Il y a des jeux qui osent un brin de folie, qui sortent des sentiers battus et qui t’embarquent dans leurs idées perchées. Ces jeux qu’on n’arrive jamais à décrire efficacement, parce que sur le papier, ils sont simplement bizarres. Si je te parlais d’un jeu qui simule un trou vivant, d’un jeu où tu passes ton temps à regarder une cheminée, d’un tower defense qui est aussi un genre de Sims, ou d’un jeu qui illustre une prise de drogue (mais dans un autre délire que Hypnospace Outlaw), tu risquerais bien de passer ton chemin. Et pourtant, j’ai vraiment aimé chacun de ces jeux, pour leur originalité et leur sincérité. Je vais donc essayer de leur rendre justice et de t’embarquer avec moi dans cette folie douce !

Des jeux vidéo indépendants complètement fous !

Sur internet, on peut lire un peu partout que la production vidéoludique japonaise récente est la plus folle au monde. S’il est certainement vrai qu’elle est à la hauteur de sa réputation d’étrangeté, il existe tout un tas de jeux vidéo indé qui affichent un certain goût pour la transgression, le bizarre, le WTF comme le diraient les plus jeunes. Voici une petite sélection très personnelle de jeux de cet acabit.


1. Donut County

(PC, Mac, PS4, Switch, Xbox One, iOS – 2018)

Dans ce jeu créé par Ben Esposito (qui a travaillé sur What Remains of Edith Finch) et édité par Annapurna Interactive (dont j’avais déjà adoré Gorogoa, notamment), on contrôle un trou, qui se balade dans le sol et qui grandit au fur et à mesure qu’il engloutit des objets (et qui peut donc engloutir des objets toujours plus GROS, c’est dingue). Ne me demande pas d’où lui est venue cette idée, tu aurais raison de trouver ça un peu perché. Mais il y a mieux : le trou est en réalité dirigé par un raton laveur via une application mobile, et il gagne des points en faisant tomber les gens de sa ville. Eh oui, Donut County possède un scénario, même si l’essence du jeu reste le puzzle (jouer sur la taille du trou pour faire tomber tous les objets présents).

J’aime tout dans ce titre : il est décalé, il assume son idée jusqu’au bout, les mécaniques sont très simples et bien construites, c’est évidemment très drôle, et il est impossible à raconter sans faire de phrases vraiment bizarres (à base de « il faut que le trou mange le badge pour pouvoir passer la porte »). Il se finit en quelques heures et la difficulté reste très modérée, mais tu n’en ressortiras pas tout à fait indemne, crois-moi !

À voir aussi :

Katamari Damacy (PS2, PS3, PS Vita) : je n’ai vu que des vidéos de ce jeu, mais je pense qu’il surfe sur la même vague d’improbabilité.


2. Little Inferno

(PC, Mac, Switch, Mobile – 2012)

Est-ce que tu as déjà rêvé d’acheter tout un tas d’objets chers et de leur foutre le feu ? Probablement pas, et pourtant c’est le concept de base de Little Inferno. Chez Tomorrow Corporation, on est souvent dans une ambiance de fin du monde, avec des personnages qui s’abrutissent devant des activités répétitives pour oublier leur quotidien dramatique. Et cette fois, on est dans un genre d’ère glaciaire, où tout le monde reste enfermé chez soi devant son feu, avec la possibilité de brûler des trucs rigolos pour passer le temps. Mais l’histoire s’étoffe progressivement, avec les courriers que tu reçois de ta voisine… 

Déjà, les animations de feu sont top, chaque objet a son propre comportement face à la chaleur et le jeu prend vite un caractère hypnotique. Au-delà de ça, les collectionneurs peuvent profiter du système de combo, avec une liste cryptique de succès à débloquer en brûlant des objets bien spécifiques ensemble. Et surtout, le scénario s’installe progressivement, passant d’un concept très débile en apparence à une ambiance bien plus sombre et énigmatique. Bref, moi j’adore, et je me réjouis d’avoir une cheminée pour pouvoir faire pareil en vrai (okay, non).


3. Unholy Heights

(PC, Switch, PS4, Xbox 360 – 2013)

Je crois qu’il s’agit d’un de mes premiers jeux indé, j’avais probablement craqué à cause de la tête du poussin et je peux te dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. Unholy Heights, c’est à la fois un tower defense à base de monstres (qui ont chacun leur pouvoir, leurs spécificités et leur puissance, évidemment) et… une simulation de gardien d’immeuble pour lesdits monstres. En gros, tu incarnes le diable qui a décidé de se recycler en propriétaire immobilier, et tu dois donc choisir tes locataires, subvenir à leurs besoins, t’assurer qu’ils s’entendent avec leurs voisins et récolter les loyers. Et quand des voleurs, des mages ou des chevaliers décident d’attaquer tes monstres, bah tu frappes aux portes, et tu les laisses se taper dessus. 

Encore une fois, le concept est un peu absurde, mais le résultat est étonnamment cohérent. Il demande un peu de temps pour la prise en main, parce qu’il y a beaucoup de paramètres à gérer (les races de monstres qui ne s’entendent pas entre elles, les infrastructures à construire, les familles qui se forment, les horaires de travail de chacun… Bah oui, si ton monstre est au boulot, il ne peut pas te défendre !). Mais une fois qu’on est dedans, il peut s’avérer très addictif, et je dois dire que le mélange de ces deux genres bien différents a bien fonctionné sur moi. 

