De nos jours, le jeu vidéo, c’est une affaire de marketing, de beaux discours, de fausses promesses… Et derrière le rideau, en coulisse, il se passe des choses effroyables. Les controverses, les polémiques, les scandales sont de plus en plus nombreux. Et s’ils sont parfois basés sur de simples rumeurs, dans la plupart des cas, il existe des faits avérés et accablants qui en disent long sur les pratiques de certains développeurs et éditeurs de jeux vidéo. Dans les plus hautes sphères de l’industrie vidéoludique, il n’y a pas d’exemplarité, pas de dignité, uniquement un égocentrisme démesuré, un besoin de surpuissance, une avidité qui rend l’homme capable des pires vices. Voici mon Top 5 des studios qui sont la honte du jeu vidéo. Je vous préviens, ça va faire mal, très mal.

5 studios qui sont la honte du jeu vidéo

Il aura fallu attendre un certain temps avant que les langues ne se délient. Mais la parole semble enfin s’être libérée ! Les témoignages et accusations d’employé(e)s ou ex-employé(e)s de grands groupes sont maintenant légion. Cet article a un objectif : vous rappeler que derrière les scénarios grandioses, les scènes d’action époustouflantes, les graphismes en résolution 4K native, il y a des connards qui s’en mettent plein les poches et dont on flatte l’ego, mais qui abusent discrètement de leurs salarié(e)s ou subordonné(e)s. Telle est la triste vérité du gaming. Une vérité qui fait mal, mais qui doit éclater.


1. Ubi-chiotte : la merde dans toute sa puanteur

Les témoignages à l’encontre d’Ubisoft ne m’étonnent guère étant donné les relations exécrables que nous avons avec cette société. Ubisoft a toujours dénigré JSUG, nous a toujours regardé de haut, et dès le jour où nous avons tenté de nous faire respecter, Ubisoft n’a plus jamais daigné nous répondre. Que ce soit en France ou au Canada, Ubisoft est certainement ce qui se fait de pire dans le jeu vidéo. Culture du burnout, pression psychologique, harcèlement sexuel, sens poussé du sexisme et de l’homophobie, humiliation à outrance, les dirigeants et cadres d’Ubisoft ne font pas semblant. Bien souvent, les accusations auxquelles Ubisoft doit faire face sont simplement niées, passées sous silence. On se demande comment cela est possible… Il est clair que c’est la direction de cette boîte de merde dans son intégralité qui doit dégager, à commencer par Yves Guillemot, son PDG, qui a fermé les yeux sur l’ensemble des atrocités qui sont commises au sein des locaux d’Ubi-chiasse aux quatre coins du globe.

Source : Scandale de harcèlement sexuel chez Ubisoft : une “culture d’entreprise” à revoir (TV5 Monde).


2. Quantic Dream : vive la prédation sexuelle !

Les révélations sur les conditions de travail chez Quantic Dream avaient déjà fait débat. Mais en plus d’être dans le viseur de la justice pour des pratiques managériales douteuses, ce sont des faits de harcèlement et d’agression sexuelle qui viennent aujourd’hui entacher l’image du studio basé à Paris. David Cage, j’ai adoré Detroit: Become Human, mais là, tu me déçois. Selon plusieurs femmes ayant travaillé au sein de l’entreprise par le passé, les prédateurs sexuels seraient nombreux au sein de Quantic Dream. Pour le moment, Quantic Dream attaque ses détracteurs pour diffamation. Mais un jour ou l’autre, l’entreprise française — qui est pour le moment tout sauf un modèle —, devra assumer.

Source : Quantic Dream et David Cage, accusés de harcèlement et de discrimination (Radio-Canada).


3. Naughty Dog : le crunch, ça lui connaît

Les conditions de travail chez Naughty Dog sont très difficiles, et tout à fait illégales. Alors certes, proposer un jeu de qualité à sa clientèle, c’est bien. Respecter ses employés et le code du travail, c’est mieux. C’est notre confrère Kotaku qui a levé le voile sur les pratiques inhumaines de Naughty Dog. Avec des journées de travail de 12 heures en moyenne (les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, vous pensez bien), aucune vie n’est possible en-dehors des bureaux. D’ailleurs, les salariés eux-mêmes l’ont confié : ils ne peuvent pas rentrer chez eux. Honnêtement, est-ce une vie ?

Source : Crunch in the spotlight after report on The Last of Us 2 developer Naughty Dog (EUROGAMER).


4. Rockstar Games : le burnout, c’est bon pour la santé

Du côté de Rockstar Games, on retrouve cette culture du crunch, visiblement assumée. Reste que les enquêtes à ce sujet sont alarmistes, à tel point qu’un syndicat international du jeu vidéo est en cours de création pour défendre les intérêts des salariés. Pour faire court, dans le cadre du développement de GTA 5, les employés devaient travailler au moins 14,50 heures par jour, soit 100 heures par semaine. Évidemment, cela a de graves conséquences sur la santé physique et mentale des employés. Tiens, d’ailleurs, je me demande, est-ce que les patrons ils bossent 100 heures par semaine, eux ?

