joie et je peux vraiment l’écouter en boucle (c’est d’ailleurs la première raison pour laquelle cet article a mis du temps à s’écrire, j’étais toujours en train de m’interrompre pour chantonner), alors que je n’ai pas d’affinité particulière avec la musique japonaise d’habitude. Le plus fou, c’est qu’elle me provoque déjà un sentiment de nostalgique alors même que je n’y ai pas du tout joué en étant enfant. Je ne connais le jeu que depuis trois mois, mais j’ai les mêmes émotions en tombant sur une de ces chansons que lorsque je me mets les classiques de Zelda, c’est quand même fou ! Bref, si tu as un coup de mou, joue à Katamari Damacy, écoute la musique à fond et fais « Na nana nana » avec moi. Sur ce, je te laisse avec mon titre préféré : « Cherry Tree Times ». Ce chœur d’enfants japonais qui chantent un peu faux avec enthousiasme me fait fondre !


Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

7 Commentaires »

  1. Ce sont des morceaux spéciaux pour un jeu spéciale, c’est jap c’est clair quand ils chantent c’est différent, ça fait le même pour certains génériques de mangas animés. C’est un peu délire. Ressortir ma ps2 avec le jeu, comme je l’ai Katamari . Sinon toi ça va en ce moment ?, tu ne devrais pas fréquenter autant P-Y, c’est po bon di tout pour toi mdrrr

    Je commence à m’inquiéter sérieusement pour ta personne ^^

  2. Quelle joie de voir un bel article sur un jeu, un univers que j’apprécie autant !
    Etant un grand spécialiste de la licence, je vous conseille fortement la musique de l’opus PS2 We Love Katamari qui est vraiment la plus sublime de toutes !
    Pour ceux qui veulent la référence exacte, l’album s’intitule Minna Daisuki Katamary Damacy Original Soundtrack.

      • Si jamais tu as accès à une ps3, le jeu Katamari Tribute est à faire absolument en plus du We Love de la ps2 !

        Il s’appelle Katamari Forever en europe sur ps3. Cela me fait penser qu’il faut que je fasse le Beautiful Katamari de la Xbox 360.

Laisser un commentaire