À voir aussi :

Holy Potatoes! (PC, Mobile) : toute une franchise de simulateurs bien barrés, du magasin d’armes à l’agence d’espionnage. 


4. Jazzpunk

(PC, Mac, PS4 – 2014)

Puisque ma sélection était encore un peu trop sage, il fallait que je termine sur Jazzpunk, le bébé de Necrophone Games qui a fêté ses cinq ans cette année. Tu y incarnes un genre d’agent secret qui prend des petites pilules de réalité augmentée pour réussir ses missions. Sans surprise, tu te retrouves donc dans un univers absurde, coloré et un peu épileptique dont les règles changent tout le temps et qui ne te laisse jamais le temps de te reposer sur tes lauriers.

J’y ai joué avant qu’il sorte en version director’s cut, je compte donc me le refaire prochainement parce que c’est un des titres les plus inventifs, fous et drôles que je connaisse. Il est décrit comme de l’aventure comique, parfois comme un walking sim, j’imagine qu’on ne peut pas le classer plus précisément que ça puisqu’il sort de tous les sentiers battus possibles. Mais si tu aimes les looks rétro, les plot twists et les résolutions de puzzles totalement loufoques, n’attends plus, et rejoins-nous dans le monde merveilleux de Jazzpunk !


Je ne sais pas si la canicule influence mes goûts vidéoludiques, je t’autorise à penser que la chaleur m’a grillé quelques circuits. Mais si tu es ouvert d’esprit (ou aussi à plat que moi), je pense que ces pépites ont de très bons arguments pour te plaire, et j’ai très envie d’encourager ces studios indé qui osent toutes les fantaisies. Si tu en as d’autres en stock, je suis preneuse ! 


Coline Métrailler

Scientifique dans l’âme et lectrice compulsive, les jeux vidéo forment un excellent moyen de combiner mes différentes passions. J’achète tous les jeux qui contiennent des animaux mignons, des meurtres mystérieux ou des bruitages à la bouche… J’espère que tu gères les grands écarts !

9 Commentaires »

  1. Ah parce que tu es vieille ? que tu dis les petits jeunes….

    Oui Katamari, c’est une boule que tu dois faire grossir, c’est le même principe, tu dois happé le plus possible d’objets pour la faire grossir, peut-être même via un parcours, je ne me rappelle plus. J’y avais joué un peu. Comme Mr mosquito, c’est un simulateur de moustique, ça peut paraitre rigolo, c’est jap ce jeu, mais c’était super joli décors en 3D avec les personnages, c’est d’ailleurs un jeu que j’avais joué en été. c’était un jeu ps2 et tu peux voir sur youtube, qu’il était pas mal pour l’époque.

    Little inferno, pour un jeu 2012 il a l’air encore pas mal, je le trouve plutôt sympathique.

    Sur Ps3 il y avait trash panic, c’était une poubelle que tu devais remplir de façon méthodique, tu avais des matelas, des ampoules, des poids et altères, etc, sur l’écologie, c’était joli, intelligent le principe du jeu et vraiment addictif, loin d’être facile.

    Tu nous fais découvrir des petits choses sympa

    • Ah tiens, je ne connais pas Mr Mosquito ! J’irai voir 🙂

      Oui Little Inferno a bien vieilli, c’est l’avantage des graphismes pas trop gourmands et avec une identité marquée !

      Ah là là, je passe à côté de plein de choses en n’ayant pas de PS. Mais soyons honnêtes, je manque déjà de temps, ce serait un très mauvais calcul 😉

      • Mr mosquito n’est pas un jeu indé par contre ^^. Que ce soit en jeux vidéo et en lecture, tu ne sauras jamais tout faire, il y a trop. On est bien obligé de faire des choix, on a pas le choix ^^

  2. Encore un super article riche en découvertes ! 😆 Perso je te recommande Hatoful Boyfriend. À l’époque j’y avais joué sur PC et en gros ce que tu dois faire c’est draguer des pigeons femelles. Je sais, c’est du grand n’importe quoi ! Ah ah !

  3. Katamari, l’ensemble de la série est tout simplement au panthéon du jeu vidéo pour son coté simple et génial.
    Donut County à côté c’est un rebut mobile sur Nokia 3310.

    Gloire à Katamari, il faut absolument y jouer. Il existe d’ailleurs Katamari Forever il me semble sur PS3 qui compile l’ensemble des niveaux des jeux précédents en en proposant des nouveaux, ainsi que de nouveaux modes de jeu, à essayer absolument !

    Unholy Heights j’y ai joué, le coté gestion tower défense est très fun mais le jeu est assez difficile de mémoire, ou je suis simplement mauvais !

    Je répète ma conclusion: Tout le monde se doit de jouer à Katamari, et en effet We Love Katamari sur PS2 est un jeu légendaire, la musique aussi est parfaite !

    Merci d’avoir fait renaitre en moi le feu et la passion !

    Katamari Forever

  4. Ce sont des jeux tellement barrés que soit ils font rire, soit ils mettent quasiment mal à l’aise ! ^^” (je suis plutôt dans le 2e cas bizarrement) Mais ils ont la palme de l’originalité bizarre ! Merci pour ces découvertes !

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