Source : Chez Rockstar, certains employés ont travaillé « 100 heures par semaine » (Les Echos).


5. Rocksteady : on comprend mieux les combinaisons en latex…

Je suis le plus grand fan des jeux Batman Arkham qui puisse exister, mais je suis également le dirigeant de JSUG. Et mon rôle, c’est de vous devoir la vérité la plus stricte. Rocksteady, ce studio dont j’idolâtre les jeux, a également été accusé d’inaction face aux abus de l’entreprise. Sous la pluie londonienne, il semblerait que le harcèlement sexuel et les comportements inappropriés soient récurrents. Tout ce qu’a daigné faire la direction pour mettre fin aux insinuations douteuses et commentaires hostiles de certains de ses employés envers la communauté gay, c’est leur offrir un séminaire de formation d’une heure. Faire dans le social, c’est bien gentil. Mais face à des crapules pareilles, j’aurais certainement opté pour une méthode plus… radicale. Quant aux ressources humaines, à quoi servent-elles, hein ?

Source : Games firm Rocksteady accused of inaction over staff harassment (The Guardian).


Bref, rien ne semble tourner rond en interne dans les studios de jeux vidéo. Les cinq exemples cités font écho à des studios très médiatisés. Mais il semblerait que des cas similaires existent sur la scène indépendante. Le jeu vidéo est peut-être beau parfois, mais l’homme, lui, ne reste qu’un sale charognard, une crapule affamée, un danger pour les autres. Vive la passion du JV !


Eric Lemattre

Élevé sur la planète Delta Orionis ZK-3.0, je suis venu sur Terre pour prêcher la vérité et sauver le genre humain. Susceptible mais costaud, je rends grâce à l’inventeur de la casquette. Oui, ce couvre-chef me va comme un gant !

11 Commentaires »

  1. Cela ne doit pas être évident d’être une femme dans le milieu du travail. Tu t’habilles un rien sexy et hop c’est parti. Abuser de sa position c’est lamentable, mais ce sont des petites bites, qui ont beau avoir de l’argent, bien s’habiller. Quand on a pas de personnalité, et beaucoup de gens sont sans, tu peux faire ce que tu veux, tu resteras un mouton toute ta vie.

    Par contre à cause de ces personnes-là , les femmes sont moins sympa qu’avant, je vois parfois quand on leur fait un compliment, ça ne leur plait pas toujours et beaucoup de femme pensent que les hommes et mettent tous les hommes sur le même pied d’égalité en disant qu’on ne pense qu’au cul, au fric…. je trouve pas ça très juste je suis un homme, j’ai un caractère qui ne plait pas à tout le monde mais on est pas tous comme ces hommes-là.

    Les femmes sont tellement belles, si elles n’existaient pas, on se ferait chier sur terre. Je ne comprend même pas pourquoi elles n’ont pas un salaire égale à celui de l’homme. Ce sont elles qui mettent au monde les enfants et je ne voudrais pas être à leur place. Après y a des connards mais faut avouer qui a des connes mdr. Tout le monde n’est pas géniale sur la planète…

    Faire travailler ses employés pour sortir de toute façon, un jeu qui ne sera pas terminé, à quoi bon, une année de plus pour le faire et puis c’est tout. Franchement avec le fric qu’ils se font, faut arrêter de toujours en vouloir plus mais purée à quoi cela sert d’avoir des millions d’euros sur un compte en banque. Le jour où tu meurs c’est quelqu’un d’autre qui en profitera a ta place sans déconner.

    Il est quand même loin le temps, ou une seule personne faisait un jeu avec passion , non pas pour s’en mettre plein les poches mais pour marquer les gens de son empreinte, ça existe toujours mais bon….

    • Oui, ce n’est pas évident d’être une femme, ni même d’être gay, transexuel ou transgenre ! Il y a des gens qui sont hostiles face à la différence. Pourtant, ce sont nos différences qui font notre force.

      Quant aux femmes, je suis globalement d’accord avec Bruno. Les femmes sont beaucoup trop sexualisées dans notre société actuelle (la société occidentale). À cela s’ajoutent une inéducation des hommes dès leur plus jeune âge (respect de la femme, compréhension du principe de consentement, etc.) et parfois un machisme de longue date que l’on pratique encore dans certaines familles puritaines à la con.

      On vit dans un monde où il n’y a que le fric qui compte. Étaler sa richesse, sa notoriété et ses plus belles réussites, il n’y a plus que ça qui compte car nous vivons dans un monde où on salue l’égocentrisme…

  2. Merci Eric, de remettre les pendules à l’heure au moins dans le monde des JV car ailleurs c’est pareil sinon pire. J’ai été femme au travail dans le monde de l’architecture et du bâtiment, il faut faire 3 fois plus d’effort que les autres pour que nos compétences soient reconnues, on nous pique nos idées sans vergogne et comme j’étais jolie, j’en ai vu sauf que je me suis défendue bec et ongles. J’étais formule mannequin, veuve, femme libre et chef de famille, un sacré challenge mais j’y suis arrivée et sans devenir anti-mecs pour autant. Les femmes d’aujourd’hui, Stéphane, ont été élevées par des mères qui ont trop souffert de tout cet environnement machiste et mal baisant, ça les a pas arrangées… Il faudrait déjà que l’éducation sexuelle soit correcte et juste, sur de vraies bases et pas des racontars mal informés depuis des siècles. Là aussi, Il faut rentrer en Résistance et s’occuper de sa propre information sur le sujet. Non mais…..

    Bon courage à tous et ne vous laissez pas faire, mecs comme nanas par les fake infos sur la question. C’est la mamie qui a bourlingué qui vous le souhaite à tous. Bisouxxx de MiJo

    • C’est tellement vrai ce que tu écris MiJo ! Merci pour ton intervention ! C’est clair, pour reprendre l’exemple de l’éducation sexuelle, déjà qu’à mon âge quand j’étais ado, ça se faisait à base de préservatifs qu’on enfilait dans une banane… Aujourd’hui les gamins assimilent les codes renvoyés par les sites porno et toutes les conneries que leurs copains “plus grands” leur déballent… Dans notre société, tout n’est que désinformation, ou plutôt manipulation de l’information.

  3. Un article très important, merci Eric ! On vit dans un drôle de monde… À mon époque enfin quand j’étais jeune je veux dire ça se passait pas comme ça… Aujourd’hui il suffit qu’un gars voit une paire de fesses ou de seins dans la rue pour que le mâle suprême sorte de son corps. C’est complètement dingue le nombre de relous qu’il y a dans la rue. Et ça commence dès le plus jeune âge… Si tu entendais toutes les conneries que mes ados racontent.

    Le problème est bien plus profond qu’on ne le pense. La société (de consommation ?) est la première fautive. Si on arrêtait de sexualiser la femme sans arrêt, si on éduquait nos gosses dès le plus jeune âge ça irait peut-être mieux…

    Sinon tout comme toi j’ai boycotté certains studios à la con. Ubisoft par exemple je n’achète plus aucun de leurs jeux (à la base les jeux tournent en rond mais les pratiques de ce studio m’abjectent). Rockstar pareil. Comme tout ce qui compte dans le JV c’est le fric, le seul moyen de pénaliser ces studios c’est de ne pas acheter leurs jeux.

    • Je constate qu’on est entièrement d’accord sur la question toi et moi ! Tout comme toi, je suis en faveur du boycott. C’est le seul moyen de faire pression selon moi. Alors c’est vrai que les conséquences peuvent être importantes pour les salariés. Mais d’un côté s’ils ne sont pas capables de voir qu’ils ne sont que des pions sur un échiquier ou qu’ils n’ont pas le courage de donner une lettre de démission, autant agir à leur place, ça sera plus simple. Et surtout, ils nous en seront reconnaissants.

  4. Les travers décrits dans cet article sont sûrement authentiques, mais la grossièreté de fond et de forme et la violence avec laquelle ils sont exprimés (“Il est clair que c’est la direction de cette boîte de merde dans son intégralité qui doit dégager”) desservent la cause que l’auteur croit défendre.

  5. Bien vu le commentaire pour Rocksteady…

    Des pratiques abusives généralisées qui finissent par faire croire aux travailleurs de l’industrie que tout cela est normal…

    Triste monde !

    • Eh ouais, je ne pouvais pas passer à côté ! C’est là le cœur du problème, les salariés semblent accepter leur sort. Or, il est inacceptable. Je regrette aussi que l’on vive dans une société où les entreprises sont surprotégées…

  6. Merci pour cet article Eric. J’avais eu connaissance des divers scandales pour les trois premiers, moins pour les deux derniers. J’ose espérer que le fait qu’il y ait eu des plaintes, des articles publiques, des dénonciations, ces derniers mois, permettra à ces studios de voir partir les personnes les plus toxiques et d’engager un sang neuf qui sera plus sain ; ou alors, que certains se remettent en question (la moitié du temps, c’est mal barré, certes).

    Depuis MeToo, tous les grands secteurs de l’art voient les travers dénoncés, que ce soit le cinéma, la littérature, la musique, le sport, c’était normal que le jeu vidéo y passe aussi. Ce sont des problèmes qui sont tellement accrochés à d’autres noeuds polémiques (éducation, sexualisation, consumérisme), qu’il faudra du temps pour que tout se défasse, mais j’espère vraiment que c’est le début vers une prise de conscience réelle…être en 2020 et continuer à voir ça alors qu’aujourd’hui, on aurait tant de moyens pour que “tout aille mieux” !

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